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Burundi

Le gouvernement agrée le nouveau parti de l'opposant Agathon Rwasa

Le chef de l'opposition burundaise, Agathon Rwasa, arrive, lors du référendum, à un bureau de vote à Ciri, dans le nord du Burundi, le 17 mai 2018.

Le gouvernement burundais a agréé jeudi la nouvelle formation politique d'Agathon Rwasa, principal opposant du pays, après que ce dernier a accepté de changer le nom de son parti, a-t-on appris auprès de M. Rwasa et du ministère de l'Intérieur.

En novembre, le ministère de l'Intérieur avait refusé d'agréer le Front national pour la liberté - Amizero y'Abarundi (Espoir du Burundi), au motif que ses "sigles, emblèmes et devise sont semblables à ceux d'un parti politique déjà agréé".

Ce nom était de fait une allusion très claire au parti issu de l’ex-rébellion hutu des Forces nationales de libération (FNL), dont le chef historique, M. Rwasa, avait été évincé de la tête en 2011 au profit d'un proche du pouvoir.

Après avoir initialement refusé de changer le nom de son parti, M. Rwasa a finalement opté pour le Congrès national pour la liberté (CNL), dont il a obtenu l'agrément.

"Nous sommes satisfaits car notre parti, le CNL, a été enfin agréé aujourd'hui après plusieurs mois d'attente", s'est réjoui auprès de l'AFP Agathon Rwasa. "Ca n'a pas été facile, mais finalement la patience a payé".

L'information a été confirmée à l'AFP par le ministère burundais de l'Intérieur, qui assure que "l'ordonnance ministérielle d'agrément du parti CNL été remise aujourd'hui à un de ses représentants".

M. Rwasa a créé son nouveau parti dans la perspective des élections de 2020 au Burundi car la nouvelle Constitution adoptée en 2018 ne permet plus à une coalition d'indépendants de se présenter, comme c'était le cas en 2015 pour la coalition Amizero y'Abarundi qui était alors devenue la deuxième force politique du pays.

Cette coalition, pourtant représentée à l'Assemblée nationale, ne pouvait plus organiser des réunions ou des meetings, alors que des centaines de ses membres croupissent en prison pour réunions clandestines ou atteinte à la sûreté de l'Etat.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

La presse indépendante encore présente dans le pays continue de documenter chaque semaine des cas d'arrestations arbitraires, de tortures ou de disparitions forcées de militants d'Agathon Rwasa, essentiellement commis par les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir, qualifiée de milice par l'ONU.

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Un haut responsable policier menace publiquement d'éliminer des opposants

FILE - Burundi's security guards patrol near a polling station for the referendum on a controversial constitutional reform in Bujumbra, Burundi, May 17, 2018.

Un haut responsable de la police burundaise a publiquement menacé d'éliminer les membres du principal parti d'opposition et leurs familles, s'ils organisent des "réunions clandestines" à leur domicile, selon un enregistrement audio parvenu vendredi à l'AFP.

Ces menaces ont été proférées par un commissaire provincial alors que le parti d'opposition Congrès national pour la liberté (CNL), deuxième force politique du pays, dénonce la "féroce" répression qui frappe ses membres depuis son agrément fin février.

"Je voudrais dire à celui qui tient une réunion clandestine nocturne chez lui que si on en est averti (...), tu seras en train d'attirer le malheur sur toute ta famille", a déclaré Jérôme Ntibibogora, le commissaire de la police dans la province de Muyinga (est), lors d'une réunion publique mercredi dirigée par le gouverneur de la province dans la commune de Gasogwe.

L'authenticité de l'enregistrement a été confirmée à l'AFP par plusieurs témoins présents sur place, dont des sources administratives, sous couvert de l'anonymat.

Le commissaire a assuré qu'il a toujours sur lui "des engins (explosifs)" et, a-t-il dit, il "suffit que je jette deux d'entre eux dans cette maison". "Si tu veux perturber la sécurité, je vais en finir avec toi sur place, et si tu es avec ta femme et tes enfants, vous partez ensemble", a-t-il ajouté, répondant à des questions sur la répression qui frappe les militants du CNL.

Contactés par l'AFP, la police nationale et le ministère de l'Intérieur n'ont pas souhaité réagir aux propos tenus par le commissaire. Un responsable gouvernemental a toutefois déploré sous couvert de l'anonymat "un excès de zèle" de la part du policier. "Un gradé de la police ne peut tenir de tels propos car ils ne correspondent pas à la politique du gouvernement", a-t-il affirmé.

Le commissaire Ntibibogora dirigeait la police dans les quartiers sud de Bujumbura au plus fort de la crise en 2015, et a été une des grandes figures de la répression des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé.

Le Burundi est en crise depuis que le président a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Avec AFP

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