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Le G7 déterminé à combattre le financement du terrorisme

Les ministres des Finances du G7 et les banquiers tiennent leur première session du G7 à Sendai, préfecture de Miyagi, au Japon, 20 mai 2016.

Les grands argentiers du G7, réunis au Japon, ont décidé de muscler leur offensive contre le financement du terrorisme, via un plan d'action qui sera entériné lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement la semaine prochaine.

Les débats ont aussi été occupés par le brûlant sujet du Brexit, "un choc" qui fragiliserait une croissance déjà poussive, tandis que le Japon, qui avait récemment ravivé le spectre d'une "guerre des monnaies", était rappelé à l'ordre.

Dans un document final, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés ont réaffirmé leur "engagement à contrer le financement du terrorisme, qui fournit aux terroristes les moyens de commettre leurs attaques, d'alimenter leurs réseaux et de diffuser leur idéologie via la propagande".

"Nous sommes maintenant dans une phase opérationnelle. Nous allons déposer des outils efficaces, c'est absolument nécessaire", a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, dans un entretien à l'AFP.

La mise en oeuvre sera "rapide", a-t-il assuré, dans la foulée du sommet organisé les 26-27 mai à Ise-Shima (centre), alors que la communauté internationale a intensifié son combat dans ce domaine depuis les attentats de Paris de janvier 2015 puis du 13 novembre.

Tout d'abord, "bien échanger entre les organismes de renseignement dans le domaine financier de manière à ce que ce qui se passe dans un pays soit connu du pays d'à côté. Tout particulièrement pour lutter contre les grands mouvements de financement, par exemple du groupe Etat islamique en Syrie ou en Irak", a expliqué le ministre.

Il faut aussi "lutter contre l'anonymat: des cartes prépayées mais anonymes, des mouvements de cash qui permettent anonymement de financer. Il faut des traces", a-t-il ajouté.

Autres actions promises: mieux collaborer dans la mise en oeuvre des sanctions financières, comme le gel de comptes bancaires, et renforcer le Gafi, le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux.

'Reprise inégale'

Sujet incontournable, le ralentissement économique mondial était dans tous les esprits. "Si l'économie américaine continue de se renforcer, la reprise reste inégale sur le globe et les risques se sont accentués depuis l'an dernier", a relevé le secrétaire au Trésor américain Jacob Lew.

"La croissance a repris, mais pas encore suffisamment et pas avec la certitude que ce soit durable", a confirmé son homologue français.

Aucune réponse coordonnée n'a cependant été apportée, le G7 se bornant à plaider pour l'utilisation "équilibrée" de tous les outils monétaires, budgétaires et structurels, tout en appelant à "ne pas cibler les taux de change" et à "éviter les dévaluations compétitives".

Ce sujet a donné lieu à une passe d'armes feutrée entre les Etats-Unis et le Japon, qui avait récemment menacé d'intervenir pour freiner la hausse du yen.

Le gardien des deniers japonais, Taro Aso, a de nouveau évoqué samedi des mouvements "abrupts, biaisés et spéculatifs" ces derniers temps. Mais selon Washington, le renforcement du yen, même s'il porte un coup aux exportateurs japonais, ne justifie aucunement une intervention sur le marché. "La barre est placée plus haut", a jugé M. Lew.

De son côté, M. Sapin a calmé le jeu en estimant qu'il ne "pouvait pas y avoir" et qu'"il n'y aurait pas" de guerre des monnaies, perspective d'ailleurs "très peu" abordée dans les discussions communes.

Enfin, à l'approche du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévu le 23 juin, tous ont parlé d'une même voix pour souligner le danger d'un tel scénario.

A l'heure où "les incertitudes" sont nombreuses, avec les conflits géopolitiques, le terrorisme, l'afflux de réfugiés, "le choc d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne complique l'environnement économique mondial", ont insisté les grands argentiers du G7.

Au cours de cette rencontre dans la région de Sendai (nord-est), les avertissements se sont multipliés, de la part du Britannique George Osborne, du Français Michel Sapin ou encore de l'Allemand Wolfgang Schäuble.

Appuyé par les grandes institutions multilatérales (FMI, OCDE), le camp des partisans du maintien de Londres dans l'UE a fait assaut de déclarations alarmistes sur l'impact économique ravageur que pourrait avoir un départ, ce qui enrage les partisans du Brexit (pour "British exit", ou sortie britannique) selon lesquels le Royaume-Uni serait plus prospère sans l'entrave bureaucratique bruxelloise.

Nul doute que Japon, Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Canada renouvelleront à l'occasion du sommet la semaine prochaine leur mise en garde.

Avec AFP

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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