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Le cahier des charges du monde des affaires avant les élections en RDC

Un homme porte sur le tète un sac plastique rempli des marchandises, devant une boutique du marché central de Kinshasa, RDC, 7 août 2016.

Agriculture, électricité, routes, lutte anti-corruption, tarifs douaniers, fiscalité... Au-delà des débats pré-électoraux stériles, le monde des affaires a esquissé le portrait-robot du prochain président pour exploiter les immenses potentiels de la République démocratique du Congo.

Il doit apprendre à gérer ce pays comme un business. Nous avons excellé dans la politique politicienne au lieu de faire une politique économique réaliste et productrice de richesse", a lancé l'investisseur Yves Kabongo lors d'un récent forum à trois mois des élections prévues le 23 décembre pour la succession du président Joseph Kabila.

Le prochain chef de l'Etat devra aussi "éviter les arrangements politiques, au profit de l'expertise", a insisté Alain Kahasha, directeur général de la filiale congolaise de l'opérateur Airtel.

Malgré des minerais en abondance, des terres hyper-fertiles, une population jeune et créative et une diaspora entreprenante, la RDC pointe parmi les pays les plus pauvres du monde en termes de revenu par habitant.

Le PIB de cet immense pays ne dépasse pas les 40 milliards de dollars, soit un revenu moyen par habitant de 457 dollars par an en 2017. Soit 1,25 dollar par jour.

"Il est temps de penser à l'après-âge d'or des mines", estime l'économiste Al Kitenge, responsable du cabinet conseil Task Force, un des participants au forum Makutano courant septembre.

La rente minière (cobalt, cuivre, coltan, or....) a eu "un effet pervers sur tous les secteurs" alors que les mines n'offrent qu'un nombre limité d'emplois, reconnaît Yves Kabongo, qui a lui-même investi dans les mines, l'exploration pétrolière et l'hydro-électricité en RDC.

La RDC doit d'abord songer à son agriculture, qui peut employer et nourrir une grande partie des quelque 80 millions de Congolais, dont une bonne moitié à moins de 18 ans, répètent les opérateurs économiques.

M. Kabongo rappelle qu'il s'agit de rentabiliser plus de 80 millions d'hectares de terres arables. Actuellement, seuls 10% servent à l'activité agricole.

Ces terres n'ont même pas besoin d'engrais pour donner du riz, du maïs ou du manioc, répètent celles et ceux qui les cultivent des bords du lac Tanganyika jusqu'à Kinshasa, où une coopérative produit par exemple du riz à l'intérieur même de la capitale.

Et pourtant - autre paradoxe congolais -, l’Etat consacre plus d'un milliard de dollars à l'importation de produits agricoles. Et beaucoup de Congolais sont très loin de manger correctement trois fois par jour.

La priorité doit être "l'autosuffisance alimentaire", tranche Alain Kahasha, joint par l'AFP après le forum Makutano.

"Vous pouvez parler agriculture, mais si vous ne disposez pas d'infrastructures pour transformer et transporter ce qui est produit, ça ne servira à rien", poursuit M. Kahasha.

Les acteurs économiques poussent le prochain président à faire de la production et la distribution d'électricité sa deuxième priorité après l'agriculture.

La RDC, traversée sur 4.700 km par le fleuve Congo et ses affuents, n'exploite qu'une partie infime de son potentiel hydro-électrique estimé à 100.000 mégawatts.

Plusieurs centrales hydro-électriques et thermiques disséminées à travers le pays ne permettent d'alimenter que moins de 15% de la population, principalement dans des milieux urbains.

Le projet de méga-barrage Inga III (10.000 mégawatts) n'a pas avancé, malgré l'entrée en piste d'un consortium hispano-chinois. Un collectif de 40 ONG vient même de demander sa suspension, en regrettant l'ocapité qui entoure le projet.

Le monde des affaires congolais en appelle aussi à la construction de routes pour la circulation des productions locales.

Des agriculteurs de l'Equateur (nord-ouest) ou du Kasaï (centre) qui viennent vendre leurs produits à Kinshasa doivent descendre le fleuve Congo pendant deux semaines sur des péniches hors d'âge.

"L’État congolais doit construire 90.000 km de route d’intérêt national et 150.000 km de desserte agricole", estime le député de la majorité Patrick Muyaya.

Le président Kabila avait mentionné "27.877 km des réseaux routiers praticables dont 24.480 en terre et 3.400 revêtus" au chapitre de son bilan dans un discours devant le Congrès en juillet.

L'investisseur Yves Kabongo souhaite aussi "une réforme du système fiscal, un des plus complexes du continent" et "une fiscalité attractive", pour retenir les "investissements dans les zones rurales, les industries de pointe, la santé, l’éducation, la transformation".

La lutte contre la corruption peut passer par des commissaires à l'éthique pour "plus de transparence", suggère M. Kabongo.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

Pénurie de gaz au Tchad : appel à manifester en dépit d'une interdiction

Bonbonnes de gaz butane vide à N’Djamena, le 4 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Collectif tchadien contre la vie chère a appelé mardi les Tchadiens à "manifester pacifiquement" jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

"Nous appelons les Tchadiens, jeunes, femmes, enfants touchés par cette situation à sortir massivement avec leurs bonbonnes de gaz et marmites vides" jeudi dans les rues, a déclaré le porte-parole du collectif, Dyngamnayal Nely Versinis, selon un communiqué.

Lundi, le gouvernement tchadien avait pris un arrêté pour interdire la marche lancée par ce collectif de la société civile. Mi-mars, une première marche avait déjà été interdite.

"Le gouvernement dans sa logique de restreindre la liberté d'expression, a pris un arrêté pour interdire ladite manifestation sans qu'aucune raison valable ne soit avancée", a indiqué le collectif qui a décidé "de maintenir la marche" jeudi "sur toute l'étendue du territoire".

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d'approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n'aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l'importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

"Aujourd'hui, il s'agit plus d'un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause", a indiqué à l'AFP une source proche du ministère tchadien de l'Economie.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des "raisons de sécurité".

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