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Le Cachemire indien sous une chape de plomb pour éviter un soulèvement

Des soldats indiens montent la garde lors du couvre-feu à Srinagar, dans le Cachemire indien, le mercredi 7 août 2019.

Le Cachemire indien connaissait mercredi son troisième jour de black-out total imposé par les autorités indiennes, qui veulent éviter un embrasement après la révocation de l'autonomie de cette région troublée, où au moins un manifestant est mort ces derniers jours.

Un silence pesant régnait sur la ville de Srinagar, capitale du Jammu-et-Cachemire dans le nord de l'Inde, seulement perturbé par quelques tirs sporadiques et le grondement des véhicules blindés. Des soldats en armes étaient en faction devant des rouleaux de barbelés.

"Je n'aurais jamais pensé que l'Inde nous ferait ça", pestait Shahnawaz Hussain, un habitant de Srinagar. "J'ai perdu tout espoir dans la démocratie indienne et il y a maintenant un sentiment de haine envers eux."

Après des préparatifs dans le plus grand secret, le gouvernement nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi a révoqué lundi l'autonomie constitutionnelle du Jammu-et-Cachemire et fait voter sa dislocation par le Parlement indien, au risque d'embraser cette région en proie à une insurrection séparatiste depuis trente ans.

"Nous sommes condamnés, nous avons perdu notre identité aujourd'hui", se lamente Mohammed Asif, 28 ans. "Nous n'avons jamais eu l'impression d'être des citoyens indiens, mais maintenant, c'est +officiellement+ l'Inde."

- "Le Cachemire bout" -

Le Pakistan, qui revendique également cette région montagneuse majoritairement peuplée de musulmans, qualifie la mesure d'"illégale" et veut porter la question devant le Conseil de sécurité de l'ONU et la Cour pénale internationale.

Son ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi a annoncé mercredi l'expulsion de l'ambassadeur indien à Islamabad et le rappel de l'envoyé pakistanais à New Delhi.

Le gouvernement pakistanais a également suspendu le commerce bilatéral. La mesure est symbolique, les échanges restant limités entre deux pays qui se sont déjà livré trois guerres, dont deux au sujet du Cachemire.

La région himalayenne, plongée sous une chape de plomb depuis dimanche soir, est totalement coupée du monde, tous les moyens de communication étant bloqués.

Malgré le lourd déploiement de forces et des interdictions de déplacement et rassemblement, des habitants de Srinagar ont fait état de manifestations sporadiques.

Un jeune protestataire poursuivi par la police est mort mardi après avoir sauté dans une rivière. Six personnes, dont certaines blessées par balles, ont été admises à l'hôpital de Srinagar, a indiqué un responsable de cet établissement à l'AFP.

"Nous savons que le Cachemire bout, il va exploser violemment mais nous ne savons pas quand", a déclaré à l'AFP un responsable sécuritaire dans la vallée de Srinagar.

"Je ne sais pas comment le confinement peut être levé sans voir des manifestations violentes", a-t-il observé.

Plus de 100 personnes, dont des responsables politiques locaux, ont été arrêtées ces derniers jours, a rapporté l'agence Press Trust of India en citant des officiels. Selon ces derniers, les perturbations se limitent à quelques jets de pierres.

- "En cage" -

Un silence irréel plane sur Srinagar ces derniers jours, les rues désertes présentant l'aspect d'une ville fantôme. Toutes les boutiques sont fermées. Seuls les pigeons et les chiens errants se déplacent librement.

Les journalistes sur place sont contraints de rester à l'intérieur du quartier où ils se trouvent, les autorités ne donnant pas de laissez-passer pour franchir les nombreux barrages militaires. "Ce blocage est vraiment sans précédent", a témoigné un photographe couvrant la région depuis plus de 30 ans et qui n'a pas souhaité être nommé.

Des riverains et jeunes à scooter tournaient en rond dans leur rue pour tuer l'ennui. "Pendant des jours, (les autorités) nous ont menti en faisant état de menaces terroristes mais le point positif est que tout le monde avait fait des stocks de denrées essentielles avant que nous ne soyons mis en cage", a déclaré à l'AFP un promeneur.

En raison du black-out et des restrictions, il était presque impossible d'avoir une vision d'ensemble de la situation à travers le Cachemire.

"Nous n'arrivons pas à rassembler suffisamment de détails de la plupart des zones de la vallée du Cachemire", a indiqué le responsable sécuritaire, ajoutant que les téléphones satellitaires donnés à près de 300 responsables de l'administration et de la police fonctionnaient à peine. "C'est comme si une calamité naturelle invisible nous avait frappés."

Adil Ahmad, un étudiant cachemiri, partage ce sentiment. "Il n'y a aucun espoir pour l'avenir. Que Dieu nous vienne en aide."

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Snapchat lance Spotlight, un fil public de vidéos sur le modèle de TikTok

Une bannière géante de Snap Inc affichée devant la bourse de New York. 2 mars 2017. (AP Photo/Mark Lennihan)

Ses "stories" éphémères ont été largement copiées par les autres réseaux, mais c'est au tour de Snapchat de s'inspirer de ses jeunes concurrents : l'appli au logo fantôme lance "Spotlight", un fil public de contenus produits par ses utilisateurs, sur le modèle de TikTok.

Les utilisateurs de Snapchat - en majorité des ados et jeunes adultes - ne postaient jusqu'à présent leurs photos et vidéos que pour leurs contacts ou dans des messages privés... Ou sur des réseaux concurrents.

A partir de lundi, dans 11 pays dont les États-Unis et la France, ils pourront diffuser leurs créations plus largement, en restant sur l'appli, sur un fil public, personnalisé automatiquement par l'algorithme en fonction des goûts des spectateurs.

Cette formule a fait le succès de TikTok, avec, pour les influenceurs, l'espoir de créer une vidéo virale, et, pour les utilisateurs, la possibilité de faire défiler une sélection sur mesure de contenus courts.

Mais Snapchat, qui travaille sur Spotlight depuis un an et demi, a tiré des leçons des modèles existants, comme TikTok ou Reels, la version d'Instagram.

Pour commencer, les contenus devront être approuvés par les modérateurs de la plateforme. Au début, chaque vidéo publiée aura été vue par une personne au préalable, a expliqué la société à l'AFP. Par la suite, ce sera sans doute une combinaison d'intervention humaine et d'intelligence artificielle.

No comment

L'appli fréquentée par près de 250 millions de personnes au quotidien n'a pas révélé combien de modérateurs travaillent à cette tâche potentiellement gargantuesque, mais estime que l'enjeu en vaut la chandelle.

Les dirigeants préfèrent choisir les contenus qui seront vus par des millions de personnes plutôt que de devenir une plateforme ouverte qui doit sans cesse se préoccuper de retirer les contenus problématiques.

Facebook (sur son réseau principal et sur Instagram), TikTok, Youtube et les autres se voient régulièrement reprocher de ne pas lutter suffisamment contre la désinformation, les incitations à la violence ou les discours de haine.

Snapchat connaît aussi ce genre de problèmes, qui nuisent à la confiance des utilisateurs et des annonceurs publicitaires. Il y a quelques jours, dans la ville française d'Annecy (est), un lycéen a été mis en examen pour avoir menacé de mort une enseignante sur le réseau.

Autre différence majeure avec les fils rivaux : il n'y aura pas de commentaires publics sur Spotlight. Tout au plus les utilisateurs pourront-ils faire des remarques privées aux créateurs, s'ils n'ont pas publié leurs contenus de façon anonyme et acceptent d'être contactés.

La plateforme entend ainsi créer un environnement positif, où il n'est pas possible d'être désagréable, contrairement à TikTok où même les influenceurs suivis par des millions de personnes se retrouvent à partager leurs vidéos sur un espace où ils font face à beaucoup de négativité, selon un porte-parole de Snapchat.

Le million

N'importe quel créateur, qu'il soit suivi par des dizaines ou des milliers de personnes, pourra cliquer sur la case Spotlight après avoir réalisé une vidéo avec (ou sans) les célèbres filtres de l'appli, des oreilles de chat aux visages et voix déformés.

Snapchat insiste sur l'égalité entre utilisateurs, qui se disputeront d'éventuels gains financiers sur la base de l'intérêt suscité par leurs contenus. Plus d'un million de dollars seront distribués chaque jour.

"Les 'snaps' sont évalués sur la base des interactions avec les gens, comme le temps passé à regarder une vidéo ou les cœurs attribués. Les revenus sont déterminés en fonction du nombre de visionnages uniques", précise un communiqué.

Plus de deux ans après son entrée en Bourse, Snapchat n'a toujours pas réussi à dégager de profits. Au troisième trimestre, la société a ainsi perdu 200 millions de dollars.

Mais elle a doublé son chiffre d'affaires en rythme annuel, à 680 millions, notamment grâce au lancement réussi de nouveaux outils, pour inciter ses utilisateurs à passer toujours plus de temps sur l'application, et de nouveaux produits publicitaires, pour "essayer" des accessoires en réalité augmentée ou s'immerger dans l'univers d'une marque.

En 2013, Snapchat avait inventé les "stories", des histoires qui disparaissent 24 heures après avoir été mises en ligne. Ultra populaires, elles ont été copiées par Facebook (d'abord sur Instagram, en 2016) et plus récemment par Twitter qui vient de lancer les "fleets".

Elon Musk devient le deuxième homme le plus riche au monde

Elon Musk, fondateur et PDG de SpaceX, lors d'une conférence au Kennedy Space Center en Floride. 19 janvier 2020.

Elon Musk, le tumultueux patron du constructeur de véhicules électriques Tesla, est passé devant Bill Gates pour devenir le deuxième homme le plus riche au monde, selon le classement des milliardaires de l'agence Bloomberg.

La fortune de l'entrepreneur de 49 ans né en Afrique du Sud s'est étoffée de 7,24 milliards de dollars sur la seule journée de lundi, grimpant à 128 milliards.

L'ultra-médiatique dirigeant, qui est également co-fondateur de la société spatiale SpaceX, était déjà passé en quelques semaines devant Mark Zuckerberg, le dirigeant de Facebook, et Bernard Arnault, le patron du groupe de luxe LVMH.

Sur le podium des multi-milliardaires, il n'est plus que derrière Jeff Bezos, le fondateur du géant du commerce en ligne Amazon, dont la fortune est estimée à 182 milliards de dollars.

Bill Gates complète le trio de tête avec une fortune évaluée à 127,7 milliards de dollars. L'ancien co-fondateur de Microsoft a vu sa fortune fondre parce qu'il en consacre une bonne partie à la fondation Bill et Melinda Gates.

Les riches, encore plus riches

D'après Bloomberg, les plus riches ont vu leur fortune cumulée croître de 1.300 milliards de dollars depuis janvier, en hausse de 23%, alors que la pandémie de coronavirus a provoqué le ralentissement de l'économie mondiale et entraîné des cortèges de licenciements et une vague de faillites d'entreprises aux Etats-Unis.

L'ascension fulgurante de M. Musk dans le classement des grosses fortunes est liée à l'envolée du titre de Tesla à Wall Street, qui a pris plus de 500% depuis le début de l'année et y vaut désormais 495 milliards de dollars. Ce qui a permis à M. Musk, qui possède environ 18% de la société, de gagner 100 milliards sur la même période.

Le groupe est d'une part devenu rentable, parvenant à gagner de l'argent pendant cinq trimestres consécutifs.

Son action a par ailleurs été dopée ces dernières semaines par l'élection à la présidence des Etats-Unis de Joe Biden, qui a promis de favoriser le développement des véhicules électriques dans le pays, et par l'annonce de la prochaine entrée du groupe dans le prestigieux indice S&P 500.

En faire partie permettra à l'action Tesla d'être systématiquement incluse dans de nombreux produits financiers qui suivent mécaniquement ses fluctuations, les ETF, ce qui devrait lui donner encore plus d'ampleur.

Tesla profite de façon générale de l'engouement de nombreux investisseurs pour ce qu'ils considèrent être le futur de l'automobile.

Même s'ils écoulent bien plus de véhicules, les fabricants plus traditionnels de voitures, General Motors et Ford, ne valent en Bourse que 64 milliards et 35 milliards de dollars respectivement.

Le nouveau président du Pérou réforme la police et évince 15 généraux

Francisco Sagasti, président par intérim du Pérou, à Lima, le 16 novembre 2020 (AFP)

Le nouveau président du Pérou, Francisco Sagasti, a ordonné une réforme de la police, en a changé le dirigeant et évincé 15 généraux, en réponse à la répression violente de manifestations menée par le gouvernement antérieur.

"J’ai pris la décision de nommer le général César Augusto Cervantes nouveau commandant de la police", a annoncé lundi à la télévision le dirigeant par intérim du pays, le centriste Francisco Sagasti, six jours après avoir accédé au pouvoir en remplacement du gouvernement éphémère de Manuel Merino.

Le général Cervantes remplace le général Orlando Velasco, qui était à la tête de la police depuis le 7 août. Ce dernier n'avait pourtant pas été tenu responsable de la répression violente des manifestations de la mi-novembre, parce qu’il était en congé de maladie.

Quinze généraux de la police ont été mis à la retraite, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Ruben Vargas, à la radio RPP. "Nous voulons une police qui continue à défendre la démocratie, les droits fondamentaux, qui nous rende la sécurité", a commenté le ministre.

Une mission de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits humains s’est rendue à Lima pour obtenir des informations sur la répression policière des manifestations contre le précédent président, Manuel Merino, qui avait abouti à la mort de deux jeunes protestataires de 22 et 24 ans, le 14 novembre à Lima.

L’utilisation de fusils tirant des plombs de chasse et des billes de verre avait également fait une centaine de blessés dans la capitale. Des cas de sévices sexuels avaient été rapportés, sur des femmes détenues dans des postes de police.

Des enquêtes sont en cours pour établir les responsabilités.

Francisco Sagasti est devenu le 17 novembre le nouveau chef de l'Etat par intérim, avec la tâche de mettre fin à la profonde crise politique qui secoue ce pays sud-américain et de le conduire aux élections générales d'avril 2021.

Il est le troisième à occuper ce poste en un peu plus d'une semaine.
Le 9 novembre, les députés avaient voté la destitution du populaire président Martin Vizcarra (centre-droit) pour des soupçons de corruption lorsqu'il était gouverneur en 2014.

Le chef du Parlement, l'opposant Manuel Merino, avait pris les rênes du pays, provoquant la colère de milliers de manifestants qui dénonçaient ce qu'ils considéraient comme un "coup d'Etat" parlementaire.

Après cinq jours de manifestations violemment réprimées, M. Merino, lâché par la classe politique, avait finalement démissionné.

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