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Le Burkina demande le départ des troupes françaises, confirme un document


ARCHIVES - Des partisans du capitaine Ibrahim Traoré protestent contre la France et la CEDEAO dans les rues de Ouagadougou, au Burkina Faso, mardi 4 octobre 2022.

Le Burkina Faso a demandé le départ des troupes françaises de son sol d'ici un mois, confirme un document officiel transmis dimanche à l'AFP, alors que le président français Emmanuel Macron a dit attendre "des clarifications" de Ouagadougou dans ce nouvel épisode des tensions entre les deux pays.

Dans un courrier du ministère des Affaires étrangères burkinabè adressé à Paris et daté de mercredi, Ouagadougou "dénonce et met fin dans son entièreté à l'accord" du 17 décembre 2018 "relatif au statut des forces armées françaises intervenant" dans le pays sahélien. Le Burkina héberge actuellement un contingent de près de 400 forces spéciales françaises, la force Sabre.

L'armée française chassée du Burkina Faso: Macron veut "des clarifications"
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"Au regard du délai de préavis d'un mois imposé par ledit accord en cas de dénonciation, le ministère des Affaires Etrangères burkinabè apprécierait qu'une diligence particulière soit accordée à la présente dès réception", précise le document. La source diplomatique burkinabè n'était pas en mesure de confirmer dimanche si Paris avait accusé réception de ce courrier.

Interrogée, la présidence française a indiqué qu'elle attendait une confirmation de la position burkinabé au "plus haut niveau". Dimanche après-midi, le président Emmanuel Macron a dit attendre "des clarifications" de la part du Burkina Faso sur une éventuelle demande de départ des troupes françaises stationnées dans le pays dans un délai d'un mois.

Évoquant une "grande confusion" il a expliqué lors d'une conférence de presse à Paris vouloir attendre que le président de transition du Burkina Ibrahim Traoré "puisse s'exprimer", appelant à "garder beaucoup de prudence" sur le sujet.

Une source proche du gouvernement burkinabè avait affirmé samedi à l'AFP que Ouagadougou a demandé "le départ des soldats français dans un bref délai", confirmant des informations de l'Agence d'information burkinabè (AIB).

L'ombre russe

La France, ex-puissance coloniale, est contestée au Burkina Faso depuis plusieurs mois. En décembre, les autorités burkinabè avaient demandé à Paris le remplacement de l'ambassadeur du France à Ouagadougou, Luc Hallade, dans leur collimateur pour notamment avoir fait état de la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays.

Plusieurs manifestations, la dernière vendredi, ont également eu lieu à Ouagadougou pour exiger notamment le retrait des forces françaises du pays. Le 10 janvier, Paris avait dépêché la secrétaire d'Etat Chrysoula Zacharopoulou pour y rencontrer le président de transition.

"La France n'impose rien, elle est disponible pour inventer un avenir ensemble", a-t-elle martelé, assurant ne vouloir "influencer aucun choix, ni aucune décision, personne ne peut dicter ses choix au Burkina".

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre à la faveur d'un putsch, le deuxième en huit mois, le capitaine Traoré et son gouvernement ont manifesté leur volonté de diversifier leurs partenariats notamment en matière de lutte contre le jihadisme qui mine ce pays depuis 2015.

Parmi les nouveaux partenaires envisagés par Ouagadougou, la question d'un éventuel rapprochement avec la Russie est régulièrement évoquée.

"La Russie est un choix de raison dans cette dynamique", et "nous pensons que notre partenariat doit se renforcer", a souligné la semaine dernière le Premier ministre burkinabè Apollinaire Kyélem de Tembela, à l'issue d'une entrevue avec l'ambassadeur de Russie Alexey Saltykov. Début décembre, il avait fait une visite discrète à Moscou.

Cette demande de départ des forces françaises rappelle le précédent du Mali voisin: l'été dernier, la junte au pouvoir à Bamako avait intimé aux forces françaises de quitter le pays après neuf ans de présence.

De multiples sources rapportent que les autorités maliennes ont commencé à faire venir dès fin 2021 le groupe paramilitaire russe Wagner, dont les agissements sont décriés dans différents pays, ce que la junte dément.

Le Burkina Faso, en particulier dans sa moitié nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui se multiplient. Elles ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés.

Jeudi, une trentaine de personnes sont mortes dans une série d'attaques touchant plusieurs localités du nord et du nord-ouest du pays. Le capitaine Ibrahim Traoré s'est donné pour objectif "la reconquête du territoire occupé par ces hordes de terroristes".

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