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Lancement de la sonde Parker à destination du soleil

Une fusée Delta IV, portant la sonde solaire Parker, décolle du complexe de lancement 37, le 12 août 2018, à Cap Canaveral, en Floride.

La Nasa a lancé dimanche en Floride sa sonde Parker, objet le plus rapide jamais créé par l'homme qui doit traverser l'atmosphère du soleil pour aider à percer le secret des tempêtes solaires.

"Cette mission marque réellement la première visite de l'humanité sur une étoile", a dit Thomas Zurbuchen, un responsable de la Nasa.

"Nous avons accompli quelque chose qui, il y a des dizaines d'années, n'existait que dans la science-fiction", a-t-il ajouté.

La fusée de lancement Delta IV-Heavy s'est élevée du pas de tir de Cap Canaveral à 3h31 (07h31 GMT).

Moins d'une heure plus tard, l'opérateur de lancement a indiqué que la sonde s'était bien séparée de la fusée et qu'elle poursuivait son odyssée spatiale. "Pour le moment, la sonde se porte bien", a-t-il confirmé.

>> Lire aussi : Départ imminent de la première sonde à "toucher le Soleil"

De la taille d'une voiture pour une facture de 1,5 milliard de dollars, la sonde Parker est la première réalisation humaine à tenter de traverser l'atmosphère du soleil, forte de son bouclier high-tech et des espoirs placés en elle par la Nasa et la communauté scientifique.

L'Agence spatiale américaine avait prévu samedi une fenêtre de lancement d'une durée de 65 minutes, à partir de 3h33 (7h33 GMT). Mais en raison d'un problème de pression d'hélium gazeux, apparu quelques minutes avant le décollage, la Nasa avait dû repousser à dimanche matin sa fenêtre de lancement.

La mission de Parker est claire: devenir le premier objet construit par l'homme à affronter les conditions dantesques de la couronne, une partie de l'atmosphère du soleil, qui est 300 fois plus chaude que la surface de l'astre.

La sonde devra passer à environ 6,2 millions de kilomètres de la surface du soleil et traverser 24 fois cette couronne pendant les sept ans que doit durer la mission.

Au-delà de la prouesse technologique, l'intérêt scientifique est primordial. Il s'agit de comprendre pourquoi la couronne est environ 300 fois plus chaude que la surface du soleil et pourquoi ses particules énergétiques produisent des tempêtes électromagnétiques pouvant perturber le fonctionnement du réseau électrique sur Terre.

>> Lire aussi : La Nasa présente les astronautes qui iront dans les premières navettes privées

Prédire les vents solaires

"La sonde Parker nous aidera à faire un bien meilleur travail pour prédire quand une perturbation dans les vents solaires viendra frapper la Terre", explique Justin Kasper, un des scientifiques responsables du projet et professeur à l'université du Michigan.

"Nous allons nous trouver dans une zone passionnante, où les vents solaires, croyons-nous, seront en accélération", commente pour sa part Jim Green, directeur du département de science des planètes de la Nasa.

"Là où nous voyons de gigantesques champs magnétiques qui passeront près de nous, quand les éjections de masse de la couronne (solaire) s'élancent dans le système solaire", précise-t-il.

Parker est le seul vaisseau de la Nasa à avoir été nommé d'après un scientifique toujours en vie, l'astrophysicien Eugene Parker aujourd'hui âgé de 91 ans.

Ce dernier a été le premier à développer la théorie des vents solaires supersoniques en 1958, qu'étudiera maintenant cette sonde portant son nom devant laquelle il se dit "impressionné".

L'engin est protégé par un bouclier en composite carbone d'une douzaine de centimètres d'épaisseur qui doit protéger les instruments scientifiques qu'ils transportent d'une température de près de 1.400 degrés Celsius.

Ecouter le soleil

A l'intérieur de la sonde, il devrait cependant faire seulement 29 degrés.

"Le soleil est plein de mystères", commente Nicky Fox membre du laboratoire de physique appliquée de l'université Johns Hopkins et responsable scientifique de la mission. "Nous sommes prêts (...). Nous connaissons les questions auxquelles nous voulons des réponses".

Cela fait plus de 60 ans que les scientifiques rêvent de construire un tel engin, mais ce n'est que depuis récemment que la technologie l'a rendu possible, ajoute-t-elle.

Les outils embarqués doivent mesurer les particules à haute énergie, les fluctuations magnétiques et prendre des images pour tenter de mieux comprendre cette couronne, qui est "un environnement très étrange, peu familier pour nous", explique Alex Young, un spécialiste du Soleil à la Nasa.

"Nous écouterons également les ondes de plasma dont nous savons qu'elles circulent quand les particules bougent", complète Nicky Fox.

Quand elle sera près du soleil, Parker voyagera suffisamment rapidement pour parcourir l'équivalent d'un trajet New York-Tokyo en... une minute. Une vitesse de 700.000 km/h pour ce qui est l'objet le plus rapide jamais construit par l'homme.

Avec AFP

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Nouvel appel de l'ONU en faveur des femmes et des filles

Femmes et enfants séparant la terre du grain renversé par un camion dont le conducteur a perdu le contrôle, dans la forêt de Machinga au Malawi, 24 mai 2016. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)

"Près de 60% des femmes dans le monde travaillent dans l'économie informelle, gagnant moins, épargnant moins, et font face à un plus grand risque de tomber dans la pauvreté" avec le Covid-19, a averti l'ONU, appelant à "les mettre au coeur" de la reconstruction des économies.

La pandémie "a des effets économiques et sociaux dévastateurs pour les femmes et les filles", souligne dans un communiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'occasion de la sortie d'un rapport soulignant que "des millions d'emplois de femmes ont disparu".

"Des adolescentes qui ne vont plus à l'école pourraient ne jamais y retourner", ajoute le chef des Nations Unies, craignant que "les progrès perdus ne mettent des années à revenir".

Antonio Guterres avait déjà lancé dimanche un appel aux gouvernements pour qu'ils protègent davantage les femmes et filles de la violence conjugale et familiale dans la période de confinement généralisé imposé par le Covid-19 à travers le monde.

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Opérations de paix: double défi pour l'ONU, Covid-19 et maintien des Casques bleus

Le siège de la Monusco à Kinshasa en République démocratique du Congo, le 10 avril 2017.

L'ONU est confrontée pour ses 110.000 Casques bleus déployés dans une quinzaine d'opérations de paix dans le monde à un double défi: les protéger de la pandémie du Covid-19 mais surtout éviter que des pays ne retirent leurs contingents.

L'une des craintes est "un effet de débandade" car des pays "peuvent avoir l'inquiétude légitime de dire +je ne reste pas dans cet endroit+ ou +je ne laisse pas mes hommes sur place car s'ils sont contaminés, il ne pourront pas être bien pris en charge+", résume pour l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.

En anticipation de l'arrivée du virus dans les pays où une opération de paix est en cours et pour ne pas contribuer à sa propagation, l'ONU a gelé depuis le 6 mars des rotations de Casques bleus dans certains pays, une décision étendue lundi jusqu'au 30 juin et qui s'applique désormais à tous les contingents.

A travers le monde, des mises en quarantaine pour toutes les personnes identifiées positives ont aussi été engagées depuis plusieurs semaines dans les camps abritant des Casques bleus.

Des mesures de précaution ont aussi été prises pour les patrouilles, pour que "les militaires ne se contaminent pas entre eux et ne contaminent pas non plus les populations", indique-t-on au siège de l'ONU où le souvenir de la contamination au choléra de la population haïtienne (quelque 10.000 morts à partir de 2010) par des militaires népalais reste ancré dans les mémoires.

Au-delà de la lutte contre le Covid-19, et alors que l'Afrique où sont concentrées nombre de missions de paix - Mali, Centrafrique, Soudan du Sud, Darfour, République démocratique du Congo... - attend dans les semaines à venir d'être réellement frappée par la pandémie, l'enjeu pour l'ONU est surtout de maintenir la paix.

Les mesures contre la maladie "ont un impact sur les opérations", admet un diplomate sous couvert d'anonymat. Or il faut absolument les poursuivre sauf à devoir affronter "une catastrophe totale si les opérations s'effondrent avec le départ de Casques bleus", renchérit un autre diplomate, aussi sous anonymat.

- "Sens de l'éphémère" -

Dans cette logique, le secrétaire général de l'ONU appelle depuis le 23 mars à un "cessez-le-feu mondial et immédiat" dans les pays en conflit mais la concrétisation sur le terrain tarde à venir. Sa supplique est aussi un encouragement implicite aux pays contributeurs de troupes à ne pas faire leurs valises.

Mardi, l'Union européenne, important pourvoyeur de policiers et militaires, est venue appuyer ce maintien des troupes dans les missions de paix, en promettant de ne pas rapatrier les siennes.

"Nous voudrions souligner qu'en dépit de la pression que fait peser la pandémie sur nos systèmes, nous restons engagés plus que jamais dans l'action des Casques bleus à travers le monde", souligne ainsi un message adressé au chef de l'ONU.

"Les missions de paix des Nations Unies (...) doivent être en mesure de poursuivre leurs activités en soutien des pays hôtes dans cette période particulièrement difficile", estime également l'UE.

Certains diplomates à l'ONU veulent croire à une réponse africaine à la pandémie qui pourrait "surprendre" l'Occident et faciliter un maintien des Casques bleus.

"Les pays africains sont beaucoup plus préparés psychologiquement et en termes de systèmes sanitaires à des épidémies", note une source diplomatique européenne, en évoquant Ebola et l'épidémie de rougeole massive qui frappe actuellement la RDcongo.

En Occident, "l'homme est devenu suffisant, prétentieux", ce qui explique "son désarroi encore plus grand quand il est confronté à une crise comme celle d'aujourd'hui", abonde un diplomate africain.

"Les Africains sont plus forts en termes de résilience mentale, ont le sens de l'éphémère, la foi en Dieu, le dieu musulman, le dieu chrétien, et cela va être leur force", prédit-il, en se félicitant aussi d'une "solidarité beaucoup plus développée" sur le continent africain que dans le monde occidental.

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