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La vie reprend à Tataouine après des troubles liés au meurtre d'un manifestant


Des officiers tunisiens face aux manifestants à Tataouine, dans le sud de la Tunisie, 22 mai 2017.

Les activités quotidiennes ont repris jeudi dans le sud de la Tunisie, où le ministre de la Défense Farhat Horchani s'est rendu pour présenter ses condoléances aux proches du manifestant tué à El-Kamour lors des violences de lundi.

Située à 500 km au sud de Tunis, Tataouine, préfecture d'une vaste région désertique, a été le théâtre lundi de violents heurts lors desquels plusieurs dizaines de personnes ont été blessées, dont une vingtaine de membres des forces de l'ordre. Les postes de la police et de la gendarmerie ont été incendiés.

La ville a alors été désertée par les forces de l'ordre, et les commerces sont pour la plupart restés fermés durant deux jours.

Jeudi, sous une forte chaleur, la vie quotidienne a repris progressivement, a constaté une journaliste de l'AFP: les commerces ont relevé leurs rideaux et des ouvriers ont déblayé les rues jonchées de pierres et commencé à repeindre des murs. La circulation automobile a aussi repris son cours.

Aucune présence de forces de l'ordre en uniforme n'était en revanche visible. "Il faut s'y prendre pas à pas", a déclaré à l'AFP un policier en civil, sous couvert d'anonymat.

Nommé fin avril après le limogeage du titulaire du poste, le nouveau gouverneur de Tataouine, Mohamed Ali Barhoumi, a par ailleurs annoncé mercredi qu'il renonçait à son poste pour des "raisons personnelles" et son successeur n'est pas connu.

En l'absence des forces de sécurité, et par crainte de débordements, la coordination du mouvement de contestation d'El-Kamour a décidé de reporter la manifestation prévue jeudi matin, a indiqué à l'AFP un de ses responsables, Béchir Hamdi.

Site pétrolier situé à plus de deux heures de route de Tataouine, en plein désert, El-Kamour vit depuis des semaines au rythme d'un sit-in d'habitants qui réclament une meilleure répartition des richesses et des recrutements prioritaires dans les sociétés pétrolières.

La situation s'est tendue le week-end dernier et, lundi matin, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour repousser des protestataires, pour la première fois depuis que le président Béji Caïd Essebsi a solennellement demandé le 10 mai aux militaires de protéger les sites de production du pays.

La coordination du mouvement de contestation assure ne pas être responsable des heurts survenus lundi à Tataouine. Ceux-ci ont débuté quelques heures après l'annonce du décès d'un jeune manifestant sur le site même d'El-Kamour, percuté par un véhicule de la Garde nationale (gendarmerie).

Des milliers de personnes en colère ont assisté le lendemain aux funérailles du jeune homme, Anouar Sekrafi, à Bir Lahmer, à une trentaine de km au nord de Tataouine.

Jeudi, le ministre de la Défense s'est rendu sur place, afin de présenter ses "condoléances" aux proches du défunt. "Nous sommes attristés (...) et nous espérons que les leçons seront retenues", a-t-il déclaré à des journalistes.

"Nous souhaitons traiter les problèmes par la négociation", a insisté M. Horchani à propos des mouvements sociaux.

Avec AFP

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