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La Turquie et l'Etat Islamique, de la bienveillance à l'affrontement

Le président Recep Tayyip Erdogan , à Ankara le 7 Avril 2011

L'attentat suicide dans lequel ont péri dix Allemands mardi à Istanbul marque une nouvelle étape dans les relations ambigües entre la Turquie et le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui pourrait faire du pays du président Recep Tayyip Erdogan une de ses cibles privilégiées.

Après avoir vainement tenté une médiation, la Turquie a pris en 2012 fait et cause pour les rebelles radicaux syriens avec l'objectif de provoquer rapidement la chute du président syrien Bachar al-Assad, bête noire du président Erdogan.

Soutien financier, facilités de passage à la frontière, livraisons d'armes; les alliés d'Ankara ont vite dénoncé sa complaisance à l'endroit des jihadistes, dont le groupe Etat Islamique. Le gouvernement a toujours catégoriquement démenti ces allégations.

Ces relations équivoques sont apparues au grand jour au moment de la bataille de Kobané (nord de la Syrie) fin 2014. Malgré les critiques et les pressions, l'armée turque a refusé de venir en aide aux combattants kurdes qui défendaient la ville face aux jihadistes.

Recep Tayyip Erdogan s'est défendu en rappelant que "le départ de l'actuel régime syrien" restait sa "priorité" et que son intervention risquait par ricochet de renforcer Damas. Il a surtout fait comprendre qu'il refusait d'aider les milices kurdes de Syrie, proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui a déclenché une guérilla sur le sol turc en 1984.

Le revirement de l'été 2015

Le 20 juillet 2015, l'attentat jihadiste qui a provoqué la mort de 34 partisans de la cause kurde à Suruç, à la frontière syrienne, a marqué le début d'un revirement turc.

Le PKK a alors accusé le gouvernement turc de ne pas protéger la population kurde de Turquie et revendiqué, en représailles, le meurtre de deux policiers deux jours plus tard. L'armée turque a alors bombardé les bases des rebelles kurdes en Irak, sonnant la reprise du conflit kurde après plus de deux ans de cessez-le-feu.

Au même moment, l'armée turque a pour la première fois bombardé des cibles de l'EI en Syrie après un incident frontalier dans lequel un de ses soldats a été tué.

C'est le début d'une "guerre contre le terrorisme" officiellement dirigée contre les jihadistes et la rébellion kurde, qui vise en fait surtout le PKK. "Les dirigeants turcs ont pris conscience du fait que l'EI représentait un danger mais leur cible prioritaire est restée le PKK", note un diplomate occidental.

Un engagement sous la pression

En août dernier, la Turquie a rejoint la coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis, s'attirant pour la première fois des menaces du groupe Etat islamique.

Sur l'insistance des Européens, elle a aussi renforcé les contrôles à ses frontières pour endiguer le flux sur son sol des recrues étrangères de Daech (acronyme arabe de l'EI).

Et après l'attentat d'Ankara qui a provoqué la mort de 103 partisans de la cause kurde devant la gare d'Ankara le 10 octobre, les autorités turques vont encore multiplier les coups de filet dans les milieux jihadistes, accusés d'en être à l'origine.

Plus de 3.300 membres présumés de l'EI ont été arrêtés en deux ans, selon le gouvernement. Mardi, M. Erdogan s'est même targué du titre d'adversaire numéro 1 des jihadistes. "Existe-t-il un seul pays qui lutte de façon plus déterminée que le nôtre contre l'organisation terroriste Daech ?", a-t-il lancé.

Le flux des jihadistes vers la Syrie via la Turquie a diminué mais ne s'est pas tari, notent toutefois les spécialistes. Washington presse désormais Ankara de totalement fermer les 100 km de frontière dont l'EI occupe encore le versant syrien.

Dans ce climat, l'attentat d'Istanbul marque un changement de cap dans la stratégie de l'EI. Ses actions en Turquie, concentrées jusque-là sur des cibles kurdes, visent pour la première fois le tourisme, un secteur-clé pour l'économie turque, et donc l'Etat turc et ses dirigeants.

"L'hostilité entre les deux acteurs est maintenant beaucoup plus vive", juge Aymenn Tamimi, expert au Middle East Forum. "On dit souvent que la Turquie considère les Kurdes comme la plus grande menace pesant sur elle mais il est faux de dire qu'elle n'a pris aucune mesure contre l'EI", ajoute-t-il.

"Ses pertes territoriales en Irak et en Syrie ont pu contraindre le groupe à estimer qu'il avait besoin d'accroître son influence et ses moyens d'action en Turquie pour effacer ses pertes", renchérit Firas Abi Ali, analyste à l'IHS Country Risk.

Avec AFP

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Décès de Larry King, célèbre journaliste américain

Larry King à la soirée d'ouverture de la série de films "Champion" à Los Angeles, Californie, États-Unis, le 9 août 2013.

Le célèbre journaliste et animateur de télévision américain Larry King est mort à 87 ans, a annoncé samedi sa compagnie, Ora Media.

"Avec une profonde tristesse, Ora Media annonce le décès de notre cofondateur et ami Larry King, qui est mort à l'âge de 87 ans au centre médical Cedars-Sinai à Los Angeles", peut-on lire dans un communiqué de la compagnie publié sur le compte Twitter officiel de cette figure légendaire de la télévision américaine.

La mort de M. King a également été confirmée par son fils, Chance, samedi matin, selon la chaîne CNN, où il avait animé l'émission "Larry King Live" pendant plus de 25 ans.

Début janvier, M. King avait été hospitalisé à cause de la maladie covid-19, a ajouté la chaîne.

Plus de mille manifestants pro-Navalny arrêtés en Russie

Les manifestants affrontent la police anti-émeute lors d'un rassemblement de soutien au leader de l'opposition emprisonné Alexei Navalny dans le centre de Moscou le 23 janvier 2021.

Plus de mille personnes ont été arrêtées par les forces de l'ordre en Russie samedi au cours de manifestations en faveur de l'opposant Alexeï Navalny, selon l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations dans ce pays.

Dans la foule de quelque 10.000 personnes rassemblées dans le centre de Moscou, des journalistes de l'AFP ont assisté à de violentes arrestations et à des heurts entre policiers et manifestants.

Ioulia Navalnaïa, l'épouse de l'opposant russe Alexeï Navalny, a annoncé avoir été elle aussi interpellée par la police dans la capitale pendant la manifestation.

Un homme blessé est aidé par d'autres manifestants dans le centre de Moscou le 23 janvier 2021.
Un homme blessé est aidé par d'autres manifestants dans le centre de Moscou le 23 janvier 2021.

Dans le centre de Moscou, les forces antiémeutes ont arrêté quelque 300 personnes, a fait savoir OVD Info, qui a comptabilisé au moins 1.090 arrestations en Russie, selon un bilan diffusé vers 14H00 GMT.

Dans l'après-midi, la police moscovite a poursuivi et frappé à l'aide de matraques des manifestants, leur jetant des boules de neige.

Un correspondant de l'AFP a aperçu un homme au visage ensanglanté.

A Saint-Pétersbourg, une foule de quelque 10.000 personnes s'était également rassemblée, a constaté une journaliste de l'AFP.

Cette contestation s'organise à quelques mois des législatives prévues pour l'automne, sur fond de chute de popularité du parti au pouvoir Russie unie. Ces actions sont les manifestations les plus importantes depuis celle organisée par M. Navalny déjà pendant l'été 2019 à Moscou en marge d’élections locales.

La police arrête Navalny à l'aéroport de Moscou
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Le Royaume-Uni ferme ses portes aux voyageurs de la RDC et de la Tanzanie

Les voyageurs traversent la zone des arrivées a l'aéroport international Heathrow de Londres, Grande-Bretagne, 18 janvier 2021. REUTERS/Henry Nicholls

Les voyageurs en provenance de la République démocratique du Congo et de la Tanzanie ne seront plus autorisés à entrer au Royaume-Uni, a annoncé jeudi un ministre britannique.

La mesure, qui est entrée en vigueur à partir de ce vendredi, vise à "arrêter la propagation de la variante du coronavirus détectée en Afrique du Sud", a tweeté jeudi le ministre britannique des transports Grant Shapps.

"Tous les passagers en provenance de ces pays, à l'exception des ressortissants britanniques et irlandais et des ressortissants de pays tiers ayant le droit de résidence, se verront refuser l'entrée", a-t-il précisé.

La Tanzanie et la RDC ne sont pas des pays frontaliers à l’Afrique du Sud.

Aucune réaction officielle de ces deux pays ne nous est parvenue pour l’instant.

Selon les experts de la santé, il existe actuellement trois souches mutantes du coronavirus : une a été découverte au Royaume-Uni, une autre en Afrique du Sud et la troisième au Brésil.

Les voyageurs en provenance du Brésil sont interdits d'entrer en Grande-Bretagne depuis une semaine, selon la presse locale.

Lors d'un point de presse jeudi à Washington, le Dr Anthony Fauci, épidémiologiste en chef du pays, a déclaré que les États-Unis "portent une attention toute particulière" à la souche sud-africaine. Il a toutefois précisé que pour l’heure les vaccins continuent d’être efficaces contre les trois souches mutantes.

COVID-19: Les variants mutants inquiètent les chercheurs
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Les autorités russes multiplient les arrestations d'opposants

La police russe porte le leader de l'opposition, Alexeï Navalny, au centre d'une manifestation contre le président Vladimir Poutine sur la place Pouchkine à Moscou, en Russie, 5 mai 2018.

Les autorités russes ont arrêté vendredi de nouveaux partisans de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny, tandis que d'autres devaient comparaître devant des tribunaux à la veille d'une journée de manifestations dans tout le pays.

L'équipe de M. Navalny, placé en détention jusqu'au 15 février au moins et visé par de multiples procédures judiciaires, a appelé à protester samedi dans 65 villes russes pour exiger la libération de l'opposant, des rassemblements "illégaux" selon les autorités.

Après avoir arrêté plusieurs collaborateurs de la bête noire du Kremlin jeudi, la police a poursuivi les interpellations vendredi avec la coordinatrice du siège de l'opposant à Vladivostok en Extrême Orient, Ekaterina Vedernikova, et une collaboratrice du siège de Novossibirsk, en Sibérie, Elena Noskovets.

Ces arrestations ont été rapportées par l'équipe de l'opposant et l'ONG spécialisée OVD-Info.

Arrêtées jeudi, une figure montante du mouvement, Lioubov Sobol, et la porte-parole de M. Navalny, Kira Iarmych, doivent comparaître vendredi devant des juges pour avoir appelé à des manifestions qualifiées d'illégales.

L'avocate de Mme Iarmych, Veronika Poliakova, a indiqué à l'AFP que sa cliente encourait 10 jours de détention. Lioubov Sobol encourt pour sa part 30 jours de prison mais pourrait écoper, comme lors de précédentes arrestations, d'une simple amende du fait qu'elle a un enfant en bas âge.

Parmi les autres soutiens de M. Navalny dans le collimateur des policiers, Georgui Albourov, qui participe aux enquêtes anticorruption de l'opposant, et Vladlen Los, un avocat de son organisation, de nationalité bélarusse, qui s'est vu ordonner de quitter le territoire.

La responsable de l'équipe de M. Navalny à Krasnodar, dans le sud de la Russie, Anastassia Pantchenko, a également été interpellée jeudi.

Face à la mobilisation prévue pour samedi, le Kremlin, le Parquet et le ministère de l'Intérieur ont mis en garde contre la participation à ces rassemblements.

Le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a lui menacé les réseaux sociaux d'amendes s'ils ne supprimaient pas les appels à manifester, et notamment averti les plateformes Tik Tok et Vkontakte, l'équivalent russe de Facebook.

Après son arrestation dimanche, Alexeï Navalny a riposté mardi en diffusant une enquête sur l'immense et fastueuse propriété dont bénéficie selon lui le président Vladimir Poutine, sur les rives de la mer Noire, et dont la construction aurait coûté plus d'un milliard d'euros.

Vendredi matin, cette longue investigation accompagnée d'une vidéo de près de deux heures avait déjà été vue plus de 53 millions de fois sur YouTube, un record pour une enquête de M. Navalny.

L'opposant a été arrêté le 17 janvier, à son retour de cinq mois de convalescence après un empoisonnement présumé, dont il accusé le Kremlin. Moscou rejette ces allégations.

Le Japon a enregistré plus de 20.000 suicides en 2020

Une ambulance de la Force d'autodéfense japonaise au quai Daikoku à Yokohama, au sud de Tokyo, au Japon, le 11 février 2020.

Le Japon fait partie d'un petit groupe de pays où les décès par suicide pendant la pandémie ont dépassé ceux dus au virus. Femmes, enfants et adolescents ont été plus nombreux à se suicider.

Le nombre de suicides au Japon a augmenté l'an dernier pour la première fois depuis 11 ans, les répercussions de la pandémie ayant anéanti des années de progrès dans la lutte contre ce phénomène obstinément élevé dans le pays.

Le ministère de la Santé a annoncé vendredi que 20.919 personnes sont mortes par suicide en 2020 dans l'archipel, une augmentation de 3,7% sur un an. En comparaison, 3.460 personnes au Japon sont décédées du coronavirus l'an dernier.

C'est la première augmentation annuelle des suicides en 11 ans au Japon, qui déplore régulièrement le taux de suicide le plus élevé parmi les pays du G7 (16,6 pour 100.000 habitants en 2020) mais qui avait oeuvré ces dernières années à mieux soutenir les personnes fragiles psychologiquement, avec un certain succès.

Le nombre de suicides au Japon, qui avait culminé à environ 34.000 en 2003, était tombé à 20.000 en 2019, un plus bas depuis 1978.

Les femmes, enfants et adolescents notamment ont été plus nombreux à se suicider dans le pays l'an dernier, des experts estimant que la pandémie et les restrictions face au virus semblent les avoir particulièrement touchés.

Le Japon a enregistré jusqu'à présent des niveaux d'infections moins élevés que de nombreux autres pays, tout en évitant des confinements obligatoires.

Après avoir d'abord baissé au premier semestre 2020, les suicides ont commencé à augmenter en juillet. Une évolution confirmant un modèle d'experts, selon lequel les suicides tendent d'abord à diminuer dans la phase initiale d'une période de crise, avant de grimper fortement par la suite.

Inégalités entre les sexes

Cette hausse a été "un tournant", affirme Michiko Ueda, professeure associée de sciences politiques à l'université Waseda de Tokyo, spécialiste du phénomène du suicide au Japon.

"Le coronavirus est certainement un facteur majeur", dit-elle à l'AFP en n'excluant pas que "les chiffres augmentent encore cette année".

Des experts en santé mentale du monde entier ont averti des risques d'augmentation des suicides pendant la pandémie, en raison de facteurs comme le stress, les difficultés économiques et les abus familiaux.

Un agent de santé enlève un masque de protection dans le service de soins intensifs pour les patients atteints de COVID-19 à l'hôpital universitaire St. Marianna à Kawasaki, au Japon, le 4 mai 2020.
Un agent de santé enlève un masque de protection dans le service de soins intensifs pour les patients atteints de COVID-19 à l'hôpital universitaire St. Marianna à Kawasaki, au Japon, le 4 mai 2020.

Mais le Japon fait probablement partie d'un petit groupe de pays où les décès par suicide pendant la pandémie ont dépassé ceux dus au virus.

Les suicides l'an dernier au Japon ont également suivi des schémas différents de ceux des années précédentes, Mme Ueda soulignant la hausse particulièrement élevée du nombre de suicides chez les femmes l'an dernier (+14,5%), alors qu'il a au contraire baissé d'environ 1% chez les hommes.

Mme Ueda cite comme facteurs probables l'augmentation du chômage des femmes, plus nombreuses à occuper des emplois précaires (notamment dans l'hôtellerie et la restauration, deux secteurs très touchés par la crise), et des tâches domestiques et parentales accrues pour elles.

"Le coronavirus a mis en évidence les inégalités entre les sexes au Japon", ajoute Yayo Okano, professeure de féminisme à l'université Doshisha à Kyoto (ouest), rappelant que les tâches domestiques des femmes sont toujours très disproportionnées au Japon.

Anxiété et solitude des jeunes

Les chiffres des suicides des jeunes de moins de 18 ans au Japon sont également alarmants: plus de 300 élèves du primaire et du secondaire se sont suicidés entre début avril et fin novembre 2020, un bond de près de 30% par rapport à la même période l'année précédente.

"Les risques sont élevés pour les jeunes", qui "ressentent de l'anxiété quant à leur avenir" et souffrent tout particulièrement de la raréfaction des relations sociales, dit Akiko Mura, conseillère au Centre de prévention du suicide de Tokyo.

Les experts pensent par ailleurs qu'une série de suicides de célébrités au Japon en 2020 pourrait également avoir influencé des personnes vulnérables.

Munetaka Kaneko, conseillère au sein de l'ONG de prévention du suicide Sotto, estime que le gouvernement doit maintenant faire de la réponse au suicide un élément clé de sa politique de lutte contre le coronavirus, avec "des mesures de prévention adaptées à l'ère de la pandémie".

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