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La Slovénie clôture une partie de sa frontière avec la Croatie

A girl cries as hundreds of migrants wait to cross into Austria from Sentilj, Slovenia, Oct. 29, 2015. In the chaos of migration, children are especially vulnerable to predators. In Germany, a suspect in the death of one boy has confessed to a second slay

La Slovénie a commencé à ériger une clôture de barbelés le long de certaines parties de sa frontière avec la Croatie en expliquant vouloir mieux contrôler l'afflux de migrants souhaitant passer par son territoire pour se rendre dans d'autres pays de l'Union européenne.

Depuis la mi-octobre, 180.000 personnes environ sont entrées en Slovénie. Beaucoup viennent d'Afghanistan et de Syrie, deux pays en proie à la guerre civile. La plupart souhaitent se rendre en Autriche et de là, en Allemagne.

Des camions acheminant des barbelés sont arrivés tôt mercredi dans le village de Veliki Obrez, près de la frontière croate. Vers 11h30, environ deux kilomètres de clôture avaient été dressés, a constaté un photographe de Reuters.

Face à l'afflux de migrants, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'Union européenne sont réunis à Malte mercredi et jeudi pour un sommet spécial sur la crise migratoire dans l'espoir de pouvoir rapprocher leurs positions.

Le principal point de désaccord porte sur la question des quotas obligatoires visant à répartir les demandeurs d'asile entre les 28 Etats membres. La République tchèque, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, qui a fermé sa frontière aux migrants en octobre, sont très opposés au système des quotas.

La Slovénie pour sa part doit faire face à la pression immédiate des migrants. Le Premier ministre, Miro Cerar, a déclaré mardi que le pays, le plus petit sur la route des migrants, n'aurait pas les ressources pour protéger de l'hiver des foules importantes si l'Autriche venait à fermer sa frontière.

MILITAIRES ET POLICIERS

La frontière de la Slovénie avec la Croatie restera ouverte, a déclaré Miro Cerar, mais la clôture empêchera les migrants d'entrer dans le pays hors des points de passage officiels.

La Slovénie n'a pas l'intention de réduire drastiquement l'afflux de migrants, a indiqué le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Bostjan Sefic. "Les barrières n'ont pas pour but d'empêcher les arrivées en Slovénie ou de les réduire de façon importante (...). Leur but est de diriger le flux de migrants vers les points d'entrée contrôlés", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

L'armée slovène a aussi installé 100 mètres de barbelés dans un champ près du village frontalier de Gibina, également dans l'est de la Slovénie, a constaté un cameraman de Reuters.

Aucun migrant n'était visible à aucun des deux endroits, mais un grand nombre de militaires et de policiers s'y trouvaient, notamment pour garder le matériel de chantier.

La Croatie a déclaré mercredi que la décision de la Slovénie n'était pas nécessaire et constituait un gaspillage d'argent.

"Ce serait mieux s'ils construisaient des centres d'accueil, comme nous l'avons fait", a dit à la presse le ministère croate de l'Intérieur, Ranko Ostojic. "Aucun barbelé ne peut empêcher des gens de passer et il vaut mieux organiser ce passage."

La Slovénie a dit cette semaine qu'elle n'avait pas l'intention d'aménager des centres d'accueil de longue durée.

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, plus de 3.000 personnes attendent d'entrer dans un camp de réfugiés à Presevo dans le sud de la Serbie, d'où ils devraient vraisemblablement se rendre en Croatie puis en Slovénie.

En outre, 3.000 personnes étaient attendues en Serbie mercredi, après 9.000 mardi, a déclaré un responsable du HCR à Presevo.

Au total, 175 policiers d'autres Etats de l'UE sont entrés en Slovénie pour renforcer les forces locales. Cent policiers supplémentaires sont attendus dans les 15 jours.

Avec Reuters

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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