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La réussite de la Suède sans Zlatan


Zlatan Ibrahimovic lors du match amical entre la Suède et le Pays de Galles au Friends Arena à Solna près de Stockholm, le 5 juin 2016.

Moins d'ego, plus d'égaux, la Suède y arrive mieux sans sa mégastar Zlatan Ibrahimovic. Elle est en quart de finale de la Coupe du monde, samedi contre l'Angleterre: "Dieu" n'y était jamais parvenu.

"Zlatan... En tant que personne, en tant que joueur, c'est un individualiste, tout le jeu tourne autour de lui. Maintenant, on joue plus en équipe", résume le gardien Karl-Johan Johnsson.

La retraite internationale d'"Ibra" a mis en valeur toutes les vertus collectives de la Suède. Oh, certes, elle n'est pas aussi spectaculaire que "Lui", mais elle tiendra, samedi à Samara (16h00), son rang parmi les huit meilleures équipes du monde pour la première fois depuis 1994.

"Nous sommes vraiment une équipe, nous formons un tout", explique Janne Andersson. Le sélectionneur suédois insiste: "L'équipe se bat pour l'équipe, c'est ce qui compte pour ceux qui sont sur le terrain, et pour nous sur le banc", le staff et les remplaçants.

>> Lire aussi : La Suède en quart de finale du Mondial 2018

Après tout, la Suède s'est qualifiée pour la Coupe du monde en battant la France (2-1) en poules pour sauver sa deuxième place, devant les Pays-Bas, et a sorti le quadruple champion du monde italien en barrages (1-0/0-0). Avec une sorte de "catenaccio" (cadenas) scandinave et sans "zlataneries".

"Tout au long des qualifications, nous nous sommes battus les uns pour les autres, nous l'avons montré très clairement", abonde le capitaine Andreas Granqvist. Sous-entendu plus clairement que sous le régime d'Ibra 1er.

Pourtant l'ombre géante du 1,95 m du génial suédois continue de rôder autour des "Blagult" (Jaunes et Bleus). Avant le 8e de finale, les journalistes suédois interrogeaient encore les Suisses sur l'absence de l'emblème. "Est-ce que la Suède joue mieux sans Zlatan?" Johan Djourou avait poliment décliné: "Ce n'est à moi de répondre à cette question".

Pas une conférence de presse des Suédois au Mondial n'a échappé à une question sur Zlatan.

Depuis Los Angeles, où il marque encore des buts spectaculaires pour le Galaxy, à 36 ans, ou depuis les plateaux TV russes où il passe donner son avis, Ibrahimovic se rappelle au souvenir de tous. Il n'hésite pas à joueur de l'autodérision, par exemple dans une publicité où il regarde un beau but et dit: "Ca me rappelle moi-même".

"La Coupe du monde sans moi, ça n'est pas la peine de regarder... Je le pense vraiment", disait-il aussi. Zlatan a décidément toujours son sens de l'humour. Il a accueilli l'arrivée de la star LeBron James aux Lakers, ses voisins du basket, du tweet suivant: "Los Angeles a désormais un Dieu et un Roi! Zlatan souhaite la bienvenue à King James".

- Aucun but en Coupe du monde -

Pourtant, en cinq matches de Coupe du monde, l'ex-tête d'affiche du Paris SG n'avait pas marqué un seul but, pas même contre Trinité-et-Tobago en 2006 (0-0).

En 2014, la route du Brésil lui avait été barrée par une autre très forte personnalité du foot, Cristiano Ronaldo, auteur d'un triplé à Stockholm en barrages retour (1-0/3-2). Ibrahimovic n'avait réussi... qu'un doublé.

Il a davantage brillé à l'Euro, marquant deux buts à chaque fois en 2004, 2008 et 2012. Parmi ceux-là, des bijoux comme sa géniale "talonnade aérienne retournée kung-fu" en 2004 contre l'Italie, qui a beaucoup contribué à sa gloire, ou une frappe pure et lointaine pour battre la France en 2012 (2-0), mais la Suède était déjà éliminée.

Il a aussi raté son tir au but contre les Pays-Bas en quarts de finale en 2004 (0-0, 5-4 t.a.b.), et sa sortie en 2016, pour son dernier match avec la Suède, une défaite contre la Belgique à Nice (1-0) où les supporters belges chantaient: "Bye-bye Ibrahimovic!" sur l'air de Go West, des Pet shop boys.

Quelques éclats, pas de grands résultats, les héritiers de Zlatan sont en position de le surpasser pour de bon.

Mais "Lui" savait marquer et gagner contre les Anglais, il a signé un but légendaire en amical le 14 novembre 2012 (4-2), un retourné acrobatique des 25 m. On en revient quand même toujours à Zlatan.

Avec AFP

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