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La question sécuritaire au cœur de la visite de Félix Tshisekedi à Goma

Le président congolais Felix Tshisekedi devant l'ONU à New York, le 26 septembre 2019. REUTERS/Carlo Allegri

Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi est arrivé lundi à Goma, dans l'Est du pays, pour une visite sous haute tension centrée sur les questions sécuritaires, sur fond de tueries à Beni et de tensions communautaires dans le Sud-Kivu.

Le président Tshisekedi doit participer mercredi à une réunion par visioconférence avec ses homologues des pays voisins et concernés par la sécurité dans l'Est de la RDC: Ouganda, Rwanda et Burundi.

Au moins huit personnes ont encore été tuées lundi matin à Mamove dans le territoire de Beni, à 350 km au nord de Goma, a indiqué l'administrateur du territoire, Donat Kibwana.

Ce responsable politico-administratif a attribué la tuerie au groupe armé ADF, responsable présumé de la mort de centaines de civils depuis un an.

Les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) présents dans la région de Beni ont confirmé l'attaque, sans donner de bilan.

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A sa descente d'avion, le président Tshisekedi a été hué par une poignée de manifestants qui lui ont rappelé que le Congo est "indivisible".

Une claire allusion à la polémique politique qui enflamme la province voisine du Sud-Kivu. Une polémique qui renvoie les Congolais aux heures sombres des deux guerres du Congo (1996-2003) et l'ingérence directe de ses voisins sur son territoire, à commencer par le Rwanda.

La semaine dernière, une délégation officielle a élevé au rang de commune rurale la localité de Minembwe sur les hauts-plateaux du territoire de Fizi.

Or le maire de Minembwe et la majorité de ses habitants sont des Congolais tutsi rwandophones, dont les milices sont en conflit avec des groupes armés d'autres communautés.

Cette décision administrative a réveillé dans l'esprit de nombreux Congolais le spectre d'une "balkanisation" de l'Est de la RDC au profit de ses voisins, à commencer par le Rwanda.

"Je demande aux Congolais de s'opposer à l'instauration de Minembwe en commune rurale. Cette initiative téméraire est une sérieuse menace à l'intégrité territoriale de la #RDC. J'invite le peuple congolais à la vigilance de manière à faire échec à ce plan de balkanisation du pays", a tweeté l'opposant et ex-candidat à la présidence de la République, Martin Fayulu.

Dans le Sud-Kivu, l'évêque d'Uvira Sébastien Muyengo a regretté cette décision qui "loin d'être de nature à faciliter la véritable paix dans les Hauts-plateaux, suscite au contraire beaucoup d'animosité".

L'homme d'Église s'interroge sur la "responsabilité" du président Tshisekedi.

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RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF

Une patrouille de la Monusco pour traquer les rebelles ougandais des Forces Démocratiques Alliés (ADF), le 13 novembre 2018.

Dix civils ont été dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques attribuées au groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF) dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, selon l'armée.

"Nous déplorons la mort de huit civils, décapités dans le village de Boyo, ici en Ituri par des ADF (...) qui ont aussi tué deux autres civils par balle à Kainama", a déclaré à l'AFP le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée dans la province de l'Ituri (nord-est).

"La poursuite de l'ennemi pour nettoyer la zone continue", a-t-il affirmé.

Des sources administrative et locales ont confirmé les deux attaques, précisant que des maisons ont également été "incendiées" par les assaillants.

Le village de Kainama est situé dans l'extrême nord de la province du Nord-Kivu, à la limite avec l'Ituri. Il est à 5 km de celui de Boyo.

Les ADF sont historiquement des rebelles musulmans ougandais installés dans l'est de la RDC depuis 1995. Sans s'attaquer à l’Ouganda depuis des années, ces bandes armées commettent régulièrement des massacres sur des civils sans défense depuis octobre 2014 dans la région de Beni et ses environs.

L'armée congolaise mène des opérations militaires contre ces ADF dans cette zone depuis fin octobre 2019, sans toutefois avoir pu mettre fin aux massacres.

Dispersés par ces opérations militaires, les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles, selon des experts de l'ONU.

Après une relative accalmie en janvier, les membres présumés des ADF multiplient des tueries des civils depuis début février dans les territoires de Beni (Nord-Kivu) et Irumu (Ituri, nord-est).

Depuis près de trois décennies, l'est de la RDC est déstabilise par la présence de dizaines de groupes armés locaux et étrangers d'importance diverses.

Dans un récent rapport, les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST en anglais) ont recensé au moins "122 groupes armés" actifs dans quatre provinces orientales (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika).

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L'ambassadeur tué en RDC "a été trahi" par un proche, selon sa femme

Les carabiniers transportent le cercueil de l'ambassadeur italien Luca Attanasio dans la Basilique de Sainte Marie des Anges et des Martyrs à Rome, le 25 février 2021.

Selon le quotidien italien Il Messaggero, l'ambassadeur Luca Attanasio a été trahi par une personne proche de la famille.

C'est ce qui ressort d'une interview accordée par la veuve de l'ambassadeur tué lundi dans une embuscade en République démocratique du Congo (RDC).

Luca Attanasio, 43 ans, circulait dans la province du Nord-Kivu (est), près de la frontière avec le Rwanda, à bord d'un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) lorsque celui-ci a été pris dans une embuscade.

L'ambassadeur, son garde du corps italien, le carabinier Vittorio Iacovacci, 30 ans, et un chauffeur congolais du PAM, Mustafa Baguma Milambo, 56 ans, ont été tués par balles.

Pour sa veuve, Zakia Seddiki, "Luca a été trahi par quelqu'un qui nous est proche, proche de notre famille". "Quelqu'un qui connaissait ses déplacements a parlé, l'a vendu et l'a trahi", a-t-elle ajouté, sans plus de précisions.

Les circonstances de la fusillade devront être éclaircies par les enquêtes du PAM et de l'ONU à qui le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio, a demandé "le plus rapidement possible, des réponses claires et exhaustives".

Le parquet de Rome, où se trouve le siège mondial du PAM, a ouvert de son côté une enquête pour "séquestration de personnes à des fins terroristes", selon la presse italienne.

Les autorités congolaises accusent les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), installées dans l'est de la RDC. Mais dans un entretien accordé à VOA Afrique, un porte-parole des FDLR, Cure Ngoma, a nié toute implication dans cette attaque. Il s'est dit prêt à témoigner, tout en réclamant une enquête internationale et impartiale.

Selon les autorités congolaises et italiennes, l'attaque s'est produite à quelques kilomètres de la commune de Kiwanja, où Luca Attanasio et des fonctionnaires du PAM devaient visiter une école.

Selon le journal La Stampa, Luca Attanasio, arrivé en RDC en 2017, avait demandé l'année suivante au ministère italien des Affaires étrangères une escorte de quatre carabiniers, comme celle dont bénéficiait son prédécesseur, au lieu des deux alors en poste. Après une mission d'inspection en RDC, le ministère a refusé sa demande, écrit le quotidien.

Le PAM et le ministère italien des Affaires étrangères n'avaient pas immédiatement répondu vendredi aux sollicitations de l'AFP.

Après des funérailles d'Etat organisées jeudi à Rome, Luca Attanasio devait être inhumé samedi dans sa ville de Limbiate, près de Milan (nord).

Mort de l'ambassadeur Attanasio: les FDLR rejettent toute responsabilité
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