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Sénégal

La justice reporte une décision à risques contre le maire de Dakar

Barthelemy Dias en route vers le palais de justice de Dakar, le 01 décembre 2021.

Un tribunal de Dakar sous forte protection policière a repoussé mercredi de quatre mois sa décision hautement sensible contre le maire de Dakar, jugé en appel pour la mort d'un homme tué par balle en 2011 dans un contexte de violence politique.

La cour d'appel a prorogé au 21 septembre son délibéré contre Barthélémy Dias, maire de la capitale sénégalaise depuis février, a annoncé la présidente du tribunal au cours d'une audience publique où M. Dias était absent.

L'arrêt de la cour est très attendu en raison de ses implications politiques. De nombreux policiers et gendarmes avaient pris position dans et autour du palais. Des véhicules anti-émeutes ont été disposés à différents carrefours de la capitale.

M. Dias, farouche opposant au pouvoir, crie au procès politique. Il est devenu maire de Dakar pour le compte d'une coalition nationale conduite par Ousmane Sonko, prétendant déclaré à la présidentielle de 2024. Le monde politique sénégalais spécule sur les éventuelles ambitions présidentielles de M. Dias.

Son procès en appel a été reporté à de multiples reprises ces dernières années avant de se tenir le 2 mars.

Le parquet général y avait requis cinq ans de prison ferme, une peine qui interromprait la carrière de M. Dias.

M. Dias, 46 ans, jugé avec une douzaine d'autres à l'époque, avait été condamné en 2017 à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour "coup mortel" porté en 2011 à Ndiaga Diouf, un lutteur décrit par l'opposition comme un nervi du régime.

Ndiaga Diouf avait été abattu par balle lors de l'assaut donné à la mairie de Mermoz Sacré-Coeur, une des communes constituant la capitale et dont M. Dias était alors maire, par de supposés sympathisants du Parti démocratique sénégalais, au pouvoir. Les violences s'étaient produites dans un contexte de contestation grandissante contre une candidature du président sortant Abdoulaye Wade à un troisième mandat en 2012.

Avant M. Dias, deux autres adversaires du président Macky Sall, l'ancien maire de Dakar Khalifa Sall (sans lien de parenté) et l'ancien ministre Karim Wade, fils d'ex-président, ont vu leur trajectoire interrompue par les ennuis judiciaires. Ousmane Sonko, quant à lui, est depuis 2021 sous le coup d'une enquête pour viols présumés. Tous crient au complot ourdi par le pouvoir. Le pouvoir se défend de toute instrumentalisation de la justice.

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L'armée sénégalaise assure maintenir ses effectifs au Mali

Le contingent sénégalais de la MINUSMA avant l'arrivée du Secrétaire général des Nations Unies le 30 mai 2018 à Sévaré.

L'armée sénégalaise, une des principales contributrices en soldats et policiers à la force de l'ONU chez le voisin malien, a assuré maintenir son niveau de participation à la Minusma, répondant au principal opposant sénégalais et candidat déclaré à la présidentielle.

Le bataillon sénégalais basé à Sévaré (centre Mali) a entamé sa relève cette semaine, a rapporté la Minusma sur les réseaux sociaux.

Le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko, s'est servi du Mali pour attaquer le président Macky Sall et la France jeudi quand il a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2024. Il a aussi exprimé un soutien appuyé au chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta.

"Nous avons vu que Macky Sall a rapatrié les quelques éléments sénégalais qui étaient là-bas, puisqu'ils n'étaient pas là-bas en tant que Sénégalais, ils étaient là-bas parce que la France lui avait demandé d'amener des troupes", a dit M. Sonko.

S'il est élu, "nous dépêcherons des troupes pour soutenir nos frères maliens et en finir avec cette gangrène", a ajouté M. Sonko en parlant de la propagation jihadiste à laquelle est en proie le Mali depuis 2012, qui a gagné ses voisins burkinabè et nigérien et qui inquiète toute la sous-région.

Le Sénégal a en fait procédé, comme d'autres, à une "relève périodique", a écrit l'état-major dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Contrairement à certaines informations données dans la presse, le Sénégal ne s'est pas désengagé du Mali", a-t-il dit. La relève de cette semaine est "une opération normale visant à remplacer, nombre pour nombre, les troupes engagées" par le Sénégal "dès les premières heures de la crise", dit-il.

Le Sénégal compte 1.300 soldats, gendarmes et policiers au sein de la Minusma, précise-t-il. La Minusma compte environ 17.500 hommes et femmes, dont plus de 13.000 soldats et policiers.

Ousmane Sonko a aussi dit "encourager le président Assimi Goïta parce qu'il n'a pas perdu la face".

Le colonel Goïta a pris et raffermi son pouvoir à la faveur de deux coups d'Etat en 2020 et 2021, avec le projet déclaré de redresser le pays et de rétablir la sécurité. Sous sa direction, le Mali s'est détourné de la France et ses anciens alliés, et tourné vers la Russie.

A Dakar, Samuel Eto’o souhaite qu'un pays africain remporte le Mondial

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Ousmane Sonko officiellement candidat à la présidentielle sénégalaise

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L'opposant sénégalais Ousmane Sonko officialise sa candidature à la présidentielle

Des manifestants tiennent des drapeaux du Sénégal et un portrait de l'opposant et maire de Ziguinchor Ousmane Sonko à la place de l'Obélisque à Dakar, le 8 juin 2022.

Le principal opposant sénégalais Ousmane Sonko a officialisé jeudi sa candidature à la présidentielle de 2024 et a accusé le président Macky Sall et la France de se liguer pour l'empêcher de se présenter.

La candidature de M. Sonko, troisième à la présidentielle de 2019, ne faisait de doute pour personne depuis longtemps.

M. Sonko, 49 ans, chef du parti Pastef, élu maire de Ziguinchor (sud) en janvier, tient un discours à la fois souverainiste, panafricaniste et social, pourfendant les élites et la corruption. Il pilonne aussi l'emprise économique et politique exercée selon lui par l'ancienne puissance coloniale française et les multinationales.

Défenseur des valeurs religieuses et traditionnelles, tranchant par son âge avec une grande partie de la classe politique, à l'aise dans les médias, l'ancien inspecteur des impôts à la rapide ascension politique jouit d'une grande popularité parmi les jeunes dans une population dont plus de la moitié a moins de 20 ans.

Ses détracteurs dénoncent en lui un populiste n'hésitant pas à souffler sur les braises sociales. Il est depuis 2021 sous le coup d'une inculpation pour viols présumés contre une employée d'un salon de beauté où il allait se faire masser. Sa mise en cause avait contribué à plusieurs jours d'émeutes meurtrières, de pillages et de destructions. M. Sonko crie à la machination du pouvoir.

"Moi Ousmane Sonko, s'il plaît à Dieu et si mon parti le veut, je suis candidat à l'élection présidentielle de 2024. Personne n'est mieux placé que nous pour gagner", a déclaré M. Sonko devant la presse à Dakar.

C'est parce que Macky Sall et la France redoutent son avènement que, "tous les jours, leurs laboratoires tournent à plein régime en fabriquant énormément de complots. Leur objectif est de trouver un motif de condamnation pour empêcher la candidature de Ousmane Sonko", a-t-il ajouté.

Il a accusé M. Sall de susciter des dossiers "de terrorisme, de rébellion, de viol imaginaire fabriqués avec le soutien de la France" et s'en est pris à des "médias français, porte-voix officieux de l'Elysée" qui le décriraient en "dangereux homme politique".

Il a répété ne rien avoir contre le peuple français.

Un autre opposant, l'ancien ministre Malick Gackou, a annoncé mercredi sa candidature en 2024.

M. Sonko officialise sa candidature dans la foulée des législatives du 31 juillet. Le camp présidentiel y a perdu la majorité absolue au Parlement et ne devrait bénéficier d'une majorité d'une seule voix grâce au ralliement d'un député isolé.

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