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Rwanda

La justice lève le secret des archives de la présidence française sur le génocide rwandais

Le membre de l'association "Survie", Thomas Borrel, à gauche, et le chercheur François Graner arrivent à l'Institut François Mitterrand pour laisser une clé symbolisant leur demande d'accès aux archives sur le conflit rwandais, à Paris, le 13 décembre 2017. (Photo AFP)

La justice administrative française a autorisé vendredi un chercheur à consulter les archives du défunt président François Mitterrand sur le Rwanda, au coeur de la longue controverse sur le rôle de la France pendant le génocide de 1994.

Cette décision clôt cinq années de procédure et constitue une "très très bonne nouvelle", s'est félicité le chercheur François Graner, auteur de plusieurs livres sur la France au Rwanda et proche de l'association Survie engagée contre la "Françafrique".

Le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative en France, a estimé que François Graner avait "un intérêt légitime à consulter ces archives pour nourrir ses recherches historiques et éclairer ainsi le débat sur une question d'intérêt public".

Les archives concernées comprennent notamment des notes rédigées par les conseillers du Président et des comptes-rendus de réunions du gouvernement. Elles sont couvertes par un protocole qui ne prévoit leur ouverture générale au public que 60 ans après sa signature, en 2055.

Mais "la protection des secrets de l’État doit être mise en balance avec l'intérêt d'informer le public sur ces évènements historiques", a souligné le Conseil d'Etat.

- 'Victoire pour l'Histoire' -

En conséquence, la justice administrative a enjoint au ministère français de la Culture, qui s'était opposé à la demande du chercheur, de lui ouvrir dans les trois mois l'accès aux archives réclamées.

"On n'attend pas de scoop de ces archives, dont certaines sont déjà connues", a souligné M. Graner à l'AFP. "Mais on veut pouvoir faire un travail de fond, sérieux, serein, pour comprendre ce que chacun savait à ce moment" de l'Histoire.

Les zones d'ombres sur le rôle de Paris avant, pendant et après le génocide des Tutsis au Rwanda - qui fit selon l'ONU au moins 800.000 morts d'avril à juillet 1994 - restent une source récurrente de polémiques en France, accusée d'avoir été complice ou d'avoir soutenu, avant et pendant le génocide, le pouvoir extrémiste hutu.

L'ancien président socialiste François Hollande avait annoncé en 2015 la déclassification des archives du fonds François Mitterrand, mais leur accès est resté très limité, et la mandataire du fonds, Dominique Bertinotti, a souvent été accusée de verrouiller ces archives.

L'actuel chef de l'Etat, Emmanuel Macron, a annoncé en 2019 l'ouverture des archives françaises concernant le Rwanda entre 1990 et 1994, mais à une commission d'historiens ad hoc.

La décision du Conseil d'Etat "est une victoire pour le droit mais aussi pour l'Histoire", s'est félicité l'avocat de M. Graner, Me Patrice Spinosi. "Elle vaut pour le Rwanda mais plus généralement pour toutes les archives présidentielles", a-t-il souligné dans une déclaration à l'AFP, estimant que "le droit à l'information l'avait emporté".

"Désormais, les chercheurs, comme M. Graner, vont pouvoir avoir accès aux archives présidentielles du président Mitterrand pour faire toute la lumière sur le rôle de la France au Rwanda en 1994 et 1995", a-t-il ajouté.

Parmi les points les plus disputés figurent l'ampleur de l'assistance militaire apportée par la France au régime du président hutu rwandais Juvénal Habyarimana de 1990 à 1994 et les circonstances de l'attentat qui lui coûta la vie le 6 avril 1994, élément déclencheur du génocide.

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Le président Kagame visite les soldats rwandais déployés au Mozambique

Le président Paul Kagame et son homologue Philip Nyusi du Mozambique, le 23 septembre 2021. (Twitter)

Le président rwandais Paul Kagame a débuté vendredi une visite de deux jours dans le nord du Mozambique, où un millier de soldats rwandais ont été déployés pour aider Maputo dans sa lutte antijihadiste.

Le Rwanda fut en juillet le premier pays africain à envoyer des troupes pour soutenir l'armée mozambicaine dans sa lutte contre une insurrection jihadiste dans la province de Cabo Delgado, qui abrite l'un des plus importants projets de gaz naturel liquéfié d'Afrique.

Le président rwandais a atterri vendredi matin dans la capitale provinciale Pemba, où l'a accueilli son homologue mozambicain Filipe Nyusi, a tweeté l'Agence rwandaise de Radiodiffusion (RBA) qui chapeaute les médias audiovisuels publics.

Les deux chefs d'Etat ont rencontré les troupes rwandaises déployées dans la provinces, a ajouté la RBA.

Peu après le Rwanda, certains des 16 Etats-membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) y ont aussi déployé des troupes, dont près de 1.500 soldats sud-africains.

L'Union européenne a pour sa part lancé en juillet une mission militaire de formation des forces armées du Mozambique.

Les forces rwandaises ont revendiqué début août leurs premiers succès, affirmant notamment avoir repris le port stratégique de Mocimboa da Praia aux insurgés.

La ville portuaire, cible de la première attaque jihadiste au Mozambique en octobre 2017, était, depuis le 12 août 2020, aux mains des jihadistes locaux, connus sous le nom d'Al-Shabab ("les jeunes" en arabe), et était devenue leur quartier général de facto.

En mars, les jihadistes avaient attaqué la ville de Palma, base des opérations industrielles du géant de l'énergie français Total, forçant le groupe à suspendre ses travaux d'un projet gazier de 20 milliards de dollars.

Malgré les récents succès de l'armée mozambicaine et de ses alliés, les insurgés ont continué leurs attaques.

Des sources au sein des forces de sécurité ont récemment fait état d'une série d'attaques dans le district de Quissanga, au sud de Mocimba da Praia, où les jihadistes sont présumés s'être repliés depuis que la localité portuaire a été reprise.

La dernière attaque en date a été menée jeudi soir dans le village de Lindi.

"Deux personnes ont été tuées et deux blessées" et plusieurs femmes et filles enlevées, a déclaré vendredi une source policière ayant requis l'anonymat.

Les insurgés ont également tendu une embuscade à deux bus transportant des soldats, plus tard dans la nuit, faisant au moins un mort, a indiqué à l'AFP un policier sous le couvert de l'anonymat.

Cette embuscade s'est produite sur une route majeure, fermée depuis deux ans en raison d'attaques similaires et récemment rouverte après l'arrivée des troupes étrangères.

Au total, au moins dix personnes ont été tuées dans plusieurs villages de Quissanga au cours de la semaine écoulée, a indiqué un autre policier.

Selon des sources locales et militaires, cinq civils ont été décapités le 17 septembre par des jihadistes à environ 150 kilomètres au sud de Palma.

Les attaques jihadistes, qui se sont multipliées depuis un an, ont fait au cours des quatre dernières années quelque 3.300 morts, pour moitié des civils, et ont forcé près de 800.000 personnes à fuir, selon l'ONG Acled.

Les présidents Kagame et Nyusi doivent s'adresser à la presse vendredi soir.

Cyclisme : les Mondiaux 2025 au Rwanda, une première en Afrique

Les coureurs de Team Rwanda célébrant leur victoire au Tour du Rwanda, le 22 novembre 2015.

Les championnats du monde de cyclisme sur route 2025 auront lieu au Rwanda, une première en Afrique, a annoncé jeudi la fédération rwandaise de cyclisme.

Le congrès de l'Union cycliste internationale (UCI), qui se tient vendredi à Louvain (Belgique), doit entériner la décision avant son officialisation, a-t-on appris auprès de la fédération internationale.

Deux candidatures, le Rwanda (Kigali) et le Maroc (Tanger), étaient en lice pour ces premiers championnats du monde de cyclisme organisés en Afrique.

Le comité directeur de l'UCI a opté sans surprise pour la candidature de Kigali qui partait grande favorite.

Le président de l'UCI, le Français David Lappartient, avait annoncé dès le début de son premier mandat en 2017 sa volonté d'organiser les Mondiaux route, l'événement-phare de l'UCI, en Afrique.

Tous les autres continents ont déjà accueilli les championnats du monde route. Après la Flandre, qui accueille cette semaine les compétitions, les prochaines éditions auront lieu en 2022 en Australie (Wollongong), en 2023 en Ecosse et en 2024 en Suisse.

Le Tour du Rwanda, pour lequel s'est déplacé en mai dernier David Lappartient, est l'un des principaux événements cyclistes en Afrique, et attire chaque année une grande foule sur des parcours sélectifs typés grimpeurs ou puncheurs.

Les premiers championnats du monde de cyclisme remontent aux années 20, avec les amateurs en 1921 à Copenhague au Danemark, puis les professionnels en 1927 en Allemagne (Nürburgring).

L'Amérique du Sud a accueilli pour la première fois l'épreuve en 1977 (Venezuela, à San Cristobal), et l'Amérique du Nord en 1986, à Colorado Springs (Etats-Unis). L'Asie les a organisés pour la première fois en 1990 au Japon (Utsunomiya), et l'Océanie en 2010, à Geelong près de Melbourne.

Paul Rusesabagina: préoccupation des États-Unis

Paul Rusesabagina: préoccupation des États-Unis
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Affaire Rusesabagina: Kigali annule une rencontre avec la Belgique

Le président rwandais Paul Kagame assiste à un service commémoratif de l'ancien président kényan Daniel Arap Moi au stade Nyayo à Nairobi, Kenya, le 11 février 2020.

Le gouvernement rwandais a annulé mardi une rencontre prévue avec la ministre belge des Affaires étrangères, qui a critiqué la condamnation à 25 ans de prison pour "terrorisme" de Paul Rusesabagina, ancien hôtelier rendu célèbre par le film "Hotel Rwanda".

La cheffe de la diplomatie belge Sophie Wilmès a estimé dans un communiqué que "M. Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès juste et équitable; particulièrement en ce qui concerne les droits de la défense", et que "la présomption d'innocence n'a pas été respectée".

Cette déclaration "reflète le mépris dont fait preuve le gouvernement du Royaume de Belgique envers le système judiciaire rwandais depuis le début de ce procès, malgré la contribution importante des institutions belges compétentes à l'instruction de cette affaire", ont estimé les autorités rwandaises dans un communiqué.

"Pour cette raison, une réunion bilatérale prévue au niveau ministériel, en marge de l'assemblée générale des Nations unies à New York, n'aura plus lieu", concluent-elles.

Paul Rusesabagina, connu pour avoir permis le sauvetage de plus d'un millier de personnes durant le génocide de 1994 et qui possède la nationalité belge, a été reconnu coupable lundi par un tribunal de Kigali "d'avoir fondé et d'appartenir" au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

Paul Rusesabagina, 67 ans, a été rendu célèbre par le film "Hotel Rwanda" sorti en 2004, qui a raconté comment ce Hutu modéré a sauvé plus de 1.000 personnes réfugiées dans son établissement durant le génocide de 1994 qui a fait 800.000 morts, principalement des Tutsi.

Il est aussi un des plus virulents opposants à Paul Kagame, et a utilisé sa notoriété hollywoodienne pour donner un écho mondial à ses positions contre le régime.

Il vivait depuis 1996 en exil aux Etats-Unis -où il est détenteur d'une "carte verte"- et en Belgique, avant d'être arrêté à Kigali en 2020 dans des circonstances troubles, à la descente d'un avion qu'il pensait à destination du Burundi.

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, se sont dits "préoccupés" lundi par cette condamnation. "L'absence de garanties d'un procès juste remet en cause l'équité du verdict", a indiqué le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

Sa famille, qui n'a cessé de clamer son innocence, a également condamné ce verdict, estimant qu'étant donné son état de santé, cela équivalait à une "condamnation à mort".

La condamnation de Paul Rusesabagina ne convainc pas certains

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