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La Corée du Nord ouvre le premier congrès de son parti unique en près de 40 ans

Le leader nord-coréen Kim Jong Un assiste à un banquet ,dans cette photo non datée publiée par Korean Central Nouvelles Agence de la Corée du Nord ( KCNA ) à Pyongyang le 15 février 2016 .

La Corée du Nord a ouvert vendredi son premier grand show politique en près de 40 ans, un congrès du parti unique au pouvoir destiné à consacrer le règne absolu de Kim Jong-Un et le "prestige" du pays en tant que puissance nucléaire.

Des milliers de délégués triés sur le volet venus de toute la Corée du Nord se sont rendus à Pyongyang pour assister à ce rassemblement exceptionnel du Parti des travailleurs de Corée (PTC), dans l'imposant Palais du 25 avril.

Kim Jong-Un, 33 ans, n'était pas né lors du dernier événement du genre, en 1980. Il devait prononcer une allocution liminaire qui sera scrutée de près par les observateurs à la recherche de signes éventuels d'un changement de ligne ou de personnes, avec l'ascension possible d'une nouvelle génération de cadres choisis pour leur loyauté.

Les médias officiels ont salué à cette occasion le dernier test nucléaire nord-coréen, mené le 6 janvier, témoignage "de la grandeur et du prestige" de la Corée du Nord "en tant qu'Etat nucléaire".

La Commission pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC) a dénoncé l'opposition de la communauté internationale au programme nucléaire nord-coréen.

"Qu'il soit reconnu ou pas, notre statut d'Etat nucléaire doté de la bombe H ne changera pas", a-t-elle affirmé.

Le congrès de 1980 avait été organisé pour désigner Kim Jong-Il, père du dirigeant actuel, comme l'héritier de son propre père, Kim Il-Sung, fondateur de cette dictature dynastique qui dure depuis près de 70 ans.

- Huis clos -

La centaine de journalistes étrangers invités à couvrir l'événement 2016 n'étaient pas autorisés à pénétrer à l'intérieur du Palais du 25 avril, dont la façade était décorée de portraits géants des deux dirigeants défunts.

Les photographes et vidéastes étaient tenus à 200 mètres à l'écart.

La télévision officielle nord-coréenne s'est abstenue de toute couverture en direct, consacrant ses émissions de la matinée à des images d'archives sur les prouesses du parti et des concerts patriotiques.

Le menu de la réunion n'est pas connu, non plus que sa durée. Mais l'objectif principal sera vraisemblablement d'asseoir le statut de Kim Jong-Un en tant qu'héritier légitime de ses grand-père et père.

Le congrès devrait également confirmer, comme doctrine du parti, la stratégie du "byungjin" initiée par Kim Jong-Un, à savoir le fait de mener en tandem développement économique et programmes nucléaire et balistique.

Des drapeaux du PTC, ainsi que le drapeau national, ont fleuri au bord des larges avenues de Pyongyang. "Les grands camarades Kim Il-Sung et Kim Jong-Il seront toujours parmi nous", proclamaient les bannières.

Les préparatifs au congrès ont mobilisé le pays tout entier pendant 70 jours, campagne dénoncée comme du travail forcé par l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch.

Les journalistes étrangers étaient dûment accompagnés de "gardiens", et les passants acceptant de s'exprimer s'en tenaient à la ligne officielle.

- Autodéfense -

Kim Hyang, 26 ans, employée de bureau, estime que l'arsenal nucléaire nord-coréen est le produit inéluctable de l'agression américaine.

"Nous avons besoins d'armes nucléaires car les Etats-Unis et leurs fidèles veulent nous étouffer. Ils menacent le Nord avec les armes nucléaires, alors si nous voulons défendre notre souveraineté, la paix et la sécurité, nous devons avoir l'arme nucléaire", a-t-il affirmé.

Depuis l'arrivée du jeune dirigeant au pouvoir en décembre 2011, après le décès de son père, la Corée du Nord a mené deux essais nucléaires et deux tirs réussis de fusée, généralement considérés comme des essais déguisés de missiles balistiques.

Alors même que la communauté internationale réagissait par des condamnations doublées de sanctions, Kim Jong-Un a poursuivi avec détermination ses efforts pour mettre au point une dissuasion nucléaire crédible, à l'aide de tests de missiles et d'essais techniques complémentaires.

Il s'est également montré impitoyable envers tous ceux qu'il considérait comme déloyaux au sein du parti, du gouvernement et de l'armée. Il a ordonné l'exécution de son oncle et ex-mentor, Jang Song-Thaek.

Les spéculations s'étaient multipliées ces derniers temps sur la possibilité que Pyongyang s'apprête à mener un cinquième essai nucléaire qui coïnciderait avec la tenue du congrès.

Les spécialistes de l'Institut américano-coréen de l'université Johns Hopkins ont dit jeudi, sur la foi des dernières images satellite du principal site nord-coréen d'essais nucléaires à Punggye-ri, que rien ne permettait de se prononcer sur l'imminence ou non d'un essai.

Le gouvernement sud-coréen juge, lui, que Pyongyang est prêt à mener un test dès que l'ordre en sera donné. Il n'exclut pas qu'un essai puisse être mené pendant le congrès lui-même.

Avec AFP

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Covid-19: "le pire est à venir" dans les pays en conflit, avertit le chef de l'ONU

António Guterres, le secrétaire général de l'ONU, à Addis Abeba le 8 février 2020.

"Le pire est à venir" dans les pays en conflit, a averti vendredi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres en relançant son appel à des cessez-le-feu partout dans le monde pour aider à endiguer la progression du Covid-19.

"Il y a une chance pour la paix, mais nous en sommes loin. Le besoin est urgent. La tempête du Covid-19 arrive maintenant sur tous les théâtres de conflit", a-t-il ajouté en présentant un rapport sur les avancées obtenues depuis son appel lancé le 23 mars.

"Le virus a montré à quel point il peut traverser rapidement les frontières, dévaster des pays et bouleverser des vies. Le pire est encore à venir", a souligné le chef de l'ONU.

Selon lui, un "nombre substantiel de parties à des conflits" ont exprimé leur accord à un arrêt des hostilités, notamment au "Cameroun, en Centrafrique, en Colombie, en Libye, en Birmanie, aux Philippines, au Soudan du Sud, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen".

"Mais un immense fossé demeure entre les déclarations et les actes - transformer les mots en paix sur le terrain et dans la vie des gens", a-t-il déploré, évoquant même des situations "où des conflits se sont intensifiés".

En se félicitant du soutien à son appel de quelque 70 Etats, d'ONG, de représentants de la société civile et de dirigeants religieux, dont le pape François, et d'une pétition ayant réuni plus d'un million de signatures, Antonio Guterres a jugé que des "efforts diplomatiques solides" étaient encore nécessaires.

L'Union européenne "appuie fermement" cet appel, et exhorte "tous ceux qui sont impliqués dans des conflits armés partout dans le monde à s'engager dans des efforts pour trouver une solution politique", a réagi vendredi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

"Pour faire taire les armes, nous devons élever les voix pour la paix", a encore déclaré Antonio Guterres, sans mentionner le Conseil de sécurité de l'ONU, qui reste empêtré dans des divisions entre les Etats-Unis et la Chine, selon des diplomates.

Depuis le début de la crise, le Conseil n'a pas tenu une seule réunion consacrée au Covid-19, ni produit une déclaration ou résolution commune.

L'Assemblée générale de l'ONU a été jeudi la première enceinte de l'organisation à sortir du silence en adoptant par consensus une résolution appelant à une "coopération internationale" et au "multilatéralisme" pour affronter de manière unie la pandémie et non plus dans la dispersion.

"Dans ces circonstances particulièrement difficiles, je lance un appel spécial à tous les pays ayant de l'influence sur des parties en guerre afin qu'elles fassent tout ce qui est possible pour que les cessez-le-feu deviennent réalité", a aussi dit Antonio Guterres.

Il n'a pas cité de pays en particulier, mais plusieurs Etats se livrent, parfois depuis des années, des conflits par procuration, en Syrie, en Libye ou au Yémen.

"J'appelle tous ceux qui peuvent faire une différence à faire cette différence: exhorter et faire pression sur les combattants dans le monde pour qu'ils lâchent leurs armes", a-t-il insisté.

Melania Trump passe un coup de fil à Brigitte Macron

Les premières dames américaine et française Melania Trump et Brigitte Macron sur les marches du Palais de l’Elysée à Paris, le 10 novembre 2018, lors des commémorations du centenaire marquant la fin de la Première Guerre mondiale. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump a exprimé vendredi, lors d'un échange téléphonique avec Brigitte Macron, la solidarité de son pays avec la France.

L'épouse de Donald Trump a transmis à l'épouse d'Emmanuel Macron ses condoléances "pour ceux qui ont perdu la vie en raison du coronavirus en France", a indiqué la Maison Blanche dans un compte-rendu de l'appel.

"Elle a également réaffirmé que les Etats-Unis étaient aux côtés des Français et s'est dite optimiste sur la capacité (des deux pays) à surmonter ensemble cette période difficile", ajoute le texte.

Les deux femmes, qui se sont rencontrées à de nombreuses reprises, ont prévu de rester en contact au cours "des jours et des semaines" à venir.

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Un commandant américain limogé après avoir alerté sur le Covid-19 à bord d'un porte-avions nucléaire

Le USS Theodore Roosevelt à l'entrée du port de Da Nang, au Vietnam, le 5 mars 2020. (Photo: Reuters)

Le commandant du porte-avions nucléaire américain USS Theodore Roosevelt, qui avait lancé un appel aux accents dramatiques pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus, a été démis de ses fonctions, a annoncé jeudi le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly.

"Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent", avait écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier dans une lettre à sa hiérarchie publiée mardi par le San Francisco Chronicle.

"Nous ne sommes peut-être pas en guerre dans le sens traditionnel du mot, mais nous ne sommes pas non plus complètement en paix", a noté M. Modly au cours d'une conférence de presse. "Et nous demandons à nos commandants de faire preuve de jugement, de maturité, de leadership et de calme sous la pression."

Or le commandant Crozier a "fait preuve d'un très mauvais jugement en période de crise", a-t-il jugé.

Il sera remplacé par son prédécesseur immédiat, le vice-amiral Carlos Sardiello, qui lui avait transmis le commandement du Theodore Roosevelt en novembre dernier et qui connait donc parfaitement le navire.

"Le commandant Crozier a laissé la complexité du défi posé par l'épidémie de Covid à bord prendre le dessus sur son professionnalisme, au moment où le plus urgent était d'agir avec professionnalisme", a estimé M. Modly.

"Je ne doute absolument pas que le commandant Crozier ait fait ce qu'il croyait nécessaire pour le bien-être de son équipage", a-t-il poursuivi.

Mais cette lettre et l'écho qu'elle a recueilli ont "alarmé inutilement les familles de nos marins", a-t-il regretté. Elle a aussi "semé le doute sur les capacités et la sécurité opérationnelles du navire, ce qui aurait pu encourager nos adversaires à en profiter".

"C'est pour ces raisons que j'ai perdu confiance dans sa capacité à continuer à commander ce navire de guerre alors qu'il combat ce virus pour remettre l'équipage sur pied", a-t-il conclu.

Le secrétaire à l'US Navy a souligné que ce n'était pas le fait que le commandant du porte-avion ait lancé une alerte qui méritait son limogeage, mais le fait qu'il ait envoyé un e-mail aussi alarmiste au commandement régional avec une trentaine de personnes en copie.

C'est ce qui a apparemment permis que la lettre soit parvenue au San Francisco Chronicle, a-t-il ajouté sans accuser directement le commandant de l'avoir fait fuiter lui-même.

L'US Navy a commencé à évacuer les trois quarts de l'équipage du Theodore Roosevelt, un porte-avions nucléaire immobilisé à Guam depuis le 28 mars.

Les marins malades ou testés positifs seront placés en quarantaine sur la grande base navale américaine de Guam, qui abrite plusieurs milliers de marins et leurs familles, et ceux qui ne sont pas atteints par le coronavirus dans des hôtels de l'île, pour donner plus d'espace au millier de marins restant à bord et leur permettre de respecter une certaine distanciation sociale.

Le nombre de marins testés positif au Covid-19 est désormais de 114 et "il y en aura probablement des centaines", a indiqué M. Modly, soulignant qu'aucun des marins n'était gravement malade.

Le coronavirus représente un dilemme pour l'armée américaine, qui est fortement mobilisée aux Etats-Unis, où elle participe aux efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie, mais qui veut rester opérationnelle pour continuer à démontrer la puissance militaire des Etats-unis à l'étranger.

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