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La Corée du Nord ordonne un test d'ogive nucléaire et des tirs de missiles

Le leader nord-coréen Kim Jong Un au centre, souriant lors de l'essai d'un nouveau système multiple de lancement de fusée dans cette photo non datée publiée par la KCNA à Pyongyang le 4 Mars, 2016. REUTERS / KCNA

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a annoncé un test imminent sur une ogive nucléaire et des tirs de missiles balistiques multiples, faisant monter les enchères dans son face à face avec une communauté internationale qui vient tout juste de lui infliger de lourdes sanctions.

M. Kim a donné cet ordre après ce qui a été décrit comme la simulation réussie de la technologie relative à la rentrée dans l'atmosphère d'une ogive nucléaire, nécessaire pour mener à bien une frappe sur le continent américain, a rapporté mardi l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Les tensions ne cessent de s'aggraver sur la péninsule divisée depuis le quatrième essai nucléaire mené par la Corée du Nord le 6 janvier, suivi le 7 février par un tir de fusée à longue portée largement considéré comme un test déguisé de missile balistique.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a répliqué début mars en décrétant les sanctions les plus lourdes jamais infligées à Pyongyang.

Pyongyang menace depuis quasi quotidiennement de frappes nucléaires Séoul et Washington, ostensiblement parce qu'ils mènent des exercices militaires conjoints à grande échelle considérés par le Nord comme la répétition générale d'une invasion de son territoire.

- Essais imminents -

Pour renforcer les capacités de dissuasion nucléaire nord-coréennes, a dit Kim Jong-Un, le pays va tester "dans peu de temps" l'explosion d'une ogive nucléaire et procéder à des essais de tirs de "plusieurs sortes" de missiles balistiques.

Voici quelques jours, la presse officielle a publié une photographie du numéro un nord-coréen posant à côté de ce qui a été présenté comme une tête nucléaire miniaturisée susceptible d'être montée sur un missile balistique.

La présidente sud-coréenne a jugé mardi que les menaces incessantes du Nord montraient qu'il était en "crise" du fait de son isolement diplomatique et économique accru.

"Si la Corée du Nord continue ses provocations (...) et ne marche pas sur la voie du changement, elle marchera sur la voie de l'autodestruction", a-t-elle prévenu.

S'il est connu que la Corée du Nord dispose d'un petit arsenal d'armes nucléaires, sa capacité à les diriger sur une cible choisie fait l'objet de débats houleux.

De nombreux points d'interrogation pèsent sur les capacités de la Corée du Nord en matière de vecteur nucléaire. Bon nombre de spécialistes pensent qu'elle est loin d'avoir mis au point un missile balistique intercontinental (ICBM) qui puisse frapper le continent américain.

Il est de plus incertain qu'un éventuel engin miniaturisé nord-coréen puisse supporter les chocs, les vibrations et les variations de températures associés à un vol balistique.

KCNA a publié mardi des photographies de Kim Jong-Un supervisant un test de simulation de la chaleur intense que subirait une ogive en rentrant dans l'atmosphère après la phase de vol balistique.

- Réussite totale, dit KCNA -

L'ogive, protégée "par du matériel résistant à la chaleur nouvellement mis au point", a été soumise, selon KCNA, à des flux thermiques cinq fois plus chauds que ceux associés à un vol d'ICBM.

Selon l'agence, l'essai fut une réussite totale et garantit que la tête nucléaire peut supporter la phase de rentrée dans l'atmosphère, étape cruciale dans la capacité du Nord à développer une véritable force de frappe nucléaire par ICBM interposé.

Le ministère sud-coréen de la Défense n'a pas caché son scepticisme.

"Selon notre analyse militaire, la Corée du Nord n'a pas encore acquis la technologie de rentrée dans l'atmosphère", a dit un porte-parole, Moon Sang-Gyun.

Pyongyang n'a jamais testé d'ICBM mais a déployé récemment un exemplaire de ce type de missile, le KN-O8, lors de défilés militaires.

"Il semble très vraisemblable que la Corée du Nord soit sur le point de mener un essai de missile balistique à longue portée, avec une phase de rentrée" dans l'atmosphère, a estimé Chang Yong-Seok, chercheur à l'Institut des études sur la paix et l'unification à l'Université nationale de Séoul.

"Elle veut montrer que les sanctions ne sont pas efficaces et renforcer la crédibilité de sa force de dissuasion".

Melissa Hanham, spécialiste à l'Institut Middlebury d'études internationales (MIIS) de Californie, s'est également inquiétée de ce que Pyongyang pourrait faire pour "prouver" ses capacités.

La Chine avait testé en 1966 un missile balistique à moyenne portée, équipé d'une charge nucléaire de 12 kilotonnes, le premier essai de vol de missile nucléaire au-dessus de régions habitées jamais mené par un Etat.

"Je ne sais pas comment les voisins de la Corée du Nord pourraient faire la distinction entre un test de KN-08 équipé d'une ogive nucléaire et une attaque. Cela serait très dangereux et déstabilisant", a ajouté Mme Hanham.

Avec AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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