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La Corée du Nord tire deux missiles de courte portée

Retransmission télévisée du lancement de missiles nord-coréens, lors d'une émission d'informations à la gare de Séoul, en Corée du Sud, le 9 mai 2019.

La Corée du Nord a tiré deux missiles de courte portée dans la mer jeudi pour manifester sa colère face à des exercices militaires conjoints prévus entre Séoul et Washington, compliquant les efforts pour relancer des négociations nucléaires qui patinent.

Il s'agit du premier essai de missile depuis la rencontre impromptue le mois dernier entre Donald Trump et Kim Jong Un dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule. Le président américain et le dirigeant nord-coréen avaient alors convenu de reprendre les discussions.

Mais cet engagement ne s'est pour l'heure pas concrétisé et Pyongyang a averti récemment que le processus pourrait dérailler si les manoeuvres se déroulaient comme prévu en août.

L'état-major interarmées sud-coréen a annoncé que les deux missiles avaient été tirés peu après l'aube de Wonsan, sur la côte orientale nord-coréenne, parcourant 430 kilomètres avant de s'abîmer.

"Notre armée suit de près la situation en cas de tirs supplémentaires et se tient prête à réagir", ajoute l'état-major.

Nous appelons le Nord "à cesser ses opérations qui ne contribuent pas à l'apaisement des tensions militaires", a dit Choi Hyun-soo, porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense.

Le ministre japonais de la Défense a dénoncé des tirs "extrêmement regrettables", soulignant cependant que les missiles ne s'étaient pas abîmés dans la zone économique exclusive du Japon.

Pyongyang avait déjà lancé en mai des engins similaires, ses premiers tests depuis novembre 2017, ce que Donald Trump avait balayé d'un revers de la main. Il s'agissait de "quelque chose de très standard", avait-il dit.

- "Message fort" -

Les deux dirigeants se sont retrouvés le 30 juin dans la DMZ, promettant de reprendre un dialogue en panne depuis l'échec de leur deuxième sommet à Hanoï en février.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait déclaré que des discussions de travail commenceraient vraisemblablement à la mi-juillet mais la semaine dernière, Pyongyang a prévenu que les manoeuvres conjointes pouvaient tout remettre en cause.

Pour le Nord, ces exercices constituent une "violation claire" de la déclaration commune signée par les deux dirigeants lors de leur premier tête-à-tête historique en juin 2018 à Singapour.

Pyongyang a même laissé entendre qu'il pourrait revoir son moratoire sur ses essais balistiques et nucléaires.

Les derniers tirs constitue "un message fort", "une protestation de Pyongyang" contre les exercices conjoints, a commenté Cheong Seong-chang, analyste à l'Institut Sejong.

Près de 30.000 soldats américains sont déployés en Corée du Sud et les exercices annuels qu'ils mènent avec des dizaines de milliers de soldats sud-coréens ne manquent jamais de courroucer Pyongyang. Le Nord les considère comme la répétition d'une invasion de son territoire.

D'autres analystes jugent cependant que le Nord se sert des manoeuvres comme prétexte pour dérouler ses ambitions militaires.

"Les tirs d'aujourd'hui entrent dans le cadre de la volonté nord-coréenne d'avoir un programme balistique avancé, plutôt qu'une dénonciation des exercices militaires", dit Hong Min, chercheur à l'Institut Corée pour l'unification nationale.

- Texte flou -

"Le Nord a annoncé par le passé qu'il allait moderniser et améliorer son système de défense. Ces tirs font partie de ce projet".

Les médias officiels viennent de publier des photos montrant M. Kim en train d'inspecter un nouveau sous-marin, faisant craindre que Pyongyang ne développe un programme de missile mer-sol balistique stratégique (MSBS).

D'après Adam Mount, de la Federation of American Scientists, il est clair que "les arsenaux nucléaires et balistiques du Nord sont désormais améliorés, déployés et testés régulièrement".

"Le marché actuel est le suivant: +ne testez pas d'ogives nucléaires ou de missiles à longue portée et les Etats-Unis n'auront pas d'objection+", a-t-il ajouté sur Twitter.

A Singapour, MM. Trump et Kim avaient adopté un texte flou sur la "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne", annonçant des relations bilatérales d'un genre "nouveau".

Mais les deux parties n'ont pu s'entendre sur un allègement des sanctions pesant sur le Nord et sur les contreparties nord-coréennes, et la rencontre de Hanoï s'était soldée par un échec retentissant.

M. Trump martèle que sa relation personnelle avec M. Kim est assez forte pour que la porte du dialogue reste ouverte.

Comme on lui demandait mardi si de nouveaux rendez-vous étaient prévus, il a répondu: "Non, on a simplement de très bonnes relations. Ils veulent probablement une rencontre et on verra ce qui se passe".

Avec AFP

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Virus: plus de 100 morts en Chine, l'évacuation d'étrangers s'organise

Des voyageurs portent des masques pour se protéger contre la propagation du coronavirus à leur arrivée à l'aéroport international de Los Angeles, Californie, le 22 janvier 2020.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, se mobilisaient mardi pour organiser l'évacuation de leurs ressortissants de Wuhan, épicentre d'une épidémie de pneumonie virale dont le bilan dépasse désormais 100 morts en Chine et qui a contaminé plus de 4.500 personnes.

Wuhan, métropole du centre du pays où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, puis la quasi-totalité de la province du Hubei sont coupés du monde depuis jeudi par les autorités dans l'espoir d'endiguer l'épidémie. Quelque 56 millions d'habitants sont concernés.

Alors que ce confinement a pris au piège des milliers d'étrangers dans la région, plusieurs pays comme les Etats-Unis, la France, le Japon ou le Maroc préparent l'évacuation de leurs ressortissants.

Un vol pour évacuer le personnel du consulat des Etats-Unis à Wuhan partira mercredi matin, heure chinoise, à destination de la Californie, a annoncé le département d'Etat. Sur ce vol, initialement prévu mardi, des sièges seront proposés à d'autres ressortissants américains "en fonction des places disponibles".

La France prépare de son côté une évacuation aérienne de ses ressortissants ainsi que d'autres Européens, avec un vol "a priori au milieu de la semaine".

Environ 500 Français sont inscrits sur la liste consulaire locale, mais leur nombre total pourrait être de l'ordre du millier, Wuhan accueillant, outre des usines de Renault et PSA, de nombreux étudiants français.

Les personnes rapatriées seront soumises à une période de quarantaine.

Le Japon prépare de son côté sa propre opération, et d'autres pays comme l'Allemagne ou la Thaïlande ont dit réfléchir eux aussi à des évacuations.

- Voyages déconseillés -

Le nombre de victimes a bondi à 106 morts et celui des cas confirmés dépasse 4.500 dans toute la Chine, selon un bilan des autorités mardi. La ville de Pékin a fait état lundi de son premier décès, un homme de 50 ans revenu de Wuhan.

Une cinquantaine d'autres malades ont été répertoriés dans le reste du monde, et une douzaine de pays ont été atteints par le virus, de l'Asie et l'Australie à l'Europe et à l'Amérique du Nord.

Un premier cas de contamination a été confirmé lundi en Allemagne, qui devient le deuxième pays touché en Europe après la France.

De nombreux pays ont renforcé les mesures de précaution à leurs frontières, la Mongolie devenant le premier à fermer les points de passage routiers avec la Chine.

Dans le même temps, les personnes originaires du Hubei ont été interdites de séjour en Malaisie. Si plusieurs déconseillaient déjà de se rendre dans le Hubei, l'Allemagne a franchi un cap lundi en déconseillant carrément de se rendre en Chine. Washington lui a peu après emboîté le pas.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui juge la menace "élevée" sans toutefois déclencher une alerte sanitaire internationale, a indiqué lundi qu'elle ne savait pas encore si les personnes infectées étaient contagieuses avant de présenter les symptômes de la maladie, comme l'affirment certains responsables sanitaires chinois.

La menace de propagation est d'autant plus grande que le maire de Wuhan a déclaré dimanche que 5 millions de personnes avaient quitté cette métropole de 11 millions d'habitants avant le Nouvel an chinois, tombé cette année le 25 janvier.

- Reprise des cours reportée -

Les autorités chinoises ont décidé de prolonger de trois jours, jusqu'au 2 février, les longs congés du Nouvel an (sept jours fériés), afin de retarder les retours massifs vers les villes de centaines de millions de travailleurs migrants et réduire les risques d'extension de l'épidémie.

De même, le début du semestre de printemps dans les écoles, collèges, lycées et universités a été reporté, a indiqué mardi le ministère de l'Education, sans avancer de date pour la reprise des cours.

A Wuhan, une atmosphère de ville morte plane sur la cité des bords du Yangtsé, où la plupart des commerces sont fermés et la circulation interdite aux véhicules non essentiels, selon une équipe de l'AFP présente sur les lieux.

Dans les hôpitaux, la situation reste chaotique: les patients doivent attendre des heures avant de voir un médecin. La construction de deux sites supplémentaires pouvant accueillir chacun plus de mille lits doit être achevée la semaine prochaine.

Comme pour mettre du baume au coeur des habitants, un gratte-ciel proclamait lundi soir en grands caractères roses la phrase "Allez Wuhan!".

Un slogan repris par le chef du gouvernement chinois Li Keqiang, en visite lundi dans la ville -- le premier haut responsable du régime communiste à se rendre sur place depuis le début de l'épidémie.

"La capacité de propagation du virus s'est renforcée", ont déclaré dimanche de hauts responsables sanitaires chinois, même s'il ne s'avère pas "aussi puissant que le Sras", un précédent coronavirus qui avait fait des centaines de morts au début des années 2000.

La crise fait craindre une fragilisation supplémentaire de l'économie chinoise, voire mondiale, entraînant lundi un décrochage des Bourses au Japon, en Europe et à Wall Street. Tokyo perdait encore 0,86% mardi en milieu de matinée.

Trump en guerre contre le "tourisme de naissance"

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Chine: le Premier ministre en visite à Wuhan, épicentre du virus

Une rue de Wuhan après l'annonce par le gouvernement dela mise en quarantaine de la ville le 26 janvier 2020.

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, était en visite lundi à Wuhan, ville épicentre de l'épidémie du nouveau coronavirus qui a déjà contaminé plus de 2.700 personnes dans tout le pays, a indiqué le gouvernement.

M. Li est dans la capitale du Hubei (centre) pour "enquêter et guider" les efforts des autorités pour endiguer le virus, mais également pour "rencontrer les patients et personnels médicaux sur la ligne de front" de l'épidémie, a précisé le gouvernement.

Il s'agit de la première visite d'un très haut responsable du régime communiste dans la ville depuis le début de l'épidémie du nouveau coronavirus, qui a tué 80 personnes et contaminé au moins 2.744 personnes en Chine depuis décembre.

Sur les photographies officielles diffusées par le gouvernement, M. Li apparaît habillé d'une blouse de plastique bleu, le visage recouvert par un masque de même couleur, examinant sur un écran un patient alité.

Li Keqiang a été nommé à la tête d'un "groupe de travail" chargé de superviser la lutte contre l'épidémie, qui a commencé en décembre dans un marché de Wuhan où étaient vendus des animaux sauvages.

La période de congés à l'occasion du Nouvel An chinois, qui devait prendre fin le 30 janvier, a été prolongée jusqu'au 2 février afin de "limiter les mouvements de population", ont par ailleurs indiqué les médias d'Etat.

La période du Nouvel an se traduit habituellement par des déplacements massifs de population à travers le pays.

Alors que Wuhan et sa région se trouvent de facto mises en quarantaine et coupées du reste du monde, plusieurs grandes villes du nord du pays - Pékin, Tianjin, Xian - ainsi que la province du Shandong ont annoncé la suspension des lignes d'autocars longue distance.

Alors que l'épidémie s'étend désormais à une dizaine de pays, le directeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a de son côté annoncé qu'il se rendait en Chine pour discuter avec les autorités des moyens d'endiguer le virus.

Proche-Orient: Trump assure qu'il dévoilera son plan de paix d'ici mardi

Le président américain Donald Trump, au Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2020.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu'il dévoilerait son plan pour mettre fin au conflit israélo-palestinien avant la visite la semaine prochaine à Washington du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son rival Benny Gantz.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu'il dévoilerait probablement son plan de paix pour le Proche-Orient avant la visite mardi à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous le rendrons probablement public un peu avant", a déclaré M. Trump à bord de l'avion présidentiel Air Force One. "C'est un excellent plan", a-t-il ajouté. "J'aimerais vraiment parvenir à un accord".

La Maison Blanche a annoncé que Benjamin Netanyahu et son rival politique Benny Gantz se rendraient la semaine prochaine à Washington.

Interrogé sur d'éventuels contacts entre son administration et les Palestiniens, qui ont déjà jugé le texte mort-né, M. Trump est resté évasif.

"Nous leur avons parlé brièvement", a-t-il répondu, sans autres précisions. "Je suis certain qu'ils réagiront peut-être de manière négative au début, mais c'est en réalité très positif pour eux", a-t-il ajouté.

L'Autorité palestinienne a réitéré jeudi son rejet du projet de paix de la Maison Blanche, mettant en avant le fait que Donald Trump avait reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent, mais Israël considère Jérusalem comme sa capitale "unifiée et indivisible".

Les députés russes commencent à examiner les amendements de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, le 03 mars 2018.

Pas de temps à perdre: les députés russes examinent jeudi en première lecture les amendements constitutionnels annoncés la semaine dernière par Vladimir Poutine et soumis lundi au Parlement, une réforme qui ne devrait rencontrer aucune opposition sérieuse.

Le président russe a pris tout le monde de court le 15 janvier avec cette refonte de la Constitution qui promet entre autre de donner de nouvelles prérogatives au Parlement, limiter à deux le nombre de mandats que peut exercer le chef de l'Etat et créer un Conseil d'Etat aux pouvoirs accrus.

Depuis, les séquences s'enchaînent à une vitesse inhabituelle dans le train-train politique russe: l'ex-Premier ministre Dmitri Medvedev a démissionné, immédiatement remplacé par un haut-fonctionnaire inconnu du grand public, Mikhaïl Michoustine, qui a nommé mardi son nouveau cabinet où les postes clés n'ont pas changé de main.

Dans une Douma - la chambre basse du Parlement russe - entièrement contrôlée par les forces pro-Kremlin, l'adoption des amendements voulus par Vladimir Poutine ne fait guère de doute.

Ceux-ci ont été proposés lundi, à peine cinq jours après la formation d'un "groupe de travail" censé plancher sur cette réforme mais qui ne s'est réuni que deux fois. Une de ses membres, Elena Alchanskaïa, a clairement laissé entendre que la loi avait été écrite à l'avance.

"Je n'ai pas travaillé" sur les amendements, a écrit sur Facebook cette présidente d'un fonds d'aide aux orphelins: "Très clairement, notre rôle est seulement représentatif".

La Douma doit adopter ce projet de loi en trois lectures. Selon le chef de la commission des lois, Pavel Kracheninnikov, la deuxième lecture aura lieu dès mi-février.

Le texte sera ensuite approuvé par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, puis signé par le président Poutine. Le Kremlin a aussi promis qu'un vaste débat public serait organisé et que les Russes auront à se prononcer sur le texte par un vote.

- "Régime présidentiel fort" -

Dans son adresse à la Nation, Vladimir Poutine avait exposé ses réformes en les jugeant "importantes pour le développement futur de la Russie" et le texte soumis au Parlement reprend les grandes lignes de son discours.

Il propose ainsi de transférer certaines prérogatives au Parlement, comme celle de choisir le Premier ministre. Il muscle aussi le rôle d'un organe jusqu'alors consultatif, le Conseil d'Etat, laissant place à des spéculations selon lesquelles celui-ci pourrait devenir le coeur du régime.

Autre innovation, les juges, les élus et responsables politiques au niveau fédéral auront l'interdiction de posséder une nationalité étrangère ou un permis de séjour permanent dans un autre pays. Le texte renforce aussi certains pouvoirs du président, qui pourra par exemple refuser de signer une loi adoptée par deux tiers des députés.

Pour beaucoup d'analystes, Vladimir Poutine organise avec cette réforme l'après 2024, en se laissant le maximum de portes ouvertes pour préserver son influence dans le pays qu'il pilote depuis 20 ans.

En visite mercredi dans la région de Lipetsk, au sud de Moscou, le président a répété que la Russie "a besoin d'un régime présidentiel fort". Si certains experts estiment que la réforme renforcera en effet le caractère présidentiel du système politique, d'autres assurent que celui-ci ne sera modifié qu'à la marge.

Et pour le politologue Gleb Pavlovsky, Vladimir Poutine n'a aucune intention de quitter son poste avant 2024, comme certaines rumeurs l'affirment: "Ce qu'il fait là, c'est un acte de pouvoir et pas de sortie. Il crée un système de pouvoir encore plus compliqué où seul lui pourra être le guide".

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