Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

La Chine en "transition amoureuse" : "cours de drague" à l'université

Etudiantes chinoises, Pékin, le 7 juin 2006. (AP Photo/Ng Han Guan)

En Chine, à la prestigieuse Université de Tianjin, le professeur Xie Shu enseigne une matière un brin insolite : la drague. Avec à la clé des points pour un diplôme, et plus si affinités.

"Comment réagir quand vous vous prenez un râteau ? Evidemment, ne jetez pas à la fille les roses que vous lui avez achetées. Gardez votre calme", enseigne-t-il.

Depuis ce semestre, cette université située à 120 km au sud-est de Pékin est la première du pays à intégrer de tels cours à son cursus, symptôme d'un certain relâchement des moeurs après des décennies de puritanisme communiste.

Pour le plus grand bonheur des étudiants : 800 inscriptions ont été enregistrées pour ce programme de "Théorie et pratique de la relation amoureuse", destiné à une génération d'adolescents souvent inexpérimentés et ayant grandi sans frère ni soeur, politique de l'enfant unique oblige.

"La génération des enfants uniques manque de relations avec les gens du même âge", note la sexologue Li Yinhe, selon qui "un garçon qui a une soeur saurait peut-être mieux comment interagir avec une fille".

D'ordinaire, le professeur Xie, 28 ans, enseigne...le marxisme-léninisme. Mais pour quatre cours, il a accepté de jouer les "coach en séduction".

Armé de ses fiches PowerPoint, il apprend comment draguer ("gouyin", en chinois) à la vingtaine de coeurs tendres conviés dans une exiguë salle de café, vite parcourue de rires nerveux.

Aux garçons, il conseille de "soigner leur look" en proscrivant "débardeurs et shorts larges", de ne pas être "arrogants" et d'éviter de "poser à la fille des questions à la manière d'un interrogatoire de police".

"Soyez courtois : servez la demoiselle en premier. Mais n'en faites pas non plus des tonnes", recommande-t-il encore.

- Bucher ou flirter ? -

Les étudiantes, elles, sont encouragées à "manier l'humour", "regarder le garçon dans les yeux même si elles sont intimidées" et à utiliser le langage corporel, "en passant par exemple leur main dans leurs cheveux".

C'est que les jeunes Chinois ne badinent guère avec l'amour. Soumis dès l'enfance à une intense pression scolaire, ils n'ont souvent qu'une idée en tête à l'adolescence : réussir le redoutable "gaokao", le baccalauréat hyper-sélectif qui déterminera leur avenir universitaire.

Et leurs parents voient généralement d'un mauvais oeil tout flirt susceptible de les distraire de leurs manuels.

Mais dès leur diplôme universitaire en poche, c'est l'inverse : les jeunes sont poussés à se marier rapidement. De préférence avant 27 ans pour les filles et 30 ans pour les garçons, les célibats prolongés suscitant souvent inquiétudes ou railleries familiales.

Alors pour Wang Huan, 22 ans, pimpante dans sa longue robe bleue, ces cours sont une bénédiction. "Car avant l'université, mes parents refusaient que j'aie un copain", explique-t-elle. "Lorsqu'on n'a pas d'expérience, la principale source d'information sur l'amour reste les séries télévisées sud-coréennes", avec leurs acteurs à la plastique irréprochable et leurs idylles romantiques.

- Le sexe hors sujet -

Assise dans les rangs du fond, Qian Zijun, 23 ans, tape sur son ordinateur portable les précieuses recommandations de M. Xie.

"Lorsque j'ai appris que ce cours allait ouvrir, j'ai trouvé ça incroyable", explique la jeune fille, qui n'a jamais eu d'aventure et a soif d'"astuces" pour ses rendez-vous galants. "Le professeur nous donne des conseils théoriques. Mais l'important, ensuite, c'est la pratique".

Le sexe n'est toutefois pas au programme. "On n'apprend pas aux étudiants à s'embrasser, sourit Xie Shu. Mais à briser la glace et bien communiquer avec le sexe opposé".

Wang Rui, 23 ans, initiatrice du projet et directrice d'une association estudiantine de rencontres, renchérit: le cours n'est pas destiné aux coureurs de jupons. "Certains étudiants veulent à tout prix avoir une expérience à l'université, peu importe avec qui. Mais nous, on enseigne une vision correcte de l'amour".

L'âge moyen du premier rapport sexuel en Chine n'a baissé que faiblement entre 2000 et 2015, passant de 22,7 ans à 22 ans, selon une étude de l'Institut de sexologie de l'Université Renmin.

- Les Chinois 'réservés' -

"Les Chinois sont réservés. C'est pourquoi les étudiants, au moment d'entamer une histoire d'amour, sont certes enthousiastes, mais surtout désemparés", note Cang Jingnuan, auteure d'un essai sur les difficultés des rapports hommes-femmes. "Leurs parents, souvent, se sont mariés davantage par convention sociale que par amour et sont incapables de conseiller leurs enfants en matière de séduction".

Le suivi des cours, optionnels, permet aux étudiants d'obtenir deux "points d'études", sur les huit d'activités sociales ou sportives nécessaires pour valider leur diplôme.

Outre la drague, le programme comprend sept autres leçons, dans les registres psychologique ("Avant d'aimer l'autre, il faut s'aimer soi-même") comme pragmatique ("Les problèmes légaux de la relation amoureuse").

Un cursus "très utile", juge Pan Xingzhi, qui a créé une entreprise de conseil en relations amoureuses. "Car si les moeurs s'occidentalisent en Chine, la tradition est encore là. Les filles, en particulier, ne savent souvent pas comment trouver un équilibre entre leurs sentiments et les attentes" de leurs familles.

Pour beaucoup de parents, le gendre idéal reste avant tout celui capable d'offrir à leur fille une protection matérielle, notamment un appartement.

"La Chine, avec son développement ultrarapide des 30 dernières années, est en transition économique, note Mme Pan, mais aussi amoureuse."

Au fait, quid de la vie amoureuse du professeur Xie?

"Euh... je n'ai ni femme ni copine... donc c'est un peu embarrassant", avoue-t-il à l'AFP en riant.

Avec AFP

Toutes les actualités

Minute Éco: nouveau budget en RDC et chômage des Américains naturalisés

Minute Éco: nouveau budget en RDC et chômage des Américains naturalisés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:35 0:00

Le Soudan bientôt retiré de la liste noire des États-Unis

La ministre des Affaires étrangères du Soudan, Asma Mohamed Abdalla, et sa délégation quittent le Département du Trésor américain à Washington, États-Unis, le 6 novembre 2019, après des négociations sur le barrage du Grand Ethiopian Renaissance. REUTERS / Siphiwe Sibeko

Donald Trump à ouvert la voie lundi au retrait du Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme, un tournant aussitôt salué par Khartoum qui réclamait la levée de cette lourde sanction en vigueur depuis près de 30 ans.

"Excellente nouvelle! Le nouveau gouvernement du Soudan, qui fait de vrais progrès, a accepté de payer 335 millions de dollars aux victimes américaines du terrorisme et à leurs familles. Une fois versés, je retirerai le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme", a tweeté le président des Etats-Unis, sans préciser de calendrier.

"Merci beaucoup président Trump!", a aussitôt répondu sur Twitter le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok. "Nous sommes sur le point de nous débarrasser de l'héritage le plus lourd du régime défunt", a dit celui qui dirige un gouvernement de transition depuis la chute d'Omar el-Béchir en 2019.

L'Union européenne s'est aussi réjouie d'une décision "capitale" qui "renforce l'intégration" du Soudan "dans la communauté internationale et son accès à l’économie mondiale".

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué en septembre un projet d'accord prévoyant le versement sur un compte bloqué de ces indemnités soudanaises pour les familles des victimes des attentats perpétrés en 1998 par la nébuleuse jihadiste Al-Qaïda contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie, qui avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

D'après l'accord, ces fonds ne seront toutefois transférés aux plaignants qu'une fois que le Soudan aura été retiré de la liste noire. Mike Pompeo avait dit le mois dernier que cela interviendrait "très probablement" avant fin octobre.

"Nous exhortons le Congrès à adopter immédiatement la loi nécessaire pour mettre en oeuvre l'accord", a dit Edith Bartley, porte-parole des familles des Américains tués à l'ambassade de Nairobi. "Cet accord ne peut pas être victime des blocages et querelles des élus", a-t-elle estimé, alors qu'une poignée d'influents sénateurs démocrates ont jusqu'ici exprimé leurs réserves.

Parallèlement, Washington a multiplié les pressions pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, comme l'ont fait ces dernières semaines les Emirats arabes unis et Bahreïn.

L'administration Trump, sans nier cette demande insistante, assure qu'aucun lien direct n'existe avec la levée des sanctions, mais plusieurs observateurs et médias ont rapporté le contraire.

Lundi, ni la Maison Blanche ni Khartoum n'ont évoqué un éventuel accord israélo-soudanais.

"Paix arabo-israélienne"

Malgré des négociations bien avancées, Abdallah Hamdok avait accusé le 11 octobre les Etats-Unis de mettre en danger la démocratisation de son pays, semblant ainsi s'agacer d'un revirement ou d'un retard américain.

Khartoum assure en effet depuis le mois dernier avoir réuni le montant des indemnités.

Le Soudan est depuis 1993 sur cette liste noire américaine, synonyme d'entrave aux investissements pour ce pays pauvre.

Les Etats-Unis ont renoué avec Khartoum déjà sous l'ex-président démocrate Barack Obama, lorsqu'Omar el-Béchir a commencé à coopérer dans la lutte antiterroriste et joué le jeu de la paix au Sud-Soudan.

La révolution qui a balayé Omar el-Béchir n'a fait qu'accélérer le mouvement.

Les Etats-Unis ont "une fenêtre unique et étroite pour soutenir le gouvernement de transition dirigé par un civil au Soudan, qui s'est enfin débarrassé de la dictature islamiste", avait écrit Mike Pompeo dans une lettre à des sénateurs en septembre.

Les négociations semblent avoir été compliquées, plus récemment, par le dossier israélien.

Abdallah Hamdok avait douché les espoirs américains, en affirmant, lors d'une visite de Mike Pompeo à Khartoum fin août, qu'il n'avait "pas de mandat" pour trancher cette question sensible.

Les tractations se sont néanmoins poursuivies en coulisses avec des positions peut-être moins figées, et de possibles divisions sur ce sujet épineux entre les civils et les militaires.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil souverain au Soudan, avait en effet rencontré en février le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avant de discuter en septembre avec une délégation américaine du "rôle" du Soudan dans "l'avenir de la paix arabo-israélienne".

Minute Eco: Baisse de la production pétrolière du Gabon et la BAD investit en Guinée

Minute Eco: Baisse de la production pétrolière du Gabon et la BAD investit en Guinée
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:35 0:00

Des mesures pour enrayer une deuxième vague du nouveau coronavirus qui pointe timidement

Une personne portant un masque fait du vélo sur la place du Duomo, dans la Lombardie en Italie, après que le gouvernement a introduit de nouvelles mesures restrictives en raison d'une hausse du nombre d'infections par le COVID-19, Italie 19 octobre 2020. REUTERS/Flavio Lo Scalzo

Le nouveau coronavirus qui a déjà infecté plus de 40 millions de personnes et tué près de 1.114.500 dans le monde refait lentement surface après une courte période d'accalmie. Les autorités adoptent des nouvelles mesures pouvant faire craindre un nouveau confinement généralisé.

En Belgique, les cafés et restaurants garderont portes closes pour un mois à compter de ce lundi. La mesure se double d'un couvre-feu entre minuit et 5h du matin. Pareil pour la Slovénie qui va mettre en place un couvre-feu dès demain.

La Suisse interdit les rassemblements publics spontanés de plus de 15 personnes et réglemente les manifestations privées de plus de 15 personnes à compter d’aujourd’hui. Le port du masque devient obligatoire dans les espaces clos accessibles au public.

L'Autriche restreint aussi les rassemblements à six personnes à l'intérieur et à 12 personnes à l'extérieur, à l'exception des cérémonies funéraires.

L'Iran a enregistré lundi 337 décès supplémentaires liés au nouveau coronavirus.

L'Irlande sera le premier pays de l'UE à reconfiner l'ensemble de sa population pour six semaines, à partir de la nuit de mercredi à jeudi, pour faire face à la pandémie de Covid-19, a annoncé lundi son Premier ministre Micheal Martin. Tous les commerces non essentiels devront fermer et les bars et les restaurants ne pourront servir que de la nourriture à emporter.

Le Pays de Galles instaurera à partir de vendredi un confinement de deux semaines pour tenter de freiner la deuxième vague de la pandémie, introduisant ainsi les restrictions les plus dures au Royaume-Uni.

Le Canada a franchi lundi le cap des 200.000 cas et s'approchait des 10.000 morts, en pleine deuxième vague de coronavirus, selon les chiffres officiels des provinces compilés par plusieurs chaînes de télévision.

La frontière entre les Etats-Unis et le Canada restera fermée aux déplacements non essentiels jusqu'au 21 novembre. Les États-Unis restent le pays le plus touché en nombre de morts et de cas.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, suivi par le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Royaume-Uni.

En Afrique du Sud Zweli Mkhize, ministre de la santé, et son épouse sont aussi testés positifs. M. Mkhize est le cinquième membre du gouvernement à attraper le virus.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine Saëb Erakat, 65 ans, infecté par le nouveau coronavirus alors qu'il est atteint de fibrose pulmonaire, est dans un "état critique", a indiqué l'hôpital de Jérusalem où il a été transféré.

Nouveaux bilans et faits marquants de la pandémie dans le monde

Nouveaux bilans et faits marquants de la pandémie dans le monde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:15 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG