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La chaîne malienne Joliba TV accusée de "manquements" envers les autorités

En août, Human Rights Watch avait dénoncé les "détentions et harcèlement de critiques présumés" depuis l'arrivée au pouvoir des autorités militaires.

L'une des principales chaînes d'information maliennes a été mise en demeure mercredi dans une lettre de la Haute autorité de communication (HAC) après des propos critiques contre la junte au pouvoir de l'un de ses journalistes vedettes.

"L'émission Editorial du 30 septembre 2022 animée par M. Mohamed Halidou Attaher" sur la chaîne Joliba TV NEWS "comporte des manquements se manifestant par des propos diffamatoires et des accusations infondées concernant l'instance de régulation, la Haute autorité de la communication, l'état de la liberté d'expression au Mali et les autorités de la transition", selon les termes de cette lettre signée par le président de la HAC, Fodié Touré.

Les autorités maliennes veulent militariser la police pour sécuriser les zones reconquises
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"L'intolérance prend de l'ampleur dans notre pays. La liberté d'expression est en danger, la démocratie avec. Nous sommes dans la dictature de la pensée unique", avait notamment déclaré M. Halidou dans son éditorial qui suivait le retour triomphal du Premier ministre Abdoulaye Maiga de New York, où il avait prononcé un discours incendiaire contre la France et certains de ses voisins lors de l'Assemblée générale de l'ONU.

"Pour l'instant, les colonels au pouvoir gouvernent avec l'opinion de la foule et la foule par définition ne réfléchit pas", avait-il poursuivi. Il avait également enjoint la HAC "de jouer son rôle et tout son rôle pour faire face aux multiples dérives sur les réseaux sociaux".

En août, l'ONG Human Rights Watch avait dénoncé les "détentions et harcèlement de critiques présumés" depuis que les autorités militaires sont au pouvoir après deux coups d'Etat en 2020 et 2021. Elle avait recensé les différentes entraves à la liberté d'expression depuis que les militaires sont au pouvoir: expulsion de journalistes, suspension de délivrance des accréditations pour les correspondants étrangers, "harcèlement" par des "commentateurs en ligne" de critiques du pouvoir (...) disant que cette "répression des médias et les détentions de critiques ont eu un effet glaçant sur la vie politique et l'espace civique".

"Au Mali - on veut faire taire toutes les voix discordantes. C’est le tour du journaliste de Joliba TV Mohamed Attaher (…) En attendant le prochain - silence on étouffe!", a réagi sur Twitter Baba Dakono, secrétaire exécutif du think-tank malien l'Observatoire citoyen sur la gouvernance et la sécurité.

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Trois journalistes ougandais mis à pied pour avoir ironisé sur le Parlement

ARCHIVES - Les élus ougandais au Parlement pour débattre d'un changement de la Constitution à Kampala, en Ouganda, le 21 septembre 2017.

Trois salariés d'une télévision ougandaise ont été mis à pied après avoir tourné en dérision à l'antenne un vote du Parlement, a annoncé vendredi la chaîne qui a présenté ses excuses.

La chaîne de télévision privée Baba TV a affirmé avoir reçu des plaintes contre le présentateur Simon Muyanga Lutaaya, qui avait ironisé mardi sur un avertissement officiel voté par les députés contre la ministre du Logement, Persis Namuganza.

"Je tiens à remercier le Parlement. Les problèmes de l'Ouganda sont enfin résolus (avec cette décision). Les hôpitaux auront des médicaments, nos routes iront bien, les jeunes auront des emplois", avait-il déclaré.

Deux autres journalistes présents sur le plateau avaient abondé en son sens. La chaîne Baba TV, basée dans la capitale Kampala, a déclaré vendredi que certains députés ainsi que des responsables de la Commission ougandaise des communications (UCC), l'organe de régulation des médias, s'étaient plaints de ces propos.

"Les plaignants ont perçu la séquence comme humiliante, moqueuse et ridiculisant l'institution parlementaire, ses dirigeants et les honorables membres (du parlement)", a déclaré Baba TV dans un communiqué.

"En tant que station engagée et responsable envers ses téléspectateurs, la direction a pris des mesures internes pour éviter que cela ne se reproduise à l'avenir, y compris la suspension de l'équipe", a-t-elle poursuivi, s'excusant auprès du Parlement et de l'UCC.

M. Lutaaya et les deux autres journalistes se sont également excusés auprès du Parlement et de l'UCC. L'opposant Bobi Wine a critiqué la mise à pied des salariés, affirmant à l'AFP que cette décision demandée par le parti au pouvoir illustre "l'injustice et le militarisme qui doivent être combattus par tous les Ougandais valides".

L'Ouganda, pays d'Afrique de la région des Grands Lacs dirigé d'une main de fer depuis 1986 par Yoweri Museveni, occupe la 132e place (sur 180) du classement mondial 2022 de la liberté de la presse établi par l'ONG de défense des journalistes Reporters sans frontières.

RSF estime que "les journalistes font face à des intimidations et des violences quasi quotidiennes".

Meurtre du journaliste Martinez Zogo : indignation au Cameroun et au-delà

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L'Union européenne dit fermement condamner ce qu’elle décrit comme "le meurtre" du célèbre animateur de radio camerounais Martinez Zogo, dont le corps a été retrouvé mutilé cinq jours après son enlèvement.

Journaliste camerounais assassiné: le gouvernement condamne, des confrères révoltés

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Cameroun: après l'assassinat d'un journaliste, colère et peur chez ses pairs

Confrères et consoeurs sont venus déposer fleurs et bougies au siège de la radio privée de Martinez Zogo, Amplitude FM, à Yaoundé, où il animait quotidiennement une émission dénonçant l'affairisme et la corruption.

Prince Nguimbous ne cache ni sa colère, ni sa peur. Une affichette sur le ventre: "Si je parle, je meurs", il rend lundi un dernier hommage, comme une centaine de journalistes camerounais, à Martinez Zogo, enlevé et retrouvé mort, le corps mutilé.

Ses confrères et consoeurs sont venus déposer fleurs et bougies au siège de sa radio privée Amplitude FM, à Yaoundé, où il animait quotidiennement une émission dénonçant l'affairisme et la corruption dans ce pays d'Afrique centrale dirigé d'une main de fer depuis plus de 40 ans par un même homme, Paul Biya, et son tout puissant parti.

Enlevé le 17 janvier dans la banlieue de la capitale, devant un poste de gendarmerie, Arsène Salomon Mbani Zogo, dit "Martinez", 50 ans, est retrouvé mort cinq jour plus tard dimanche. "Son corps a manifestement subi d'importants sévices", a annoncé le gouvernement.

"Journaliste respecté, il dénonçait régulièrement des détournements de fonds présumés par des personnalités connues, notamment du monde des affaires. Son probable assassinat s’ajoute à la trop longue liste des personnes tuées, violentées, condamnées ou intimidées au Cameroun pour s'être exprimées sur des violations des droits humains, et cela dans une impunité totale", s'est émue lundi Amnesty international dans un communiqué.

"Terreur"

"Il est allé à la gendarmerie, il a crié, mais personne n'a rien fait", s'énerve Chantal Roger Tchuile, directeur du journal La tribune de l'Est. "C'est le règne de la terreur. On a l'impression que si un journaliste parle, il va mourir", abonde Prince Nguimbous devant le correspondant de l'AFP.

Quand les photographes s'intéressent à lui, ses confrères, tout de noir vêtus pour la plupart, hésitent à s'associer à sa colère, certains s'écartent même pour ne pas être sur la photo. Car la peur, qu'ont sans doute voulu instiller les assassins de Martinez Zogo dans la profession, est palpable.

"On m'a dit que je suis une cible, mais je suis étonné que la police ne se soit pas encore rapprochée de moi", ose pourtant le directeur de la publication d'un journal. Mais il requiert l'anonymat, pour sa sécurité.

A Douala, la capitale économique, les langues se déliaient plus facilement lundi au sein de plusieurs groupes de la société civile et d'ONG rassemblés pour une conférence de presse au siège du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), dans un pays où des journalistes et des opposants passent facilement de longues périodes derrière les barreaux, parfois sans jugement, selon les ONG nationales et internationales.

"Nous appelons le peuple à se mobiliser face à cette terreur étatique instaurée au Cameroun, pour exiger un Etat de droit", assène Philippe Nanga, représentant de Un Monde Avenir.

"Torture"

Maximilienne Ngo Mbe, militante emblématique des droits humains et présidente du REDHAC, qui lit leur déclaration conjointe, dénonce "l'enlèvement", la "torture" et "l’assassinat" de Martinez Zogo. Les "commanditaires et exécutants", "ils sont connus", lit-elle posément. Sans en dire plus.

Le gouvernement, qui d'ordinaire ne communique jamais avant plusieurs jours, s'est fendu d'un inhabituel communiqué le jour même de la découverte macabre. Des enquêtes sont ouvertes "pour retrouver et traduire devant la justice les auteurs de ce crime odieux", promet-il, martelant: "le Cameroun est un Etat de droit, où les libertés sont garanties, y compris la liberté de la presse".

"Les journalistes paient un lourd tribut au Cameroun depuis que l’Etat a décidé du recul des libertés fondamentales et installé la dictature. Broyant au passage et en laissant les prédateurs des deniers publics broyer toutes celles et ceux qui essayent de donner la vraie information aux populations qui sont plongées dans la misère du fait de leur boulimie", proclament encore les ONG à Douala, citant les cas emblématiques de journalistes ou opposants emprisonnés.

"C’est un grave coup porté à la démocratie et à la liberté de la presse", écrit lundi l'ONG Reporters sans frontières (RSF) qui appelle Yaoundé à "mettre un terme au climat de violence pour les professionnels des médias".

Et RSF cite le cas du reporter de Cameroun Web, Paul Chouta, critique du pouvoir, enlevé par plusieurs hommes le 9 mars 2022, violemment agressé avant d’être laissé pour mort sur le bord de la route.

Découverte du cadavre du journaliste camerounais Martinez Zogo

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