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Droits humains

La Centrafrique reconnaît des exactions de rebelles, de militaires et d'"instructeurs russes"

Un véhicule blindé de transport de troupes (APC) russe est vu dans la rue à Bangui, en République centrafricaine, le 15 octobre 2020.

Les forces centrafricaines, épaulées notamment par des centaines de paramilitaires russes, mènent depuis décembre 2020 une vaste contre-offensive contre des groupes rebelles.

Un groupe d’experts de l'ONU s'était inquiété en mars de "graves violations des droits humains" commises par des rebelles, des forces de sécurités centrafricaines et leurs alliés russes. "Les responsables de ces incidents sont répartis en trois catégories, outre les Casques bleus", a déclaré vendredi le ministre Arnaud Djoubaye Abalene: les rebelles pour la majorité, les forces de sécurité et les "instructeurs russes", selon lui.

Le ministre a présenté à la presse le rapport d'une Commission d'enquête spéciale ordonnée par le président Faustin Archange Touadéra après la sortie du rapport de l'ONU. Le rapport a détaillé les crimes et exactions reprochés aux rebelles mais pas ceux dont sont accusés les forces de sécurité et les paramilitares russes.

"Sur les incidents avérés, certains sont imputables aux instructeurs russes qui sont en appui des Forces armées centrafricaines" dans la lutte contre les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de groupes rebelles formée en décembre 2020 pour tenter de renverser le régime du chef de l'Etat Faustin Archange Touadéra, selon le ministre centrafricain de la justice.

Lors de la publication du rapport de l'ONU, le gouvernement centrafricain avait considéré ces accusations comme de "simples dénonciations".

Moscou ne reconnaît officiellement la présence que de 1.135 "instructeurs non armés" mais les ONG opérant sur le terrain, la France et l'ONU affirment qu'une partie d'entre eux sont des hommes du groupe privé russe de sécurité Wagner, ce que dément Moscou.

Les forces gouvernementales ont réussi depuis le début de l'année à reprendre aux rebelles les agglomérations et une bonne partie des deux tiers du pays qu'ils contrôlaient depuis plusieurs années, essentiellement grâce au renfort de soldats rwandais et à la présence de centaines de paramilitaires russes combattant à leurs côtés.

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Massacre de 2009: le procès de Moussa Dadis Camara renvoyé au 12 décembre

L'ancien président guinéen Moussa Dadis Camara (à dr.) devant les juges pendant son procès à Conakry, en Guinée, le 28 septembre 2022.

Le moment le plus attendu depuis l'ouverture en Guinée du procès du massacre de septembre 2009, la comparution de Moussa Dadis Camara, a tourné court lundi quand la cour a accepté la demande de renvoi de l'ancien chef d'État pour raisons de santé.

Le moment de la comparution est arrivé en fin de matinée quand le président Ibrahima Sory Tounkara a déclamé: "Monsieur Moussa Dadis Camara, venez à la barre, s'il vous plaît".

Moins de 12 minutes plus tard, le même président prononçait le renvoi de l'affaire au 12 décembre 2022 avec ces mots: "Vous avez une semaine M. Camara, l'audience est levée". Dans l'intervalle, l'ancien autocrate âgé de 57 ans, qui faisait trembler ceux qui subissaient ses foudres, a plaidé avec obséquiosité pour le renvoi en invoquant sa santé.

Un avocat de Moussa Dadis Camara propose une assignation à résidence durant son procès
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"Avec tout le respect que j'ai pour votre auguste tribunal - j'en ai déjà informé le directeur de la garde pénitentiaire, le médecin chef de la garde pénitentiaire - depuis un très bon moment je souffre", a dit le capitaine Camara après s'être présenté à la barre d'une démarche mal assurée et en tenue civile, lui qui ne se départissait jamais de son uniforme.

"Je ne suis pas au-dessus de la loi", a-t-il dit, "mais en toute sincérité je ne me sens pour le moment abolument pas (en état de déposer)". Le principal accusé de ce procès historique a vaguement évoqué "le palu que j'ai eu, un affaiblissement total", et laissé entendre qu'il préférait ne pas s'étendre.

"Le tribunal ne peut pas vous obliger à dire ou à faire ce que vous ne voulez pas faire (...) Si vous dites que vous ne pouvez pas (déposer), le tribunal vous suivra", a dit le président avant d'annoncer le renvoi. Le capitaine Camara répond depuis le 28 septembre 2022 avec une dizaine d'anciens responsables militaires et gouvernementaux du massacre perpétré 13 ans plus tôt jour pour jour.

Le capitaine Camara, porté au pouvoir par un coup d'Etat neuf mois auparavant, était président ce jour et les suivants où les Bérets rouges de sa garde, des soldats, des policiers et des miliciens ont assassiné dans un stade de Conakry et alentour des dizaines de personnes réunies pour le dissuader de se présenter à la présidentielle prévue en janvier 2010. Des dizaines de femmes ont été violées, des individus séquestrés et torturés, de nombreux corps escamotés.

Ecarté quelques mois après le massacre, exilé ensuite au Burkina Faso, il a été emprisonné après être rentré pour le procès.

Manifestation réprimée au Tchad: prison ferme pour 262 accusés

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008. (VOA Archives)

Un total de 262 personnes arrêtées à N'Djamena lors d'une manifestation violemment réprimée en octobre, avec une cinquantaine de tués par balles, ont été condamnées de 2 à 3 ans de prison ferme dans un procès de masse à huis-clos et sans avocats, a annoncé lundi le parquet.

Quelque 80 autres, sur 401 personnes jugées, des manifestants contre le régime pour l'essentiel, ont écopé de peines d'emprisonnement avec sursis et 59 ont été relaxées, a précisé à la presse le procureur de la République de N'Djamena, Moussa Wade Djibrine.

Ce procès de masse s'est déroulé en plein désert, à 600 km de la capitale, dans une prison de haute sécurité à Koro Toro, une procédure de dépaysement "illégale" selon leurs avocats qui ont décidé de ne pas s'y rendre. Ils comparaissaient notamment pour "violences et voies de fait", "destruction de biens" et "troubles à l'ordre public".

Le procès s'est tenu en quatre jours et s'est achevé vendredi mais, seule la télévision d'Etat ayant eu le droit d'y assister, en l'absence de tout autre média, le procureur n'a rendu public le jugement que trois jours plus tard, à son retour dans la capitale.

Le 20 octobre 2022, une cinquantaine de personnes, de jeunes manifestants tués par balles pour l'immense majorité, avaient péri à N'Djamena et ailleurs quand les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur la moindre tentative de rassemblement.

Ils répondaient à l'appel de l'opposition contre la prolongation de deux ans au pouvoir du général Mahamat Idriss Déby Itno, proclamé chef de l'Etat par les militaires le 20 avril 2021 à l'annonce de la mort de son père, le président Idriss Déby Itno, tué au front par des rebelles après avoir dirigé d'une main de fer le Tchad 30 années durant.

Le pouvoir avait reconnu l'arrestation de 601 personnes - dont 83 mineurs - pour la seule N'Djamena, et leur transfert dans la prison de Koro Toro, à plus de deux jours de voiture de la capitale et en l'absence de leurs avocats.

Quelque 80 mineurs détenus à Koro Toro ont été transférés à N'Djamena, a assuré lundi le procureur Wade Djibrine.

Abolition de la police des mœurs: les Iraniens restent sceptiques

Abolition de la police des mœurs: les Iraniens restent sceptiques
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L'Iran abolit sa police des mœurs

Le Guide suprême de l'Iran, l'Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un événement à Téhéran, samedi 26 novembre 2022.

C'est la police des moeurs qui avait arrêté en septembre la jeune Mahsa Amini, en l'accusant de ne pas respecter le code vestimentaire. Sa mort avait été annoncée trois jours plus tard.

L'Iran a annoncé l'abolition de la police des moeurs à l'origine de l'arrestation de la jeune Mahsa Amini, dont la mort en détention a provoqué une vague de contestation en Iran qui perdure depuis près de trois mois.

Cette annonce, considérée comme un geste envers les manifestants, est intervenue après la décision samedi des autorités de réviser une loi de 1983 sur le port du voile obligatoire en Iran, imposé quatre ans après la révolution islamique de 1979.

C'est la police des moeurs qui avait arrêté le 13 septembre Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, à Téhéran en l'accusant de ne pas respecter le code vestimentaire strict en République islamique, qui impose aux femmes le port du voile en public.

Sa mort a été annoncée trois jours plus tard. Selon des militants et sa famille, Mahsa Amini a succombé après avoir été battue, mais les autorités ont lié son décès à des problèmes de santé, démentis par ses parents.

Son décès a déclenché une vague de manifestations durant lesquelles des femmes, fer de lance de la contestation, ont enlevé et brûlé leur foulard, en criant "Femme, vie, liberté".

Une manifestation à Téhéran, le 1er octobre 2022.
Une manifestation à Téhéran, le 1er octobre 2022.

Malgré la répression qui a fait des centaines de morts, le mouvement de contestation se poursuit.

"La police des moeurs (...) a été abolie par ceux qui l'ont créée", a indiqué samedi soir le procureur général Mohammad Jafar Montazeri, cité par l'agence de presse Isna dimanche.

"Saper les valeurs"

Cette police, connue sous le nom de Gasht-e Ershad (patrouilles d'orientation), a été créée sous le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, pour "répandre la culture de la décence et du hijab". Elle est formée d'hommes en uniforme vert et de femmes portant le tchador noir, qui couvre la tête et le haut du corps.

Cette unité a commencé ses premières patrouilles en 2006.

Internet bloqué en Iran: Washington sanctionne des responsables iraniens
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Le rôle de la police des moeurs a évolué au fil des années, mais il a toujours divisé, même parmi les candidats à la présidentielle.

Sous le mandat du président modéré Hassan Rohani, on pouvait croiser des femmes en jeans serrés portant des voiles colorés.

Mais en juillet dernier, son successeur, l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi, a appelé à la mobilisation de "toutes les institutions pour renforcer la loi sur le voile", déclarant que "les ennemis de l'Iran et de l'islam voulaient saper les valeurs culturelles et religieuses de la société en répandant la corruption".

Les femmes qui enfreignent le strict code vestimentaire de la République islamique d'Iran risquaient d'être embarquées par cette unité.

Loi sur le voile

Samedi, le même procureur, Mohammad Jafar Montazeri, a annoncé que "le Parlement et le pouvoir judiciaire travaillaient" sur la question du port du voile obligatoire, sans préciser ce qui pourrait être modifié dans la loi.

Il s'agit d'une question ultra-sensible en Iran, sur laquelle s'affrontent deux camps: celui des conservateurs qui s'arc-boutent sur la loi de 1983 et celui des progressistes qui veulent laisser aux femmes le droit de choisir de le porter ou non.

Selon la loi en vigueur depuis 1983, les femmes iraniennes et étrangères, quelle que soit leur religion, doivent porter un voile et un vêtement ample en public.

Manifestations et droits humains en Iran: Téhéran ignore une requête de l'ONU
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Depuis la mort Mahsa Amini et les manifestations qui ont suivi, un nombre grandissant de femmes se découvrent la tête, notamment dans le nord huppé de Téhéran.

Le 24 septembre, soit une semaine après le début des manifestations, le principal parti réformateur d'Iran a exhorté l'Etat à annuler l'obligation du port du voile.

L'Iran, qui voit dans la plupart des manifestations des "émeutes", accuse notamment des forces étrangères d'être derrière ce mouvement pour déstabiliser le pays.

Selon un dernier bilan fourni par le général iranien Amirali Hajizadeh, du corps des Gardiens de la Révolution, il y a eu plus de 300 morts lors des manifestations depuis le 16 septembre.

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