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La CEDH rejette la "démonstration de haine et d'antisémitisme" de Dieudonné

Dieudonné M'Bala M'Bala.

Faire applaudir sur scène un négationniste notoire ne relève pas de la liberté du spectacle, mais d'une "démonstration de haine et d'antisémitisme", a tranché mardi la Cour europénne des droits de l'Homme, en déboutant le polémiste français Dieudonné.

Dieudonné M'Bala M'Bala avait saisi les juges européens en faisant valoir une atteinte à sa liberté d'expression, en raison d'une amende de 10.000 euros qui lui avait été infligée par la justice française pour "injure" à caractère racial.

Le polémiste avait été condamné pour son spectacle du 26 décembre 2008 au Zénith de Paris. Ce soir-là, il avait convié sur scène le négationniste Robert Faurisson, l'avait fait applaudir par le public et lui avait fait remettre un "prix de l'infréquentabilité" par un comparse déguisé en déporté juif.

La Cour européenne a estimé que "la soirée avait perdu son caractère de spectacle de divertissement pour devenir un meeting qui, sous couvert de représentation humoristique, valorisait le négationnisme".

"Travestie sous l'apparence d'une production artistique", la "prise de position haineuse et antisémite caractérisée" à laquelle s'est livré le polémiste "est aussi dangereuse qu'une attaque frontale et abrupte" contre la mémoire de l'Holocauste et les juifs, et ne "mérite donc pas" d'être protégée par la liberté d'expression, a tranché la CEDH.

Dans une décision définitive, elle a déclaré irrecevable la requête de celui qu'elle qualifie d'"humoriste engagé en politique", en soulignant que la Convention européenne des droits de l'Homme, dont elle est la garante, ne protégeait pas "les spectacles négationnistes et antisémites".

Pour la Cour, invoquer la liberté d'expression dans un tel cas relève d'un "abus de droit": Dieudonné a tenté de "détourner" la Convention de sa "lettre" et de son "esprit", ont estimé les juges. Selon eux, admettre le raisonnement du requérant aurait contribué "à la destruction des droits et libertés garantis" par cette Convention.

Interrogé par l'AFP, l'avocat du polémiste de 49 ans, Me Jacques Verdier, a fait part de sa "profonde déception".

La CEDH n'a pas été "à même de dépasser un certain nombre de basses considérations, qui sont celles de certaines associations qui, par principe, luttent contre Dieudonné", a-t-il déploré.

Le Premier ministre français Manuel Valls - qui lorsqu'il était ministre de l'Intérieur était monté en première ligne pour faire interdire les spectacles de Dieudonné - a salué mardi sur Twitter une décision "ferme et belle".

"Nul ne peut se cacher derrière la liberté d'expression pour se livrer à l'antisémitisme, à la haine", a tweeté M. Valls, qui poursuit actuellement Dieudonné devant les tribunaux. Ce dernier l'avait traité de "Mussolini moitié trisomique" dans une vidéo diffusée sur internet.

C'est la première fois que la CEDH était appelée à se prononcer sur Dieudonné - un habitué des prétoires français, plusieurs fois condamné pour ses propos antisémites.

Dans les mois à venir, elle aura toutefois d'autres occasions de se pencher sur son cas: le polémiste a déposé des requêtes - toujours pendantes à Strasbourg - contre l'interdiction par les autorités françaises de trois de ses spectacles en janvier 2014, à Nantes, Orléans et Tours.

Devant les tribunaux, Dieudonné s'était défendu en expliquant que l'arrivée de M. Faurisson sur scène avait été "très drôle" et que les spectateurs avaient ri. Mais la CEDH, pas plus que la justice française, n'a adhéré à cette analyse. "Les réactions du public (du Zénith) montrent que la portée antisémite de la scène a été perçue par les spectateurs", relèvent les juges européens.

Pour le juriste français Nicolas Hervieu, spécialiste de la CEDH et de sa jurisprudence, les magistrats européens ont opposé à Dieudonné une "fin de non recevoir très brutale, qui douche tous les espoirs de ceux qui voudraient, sous couvert d'humour, exploiter les failles des dispositifs nationaux de luttre contre le racisme et l'antisémitisme".

Cet arrêt marque également, de la part des magistrats européens, une "volonté de consolider une jurisprudence qui a toujours été très ferme sur la négation de la Shoah", selon M. Hervieu.

Avec AFP

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Une ville californienne va interdire chips et bonbons aux caisses des supermarchés

Des enfants portant des masques d'Halloween reçoivent des bonbons pendant la tradition «Trick or Treat» à Makati à Manille le 31 octobre 2008. Les parents doivent surveiller la consommation de sucre de leurs enfants selon le Dr Mary Hayes, dentiste pédiatre à Chicago. AP/Marquez

La ville de Berkeley, bastion progressiste du nord de la Californie, va interdire la vente des produits trop sucrés ou salés sur les présentoirs situés aux caisses des supermarchés afin de promouvoir une alimentation plus saine, une première aux Etats-Unis selon des médias locaux.

Le conseil municipal de Berkeley, ville universitaire de 120.000 habitants près de San Francisco, a adopté cette semaine à l'unanimité une ordonnance qui bannira des caisses les produits contenant plus de 5 grammes de sucres ajoutés ou plus de 250 mg de sodium par portion. L'interdiction vise également toutes les boissons contenant des sucres ajoutés ou des édulcorants artificiels.

L'ordonnance relève que "des aliments bon marché et riches en sel, graisses saturées et sucres ajoutés sont prédominants dans les présentoirs des caisses". Les clients y sont "plus enclins à effectuer des achats impulsifs et les parents se battent avec leurs enfants qui réclament des confiserie à la fin des courses".

L'interdiction, qui doit s'appliquer à 25 supermarchés de la ville, entrera en vigueur en mars prochain et les premières visites des inspecteurs sanitaires sont prévues en janvier 2022.

"Ce qui est bon pour les clients à Berkeley est aussi bon pour nos commerces", a lancé Kate Harrison, l'une des élues à l'origine de cette mesure.

En 2014, Berkeley avait déjà été la première à imposer une taxe sur les sodas, une initiative reprise ensuite par plusieurs autres grandes villes américaines.

Selon une étude publiée début 2019, les habitants de Berkeley avaient diminué leur consommation de boissons sucrées de 21% dans l'année qui avait suivi la mise en place de cette "taxe sodas". La chute atteignait 52% en 2017.

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