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La campagne pro-Brexit sanctionnée pour avoir enfreint le code électoral

Le ministre de l'Environnement britannique Michael Gove, figure de la campagne "Vote Leave", le 22 mai 2018.

La campagne officielle pour le vote en faveur du Brexit, Vote Leave, a reçu une amende pour avoir enfreint le code électoral, a annoncé mardi la Commission électorale britannique, suscitant des interrogations d'europhiles quant à la "validité" du référendum de 2016.

La Commission a "mené une enquête approfondie" sur les campagnes menées par Vote Leave, soutenue par des figures du parti conservateur comme l'ex ministre des Affaires étrangères Boris Johnson et le ministre de l'Environnement Michael Gove, et par BeLeave, un plus petit groupe militant également pour le Brexit lors du référendum sur le maintien dans l'UE en juin 2016.

"Nous avons trouvé des preuves substantielles que les deux groupes travaillaient à un plan commun, ne déclaraient pas leur travail commun et ne respectaient pas les limites de dépenses (de campagne) légales", a indiqué la Commission.

Elle rend ses conclusions quelques mois après les accusations du lanceur d'alerte Christopher Wylie, selon lesquelles la société Cambridge Analytica, accusée d'avoir utilisé à des fins politiques et à leur insu les données de millions d'utilisateurs de Facebook, avait joué un "rôle crucial" dans le vote en faveur du Brexit.

>> Lire aussi: Le patron de Facebook présente ses excuses au Parlement européen

Christopher Wylie avait affirmé qu'Aggregate IQ (AIQ), une entreprise canadienne liée à Cambridge Analytica, avait travaillé avec cette dernière afin d'aider la campagne en faveur de la sortie de l'UE "Leave.EU" à contourner son plafond de dépenses. Dans un entretien à plusieurs journaux européens, M. Wylie avait déclaré que "sans Aggregate IQ, le camp du +Leave+ n'aurait pas pu gagner le référendum du 23 juin 2016, qui s'est joué à moins de 2% des votes".

Les Britanniques avaient voté à 52% pour sortir de l'UE.

Sur son site internet, Aggregate IQ dément avoir fait partie de Cambridge analytica ou de sa société mère SCL, avoir employé Christopher Wylie et avoir eu accès à des données Facebook obtenues de manière irrégulière.

Résultat suspect

Pour les partisans du maintien dans l'UE, les conclusions de la Commission ont jeté le doute sur la valeur du résultat issu du référendum et renforcé la nécessité d'en organiser un second.

"Le résultat serré du référendum a l'air plus suspect que jamais", a tweeté le député travailliste et pro-européen David Lammy. "La question de sa validité se pose désormais".

A la Chambre des Communes, le député travailliste Chuka Umunna, pro-UE, a interrogé le gouvernement sur l'impact des ces irrégularités sur le résultat du référendum.

Selon Downing Street, le référendum était un "exercice démocratique légitime, lors duquel le public a donné son avis".

Le groupe BeLeave, fondé par l'étudiant en mode Darren Grimes, a dépensé plus de 675.000 livres (761.000 euros) dans Aggregate IQ, spécialisée dans la publicité politique en ligne, "dans le cadre d'un plan commun avec Vote Leave", selon la Commission.

"Ces dépenses auraient dû être déclarées par Vote Leave", affirme-t-elle, calculant que le groupe a dépassé le plafond de dépenses de presque 500.000 livres (565.000 euros).

Vote Leave devra payer 61.000 livres (69.000 euros) pour plusieurs infractions au code électoral, et le fondateur du groupe BeLeave, Darren Grimes, 20.000 livres, le maximum possible pour un particulier. La Commission a également alerté la police.

Un porte-parole de Vote Leave a riposté en dénonçant "un certain nombre de fausses accusations et d'affirmations incorrectes". Il a regretté que les enquêteurs aient écouté de "soi-disant lanceurs d'alertes" et "n'ait interviewé personne de Vote Leave".

"Nous étudions les options possibles mais sommes confiants que ces conclusions seront rejetées", a-t-il ajouté.

Mais selon la Commission, Vote Leave a "refusé de coopérer", "a rejeté nos demandes d'entretien avec un représentant et nous a forcés à utiliser nos pouvoirs légaux pour le contraindre à fournir des preuves".

"Néanmoins, nous avons trouvé des preuves claires et importantes", ajoute cette instance.

De son côté, Darren Grimes s'est dit "choqué" et "déçu" par la décision de la Commission. "L'amende est totalement disproportionnée et injustifiée", a-t-il réagi sur Twitter.

En mai, la Commission électorale avait sanctionné un autre mouvement pro-Brexit, Leave.EU, qui avait reçu une amende de 70.000 livres (79.000 euros) pour de multiples irrégularités dans le financement de sa campagne.

Avec AFP

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Corée du Nord: pas de dialogue avec les USA avant l'arrêt de leurs "activités militaires hostiles"

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un supervise le lancement de deux missiles balistiques à courte portée dans une photo non datée publiée par l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) le 26 juillet 2019. KCNA / via REUTERS

La Corée du Nord a déclaré jeudi ne "pas être intéressée" par une reprise du dialogue sur le nucléaire avec les Etats-Unis tant que Washington n'aura pas mis un terme à "l'escalade de ses activités militaires hostiles".

Les pourparlers bilatéraux sont dans l'impasse depuis l'échec du second sommet à Hanoï en février entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Les deux dirigeants s'étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), le "no man's land" qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

Cette rencontre avait permis de réamorcer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d'un an après leur premier sommet de Singapour et l'échec de celui de Hanoï en février dernier.

La Corée du Nord a procédé ces dernières semaines au tir de plusieurs missiles de courte portée pour manifester sa désapprobation des exercices militaires annuels conjoints entre les forces américaines et sud-coréennes qu'elle considère comme une répétition générale d'une invasion.

L'envoyé spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, est arrivé mardi soir à Séoul pour une visite de trois jours.

"Nous sommes prêts à entamer des discussions dès que nous aurons des nouvelles de nos homologues nord-coréens", a-t-il déclaré, à l'issue d'un entretien avec son homologue sud-coréen Lee Do-hoon.

Mais un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a douché les espoirs d'une reprise du dialogue jeudi, fustigeant le récent essai américain de missile de croisière de moyenne portée. Il s'est également insurgé contre le "dangereux" projet de Washington de déployer des avions de combat F-35 dans la région, susceptible de "déclencher une nouvelle guerre froide".

"Cela nous oblige à considérer une façon réaliste de nous concentrer davantage sur le renforcement de la dissuasion physique", a-t-il averti dans une déclaration relayée par l'agence de presse officielle KCNA.

"Nous maintenons notre position consistant à résoudre toutes les questions de manière pacifique par le dialogue et la négociation", a-t-il ajouté.

"Cependant, le dialogue doublé de menaces militaires ne nous intéresse pas", a-t-il souligné.

Près de 30.000 militaires américains sont déployés en Corée du Sud.

Donald Trump, en révélant le 10 août le contenu d'une lettre que lui a adressée Kim Jong Un, avait assuré sur Twitter que le dirigeant nord-coréen voulait reprendre les négociations dès la fin des exercices militaires conjoints.

Avec AFP

Les migrants de l'Open Arms en attente à Lampedusa

La survivante du naufrage, une Camerounaise de 40 ans prénommée Josepha, avait été retrouvée en hypothermie avec une autre femme et un petit garçon morts depuis peu sur les restes d'un canot pneumatique au large de la Libye lors d’une opération de Proacti

Les migrants recueillis en Méditerranée par le navire humanitaire Open Arms reprennent leurs esprits à Lampedusa, dans le sud de l'Italie, où ils ont pu débarquer dans la nuit de mardi à mercredi.

Les 147 occupants du bateau ont rejoint d'autres migrants dans le centre d'accueil situé au coeur de cette petite île sicilienne et conçu pour accueillir moins de cent personnes en attente d'un éventuel transfert vers d'autres installations.

Certains ont dormi dehors, dans une chaleur étouffante, a dit à l'AFP une source au sein de ce centre.

Après une inspection en compagnie de policiers et de deux médecins, le procureur d'Agrigente, Luigi Patronaggio, a décidé mardi que les rescapés devaient débarquer sur cette île très touristique située entre l'Italie et la Tunisie.

Le navire de l'Open Arms, de l'organisation humanitaire espagnole du même nom, a appareillé dans la nuit et a accosté mercredi midi dans le port sicilien de Porto Empedocle, où il est mis sous séquestre par le procureur d'Agrigente, selon une porte-parole de l'association. Son commandant est resté à son bord tandis que la plupart des membres de l'équipage, soulagés mais épuisés, sont repartis dans la journée.

Mardi, l'annonce du débarquement avait suscité des explosions de joie sur l'Open Arms. Après en être descendus un à un, parfois en boitant, et avoir subi un bref contrôle médical, les migrants avaient été conduits au centre d'accueil dans des camionnettes.

"C'est une victoire parce que les institutions italiennes ont finalement décidé de respecter ces personnes", a déclaré à l'AFP le responsable italien d'Open Arms, Riccardo Gatti. "Mais c'est surtout une honte parce qu'on les a laissés en mer pendant près de 20 jours, alors que leur détresse était connue".

- Envoi d'une délégation française -

Paris a annoncé mercredi l'envoi en Italie d'une délégation de l'Office français de protection des réfugiés (Ofpra) pour étudier la situation de "la quarantaine" de migrants de l'Open Arms qu'elle s'est engagée à accueillir.

Les personnes secourues présentes à bord de ce navire s'étaient vu refuser par les autorités italiennes l'accès à Lampedusa, bien que six pays européens (France, Allemagne, Luxembourg, Portugal, Roumanie et Espagne) se soient engagés à les accueillir.

Certains ont passé 19 jours à son bord, égalant ainsi le record des migrants recueillis par le SeaWatch3 fin décembre avant leur débarquement à Malte le 9 janvier dernier.

Face au refus du ministre italien de l'Intérieur sortant Matteo Salvini de les laisser descendre à terre, Madrid a fini mardi par envoyer un bâtiment de guerre vers Lampedusa pour y prendre directement en charge des migrants et les emmener à Majorque, à environ mille kilomètres de la Sicile.

Ce navire est parti à 18H30 (16H30 GMT) de la base de Rota (sud) pour un voyage de trois jours vers Lampedusa.

- L'Ocean Viking encore en mer -

Le procureur italien a pris la décision de mettre préventivement sous séquestre l'Open Arms, dans le cadre d'une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d'actes officiels. Matteo Salvini a affirmé, sur Facebook, qu'elle le visait directement.

Il ne reste plus qu'un bateau humanitaire, l'Ocean Viking, capable d'aller secourir les embarcations de fortune qui s'élancent régulièrement à partir des côtes libyennes, avec des migrants à leur bord.

L'Ocean Viking, affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, cherche-lui aussi à débarquer dans un port sûr 356 migrants.

Il se trouve dans le canal de Sicile entre Malte et Lampedusa. Interdit par les autorités maltaises au dernier moment de se ravitailler, à l'aller, en eau et en carburant, il est contraint d'économiser ces ressources. L'homme fort du gouvernement italien sortant Matteo Salvini lui avait interdit d'approcher des côtes de son pays.

Faute de consensus européen pour accueillir les migrants secourus par les navires d'ONG, leur sort fait régulièrement l'objet de longues et difficiles négociations entre Etats.

"Ces situations nous rappellent avec acuité l'importance d'avoir un mécanisme de gestion des questions migratoires qui se fasse à l'échelle européenne parce que sans cela ces situations se répèteront et ne sont évidemment pas acceptables pour les migrants" qui tentent des traversées de la Méditerranée, a souligné la porte-parole du gouvernement français, Sibeth Ndiaye.

L'adjoint de Pompeo pressenti comme ambassadeur américain en Russie

John Sullivan, 59 ans, est secrétaire d'Etat adjoint depuis mai 2017, et a assuré l'intérim à la tête de la diplomatie américaine pendant un mois au printemps 2018 après le limogeage de Rex Tillerson.

Le numéro deux du département d'Etat américain, John Sullivan, est pressenti pour être nommé par Donald Trump comme nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Russie, un poste ultrasensible tant les relations du président américain avec Moscou sont ambivalentes.

Le New York Times a fait état mardi de l'intention du locataire de la Maison Blanche de choisir l'adjoint du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo en remplacement de Jon Huntsman, qui a récemment annoncé sa démission.

"C'est quelqu'un dont le nom a été cité et qui est très respecté", a reconnu Donald Trump, interrogé par des journalistes.

"Je sais que Mike Pompeo l'apprécie beaucoup", "il pourrait tout à fait" être désigné comme ambassadeur à Moscou, a-t-il ajouté, sans dire quand il annoncerait son choix définitif, qui devra ensuite être confirmé par le Sénat américain.

John Sullivan, 59 ans, est secrétaire d'Etat adjoint depuis mai 2017, et a assuré l'intérim à la tête de la diplomatie américaine pendant un mois au printemps 2018 après le limogeage de Rex Tillerson.

Ce juriste affable mais très discret passé par les ministères de la Justice, de la Défense et du Commerce sous de précédentes administrations, ainsi que par le privé, n'est pas considéré comme un spécialiste de la Russie.

Mais il a dirigé la délégation américaine mi-juillet lors d'un "dialogue stratégique américano-russe sur la sécurité". Washington avait alors exprimé son "inquiétude" face au "développement et déploiement d'armes nucléaires non stratégiques" par la Russie, avant le retrait américain, confirmé début août, du traité sur les arsenaux de portée intermédiaire (INF), actant la fin de ce texte emblématique conclu pendant la Guerre froide.

Le poste d'ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, toujours sensible, l'est d'autant plus depuis l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump.

Les agences de renseignement américaines accusent la Russie de Vladimir Poutine d'ingérences dans l'élection présidentielle de 2016 remportée par le milliardaire républicain, et de vouloir de nouveau s'immiscer dans celle de 2020. Et, malgré la fin d'une longue enquête tentaculaire sur des soupçons de collusion entre l'équipe du candidat Trump et le Kremlin, le sujet reste au coeur d'une vive controverse politique avec le camp démocrate.

Donald Trump a affiché à plusieurs reprises sa volonté de rapprochement avec Vladimir Poutine. Encore mardi, il s'est dit favorable à un retour aux réunions du G8 avec la réintégration de la Russie, qui avait été écartée de ce groupe de grandes puissances en 2014 à la suite de l'annexion de la Crimée.

En dehors du président Trump, pourtant, l'administration américaine continue d'afficher une grande fermeté à l'égard de Moscou.

Avec AFP

Trump insiste sur l'urgence d'apaiser les tensions indo-pakistanaises

Le président américain, Donald Trump

Donald Trump a indiqué lundi s'être entretenu par téléphone avec les Premiers ministres indien et pakistanais, qu'il a encouragés à réduire les tensions au Cachemire.

Le président américain a écrit sur Twitter avoir évoqué avec ses "deux bons amis", le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Imran Khan, l'urgence pour leurs deux pays "d'oeuvrer à réduire les tensions au Cachemire".

"Une situation délicate, mais de bonnes conversations!", a ajouté M. Trump.

La Maison Blanche avait fait savoir plus tôt dans la journée que le chef de l'Etat américain avait discuté avec M. Modi de "l'importance de réduire les tensions entre l'Inde et le Pakistan et de préserver la paix dans la région".

M. Trump s'était entretenu vendredi avec M. Khan et avait déjà appelé les deux pays rivaux à dialoguer sur le sujet du Cachemire, région montagneuse très majoritairement peuplée de musulmans pour laquelle l'Inde et le Pakistan se sont déjà livré deux guerres.

Les tensions demeurent vives dans ce territoire depuis que l'Inde a révoqué le 5 août l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elle contrôle.

Au moins 4.000 personnes ont été interpellées au Cachemire indien depuis cette date, selon des sources gouvernementales indiennes.

Avec AFP

Cordialité affichée entre Poutine et Macron, qui veut rapprocher Moscou et l'Europe

Le président français Emmanuel Macron, à droite, serre la main du président russe Vladimir Poutine à l'issue de leur rencontre au fort de Bregancon à Bormes-les-Mimosas, dans le sud de la France, le 19 août 2019.

Emmanuel Macron a reçu Vladimir Poutine lundi dans sa résidence d'été, les deux hommes affichant une apparente cordialité et une volonté de rapprochement entre Moscou et l'UE notamment sur l'Ukraine, malgré des désaccords sur plusieurs sujets sensibles.

Un bouquet de fleurs à la main pour Brigitte Macron, le président russe est arrivé souriant au fort de Brégançon, sur la côte méditerranéenne, accueilli par le couple présidentiel français.

Après quelques amabilités, les deux hommes, assis sur des chaises de jardin, ont échangé devant la presse. Malgré des convergences et la claire volonté d'Emmanuel Macron de rapprocher Russie et UE, ils se sont montrés divisés sur des sujets tels que la guerre en Syrie ou les droits de l'Homme.

Dans la province d'Idleb, où l'armée syrienne est à l'offensive avec l'aide des Russes, Emmanuel Macron a jugé "impérieux" le besoin de respecter le cessez-le-feu, qui a été décidé mais n'est pas appliqué. Mais le maître du Kremlin, incontournable en Syrie et en Iran, a balayé la requête, déclarant que la Russie "soutient les efforts de l'armée syrienne pour éliminer les menaces terroristes à Idleb".

Autre divergence sur la question de la répression des manifestations d'opposants à Moscou, sujet sur lequel M. Poutine a répondu par une pique en déclarant qu'il ne souhaitait pas une "situation telle que celle des gilets jaunes", évoquant un bilan de "onze personnes tuées et 2.500 blessées" lors de la vague de manifestations parfois violentes qui a ébranlé le gouvernement français il y a quelques mois.

Selon les autorités françaises, un seul mort a été recensé lors des manifestations de gilets jaunes: une femme de 80 ans tuée par une grenade lacrymogène alors qu'elle était sur son balcon. Dix autres personnes ont été tuées dans des accidents causés par des barrages routiers des manifestants.

Le parallèle a été réfuté par M. Macron, "la comparaison ne vaut pas raison. Les gilets jaunes ont été librement aux élections européennes (...) Je souhaite qu'ils s'expriment librement (...) On est un pays où les gens peuvent s'exprimer librement, manifester librement", a-t-il dit, en référence aux exigences des manifestants russes d'élections transparentes et libres.

Malgré ces désaccords de fond, la tonalité est clairement au réchauffement entre les deux pays, Emmanuel Macron voulant oeuvrer à un rapprochement stratégique entre l'Europe et la Russie pour affronter un monde en plein chambardement, et éviter que Moscou ne se rapproche trop de la Chine.

En contact régulier au téléphone, les deux hommes se sont déjà vus plusieurs fois en tête-à-tête : Emmanuel Macron a reçu Vladimir Poutine dans les fastes de Versailles en mai 2017, juste après son élection, puis s'est rendu à son invitation à Saint-Pétersbourg l'an dernier. Ils se sont également entretenus lors de chaque G20, tout dernièrement à Osaka en juin. Un contact constant et des relations moins dégradées que sous la présidence de François Hollande.

- "Optimisme prudent" -

"La Russie est Européenne, très profondément, et nous croyons dans cette Europe qui va de Lisbonne à Vladivostok", a-t-il dit, ajoutant vouloir la "réarrimer" à l'Europe après "les malentendus des dernières décennies".

"Nous avons à réinventer une architecture de sécurité et de confiance entre l'Union européenne et la Russie", a-t-il ajouté, recevant le président russe à quelques jours du sommet du G7 (ex-G8) de Biarritz, instance dont la Russie a été exclue en 2014 après son annexion de la Crimée.

Les deux hommes ont laissé entrevoir des avancées possibles sur la crise dans les provinces pro-russes d'Ukraine, permises selon eux par l'arrivée du nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron ouvrant la voie à un prochain sommet au format "Normandie", entre Russie-Ukraine-France-Allemagne.

"Les choix du président (ukrainien Volodymyr) Zelensky sont un vrai changement pour la situation" a déclaré M. Macron.

"Je vais parler (avec Emmanuel Macron) de mes contacts avec le nouveau président ukrainien. Il y a des choses qui sont dignes de discussions et qui provoquent un optimisme prudent", a quant à lui déclaré M. Poutine, alors que la Russie pâtit des sanctions européennes décrétées en raison de l'annexion de la Crimée et de son implication présumée - qu'elle dément - dans le conflit du Donbass.

Vladimir Poutine a de son côté loué "le rôle très important, voir clé" de Paris pour permettre le retour en juin dernier de la Russie à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Geste symbolique, Emmanuel Macron a aussi annoncé qu'il se rendrait à Moscou en mai 2020 pour assister aux célébrations du 75e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie.

"Je suis reconnaissant" à Emmanuel Macron d'avoir accepté cette invitation, a répondu Vladimir Poutine. Les Russes accordent la plus haute importance à ces commémorations qui ont été boudées par les Occidentaux depuis l'annexion de la Crimée par la Russie.

Avec AFP

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