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Côte d'Ivoire

Les autorités ivoiriennes assouplissent les mesures contre le virus à l'intérieur du pays

Gare routière Bouaké, une ville de l’intérieur de la côte d’Ivoire, le 8 mai 2020. (VOA/Aicha Diarra)

Alassane Ouattara s’est adressé pour la deuxième a la nation depuis l’apparition du Coronavirus le jeudi 7 mai, après avoir présidé une réunion du Conseil de sécurité sur l’allégement de mesures barrières à l’intérieur du pays. Abidjan reste isolé du reste de la Côte d’Ivoire.

"Nous devons continuer les efforts déployés pour préserver l’intérieur du pays. Au niveau du Grand Abidjan, la vigilance doit être maintenue pour mettre fin à la pandémie", a déclaré le président ivoirien Alassane Ouattara, lors du journal télévisé de 20 heures.

Il a rappelé que des efforts doivent être faits pour préserver l’intérieur de la Côte d’Ivoire qui, depuis le 21 avril 2020, n’a enregistré aucun cas de Covid-19. Les résultats ont donc facilité les raisons d'un assouplissement des mesures barrières.

"Le couvre-feu est levé à compter du vendredi 8 mai 2020. Néanmoins, il sera Immédiatement rétabli dans les localités qui pourraient connaître des cas Positifs du Covid-19", a déclaré le chef de l'État.

Il a ajouté que "les mesures de restriction de rassemblements de populations, initialement plafonnées à 50 personnes, passent dorénavant à 200 personnes. La réouverture des établissements d’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et supérieur se fera à compter du vendredi 8 mai 2020 selon des modalités qui seront communiquées par les ministères concernés".

Conscient que les mesures prises ont de graves conséquences sur l'activité économique et la vie au quotidien de chaque citoyen, les restrictions concernant les villes de l’intérieur seront levées à compter de ce vendredi 8 mai 2020. Cet allègement se fera avec un dispositif d’alerte sanitaire maintenu jusqu’à la fin de l’année 2020.

Concernant Abidjan et ses banlieues, le couvre-feu reste en vigueur jusqu’au 15 mai, mais les horaires sont réaménagés pour couvrir l'espace de 23 heures à 4h du matin. Les autres mesures de restriction restent en vigueur.

"La fermeture des restaurants, maquis, bars, boîtes de nuit, cinémas et lieux de spectacle, les rassemblements de populations de plus de 50 personnes, restent en vigueur. Celles-ci seront levées le vendredi 15 mai 2020, si les indicateurs d’évolution de la pandémie continuent de s’améliorer. Des réflexions sont en cours pour examiner les conditions de réouverture prochaine des établissements scolaires et universitaires", a-t-il encore annoncé.

L'impact du coronavirus sur l'économie ivoirienne
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Le grand Abidjan regroupe à lui seul tous les 809 personnes atteintes du coronavirus, c'est pourquoi son isolement est maintenu et renforcé.

La zone comprend 13 centres de dépistage, 8 centres de prise en charge des malades, 3 sites de mise en quarantaine et 3 centres d'analyse.

A ce jour, la Côte d'Ivoire a enregistré 20 décès dus au coronavirus.

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L’opposition ivoirienne dans la rue contre un 3e mandat d’ADO

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Quatre morts dans des violences liées à la candidature d'Alassane Ouattara

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Quatre Ivoiriens morts lors des manifestations contre le 3e mandat de Ouattara

Un homme tient une machette alors que des habitants en colère brûlent des pneus et bloquent la rue pendant des manifestations qui avaient tué au moins six femmes, le 3 mars 2011 à Abobo, un quartier ouvrier de Abidjan. PHOTO AFP / ISSOUF SANOGO (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

En Côte d'Ivoire, au moins quatre personnes sont mortes mercredi et jeudi dans des violences liées à la candidature controversée à un troisième mandat du président Alassane Ouattara.

L'opposition et des membres de la société civile avaient appelé à manifester jeudi alors que les autorités avaient interdit tout rassemblement pour non-respect "des procédures appropriées".

A Bonoua (Sud-Est), fief de l'ex-première dame Simone Gbagbo, un jeune de 18 ans a été tué lors de heurts avec les forces de l'ordre, a annoncé à l'AFP Jean-Paul Améthier, le maire de la ville.

"Le commissariat de Bonoua a été saccagé par les manifestants en colère", a témoigné Hervé Niamkey, un habitant. La situation était tendue jeudi soir dans cette ville traversée par la voie internationale qui relie Abidjan au Ghana.

Des violences ont fait trois morts mercredi lors de violences à Daoukro, fief de l'ancien président Henri Konan Bédié également candidat à la présidentielle, entre ses partisans et des jeunes favorables au président Ouattara.

"Le calme revient timidement, mais nous déplorons trois morts" a indiqué une source sécuritaire, sous couvert de l'anonymat. Des témoins ont aussi fait état de trois morts.

"Nous avons entamé des pourparlers avec la population pour ramener le calme" a annoncé le maire de la ville, Aubin Djè Koffi.

- "ADO, dégage !" -

D'autres heurts ont eu lieu jeudi entre manifestants et force de l'ordre, notamment dans la capitale économique Abidjan. Ces manifestation ont rassemblé plusieurs centaines de personnes.

"Nous manifestons pour le départ du président Ouattara, parce que sa candidature viole la Constitution. Nous ne voulons pas accepter un troisième mandat", a expliqué Hervé Séka, dans le quartier d'Anono.

Dans le quartier populaire de Yopougon, des affrontements entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation.

A Port-Bouet, quartier donnant sur la mer et abritant le port et l'aéroport d'Abidjan, des dizaines de manifestants ont bloqué la voie principale, certains brandissant des pancartes "ADO dégage!" en référence aux initiales du président Alassane Dramane Ouattara.

Dans le quartier chic de Cocody, où résident beaucoup de hauts fonctionnaires et où se trouvent la plupart des ambassades, les forces anti-émeute avaient été déployées en grand nombre. Les policiers y ont interpellé un groupe de femmes chantant l'Abidjanaise (l'hymne national).

La situation restait volatile dans le reste du pays. Des incidents ont notamment eu lieu à San Pedro, deuxième port du pays (sud-Ouest).

Dans la région d'Adzopé (proche d'Abidjan), des femmes vêtues de blanc en signe traditionnel de colère ont envahi la voie principale.

- "On a tous peur" -

Des arbres ont été abattus pour paralyser l'axe routier Abengourou-Agnibilekro, dans l'Est.

Jeudi à Ferkessédougou (nord), fief de Guillaume Soro, ancien allié de Ouattara passé dans l'opposition et aujourd'hui en exil en France, le marché hebdomadaire s'est vidé après des rumeurs sur une marche de protestation.

"Aujourd'hui on a tous peur" , a témoigné Mourlaye Koné, employé d'une société sucrière.

"Ce n'est pas fini. Tant que Guillaume Soro n'est pas rentré au pays nous allons continuer", a promis un partisan de l'ancien chef de la rébellion, visé par plusieurs procédures judiciaires mais qui ambitionne toujours d'être candidat à la présidentielle.

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, avait été élu en 2010 face au chef d'Etat sortant, Laurent Gbagbo. Ce dernier avait refusé de reconnaître sa défaite, plongeant le pays dans la crise jusqu'à son arrestation par les forces de son rival, appuyées par les forces française et de l'ONU.

Alassane Ouattara avait été réélu en 2015, puis avait annoncé en mars passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour le scrutin d'octobre. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d'un infarctus. Après ce décès, Alassane Ouattara a annoncé le 6 aout qu'il briguerait finalement un troisième mandat.

La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l'interprétation de la réforme adoptée en 2016: les partisans de Ouattara affirment qu'elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.

L'ex-président Henri Konan Bédié a dénoncé comme "illégale" la candidature de M. Ouattara, son ancien allié. Agé de 86 ans, il est lui-même le candidat désigné du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), la principale formation d'opposition).

La situation se tend de plus en plus à l'approche du scrutin du 31 octobre, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts et vu Alassane Ouattara accéder au pouvoir.

Des manifestations ont encore éclaté à Abidjan et dans ses environs

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