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Droits humains

La Cédéao condamne la Guinée pour la répression meurtrière d'une manifestation

La police affronte les partisans du chef de l'opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo à Conakry, en Guinée, le mercredi 21 octobre 2020.

La Cour de justice de la Cédéao a déclaré les autorités guinéennes coupables d'homicides et d'actes de torture lors de la répression d'une manifestation qui avait fait six morts en 2012.

La Cour de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a "constaté la violation des droits de l'Homme par la République de Guinée lors de l'attaque du village de Zogota" (sud-est) et demandé "réparation du préjudice subi par les victimes".

L'arrêt déclare la Guinée coupable notamment "d'atteinte au droit à la vie", de "torture, de traitements inhumains, cruels ou dégradants", et "d'arrestation arbitraires".

L'Etat guinéen dispose d'un délai de six mois pour payer aux ayants droit des six personnes tuées 5 milliards de francs guinéens (430.000 euros) chacun, ainsi que 3 milliards (260.000 euros) à 15 autres victimes de cette répression, qui avaient porté plainte auprès de cette Cour pour traitements inhumains et détention arbitraire.

Dans la nuit du 3 au 4 août 2012, les forces de sécurité guinéennes avaient tiré sur des villageois qui protestaient depuis plusieurs jours contre la politique de recrutement du groupe minier brésilien Vale-BSGR, l'accusant de privilégier les membres de groupes ethniques extérieurs à cette zone de Guinée forestière.

Les plaignants avaient également accusé la compagnie minière de complicité, notamment d'assassinat, affirmant qu'elle a fourni des véhicules et du carburant aux forces de sécurité. Le groupe avait assuré en 2018 "n'avoir jamais entrepris ni soutenu aucun acte de violence à Zogota".

Si les plaignants ont saisi la cour de la Cédéao, c'est parce que "la justice guinéenne ne voulait rien faire" pour faire avancer ce dossier, gelé depuis décembre 2014, a indiqué à l'AFP leur avocat, Pépé Antoine Lama.

Alpha Condé: "Quiconque a détourné est contre le peuple"
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Selon lui, la décision de la cour de la Cédéao "ne suffit pas à réparer le préjudice subi", et il reste déçu que "les auteurs de ce massacre" n'aient pas été inquiétés. "Nous continuons à nous battre, un jour la justice prendra ses responsabilités", a déclaré Me Lama.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement "l'impunité" dont jouissent selon elles les forces de sécurité guinéennes.

Selon les décomptes de l'opposition, plus de 130 civils ont été tués depuis le début des manifestations en octobre 2019 contre un troisième mandat controversé du président Alpha Condé.

Les autorités évoquent des chiffres moindres et refusent que ces morts soient globalement imputées aux forces de sécurité, invoquant la responsabilité des dirigeants de l'opposition dans ces violences.

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Nouvelles manifestations anti-racisme au Brésil

Funérailles de João Alberto Silveira Freitas à Porto Alegre au Brésil, 21 novembre 2020.

Plusieurs manifestations anti-racistes ont eu lieu dimanche au Brésil devant des magasins du groupe Carrefour, pour protester contre la mort d'un homme noir roué de coups jeudi par des vigiles blancs dans un supermarché à Porto Alegre.

À Rio de Janeiro, une centaine de manifestants étaient réunis dans un centre commercial où se trouve un de ces supermarchés du groupe français, ont constaté des journalistes de l'AFP.

D'autres manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de personnes réclamant le boycott de Carrefour, notamment à Salvador de Bahia (nord-est), ou à Santos (sud-est). D'autres rassemblements de ce type avaient eu lieu vendredi et samedi.

Sur les pancartes des manifestants à Rio, on pouvait lire "Carrefour assassin" ou "Les vies noires comptent", slogan du mouvement Black Lives Matter, qui a organisé les manifestations de masse après la mort de George Floyd, Américain noir mort sous le genou d'un policier blanc.

Au Brésil, Joao Alberto Silveira Freitas, 40 ans, a été tabassé à mort jeudi soir par deux agents de sécurité blancs travaillant pour un sous-traitant d'un supermarché Carrefour à Porto Alegre (sud).

Les images insoutenables d'une vidéo montrant la victime frappée à coups de poing par un vigile sur le parking pendant que l'autre le tenait ont choqué le Brésil, qui célébrait vendredi le jour de la Conscience Noire.

Vendredi soir, dans une série de tweets en portugais, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a exprimé ses condoléances après cet "acte horrible" et estimé que les images étaient "insupportables".

Il a également demandé "une revue complète des actions de formation des salariés et des sous-traitants, en matière de sécurité, de respect de la diversité et des valeurs de respect et de refus de l'intolérance".

"Nous n'acceptons plus ces excuses, ils ont promis des mesures, mais on n'a encore rien vu", a dénoncé Djefferson Amadeus, de l'Institut de Défense du peuple noir, qui manifestait dimanche à Rio.

"Nous n'allons pas nous taire tant qu'on continue à tuer notre peuple, cela montre que le racisme est encore bien présent au Brésil, non seulement au supermarché, mais aussi dans les favelas (quartiers pauvres de Rio)", a renchéri Thais dos Santos, manifestante de 23 ans.

Samedi, le président d'extrême droite Jair Bolsonaro a critiqué les mouvements anti-racistes, les accusant lors d'un discours au sommet virtuel du G20 de tenter d'importer au Brésil des "tensions qui ne font pas partie de son histoire".

Manifestation à Hong Kong: Joshua Wong placé en détention provisoire

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Le journaliste Hopewell Chin'ono arrêté pour un tweet libéré sous caution au Zimbabwe

Le journaliste zimbabwéen Hopewell Chin 'ono s'entretient avec les médias après sa libération de prison, le 3 septembre 2020.

Un tribunal zimbabwéen a ordonné vendredi la libération sous caution d'un célèbre journaliste et lanceur d'alerte zimbabwéen, Hopewell Chin'ono, arrêté début novembre après un tweet critiquant l'intervention du gouvernement auprès de magistrats enquêtant sur une affaire de contrebande d'or.

Il était incarcéré depuis 17 jours dans une prison de haute sécurité, accusé d'avoir violé les conditions d'une précédente remise en liberté sous caution.

Hopewell Chin'ono, qui a remporté de nombreux prix de journalisme, avait auparavant été frappé d'une interdiction de tweeter des messages incitant à la violence ou encourageant des manifestations.

Selon les termes de sa nouvelle libération conditionnelle, il s'est vu interdire toute utilisation de son compte Twitter pour écrire des messages entravant le cours de la justice.

Son tweet portait sur l'arrestation fin octobre à l'aéroport de Harare d'Henrietta Rushwaya, une responsable du secteur minier, qui allait embarquer pour Dubaï avec six kilos d'or dans son bagage à main, d'une valeur de plus de 300.000 euros sur le marché international.

Le journaliste indiquait avoir été informé par le parquet de la prochaine libération sous caution d'Henrietta Rushwaya - qui avait affirmé aux policiers que l'épouse du président Emmerson Mnangagwa, Auxillia, et leur fils Collins, étaient les propriétaires présumés de cet or - compromettant la poursuite de l'enquête.

Cette affaire intervient alors que les autorités cherchent à neutraliser une importante contrebande d'or dans le pays, estimée autour de 100 millions de dollars par mois.

Hopewell Chin'ono, 49 ans, avait déjà été arrêté en juillet, et emprisonné pendant 45 jours, pour avoir, selon les autorités incité "à la violence publique" avant des manifestations antigouvernementales.

Des activistes américains insistent sur une limitation des pouvoirs de la police

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Le gouvernement guinéen accuse Amnesty et HRW de "dénoncer les seuls gouvernements"

Un officier de police regarde les manifestants, alors qu'ils continuent de lancer des pierres et de bloquer les routes lors de manifestations de masse après la publication des résultats préliminaires à Conakry le 23 octobre 2020.

Le gouvernement guinéen a accusé Amnesty International et Human Rights Watch de "dénoncer systématiquement les seuls gouvernements", après de nouvelles critiques de ces dernières contre les agissements du pouvoir et des forces de sécurité autour de la récente présidentielle.

Dans un rapport publié jeudi, HRW évoque une "répression généralisée qui a fragilisé la crédibilité" de la présidentielle du 18 octobre.

La candidature d'Alpha Condé à un troisième mandat a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis octobre 2019 et dans les jours suivant l'élection. M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle.

Amnesty International a quant à elle accusé les forces de sécurité, dans un communiqué publié le 25 octobre, d'avoir tiré à l'arme de guerre et à balles réelles sur des manifestants lors des troubles post-électoraux.

HRW a dénombré au moins 12 morts, l'opposition parle de 49 morts, les autorités de 21, dont des membres des forces de sécurité. "Plusieurs dizaines de personnes pourraient avoir été tuées", disait Amnesty.

HRW montre à nouveau du doigt l'impunité des policiers et des gendarmes.

Dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi, le conseil des ministres affirme que le gouvernement préserve l'ordre et "s'astreint à le faire dans le respect des lois mais est seul paradoxalement interpellé par ces ONG". L'opposition, elle, se livre "à des actes de violence assumés", dit-il.

"Certaines ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch, aux pratiques tendancieuses en dénonçant systématiquement les seuls gouvernements, confortent des opposants dans la conviction qu'ils sont affranchis de toute responsabilité", dit le gouvernement, qui parle "d'investigations partiales menées exclusivement à charge" par les ONG.

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