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La biennale de la photographie s'ouvre à Bamako sous le signe de la "fierté" africaine

L’affiche de l’annonce de la biennale africaine de la photographie, les Rencontres de Bamako, 30 novembre 2017. (Twitter/ ministère de la Culture du Mali)

Les Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie, qui se sont ouvertes samedi en présence de plusieurs dizaines de photographes du continent et d'Europe, célèbrent cette année la "fierté" de l'Afrique.

La commissaire de cette onzième édition, Marie-Ann Yemsi, a expliqué lors de la cérémonie d'ouverture au Musée national de Bamako l'avoir intitulée "Afrotopia", en référence à l'essai publié en 2016 par l'intellectuel sénégalais Felwine Sarr, pour exalter la créativité du continent, appelé à inventer lui-même son avenir.

Elle se veut "un manifeste de transformation de cette Afrique", a-t-elle dit, "d'une Afrique qui est fière d'elle-même, qui lève la tête et qui réalise que les outils sont sur le continent et que ce continent a quelque chose à dire au monde".

Cet intitulé "invite les artistes africains à réfléchir sur les questions de leur société et leur histoire", a déclaré lors d'un entretien avec la presse Samuel Sidibé, délégué général des Rencontres de Bamako et directeur du Musée national.

C'est aussi "la consigne que je donne dans mon travail +Chin up!+ c'est-à-dire tenir tête, lève le menton mais aussi tenir tête", a approuvé la photographe franco-malienne Hélène Jayet, sélectionnée parmi les 40 candidats de l'exposition panafricaine.

"Afrotopia, pour moi, veut dire, rêve, utopie africaine, mais en même temps espoir", a confié à l'AFP un photographe béninois, Romuald Kouté, qui s'est dit "très fier d'être africain".

La ministre malienne de la Culture N'Diaye Ramatoulaye Diallo a pour sa part insisté sur "l'importance de la photo dans la vulgarisation de la culture".

Des prix seront décernés la semaine prochaine au cours de la fête de la photographie qui se déroulera dans plusieurs endroits de la capitale malienne.

"C'est un espace important pour nous jeunes photographes. Cet espace nous permet de nous frotter aux photographes plus expérimentés que nous", a déclaré à l'AFP le Malien Idrissa Maïga, qui participe pour la deuxième fois à cette biennale, qui s'achèvera le 31 janvier.

Bamako accueille tous les deux ans depuis 1994 la plus importante rencontre photographique du continent. L'édition de 2013 avait été annulée en raison de la crise politico-sécuritaire dans le pays.

Avec AFP

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Un chef d'état major refoulé par les familles de soldats tués

Le ministre de la Sécurité nationale, Salif Traoré, sur les lieux de l'attentat à Gao, au Mali, le 13 novembre 2018. (VOA/Souleymane Ag Anara)

Le chef d'état-major de l'Armée de terre malienne venu présenter ses condoléances à Nioro (ouest) jeudi a été conspué par les familles de militaires tués dans le centre du Mali au cours d'une attaque qui a fait 26 morts, a appris l'AFP de témoins et de source militaire.

Un précédent bilan de cette attaque à Dioura le 17 mars, attribuée aux hommes de Ba Ag Moussa, dit "Bamoussa", considéré comme un proche du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef de la principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, s'élevait à 23 morts.

Lors d'une cérémonie officielle jeudi, le président Ibrahim Boubacar Keïta est revenu sur cette attaque, prévenant les chefs militaires qu'"aucune négligence ne saurait plus être tolérée. En tout cas, je ne la tolérerai pas, pour la vie de nos enfants".

"C'est nous qui devons apporter dorénavant la peur ailleurs, pas qu'on nous l'apporte à nous", a-t-il lancé, soulignant qu'il s'agissait d'un "mort d'ordre aux forces armées".

Par ailleurs, des veuves de militaires de la ville-garnison de Kati, à 15 km au nord de Bamako, qui projetaient une marche jeudi, y ont renoncé in extremis à la suite d'une médiation, selon des sources locales.

A Nioro du Sahel, près de la frontière mauritanienne, le général Abdrahamane Baby et sa délégation ont dû rebrousser chemin sans avoir pu présenter leurs condoléances, face à la colère des familles du camp militaire, ont indiqué un élu local sous le couvert de l'anonymat et des témoins.

"Nous ne voulons pas de chef militaire ici, le général Baby, dès son arrivée à Nioro, nous avons dit +Non et non!+. Qu'il retourne à Bamako avec ses condoléances", a déclaré Hatouma Sylla, veuve d'un militaire tué à Dioura, jointe au téléphone par l'AFP.

"Les veuves des militaires ont catégoriquement refusé son entrée au camp, elles ont brûlé des pneus", a expliqué Bakary Séméga, un enseignant de Nioro. "C'est surtout les veuves et orphelins des soldats tombés sur le champ d'honneur. Ils étaient soutenus par la population", a-t-il ajouté.

Exprimant "sa colère contre le gouvernement", Mariam Diambou, une autre veuve de militaire a déclaré de son côté en avoir "assez". "Nos maris, nos enfants, ce sont eux qui meurent à longueur de journée. Ce n'est pas normal, c'est un complot", a-t-elle dit.

Une source militaire malienne contactée dans le centre du pays a affirmé que le bilan de l'attaque s'élevait désormais à 26 morts, mais pourrait encore s'alourdir. "Nous avons découvert des nouveaux corps, c'est ce qui fait que le nouveau bilan est de 26 morts", a précisé cette source.

Sollicité, le ministère de la Défense n'a pas souhaité commenter les événements survenus jeudi à Nioro, fief du chérif Bouyé Haïdara, l'un des plus influents dirigeants musulmans du pays, qui a manifesté son opposition au président Keïta.

Les chefs d'état-major interarmes français et britannique, les généraux François Lecointre et Nick Carter, se trouvent actuellement au Mali, ou ils ont été reçus mercredi par leur homologue, le général M'bemba Moussa Keïta, selon un communiqué militaire malien.

La France conduit l'opération Barkhane qui traque les jihadistes dans le Sahel avec quelque 4.500 militaires, dont 2.700 au Mali, selon Paris.

Le Premier ministre français Edouard Philippe s'est rendu il y a un mois au Mali pour réaffirmer le soutien de son pays à Bamako, tout en appelant à accélérer l'application de l'accord de paix de 2015. Et les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU se rendent au Mali et au Burkina Faso voisin à partir de vendredi.

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