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L'opposition dit douter de la tenue des scrutins de décembre en RDC

Félix Tshisekedi, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) accompagné de ses partisans avance, sur une véhicule, vers le lieu de son meeting à N’Djili, Kinshasa, 24 avril 2018.

L'UDPS a dit douter de la tenue des élections prévues fin décembre en RDC, qualifiant de "mise en scène" la remise de véhicules de l'armée à la commission électorale pour assurer la logistique du scrutin.

La commission électorale nationale indépendante (Céni) a réceptionné lundi à Kinshasa 150 camions et une dizaine d'avions et hélicoptères de l'armée pour acheminer à travers la République démocratique du Congo le matériel des élections présidentielle, législatives et provinciales du 23 décembre. Le vote doit notamment permettre d'élire le successeur du président Joseph Kabila, resté dix-huit ans au pouvoir et qui ne peut plus constitutionnellement se représenter.

"Il s'agit là d'une mise en scène pour séduire l'opinion nationale et internationale", a déclaré à l'AFP Augustin Kabuya, porte-parole de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

"Cent-cinquante camions ne peuvent pas couvrir l'immense territoire national (2,3 millions de km2) où il n'y a même pas d’infrastructures routières", a-t-il ajouté.

"Nous savons que le président de la Céni, Corneille Nangaa, n'est pas prêt à organiser les élections le 23 décembre 2018", a estimé M. Kabuya.

Tous les matériels électoraux commandés à l'étranger ne sont pas encore arrivés en RDC. "Vu le temps qui reste pour la tenue des scrutins, et la superficie du pays, logiquement, je ne vois pas comment la Céni va s'y prendre" pour être prêt le 23 décembre, a -t-il dit.

Lors de la cérémonie officielle de remise de ces matériels, les autorités congolaises ont réaffirmé leur volonté d'organiser les élections, reportées en 2016 et 2017, sans aide de la communauté internationale.

Pour les précédentes élections de 2006 et 2011, la RDC avait bénéficié d'un appui matériel de la Mission des nations unies en RDC (Monusco) en hélicoptères, avions et véhicules.

"Si on nous fait une demande d'appui logistique on est prêt à apporter notre soutien mais jusque là, il n'y a aucune demande", a déclaré la porte-parole de la Monusco, Florence Marchal, interrogée par l'AFP.

L'UDPS a confirmé qu'elle participerait aux élections de décembre 2018 avec ou sans les machines à voter contestées par les autres partis d'opposition. "C'est une façon pour nous de mettre le régime de Kabila dos au mur car nous savons qu'il veut obtenir un report des élections avec la bénédiction de l'opposition", a expliqué M. Kabuya.

L'opposition dans son ensemble affirme qu'elle ne boycottera pas les élections bien que, à l'exception de l'UDPS, elle exige l'abandon des machines à voter de fabrication sud-coréenne, accusant l'introduction de ces écrans tactiles de favoriser la fraude.

Le président de l'UDPS, Félix Tshisekedi, est l'un des 21 candidats en lice pour la présidentielle.

Avec AFP

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Soudan: "accord" entre militaires et civils, aux contours encore vagues

Un des leaders de la contestation présents à la réunion, déclaré que les deux parties ont convenu de former un conseil conjoint.

Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan a annoncé sans le préciser "un accord sur la plupart des exigences" présentées par les leaders de la contestation lors d'une réunion mercredi, qui s'est achevée avec la démission de trois membres de ce Conseil.

"Nous avons un accord avec la plupart des exigences présentées dans un document de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC)", a indiqué à la presse le général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du Conseil militaire de transition, à l'issue d'une réunion entre les militaires et l'opposition, qui réclame un transfert du pouvoir à une autorité civile.

Un des leaders de la contestation présents à la réunion, Ahmed al-Rabia, a ajouté que les deux parties avaient également convenu de former un conseil conjoint, sans développer.

Quelques minutes après, dans un communiqué, le Conseil militaire a annoncé la démission de trois de ses membres, les lieutenants-généraux Omar Zain al-Abdin, Jalaluddin Al-Sheikh et Al-Tayieb Babikir.

A cette réunion participaient les militaires et les leaders de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui regroupe les principales formations de la contestation. Elle s'est tenue en soirée au palais présidentiel, selon un vidéaste de l'AFP.

Ce Conseil militaire de transition est au pouvoir au Soudan depuis le renversement par l'armée du président Omar el-Béchir le 11 avril sous la pression de la rue.

Depuis, les relations entre militaires et manifestants ont connu des soubresauts. Les responsables du mouvement de contestation avaient annoncé dimanche la suspension des discussions avec le Conseil militaire, en raison de son refus de transférer le pouvoir immédiatement à une autorité civile.

Dans la journée de mercredi, lors d'une conférence de presse, un haut responsable de l'opposition, Omar el-Digeir, avait déclaré que les leaders de la contestation étaient prêts à parler directement avec le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane. La réunion s'est déroulée ensuite.

Depuis le 6 avril, des manifestants sont rassemblés jour et nuit devant le quartier général de l'armée à Khartoum. Après avoir demandé dans un premier temps le départ du président, ils réclament désormais que les militaires abandonnent le pouvoir.

Mercredi, des centaines de personnes venues de la ville de Madani (centre) ont rejoint les manifestants dans la capitale en scandant "nous sommes venus de Madani et nous réclamons le pouvoir civil", selon des témoins.

Interrogé avant la réunion lors d'une conférence de presse sur les actions prévues en cas de refus du Conseil militaire d'accéder aux revendications des manifestants, l'un des leaders de la contestation, Siddiq Farouk, a menacé d'une "escalade". "Nous nous préparons à une grève générale" à travers le pays, a-t-il affirmé.

Ahmed al-Rabia, figure de l'Association des professionnels soudanais (SPA), fer de lance de la contestation, a lui appelé à une "marche d'un million de personnes pour jeudi".

Ayman Ali Mohamed, un manifestant, a indiqué mercredi qu'il prendrait part à cette marche. "Nous avons peur que le Conseil militaire nous vole la révolution, donc nous devons participer (aux manifestations) jusqu'à ce que que le transfert à un pouvoir civil soit achevé", a-t-il dit.

Pour la première fois, des juges devraient rejoindre les manifestants. Ils se mobiliseront "pour soutenir le changement et pour (réclamer) un système judiciaire indépendant", selon un communiqué diffusé mercredi par une association professionnelle de juges.

Dimanche, le général Burhane avait promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s'est rapidement transformée en contestation inédite du président aujourd'hui déchu et emprisonné, et plus largement du système en place.

- "Demande légitime" -

Le mouvement a reçu le soutien de Washington qui a dit appuyer "la demande légitime" des Soudanais d'un gouvernement dirigé par des civils.

"Nous sommes ici pour encourager les parties à oeuvrer ensemble afin de faire avancer ce projet au plus tôt", a déclaré mardi à l'AFP Makila James, responsable du département d'Etat américain chargée de l'Afrique de l'Est en visite à Khartoum.

"Le peuple du Soudan a formulé clairement sa demande", a-t-elle souligné. "Nous voulons le soutenir dans cela, c'est la meilleure voie pour aller vers une société respectueuse des droits humains".

Un responsable américain avait indiqué plus tôt en avril que les Etats-Unis étaient prêts à retirer le Soudan de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme si le Conseil militaire engageait un "changement fondamental" de gouvernance.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1989, M. Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par une situation économique désastreuse et par des rébellions dans plusieurs régions. La Cour pénale internationale (CPI) a lancé des mandats d'arrêt contre lui pour "crimes de guerre" et "génocide" dans la région du Darfour (ouest).

Plusieurs pays africains réunis sous la houlette de l'Egypte ont appelé mardi à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois au Soudan, un délai plus long que les 15 jours accordés récemment par l'Union africaine (UA) aux militaires pour céder le pouvoir.

Avec AFP

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