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L'ONU dénonce les conditions de détention "épouvantables" des migrants en Libye

Un agent du HCR au milieu de migrants en Libye, 8 septembre 2018. (Twitter/UN Refugee Agency)

L'ONU a dénoncé vendredi les conditions "épouvantables" dans les centres de détentions des migrants, dont certains sont décédés de tuberculose tandis que des centaines survivent avec des rations alimentaires minimes.

"Nous sommes profondément préoccupés par les conditions épouvantables dans lesquelles des migrants et des réfugiés sont détenus en Libye", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Rupert Colville, lors d'un point de presse.

"Environ 22 personnes sont décédées des suites de la tuberculose et d'autres maladies dans le centre de détention de Zintan depuis septembre dernier", a-t-il ajouté.

60 autres personnes souffrant de tuberculose ont par ailleurs été enfermées dans un hangar, un véritable "enfer", selon le porte-parole. 30 autres personnes, toutes chrétiennes, souffrant de la même maladie, ont, elles, été transférées vers le centre de Gharyan, près de la ligne de front.

Selon l'ONU, il y a encore 3.400 migrants et réfugiés dans les centres de détention à Tripoli, en proie à de violents combats depuis début avril.

Ces affrontements opposent les troupes du maréchal Haftar, l'homme fort de l'Est du pays, aux forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) dirigé par Fayez al-Sarraj et siégeant à Tripoli.

Malgré ces violences, les garde-côtes libyens continuent de ramener en Libye les personnes interceptées en mer. Depuis janvier, plus de 2.300 personnes ont ainsi été ramenées et placées dans des centres de détention, selon l'ONU.

M. Colville a expliqué que le Haut-Commissariat avait récemment visité le centre de Zintan, où 654 migrants et réfugiés sont détenus dans des conditions "équivalentes à des peines ou des traitements inhumains et dégradants" ou qui peuvent être assimilées à de "la torture".

"Nous les avons trouvés en état de sous-alimentation grave, privés d'eau, enfermés dans des entrepôts surpeuplés empestant les ordures et les latrines bouchées", a-t-il dit.

Certains ne reçoivent qu'un seul repas de 200 grammes de pâtes par jour. 432 Erythréens qui y sont détenus, dont 132 enfants, ne reçoivent eux que la moitié de cette ration, selon l'ONU.

"Nous appelons les autorités libyennes et la communauté internationale à veiller à ce que les migrants et les réfugiés détenus dans de tels lieux de détention soient immédiatement libérés", a souligné le porte-parole.

Le Haut-Commissariat demande aussi que "les évacuations, les réinstallations et les rapatriements humanitaires volontaires soient renforcés et les alternatives à la détention développées".

"Nous sommes également extrêmement préoccupés par les informations faisant état de disparitions et de traite d'êtres humains après que des personnes aient été interceptées en mer par les garde-côtes libyennes et ramenées en Libye", a relevé le porte-parole.

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Gambie: nomination d'un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

La force de la Cedeao, lors de la crise de succession en Gambie.

Le chef de l'Etat gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans et un ancien chef de la police controversé à l'Intérieur, a annoncé la présidence dans un communiqué.

M. Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon le communiqué.

Depuis 1997, d'abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d'une main de fer ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l'ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur --il a participé aux JO de 1984-- M. Faye a fait carrière dans l'armée jusqu'en 1994, lorsqu'il a quitté la Gambie pour les Etats-Unis, selon la lettre d'information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l'appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

Yahya Jammeh n'avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu'après six semaines d'une crise à rebondissements et sous la pression d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d'un ministre de la Défense, estimant toutefois que "le choix de M. Faye est un important pas en arrière" si l'on considère qu'il fut un "soutien clé de la dictature en Gambie".

Le défenseur des droits de l'homme a par ailleurs qualifié de "catastrophe" la désignation au poste de ministre de l'Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de "recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales".

M. Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d'un des leaders de l'opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s'étaient unis autour de la candidature d'Adama Barrow.

Avec AFP

Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

Zimbabwe: une satiriste connue affirme avoir été enlevée et battue

La comédienne zimbabweenne, Samantha Kureya, dite Gonyeti.

Une comédienne et satiriste populaire au Zimbabwe, Samantha Kureya, dite Gonyeti, a affirmé jeudi avoir été enlevée de son domicile à Harare et battue par des inconnus, devenant la dernière critique en date du gouvernement à avoir été agressée ces dernières semaines.

Dans un clip vidéo en ligne, elle raconte à un journaliste du quotidien Daily News, depuis son lit d'hôpital, avoir été enlevée mercredi soir par des hommes armés et masqués, rouée de coups et abandonnée.

Trois hommes masqués ont cassé la porte de sa chambre et l'ont tirée du lit, dit-elle. "Je ne portais qu'un haut et une culotte. Quand je leur ai dit +laissez-moi m'habiller+, ils m'ont giflée et ordonné de baisser les yeux", ajoute-t-elle.

"Vous vous moquez du gouvernement" lui ont dit ses agresseurs en lui donnant des coups de pied et de fouet et la faisant rouler sur le sol mouillé, a-t-elle ajouté.

Elle affirme avoir dû se dénuder, boire de l'eau des égouts et avoir été abandonnée sur place sans ses vêtements.

Elle ajoute avoir marché ensuite vers des maisons et qu'une robe lui a été jetée par la fenêtre de l'une d'entre elles.

"Je ne sais pas si (cette agression) avait pour objectif de me faire peur" mais c'est grâce à la comédie "que je suis capable de payer mon loyer et d'envoyer mon frère à l'école. Je continuerai à faire mon travail", affirme-t-elle.

Le ministère de l'Information a annoncé dans un Tweet qu'une enquête était en cours.

La maison de production de Samantha Kureya, Bustop-TV, avait précédemment indiqué dans un Tweet qu'une autre comédienne, Sharon Chideu, qui apparaît dans des sketchs à ses côtés, avait elle aussi été ciblée mais qu'elle avait été avertie d'un risque d'enlèvement et avait quitté son domicile.

Bustop-TV diffuse des sketchs qui se moquent des autorités zimbabwéennes et des problèmes économiques et sociaux du pays.

Samantha Kureya et Sharon Chideu avaient été arrêtées par la police en février après être apparues dans un sketch vêtues d'uniformes de la police. Elles avaient été libérées après avoir payé chacune une amende de 20 dollars (17,6 euros).

Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Avec AFP

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