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L'ONU approuve un premier allègement de l'embargo sur les armes


Quelques membres des forces armées centrafricaines (Z. Baddorf/VOA)

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé jeudi à l'unanimité un premier allégement de l'embargo sur les armes décrété en 2013 pour la Centrafrique, une demande de longue date de ce pays pour mieux combattre les groupes armés.

Rédigée par la France, la résolution adoptée par le Conseil de sécurité autorise "la fourniture d'armes ayant un calibre de 14,5 mm ou moins" aux forces de sécurité centrafricaines moyennant une notification préalable d'au moins 20 jours à l'ONU.

Celle-ci doit inclure une série de paramètres, comme l'obligation de détailler les armes fournies, les moyens utilisés pour les acheminer ou la précision de leur destination finale. En aucun cas, elles ne pourront être revendues ou transférées à des tiers, précise le texte.

A ce stade, l'assouplissement de l'embargo reste "léger", note un diplomate sous couvert d'anonymat. Une révision du dispositif est possible ultérieurement. "On verra quand on pourra aller plus loin dans l'assouplissement. Le souci c'est qu'il n'y ait pas trop d'armes qui entrent dans le pays, et surtout des armes que l'Etat ne pourrait pas contrôler". "Il faut aussi que le nombre d'armes livrées corresponde à un besoin réel", ajoute la même source.

"Cette résolution permettra à la République centrafricaine de s'occuper de sa propre sécurité", a estimé devant des médias l'ambassadeur de France auprès de l'ONU, Nicolas de Rivière. "La France continuera à encourager les autorités centrafricaines à faire leur propre travail en ce qui concerne la mise en oeuvre du processus de paix", a-t-il ajouté.

Pour la Centrafrique et la Russie, très présente dans ce pays depuis quelques années, il est possible d'aller beaucoup plus loin dans la levée de l'embargo.

- Nouvel allégement en janvier ? -

La Russie qui a déjà fait deux livraisons d'armes à la Centrafrique et lui apporte une "assistance militaire et technique sans contrepartie financière" prévoit de continuer "à l'avenir à apporter son soutien" à ce pays, a affirmé devant le Conseil de sécurité l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia.

"Les autorités centrafricaines attendent davantage du Conseil de sécurité dont un nouvel allégement de l'embargo sur les armes", a-t-il ajouté. "Nous pensons qu'ils ont toutes les raisons d'attendre cela", a précisé le diplomate russe. Il a estimé qu'un nouvel assouplissement de l'embargo pourrait intervenir en janvier lors d'une prochaine discussion attendue ce mois-là sur le régime des sanctions imposé à la Centrafrique.

Ce pays de 4,5 millions d'habitants est classé parmi les plus pauvres au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka.

Dans ce pays où l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national, les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources (diamants, or, bétail...).

Depuis 2013, l'embargo sur les armes était total pour la Centrafrique même s'il a bénéficié depuis 2017 de quelques exemptions accordées par l'ONU, notamment à la Russie et à la France, pour équiper des unités de l'armée centrafricaine en voie de reconstitution.

L'ONU maintient en Centrafrique une force de paix de quelque 13.000 Casques bleus. Début février, Bangui a conclu un accord de paix avec quatorze groupes armés qui a débouché sur la formation d'un nouveau gouvernement incluant des représentants de ces groupes.

Avec AFP

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