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L'ex-présidente de l'Argentine au cœur d'un vaste système de corruption

Cristina Fernandez de Kirchner, assiste à une session au Sénat à Buenos Aires, en Argentine, le 22 août 2018.

L'ex-présidente argentine Cristina Kirchner (2007-2015) a été inculpée dans le scandale des "Cahiers de la corruption" qui secoue le pays depuis des semaines, le juge allant jusqu'à demander son placement en détention, même si son immunité parlementaire la protège.

Le juge Claudio Bonadio, en charge de cette affaire qui porte sur 160 millions de dollars de pots-de-vin, soupçonne Mme Kirchner d'avoir été la responsable, avec son mari Nestor Kirchner, président de 2003 à 2007, d'un système de corruption dans lequel des chefs d'entreprises versaient des millions de dollars en liquide à des fonctionnaires du gouvernement en échange de marchés publics.

L'annonce de son inculpation comme "cheffe d'une association illicite" intervient la veille d'une troisième convocation de Mme Kirchner, 65 ans, devant le juge Bonadio.

Le scandale des "Cahiers de la corruption" a éclaté le 1er août à la suite de la publication du contenu de cahiers dans lesquels le chauffeur du vice-ministre de la Planification, Roberto Baratta, notait minutieusement les lieux et dates des remises de sacs d'argent à des membres de l'administration Kirchner, par des chefs d'entreprises du secteur des travaux publics.

"Pressions"

Selon le dossier d'inculpation rendu public lundi, "de 2003 à 2015, une collusion entre fonctionnaires et chefs d'entreprises a fait fonctionner un système de distribution de pots-de-vin à des fonctionnaires", dans lequel les chefs d'entreprises "prétendent avoir cédé aux pressions officielles".

"Pour gagner un marché public, une entreprise ou un groupement d'entreprises devaient remettre (une somme d'argent liquide correspondant à) un pourcentage du montant total payé par l'Etat aux fonctionnaires désignés par Nestor Kirchner et Cristina Kirchner", écrit le magistrat que Mme Kirchner a tenté en vain de récuser.

Selon le texte de 500 pages, le juge a déjà demandé le placement en détention de 17 anciens fonctionnaires et 13 chefs d'entreprise. Parmi eux, cinq fonctionnaires et neuf patrons ont accepté de collaborer avec la justice et ont obtenu d'être laissés en liberté. Onze autres suspects ont été inculpés sans détention préventive.

Le juge a aussi ordonné la mise sous séquestre des biens de tous les inculpés à hauteur de 4 milliards de pesos, soit environ 90 millions d'euros.

D'après le magistrat, l'argent remis par les chefs d'entreprise était parfois utilisé pour financer des élections, acheter des juges ou des fonctionnaires, "mais le gros de ces fonds étaient destinés à enrichir le patrimoine personnel de ceux qui, entre 2003 et 2015, ont occupé les plus hautes fonctions".

Il relève que des sacs d'argent ont été remis au domicile du couple Kirchner à Buenos Aires et dans la résidence présidentielle d'Olivos.

- Ministres en prison -

Lors des deux premières comparutions de Mme Kirchner devant le juge, celle-ci a dénoncé une "persécution politique", refusé de répondre aux questions, remettant à la place une déclaration écrite, comme la loi l'y autorise.

Cristina Kirchner a déjà été inculpée dans quatre autres affaires, dont certaines pour corruption. Elle doit être jugée prochainement pour trois d'entre elles.

L'immunité parlementaire assure la liberté à l'ancienne présidente, mais ne l'empêche pas d'être jugée, voire condamnée.

Une levée de cette immunité n'est pas d'actualité, a répété lundi Miguel Angel Pichetto, chef du groupe péroniste Argentiune Federal, le plus représenté au Sénat, rappelant que la levée de l'immunité n'intervenait "qu'en cas de condamnation, pas en cas de prison préventive".

Le juge Bonadio a déjà expédié en prison une dizaine de fonctionnaires du ministère de la Planification, qui était le centre névralgique de la corruption liée aux travaux publics. Parmi eux, le vice-ministre Roberto Baratta, dont le chauffeur Oscar Centeno a révélé les remises de sacs d'argent.

M. Bonadio n'a pas eu besoin de signer un mandat d'arrêt contre le ministre de la Planification Julio De Vido, ni contre le vice-ministre Julio Lopez: tous deux se trouvaient déjà en prison dans le cadre d'autres affaires.

L'arrestation de Julio Lopez, en juin 2016, avait été rocambolesque. Il avait été pris en flagrant délit alors qu'il tentait de dissimuler 9 millions de dollars en liquide dans un couvent près de Buenos Aires.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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