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L'ex-président soudanais Béchir en prison

Le président sud-soudanais Salva Kiir, à gauche, et le président soudanais Omar al-Béchir lors d’une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Khartoum, Soudan, 2 novembre 2017.

Les manifestants qui réclament un pouvoir civil au Soudan sont restés fortement mobilisés mercredi, malgré le transfert en prison de l'ex-président Omar el-Béchir, principale cible de leur colère avant sa destitution par l'armée la semaine dernière.

Un proche de l'ex-chef de l'Etat a indiqué à l'AFP que le président déchu, jusque-là détenu dans un lieu inconnu, avait été transféré dans la nuit dans une prison du nord de Khartoum.

M. Béchir, 75 ans, a vu ses trois décennies de règne s'achever jeudi dernier avec sa déposition par les militaires après quatre mois de contestation populaire.

Il est par ailleurs sous le coup de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), notamment pour "génocide" dans la province du Darfour (ouest), mais son extradition reste très incertaine.

Dans la capitale, des milliers de personnes sont toujours présentes pour le 12e jour consécutif devant le QG de l'armée. Le pays est en proie depuis décembre à une contestation inédite, déclenchée à l'origine par un triplement du prix du pain.

Les revendications de départ du président Béchir ont évolué en exigence de dissolution du Conseil militaire qui lui a succédé, les manifestants réclamant désormais l'instauration d'un pouvoir civil.

"Nous avons fait face aux gaz lacrymogènes, beaucoup d'entre nous ont été emprisonnés. On nous a tiré dessus et beaucoup ont été tués. Tout cela parce que nous avons dit ce qu'on voulait", a déclaré mercredi à l'AFP une manifestante, Fadia Khalaf.

- "Energie pour continuer" -

Au moins 65 personnes sont mortes depuis le début de ce mouvement en décembre, selon un bilan officiel.

"Quand je pense à ceux qui ont été tués dans la contestation, cela me donne de l'énergie pour continuer", a expliqué Ossama Hussein, un manifestant.

Des médecins et des journalistes ont rejoint mercredi le sit-in. Les premiers en blouse blanche, scandant "liberté, paix et justice", sont partis de l'hôpital central de Khartoum. Les journalistes ont entamé eux leur marche à partir du siège de l'agence de presse officielle Suna.

Les leaders du mouvement soulignent que la "révolution" n'a pas encore atteint ses objectifs. "Nous avons renversé le dictateur, mais ses lois sont encore en place", a souligné dans un communiqué l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui regroupe plusieurs formations parties prenantes de la contestation.

"On a peur qu'on nous vole notre révolution, c'est pourquoi nous restons sur place, et nous ne partirons pas avant d'obtenir satisfaction à nos demandes", a indiqué la manifestante Fadia Khalaf.

Le conseil militaire a déjà fait des gestes envers les manifestants en libérant des protestataires, limogeant des figures controversées du nouveau pouvoir, et en promettant qu'un gouvernement civil serait établi, sans ingérence des militaires.

Mais lundi, la SPA a exigé que le Conseil militaire soit dissout et remplacé par un conseil civil, comprenant aussi des représentants de l'armée, une exigence qui a tendu les relations avec l'armée.

Samedi, le général Abdel Fattah Buhrane avait promis "d'éliminer les racines" du régime d'Omar el-Béchir. Le Conseil militaire qu'il dirige compte toutefois parmi ses dix membres des piliers du pouvoir sortant.

- "Cessez-le-feu" -

Parmi les autres mesures prises par le Conseil militaire figurait un cessez-le-feu à travers ce pays en proie à diverses rébellions.

Un haut responsable rebelle a ordonné mercredi la suspension des hostilités jusqu'à fin juillet dans les Etats méridionaux du Nil Bleu et du Kordofan-Sud, où ses hommes sont engagés dans des combats contre les forces gouvernementales.

Abdelaziz Al-Hilou, chef du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), a parlé d'un "gage de bonne volonté pour donner une chance à un transfert immédiat du pouvoir aux civils".

Concernant le sort d'Omar el-Béchir, visé par des mandats d'arrêt de la CPI pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" puis pour "génocide" au Darfour (ouest), le pouvoir militaire a d'abord affirmé qu'il refuserait de l'extrader.

Puis il a, par la voix du général Jalaluddine Cheikh, indiqué que la décision serait "prise par un gouvernement populaire élu et non par le Conseil militaire".

Omar El-Béchir "doit être immédiatement remis à la CPI", a déclaré mercredi Amnesty International dans un communiqué.

"Son cas ne doit pas être jugé précipitamment par le système judiciaire soudanais, notoirement dysfonctionnel", a ajouté l'ONG.

"Un procès devant la CPI n'est pas seulement vital pour les victimes des crimes atroces qui l'ont conduit à être inculpé mais doit constituer un premier pas pour garantir la justice" dans le pays.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil militaire de transition, a ordonné par ailleurs mercredi à la banque centrale de contrôler tous "les grands transferts d'argent".

Sur le plan diplomatique, les Etats-Unis ont indiqué être prêts à retirer le Soudan de leur liste des pays accusés de soutenir le "terrorisme" si le Conseil militaire engageait un "changement fondamental" de gouvernance.

Un responsable du Département d'Etat a aussi précisé que Washington avait poussé le Conseil militaire à "agir rapidement" pour inclure des civils dans un gouvernement provisoire et organiser des élections.

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Après un Grammy Award, l'Ivoirienne Dobet Gnahoré veut séduire son pays

La musicienne Dobet Gnahore, à Abidjan, le 9 mai 2010.

Elle a remporté en 2010 un Grammy Award, la prestigieuse récompense musicale américaine, mais la chanteuse, danseuse et percussionniste ivoirienne Dobet Gnahoré, auteure notamment de "Palea", reste pourtant une illustre inconnue en Côte d'Ivoire.

"Je rêvais de venir jouer en Côte d'Ivoire!", a-t-elle confié à l'AFP. Dobet Gnahoré vit en France depuis 20 ans et ne cache pas sa joie d'un retour au pays natal pour se faire connaître à travers des projets culturels.

L'artiste aux dreadlocks et aux maquillages extravagants façon Néfertiti, genouillères en cuir et tout de noir vêtue, est revenue au pays en février pour une tournée promotionnelle de son dernier album, baptisé "Afro électro Moziki!", et pour un concert unique à l'Institut français d'Abidjan, qui a remporté un grand succès.

Véritable bête de scène, cette trentenaire déploie son agilité par la danse en même temps que son endurance sur les planches. Elle va jusqu'à moduler sa douce voix pour imiter le son des pygmées d'Afrique centrale, comme dans le titre "Youkouli", sur son dernier album.

"Dobet Gnaoré a du talent (...) mais il n'est pas perçu comme tel dans son propre pays. Il est temps que la Côte d'Ivoire sache ce qu'elle vaut vraiment", explique Salif Traoré, dit A'Salfo, leader du groupe ivoirien Magic System dont la structure de production (Gaou Productions) a organisé la venue de la percussionniste à Abidjan.

La jeune femme n'a pas caché sa joie. "C'est vraiment un plaisir de jouer à Abidjan, chez moi ! De montrer aux Ivoiriens, à ma famille, comment je me bats (...) pour parler de notre culture, qu'elle soit ivoirienne ou africaine". "Je veux jouer plus en Côte d'Ivoire", dit-elle.

"La compassion, l'amour, la paix, l'éducation" sont les thèmes abordés dans son dernier album, qu'elle qualifie de "plus personnel".

- Le panafricain et l'électro -

Son séjour en France a déteint sur son genre musical, avec un fond d'acoustique.

"J'ai des influences qui viennent de l'Europe, du côté électro, avec mon dernier album", mais dans "mes quatre premiers albums, c'est le panafricain devant".

"Complètement ouverte à tous les styles de musique", elle veut "nager dans le style afro-pop-électro", peut se lever un matin en imaginant un air aux accents reggae et le lendemain matin "une chanson qui n'a rien à voir", résume celle qui chante en bété, en dioula ou dans un mélange de français et de langue ivoirienne.

"J'ai grandi dans un village panafricain... où j'ai appris la percussion, la danse, le théâtre, la musique et le chant en différentes langues africaines". "J'aime être libre, je n'aime pas qu'on me colle une étiquette", raconte cette artiste, mère de deux enfants.

Bon sang ne saurait mentir, dit le proverbe: Dobet est la fille aînée de Boni Gnahoré, maître percussionniste de la compagnie de théâtre Ki Yi M'Bock d'Abidjan - dirigée par l'écrivaine, dramaturge et chorégraphe Werewere Liking - et a grandi avec la musique depuis son plus jeune âge.

"Werewere Liking est une femme spéciale qui m'a toujours inspirée. Je suis une enfant de Werewere, tout ce que je fais, c'est elle qui m'en a donné la base", affirme l'artiste qui été admise dans la compagnie à l'âge de 9 ans.

Ses deux mentors ne tarissent pas d'éloges sur son parcours.

"Je suis fière d'elle. Gamine, je l'avais encouragée quand elle voulait embrasser cette carrière, alors que ses parents s'y opposaient", raconte Werewere Liking, diva majestueuse avec sa canne à la main.

- "Ma boussole et ma thérapie" -

Boni Gnahoré témoigne de la vocation musicale de sa fille: "Quand elle nous voyait prester (jouer) au village, elle pleurait. Elle a abandonné l'école pour entrer dans cette école de la vie".

Dobet Gnahoré estime qu'avant de découvrir la musique, elle n'était "rien". "La musique est ma boussole et ma bouée de sauvetage. Elle me permet de vivre, déjà. D'évacuer aussi, c'est une thérapie. Elle me permet de chanter, de pleurer, de rigoler et de partager avec le public..."

Des spécialistes du milieu musical soulignent la réussite de sa synthèse musicale. "Dobet est une artiste pétrie de talents qui a su faire le maillage entre la musique traditionnelle et la musique moderne, notamment la techno. C'est un modèle pour les jeunes qui veulent se lancer dans la musique", commente ainsi Xavier Effoué, un spécialiste de la musique ivoirienne.

Dobet Gnahoré envisage une série de projets en Côte d'Ivoire pour donner envie à de jeunes artistes d'explorer d'autres styles de musiques.

Elle rêve notamment de créer un centre à vocation socio-culturelle. "J'y accueillerais des orphelins, qu'on formerait avec d'autres artistes..."

Avec AFP

Guinée équatoriale : l'arrestation d'un opposant au Tchad est un "enlèvement"

Affiche électorale du Parti démocratique du Guinée équatoriale (PDGE), dans une rue déserte de Malabo, le 25 avril 2016.

L'arrestation le 11 avril au Tchad du secrétaire général d'un parti d'opposition équato-guinéen qui se rendait à un congrès politique constitue en fait "un enlèvement par les autorités tchadiennes", affirme lundi son parti dans un communiqué.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) estime que l'arrestation d'Andres Esono Ondo relève d'un "enlèvement sans motif par les autorités tchadiennes", une "pratique terroriste impropre d'un état normal", selon le texte reçu par l'AFP.

Le 11 avril, M. Esono Ondo avait été arrêté au Tchad alors qu'il se rendait au congrès du principal parti d'opposition tchadien, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), dans la province de Guera (centre du pays).

Peu après, Malabo l'a accusé d'avoir eu pour "unique objectif l'acquisition d'armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d'Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger".

Mi-avril, le ministre de la Sécurité extérieure a détaillé l’accusation : selon lui, la province dans laquelle M. Esono Ondo devait se rendre pour assister au congrès de l'UNDR est "connue pour (être un territoire de) terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes".

Sur Twitter jeudi, le ministère des Affaires étrangères tchadien a réagi : "Guera n'est pas une province connue comme +un territoire+ pour les rebelles et les terroristes".

M. Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N'Djamena.

Selon une source policière, il s'y trouvait toujours lundi.

En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d'avoir recruté une personne malade d'Ebola en vue d'introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d'Afrique des nations de football (CAF).

Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toute pièce par des proches du régime.

La Guinée équatoriale a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d'Etat depuis son indépendance de l'Espagne en 1968.

Le régime de M. Obiang, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d'atteintes aux droits de l'homme par ses opposants et des organisations internationales.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye en déplacement lundi à Tunis

Ghassan Salame, Représentant spécial de l'ONU et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), lors du sommet des ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens Forum MED 2017, à Rome, le 2 décembre 2017.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, est lundi à Tunis où il a rencontré le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui, a annoncé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, sans pouvoir dire si un retour à Tripoli était prévu et quand.

"Le représentant spécial Ghassan Salamé poursuit ses efforts pour obtenir une désescalade en Libye", a expliqué le porte-parole lors de son point-presse quotidien.

A l'occasion de l'entretien avec le chef de la diplomatie tunisienne, les deux responsables n’ont estimé que le “processus politique de facilitation de l’ONU était le seul moyen de résoudre la crise en Libye”, A-t-il ajouté.

Ghassan Salamé "est extrêmement engagé et occupé à travailler sur le processus politique mais aussi en étant présent à Tripoli", a précisé son adjointe, Maria do Valle Ribeiro, lors d'une liaison vidéo avec des journalistes à New York, en refusant de parler du détail de ses déplacements.

Interrogé pour savoir si Ghassan Salamé assisterait au sommet africain convoqué en urgence au Caire mardi pour discuter notamment de la crise en Libye et quand il pourrait revenir à Tripoli, Stéphane Dujarric a indiqué ne pas pouvoir répondre à ce stade.

Vendredi, la Maison Blanche a révélé que le président américain Donald Trump avait parlé le 15 avril avec le maréchal Khalifa Haftar, qui mène depuis le 4 avril une offensive militaire sur Tripoli pour s'emparer du pouvoir détenu par le Premier ministre Fayez al-Sarraj. Le gouvernement d'union nationale (GNA) de ce dernier est la seule autorité légitime reconnue par l'ONU en Libye.

Le soutien américain au maréchal met à mal la situation de l'ONU en Libye et de son émissaire, qui a eu la semaine dernière des mots très durs à l'égard de l'homme fort de l'est libyen, jugeant que son offensive militaire s'apparentait à un "coup d'Etat".

"Le gouvernement à Tripoli continue d'être reconnu par les Nations unies", a fait valoir Stéphane Dujarric, en réponse à une question sur le soutien affiché par les Etats-Unis au maréchal Haftar.

Un policier fonce sur une procession de Pâques

Des policiers nigérians montent la garde devant le bureau de la Commission électorale nationale indépendante à Kaduna (Nigéria), le 16 février 2019.

Dix personnes ont été tuées, et trente blessées, lorsqu'un policier a foncé en voiture sur des enfants pendant une procession de Pâques, dans le nord-est du Nigeria, avant d'être à son tour tué par des fidèles en colère, selon des témoins et la police.

Le policier, qui n'était pas de permanence, a fauché une foule d'enfants qui défilaient pour la fête de Pâques dimanche soir, à Gombe, a rapporté lundi la porte-parole de la police locale, Mary Mallum.

En tout, "dix personnes ont été tuées, dont l'agent de police qui n'était pas en uniforme, et un paramilitaire qui l'accompagnait".

Les deux hommes ont été "attaqués et tués par la foule en colère", a-t-elle expliqué.

"30 enfants sont blessés et sont actuellement à l'hôpital", a ajouté Mme Mallum.

Selon des témoins contactés par l'AFP, la voiture a foncé délibérément sur la foule, à la suite d'une altercation, car la procession bloquait la route.

"La chauffeur s'est disputé avec les enfants, qui l'ont finalement laissé passer, mais de rage et de colère, il a fait demi-tour et leur a foncé dessus", a rapporté Isaac Kwadang, responsable d'un groupe de catéchisme.

"Il l'a fait en connaissance de cause", a affirmé M. Kwadang qui a assisté à la scène.

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