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L'émir du Qatar débute par le Sénégal sa tournée en Afrique de l'Ouest

L'émir du Qatar Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, à Doha, Qatar, 15 novembre 2017.

L'émir du Qatar est arrivé mercredi à Dakar, première étape d'une tournée dans six pays d'Afrique de l'Ouest, dans le but de diversifier ses partenariats alors que Doha est confronté depuis six mois à une crise diplomatique et à un embargo.

A Dakar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani doit avoir des entretiens avec le président Macky Sall, a indiqué le service de communication de la présidence sénégalaise.

Prévue sur trois jours, cette tournée doit le mener jeudi matin au Mali, selon un responsable à Bamako, puis en Guinée dans l'après-midi, selon la présidence guinéenne.

LeBurkina-Faso, la Côte d'Ivoire et le Ghana sont également au programme, a annoncé Doha, sans préciser de date.

Le Qatar a ces dernières années consolidé ses liens économiques et diplomatiques avec le Sénégal.

L'émir du Qatar était notamment intervenu en faveur de la remise en liberté de Karim Wade, fils et ancien ministre du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).

Karim Wade, en détention préventive à partir d'avril 2013, avait ensuite été condamné en mars 2015 à six ans de prison ferme et à plus de 210 millions d'euros d'amende pour "enrichissement illicite", ce qu'il a toujours nié. Le verdict a été confirmé en appel en août 2015.

Libéré le 24 juin 2016, Karim Wade s'était aussitôt envolé pour le Qatar, où il séjourne depuis, selon la presse sénégalaise.

Le Sénégal avait en juin, au début de la crise diplomatique entre le Qatar et des pays du Moyen-Orient, rappelé son ambassadeur, retourné depuis à Doha.

Les pays ouest-africains au programme de la tournée de l'émir du Qatar ont "un fort potentiel économique (...), malgré les défis sécuritaires de certains", et le déplacement entre dans le cadre des projets de Doha visant à diversifier ses partenariats et son économie, a indiqué à la presse le ministère des Affaires étrangères du Qatar.

Au programme figure aussi la signature de nombreux accords de coopération dans les domaines de la santé, de l'éducation, des mines, de l'énergie ou encore de la sécurité alimentaire, a-t-il ajouté.

De même source, le Qatar va par ailleurs participer au financement d'un hôpital dédié à la lutte contre le cancer au Burkina, à hauteur de 11,6 millions d'euros.

Bien que riche émirat gazier, le Qatar est confronté depuis plus de six mois aux conséquences de la crise diplomatique qui l'oppose à plusieurs autres pays arabes du Moyen-Orient.

Le 5 juin, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont en effet brusquement rompu leurs relations diplomatiques avec Doha.

Ils lui ont imposé un embargo en l'accusant de soutenir des groupes extrémistes - ce que Doha dément - et de se rapprocher de l'Iran, le grand rival régional de Ryad.

Le Qatar a affirmé que ses adversaires cherchaient à mettre sa politique étrangère "sous tutelle".

Sur le continent africain, outre Le Caire, la Mauritanie a également rompu ses relations avec Doha. Le Niger et le Tchad avaient également appelé leur ambassadeurs.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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