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L'auteur de l'attaque devant Notre-Dame: "un néophyte" fasciné par la propagande jihadiste


Des gendarmes et des policiers français déployés après une attaque près de la cathédrale Notre-Dame de Paris, France, 6 juin 2017.

Un jihadiste "néophyte" fasciné par la propagande de l'organisation de l'Etat islamique: quatre jours après l'attaque au marteau d'un policier devant Notre-Dame de Paris, le profil de l'assaillant, présenté à un juge antiterroriste en vue de son inculpation, se précise.

Farid I., universitaire et journaliste algérien de 40 ans, est "un néophyte que les services antiterroristes redoutent cependant tout autant que les profils aguerris", a relevé samedi le procureur de Paris François Molins lors d'une conférence de presse, évoquant "un processus de radicalisation extrêmement rapide sur internet".

L'enquête a mis en lumière une personnalité "imprégnée par la propagande jihadiste", mais cette radicalisation s'est faite à l'abri des regards: aucun de ses proches n'en a perçu le moindre signe, a ajouté le procureur.

Des images glorifiant des récents attentats et un "manuel d'action des loups solitaires" édité par l'Etat islamique (EI), ont notamment été retrouvés dans son ordinateur et sur plusieurs clés USB. Une vidéo d'allégeance à l'EI a aussi été saisie dans sa résidence étudiante à Cergy, en région parisienne.

Quand il a agressé au marteau une patrouille de trois policiers mardi 6 juin après-midi, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, blessant légèrement l'un d'entre-eux, Farid I., a crié "c'est pour la Syrie" puis revendiqué être "un soldat du califat", terme utilisé pour désigner le califat autoproclamé en juin 2014 par l'EI.

"Tout laisse à penser qu'il a agi seul, mais il entendait faire partager son passage à l'acte" puisqu'il a tenté, sans succès, de diffuser sa vidéo d'allégeance via la messagerie cryptée Telegram, a relevé François Molins.

Blessé par un tir de riposte des policiers, Farid I. avait été placé mercredi dans une unité spéciale dédiée à l'hospitalisation des gardés à vue. Devant les enquêteurs, "il a immédiatement reconnu les faits" et s'est décrit comme "un musulman sunnite" qualifiant sa pratique religieuse comme "plutôt dure (...) depuis environ dix mois".

Il a été présenté à un juge antiterroriste samedi après-midi en vue de son inculpation.

Les enquêteurs vont désormais s'attacher à comprendre comment Farid I, qui étudiait à l'université de Metz, dans l'est de la France, après un parcours universitaire en Suède, a pu basculer.

Entendu par les enquêteurs, son directeur de thèse a décrit un garçon "fervent défenseur de la démocratie occidentale", soulignant toutefois n'avoir plus de contact avec lui ces derniers mois.

Depuis 2015, la France est ciblée par une vague d'attentats islamistes qui ont fait 239 morts, les derniers visant particulièrement les forces de l'ordre.

Avec AFP

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