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L'Allemagne restitue à la Namibie un monument du XVe siècle

Windhoek, Namibie, 24 février 2017

L'Allemagne a annoncé vendredi vouloir restituer à la Namibie un monument érigé au XVe siècle pour guider les explorateurs portugais, dernier épisode en date de la volonté du pays de tirer un trait sur son passé colonial.

"La restitution de la croix en pierre de Cape Cross est un signal clair que nous reconnaissons notre passé colonial et que nous cherchons et trouvons avec les pays d'origine les moyens d'avoir une cohabitation respectueuse", a déclaré la ministre de la Culture allemande Monika Grütters, lors d'une conférence de presse au Musée de l'Histoire allemande.

"Pendant de nombreuses décennies, l'époque coloniale était un angle mort dans notre culture de mémoire. L'injustice advenue à l'époque a été bien trop longtemps oubliée et refoulée", a-t-elle ajouté.

- 'Humiliation' -

L'ambassadeur namibien en Allemagne Andreas Guibeb a vu cette décision comme "un pas important" pour son pays dans le travail sur son "passé colonial et le sentier d'humiliation et d'injustice systématique qu'il a laissé derrière lui".

Aucun détail sur la date de restitution n'a été communiqué.

La croix en pierre de Cape Cross, qui s'élève à plus de trois mètres et pèse plus d'une tonne, a été érigée en 1486 par des navigateurs portugais dans la région qui est devenue aujourd'hui la Namibie. Elle constituait à l'époque un signe d'orientation pour les navigateurs autour de la côte sud-ouest de l'Afrique.

Dans les années 1890, après que le pays est passé sous contrôle de l'empire allemand en pleine période de colonisation, la croix de pierre fut transportée à Berlin.

Elle est depuis 2006 présentée dans une exposition permanente du musée.

Mais la Namibie, en conflit depuis des années avec Berlin au sujet de différentes demandes de réparations liées à la colonisation germanique, a demandé la restitution du monument en juin 2017. Plusieurs tentatives de sa part au XXe siècle s'étaient révélées infructueuses.

Finalement, les autorités allemandes, sous pression pour faire un geste à l'égard de leur ancienne colonie, ont fini par obtempérer.

Si le travail de mémoire en Allemagne sur la période nazie est généralement jugé exemplaire, il n'en est pas de même concernant la période coloniale en Afrique, de la deuxième moitié du XIXe siècle et du début du XXe, longtemps délaissée.

Les choses ont commencé à changer ces dernières années. Le pays a déjà rendu des ossements datant de la colonisation africaine et s'est engagé en mars à accélérer ces restitutions.

- Premier génocide du XXe siècle -Pour le président de la fondation du Musée Raphael Gross, la restitution est "un geste important" pour la Namibie comme pour le Musée car elle permet de "reconnaître une injustice historique".

"C'est l'un des rares objets qui documente l'occupation du pays par les Portugais et ainsi le lent début de la domination coloniale dans la Namibie actuelle", a-t-il expliqué récemment au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

L'Allemagne a régné sur la colonie autrefois appelée Afrique du Sud-Ouest entre 1884 et 1915.

L'histoire de son empire colonial a été marquée par la politique d'extermination des tribus révoltées herero et nama sur le territoire de la Namibie actuelle.

Les restes de certaines victimes ont ensuite été amenés en territoire allemand. Nombre d'ossements restent encore stockés dans divers établissements publics. En août 2018, l'Allemagne a restitué 19 crânes, un scalp et d'autres ossements à la Namibie.

Berlin a reconnu sa responsabilité pour les massacres des Hereros et des Namas, mais n'a pas présenté d'excuses officielles pour ce que certains historiens considèrent comme le premier génocide du XXe siècle.

Namibiens et Allemands négocient depuis de longues années à ce sujet, alors que Berlin est opposé au versement de réparations aux descendants des victimes.

Outre la Namibie actuelle, l'empire allemand recouvrait une partie de l'Afrique des Grands Lacs, les territoires du Togo et du Cameroun ainsi que des îles du Pacifique.

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Un chef coutumier et 4 civils tués dans deux attaques à Beni

Soldats des FARDC à Paida, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, le 7 décembre 2018.

Un chef traditionnel et quatre civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques dans le territoire de Beni, théâtre de violences permanentes dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris des sources militaire et administrative.

"Nous avons repoussé la nuit une attaque des ADF (Allied Democratic Forces, rebelles musulmans ougandais) à Magboko près d'Oicha. Les combats se sont poursuivis jusqu'à la fuite de l'ennemi que nous poursuivons. Malheureusement, deux civils ont été exécutés", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu (est).

A Eringeti, situé à 30 km de cette première localité attaquée et à 60 km au nord de la ville de Beni, un chef coutumier a été tué avec deux autres civils dont une femme", a indiqué Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

"Si à Magboko, l'incursion des ADF ayant fait deux morts a débuté vers 23 heures, pour le cas d'Eringeti, les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de cet acte", a précis M. Kibwana.

"Les victimes de Magboko ont été tuées à la machette alors que celles d'Eringeti ont été tuées par balles tirées par des éléments en uniformes non encore identifiés", a souligné Teddy Kataliko, l'un des responsables de la société civile du territoire de Beni.

"C'est inconcevable qu'un chef du village soit abattu dans un milieu où l'armée est déployée", a-t-il ajouté.

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Cette appréciation est remise en cause par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Le village de Mukoko déserté à Beni après les massacres (vidéo)
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Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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