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Coronavirus

L'Afrique du Sud propose ses vaccins AstraZeneca à l'Union africaine

Une femme sud-africaine passe un test COVID-19 à la clinique Ndlovu de Groblersdal, à 200 km au nord-est de Johannesburg, le 11 février 2021.

L'Afrique du Sud, qui a reporté sa campagne d'immunisation contre le Covid-19 prévue initialement avec des vaccins d'AstraZeneca dont l'efficacité a été mise en doute contre le variant local du virus, va proposer le million de doses en sa possession à l'Union africaine.

"Les doses que nous avons achetées ont été offertes à l'Union africaine pour être distribuées aux pays qui ont déjà exprimé un intérêt pour l'acquisition du stock", a déclaré mardi au Parlement le ministre de la Santé, Zweli Mkhize.

"Il n'y aura pas d'argent gâché", a-t-il assuré.

L'Afrique du Sud devait commencer à immuniser sa population de 59 millions la semaine dernière, avec un million de doses du vaccin britannique AstraZeneca/Oxford manufacturés par le Serum Institute of India (SII).

Ce premier lot avait été réceptionné début février en grande pompe, en présence du président Cyril Ramaphosa sur le tarmac.

Une livraison supplémentaire de 500.000 doses était prévue. Les prochains engagements avec AstraZeneca seront guidés par "une approche dirigée par la science", a seulement expliqué le ministre.

Une étude de l'université du Witwatersrand à Johannesburg révélant une efficacité "limitée" du vaccin britannique contre le nouveau variant sud-africain baptisé 501Y.V2, avait contraint le gouvernement à suspendre sa campagne de vaccination.

Les experts de l'OMS ont toutefois recommandé l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca dans les pays où des variants sont présents.

L'Afrique du Sud traverse une deuxième vague de coronavirus, largement causée par ce variant, réputé plus contagieux. Officiellement le plus touché du continent, le pays compte près d'1,5 million de cas d'infection et plus de 48.000 décès.

Mais les courbes de chiffres se sont récemment infléchies, les nouveaux cas par jour passant sous la barre des 2.000, contre plus de 20.000 fin décembre.

A la traîne dans la course à la vaccination, l'Afrique du Sud doit recevoir cette semaine les premiers 80.000 vaccins du laboratoire Johnson & Johnson, qui lui permettront de finalement lancer les premières injections.

Le gouvernement a pour objectif de vacciner 67% de sa population d'ici la fin de l'année.

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Au Mozambique, l'opposition fragilisée par les décès de ses dirigeants

Daviz Simango, leader du MDM, en campagne le 8 octobre 2018 au Mozambique.

Le décès cette semaine d'une de ses figures est un nouveau coup dur pour l'opposition au Mozambique, déjà affaiblie par la disparition il y a près de trois ans d'Afonso Dhlakama, le dirigeant emblématique du parti adversaire historique du pouvoir, le Renamo.

Lundi, Daviz Simango, fondateur du second parti d'opposition, le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), est mort à 57 ans d'une maladie dont la nature n'a pas été rendue publique.

En mai 2018, le premier opposant du pays, Afonso Dhlakamadu, à la tête de l'ancien mouvement rebelle de la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), était mort soudainement d'une crise cardiaque.

"L'opposition, déjà mourante, qui luttait contre le parti au pouvoir, le Frelimo, ce vieux mammouth, est dans un état qui a encore empiré", explique Domingos do Rosario, professeur en Sciences politiques à l'université Eduardo Mondlane de Maputo, après le décès de M. Simango.

"Le scénario est sombre", présage-t-il.

Car cet affaiblissement de l'opposition pourrait menacer désormais l'équilibre politique même du Mozambique, pays d'Afrique australe qui a réussi sa transition démocratique il y a près de 30 ans, à l'issue d'une longue et sanglante une guerre civile.

Après avoir lutté contre la puissance coloniale portugaise, le Front de libération du Mozambique (Frelimo) dirige le pays depuis son indépendance, il y a près d'un demi-siècle (1975).

Le régime communiste de parti unique mis en place après l'indépendance par le Frelimo a été violemment combattu par la Renamo, au cours d'une guerre civile qui a duré une quinzaine d'années et fait un million de morts, jusqu'à un accord de paix en 1992.

L'instauration alors du multipartisme politique, puis des élections multipartites deux ans plus tard, n'ont pas empêché le Frelimo de conserver depuis le pouvoir au Mozambique.

- "Parti unique" -

Le risque aujourd'hui, selon les spécialistes, est de voir le Mozambique désormais gouverné par un parti unique de fait, avec un Frelimo sans adversaire. Une menace pour l'Etat démocratique.

"La démocratie mozambicaine est de plus en plus affaiblie", met en garde le Pr Hilario Chacate qui enseigne les relations internationales à l'université Joaquim Chissano de Maputo.

Sur 40 partis existant au Mozambique, seuls trois siègent au Parlement, largement dominé par le parti au pouvoir avec 184 représentants, contre 60 pour la Renamo et seulement six pour le MDM.

Les experts craignent que ce dernier, jeune parti créé en 2009, ne disparaisse tout simplement avec son fondateur défunt.

"Le MDM n'était pas prêt à perdre son chef et Daviz Somango n'a pas préparé sa succession", explique M. Chacate. "Avec sa mort, je prédis un scénario similaire à celui de la Renamo"

Lors des dernières élections générales en 2019, des membres de la Renamo opposés au successeur de M. Dhlakama, Ossufo Momade, ont formé un groupe dissident, appelé "Junte militaire de la Renamo".

Appelant leurs partisans à boycotter le scrutin, ils ont organisé des dizaines d'attaques meurtrières pendant la campagne. Et la Renamo "officielle" a perdu une trentaine de sièges au Parlement.

L'affaiblissement de l'opposition est "un sérieux problème pour la démocratie au Mozambique", souligne Domingos do Rosario.

L'ancien ministre de la Défense, Alberto Chipande, a déjà claironné dans une récente interview, que le Frelimo dirigera confortablement le Mozambique, pendant un siècle.

Un scenario qui n'a "jamais été aussi probable", estime le Pr do Rosario.

La distribution des vaccins s’intensifie à travers le monde

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Afrique du Sud: un demi-milliard d'euros au budget pour la vaccination

Le ministre sud-africain de la Santé, Zweli Mkhize, reçoit le vaccin contre la maladie à coronavirus Johnson et Johnson à l'hôpital de Khayelitsha près du Cap, en Afrique du Sud, le 17 février 2021.

L'Afrique du Sud, à l'économie durement plombée par le Covid, a fait de la vaccination une priorité dans son budget annuel présenté mercredi au Parlement, un exercice de funambule consistant à lutter contre la pandémie tout en évitant d'aggraver l'endettement.

Venu finalement sans son habituel et symbolique plante d'aloe vera -capable de survivre en pleine sécheresse-, le ministre des Finances, Tito Mboweni, a annoncé que le pays allouera 568 millions d'euros au programme de vaccination contre le coronavirus.

Le gouvernement prévoit de vacciner les deux-tiers de sa population de 59 millions d'habitants, d'ici la fin de l'année.

"Cette année, nous sommes confrontés à un exercice d'équilibre exceptionnellement difficile", a reconnu M. Mboweni. "D'un côté, il y a une pandémie qui fait rage (...), de l'autre, une économie faible avec un chômage massif".

Le chômage a atteint un niveau record dans le pays fin 2020, avec 7,2 millions de Sud-Africains sans emploi, soit 32,5% de la population. Il touche surtout les jeunes professionnels entre 25 et 34 ans, ainsi que les 15-24 ans.

Dans la matinée, plusieurs manifestations contre le chômage ont eu lieu dans le pays, à l'appel des syndicats. Au Cap, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui marchaient vers le Parlement.

À l'hôpital de Soweto, une centaine de personnes en chemise rouge ont dansé et entonné des chants de lutte contre l'apartheid, en solidarité avec le personnel médical sous-payé et épuisé par la crise sanitaire.

- "Dégâts du Covid" -

Une enveloppe supplémentaire de près de 320 millions d'euros a été annoncée, dans le cadre d'un plan de 5,6 milliards pour stimuler l'emploi des jeunes.

"Les dégâts causés par le Covid-19 sont profonds et nous partageons la douleur collective de nombreux Sud-Africains qui ont perdu leur emploi", a déclaré le ministre.

La situation budgétaire de l'Afrique du Sud, officiellement le pays africain le plus touché par la pandémie avec plus d'1,5 million de cas et près de 49.500 décès, était déjà fragile avant la crise sanitaire et s'est fortement détériorée l'année dernière.

La dette publique devrait atteindre plus de 80% du PIB cette année, selon les prévisions.

"Nos finances publiques sont dangereusement sous pression", a mis en garde le ministre. Mais le gouvernement espère qu'une vaccination de masse contribuera à stimuler la croissance à 3,3% cette année, après une forte contraction de 7,2% en 2020.

Les besoins d'emprunts resteront toutefois "bien supérieurs" à 28,2 milliards d'euros par an, au moins jusqu'en 2024, a-t-il averti.

D'importantes hausses des taxes ont également été annoncées pour combler "le plus grand déficit fiscal jamais enregistré", notamment sur l'alcool, le carburant et le tabac.

Une mesure qui va "augmenter le coût de la vie pour tous les Sud-Africains", a réagi le premier parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), dans un communiqué.

- "Etat de catastrophe" -

L'Afrique du Sud a rapidement déclaré "l'état de catastrophe" après l'apparition du virus en mars sur le continent. Et le gouvernement a mis en place un des confinements les plus stricts au monde.

Les premières vaccinations ont démarré la semaine dernière, un plan d'immunisation une nouvelle fois jugé "trop lent, trop peu, trop tard" par l'opposition.

Mais en tentant de se protéger de l'épidémie, le pays s'est également fermé aux touristes et aux capitaux étrangers.

En Afrique, où l'arrêt brutal de l'économie mondiale lié à la crise du Covid-19 a frappé de plein fouet les revenus des pays émergents, les économistes des Nations unies annonçaient en 2020 une chute des investissements directs étrangers de 25% à 40%.

Un retrait significatif pour l'Afrique du Sud, qui tire 8% de son PIB des exportations de minerais et de métaux.

Le gouvernement est également confronté à des besoins croissants de la part d'entreprises publiques en difficulté, comme la compagnie d'électricité Eskom.

Les efforts pour réduire la masse salariale de la fonction publique se poursuivent, a également assuré Tito Mboweni.

Le Ghana reçoit les premiers vaccins du dispositif COVAX

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Fonds Covid: les ONG camerounaises veulent plus de transparence

Lancement de la campagne "Covid-19 Transparency and Accountability in Africa" à Yaoundé, le 22 février 2021.

La société civile camerounaise demande plus de transparence et de responsabilité dans la gestion des fonds d’intervention du coronavirus.

Des organisations ont lancé à Yaoundé, avec le soutien de l’initiative Follow the money, une campagne sur l’accès à l’information sur les ressources financières mobilisées dans la riposte contre le covid.

La campagne est pilotée par Actions for Development and Empowerment (ADE), un organisme de la société civile fondé il y a trois ans par Nancy Ndi Saiboh, une jeune activiste camerounaise.

"Pour ce projet, on travaille avec le réseau Follow the money qui a une démarche qui ne consiste pas seulement à chercher les informations sur l’argent du Covid, mais à agir en cas de mal gouvernance", explique à la presse Nancy Ndi Saiboh, point focal de Follow the money au Cameroun.

L’initiative Follow the money est née au Nigeria. Elle est opérationnelle dans 7 pays: le Kenya, la Gambie, le Zimbabwe, le Liberia, le Malawi, le Nigeria et le Cameroun. Elle a pour but d'établir "la confiance publique entre le gouvernement camerounais et les citoyens", selon Hamzy Lawal, président de Follow the Money International.

Sacs de riz et argent des bailleurs de fonds

"Jusqu’à présent, on ne sait pas ce qui s’est passé avec les 4000 sacs de riz offerts par une entreprise locale dans la riposte contre le Covid au Cameroun", confie Nancy Ndi Saiboh.

C’est à la suite d’une forte pression sur les réseaux sociaux que le ministre de la santé publique Malachie Manaouda a apporté des précisions aux médias sur cette affaire. "On doit utiliser cette même pression pour savoir tout ce qui ce qui se passe avec l’argent du Covid au Cameroun", préconise la fondatrice de ADE.

Le Cameroun a reçu 316 millions de dollars du Fonds monétaire international et de la Banque africaine de développement en appui à la lutte contre le coronavirus. D’autres sommes ont été versées par des particuliers et des entreprises locales au fonds de solidarité publique.

Sur la sellette, le ministre de la santé a publié deux communiqués récapitulatifs en juillet et en décembre. Les chiffres fournis à l’occasion ont été contestés notamment par le député Jean Michel Nintcheu du Social Democratic Front, un parti de l’opposition.

"A travers les communiqués qui ont été rendus publics, vous avez tout ce que nous avons reçu comme dons en nature. Nous avons reçu des concours en numéraire, nous les avons publiés aussi, et puis nous avons publié les entreprises qui ont gagné les marchés, le montant des marchés, la nature du marché, la date de signature des contrats, les bénéficiaires de ces marchés", s’est défendu le ministre Manaouda.

Malgré tous ces efforts, jusqu’ici, rien n’a filtré du rapport d’audit des fonds covid instruit en décembre par le président Paul Biya.

Le Cameroun a déclaré son premier cas positif le 6 mars 2020. La pandémie a déjà fait plus de 500 morts, selon les statistiques du ministère de la santé publique.

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