Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

"Kin-la-belle" tient tête à la police de Kabila

Au moins six morts dans les marches interdites à Kinshasa (vidéo)
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:51 0:00

Au moins six morts dans les marches interdites à Kinshasa (vidéo)

La situation redevenait calme en fin d'après-midi. Lundi, le commerce va reprendre dans les petites échoppes de Kintambo et des Kinois retourneront boire des bières à Matonge. Jusqu'à la prochaine marche? Les prochaines élections présidentielles ne sont pas prévues avant le 23 décembre.

"Elle n'est pas morte pour rien. C'est une martyr", lance Jean-Claude qui s'improvise porte-parole du clan dans la cour de la résidence familiale, à Kinshasa.

Elle, c'est sa grande sœur, Deshade, 24 ans, aspirante à la vie religieuse, qui vient d'être fauchée par une rafale de balles devant la paroisse Saint-François de Salles, à Kintambo, un quartier populaire de la capitale de la République démocratique du Congo.

>> Lire aussi : Le pape demande aux autorités d'éviter "toute forme de violence" en RDC

La jeune femme de 24 ans aux tresses noires et marrons, qui sourit à la vie sur un selfie présenté par ses proches en pleurs, est l'une des six victimes de la répression des marches des catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

"Des soldats ont tiré au moins cinq balles. Ma grande sœur a perdu beaucoup de sang", poursuit Jean-Claude.

C'est une femme officier qui a donné l'ordre de tirer le coup de rafale fatale, accusent des témoins.

Derrière le frère, parmi les femmes qui hurlent de douleur, un membre du clan se tait. Le père. "Je ne peux rien dire, je suis officier de police. Dieu jugera", soupire l'homme, acteur malgré lui d'une tragédie congolaise.

Une chaise renversée, des rameaux dispersés, une mare de sang qui sèche: les traces de l'agonie de la jeune femme, sont encore visibles devant l'église Saint-François.

Saint-François, Christ-roi, Saint-Joseph, cathédrale Notre-Dame...: dans la capitale aux 160 paroisses, les fidèles ont défié les forces de sécurité et marché après les messes pour dire non à la prolongation du pouvoir du président Kabila, dont le dernier mandat a expiré le 20 décembre 2016.

Contrairement à la précédente marche du 31 décembre, les catholiques ont résisté après les premiers tirs de gaz lacrymogènes.

Pneus brûlés, poubelles renversées, rues barricadées, le quartier de Kintambo, l'un des plus vieux de Kinshasa avec ses petites échoppes à un étage, a été l'un des centres de la colère populaire.

Des jeunes, des femmes, des hommes ont marché rameaux à la main, entonnant des chants anti-Kabila, au nez et à la barbe des policiers.

"Ils nous tueront ensemble"

"Qu'il parte! Il ne fait que tuer les gens, on n'en peut plus", hurle un jeune homme d'une vingtaine d'années. "Kabila doit partir, nous n'allons plus lui laisser du temps", lance un autre.

L'espace d'une matinée, "Kin-la-belle", la troisième mégapole africaine qui déborde d'énergie malgré la misère, a renoué avec les heures sombres de son histoire.

Plus loin dans un autre quartier, à Lemba, un homme en civil se promène à l'arrière d'une moto en tirant des coups de feu en l'air. La scène se déroule en face du camp militaire "Mzee Kabila", en référence à Laurent-Désiré Kabila, père de l'actuel président, assassiné il y a tout juste 17 ans en janvier 2001.

A une vingtaine de mètres, un groupe de jeunes en colère défient des policiers, visiblement débordés.

Les marches ont commencé à la fin des messes, comme dans la paroisse Saint-Joseph de Matonge, quartier connu en temps ordinaire pour ses bars et ses boîtes.

"S'il arrivait qu'on nous menaçait, restons unis et s'ils veulent nous tuer, ils nous tueront ensemble", donne pour consigne à l'assistance un responsable laïc avant la marche.

La procession sort, les fidèles arrachent des branches d'arbres pour les agiter comme des rameaux de paix, derrière un enfant de chœur qui porte le crucifix.

Après 100 mètres, les cantiques religieux s'arrêtent net aux premiers coups de gaz lacrymogènes.

"Je voudrais qu'on appelle à une nouvelle marche même dans trois jours. Il faut continuer à faire pression sur ce pouvoir", s'emporte Jean-René, un fidèle.

"Nous avons tenu tête aux policiers malgré leur brutalité", se félicite Néhémie, un spécialiste en communication numérique, sonné par les gaz lacrymogènes.

Dans une autre paroisse, Christ-Roi, les fidèles ont marché sur près de deux kilomètres, avant de recevoir des tirs de lacrymogènes et de balles réelles.

Ils ont répondu par des jets de pierre. Après un quart d'heure d'affrontement, le curé leur demande de regagner l'enceinte de l'église ou de retourner chez eux.

"Le pays va bien, la police est très gentille", ironise un policier qui contrôle l'équipe de l'AFP à l'un des très innombrables barrages déployés dès l'aube.

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Les intempéries les plus meurtrières en Afrique australe depuis 20 ans

Zimbabwe Cyclone

L'Afrique australe a plusieurs fois été meurtrie par des tempêtes et inondations, comme lors du cyclone Idai qui vient de dévaster le Mozambique et le Zimbabwe. Rappel des intempéries les plus meurtrières des vingt dernières années :

- La plus meurtrière au Mozambique en 2000 -

En février et mars 2000, des inondations sans précédent depuis un demi-siècle au Mozambique font quelque 800 morts, au moins 50.000 sans-abri et affectent environ deux millions de personnes sur une population de 17 millions.

Les provinces les plus touchées sont Maputo, Gaza et Inhambane (sud). Cette catastrophe, à laquelle s'ajoutent les effets du passage du cyclone Eline, porte un coup sévère à l'économie du pays. Eline tue également 130 personnes à Madagascar.

En janvier et février 2013, de nouvelles inondations dans la province de Gaza font plus d'une centaine de morts et environ 250.000 sinistrés, emportant routes, hôpitaux et maisons.

En janvier 2015, le Mozambique connaît une autre catastrophe majeure: après de fortes précipitations, le fleuve Licungo, qui sépare le pays en deux, monte subitement de 12 mètres, dévastant la province de Zambézie (centre), plongeant la moitié nord du pays dans le noir et coupant l'axe autoroutier Nord-Sud, ce qui complique l'acheminement de l'aide humanitaire. Ces inondations font près de 160 morts (hors cas de choléra) et 177.000 sinistrés. Au Malawi voisin, des crues tuent 176 personnes.

- 2004 : Madagascar -

En mars 2004 à Madagascar, le cyclone Gafilo dévaste le nord et l'ouest faisant au moins 241 morts, ainsi que plus de 300.000 sans-abri.

L'île est fréquemment frappée par de nombreux cyclones et tempêtes tropicales, comme Géralda en février 1994 (au moins 200 morts, 500.000 sinistrés) et Gretelle en janvier 1997 (152 morts, 60.000 sans-abri).

- 2016-2017 : Zimbabwe -

Entre décembre 2016 et février 2017, le Zimbabwe, déjà touché par la sécheresse, subit des inondations qui font au moins 246 morts. Plus de 2.000 personnes sont déplacées.

S'ensuit une recrudescence du paludisme, qui provoque 150 morts en deux mois.

Les intempéries les plus meurtrières des dernières décennies sur l'ensemble du continent africain ont frappé entre octobre 1997 et janvier 1998 une vaste zone englobant la Somalie, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda. De gigantesques inondations, suite à des pluies torrentielles causées par El Niño, une anomalie océanique et atmosphérique qui s'empare du Pacifique tropical, qui perturbe tous les trois à sept ans températures, courants et précipitations, avaient alors affecté ces cinq pays pendant trois mois, faisant plus de 6.000 morts.

Un ex-enfant soldat ouvre une école de boxe

Un ex-enfant soldat ouvre une école de boxe
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:10 0:00

L’art du Cap attire les collectionneurs

L’art du Cap attire les collectionneurs
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:38 0:00

Les femmes disent non au harcèlement sexuel

Les femmes disent non au harcèlement sexuel
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:08 0:00

Deuil national au Mozambique

Deuil national au Mozambique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:33 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG