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Jeunesse, santé, Afrique : priorités renforcées de l'aide française


Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, part après une réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée à Paris, le 3 août 2018.

La France, qui a annoncé une hausse d'un milliard d'euros de son aide au développement en 2019, va concentrer ces nouveaux moyens sur les pays pauvres et fragiles, essentiellement en Afrique, a annoncé lundi son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

"Paradoxe" relevé par M. Le Drian, l'aide française se faisait principalement ces dernières années sous la forme de prêts à destination de pays émergents solvables.

Elle va désormais être en partie réorientée "vers les pays pauvres et fragiles", grâce à un quadruplement des dons qui passeront de 300 millions d'euros à 1,3 milliard l'an prochain, aa-t-il dit, lors d'une conférence de presse au siège de l'Agence française de développement (AFD) à Paris.

"L'Afrique et les pays les moins avancés en seront les premiers bénéficiaires (...), notamment l'ensemble Sahel qui est essentiel", a-t-il ajouté, citant "18 pays africains et Haïti" comme pays ciblés.

Par secteur, "jusqu'à la moitié de l'enveloppe supplémentaire, c'est à dire 500 millions d'euros, pourra être allouée à l'éducation, à la jeunesse, à l'égalité femme-homme, à la santé et à la nutrition".

Autres grandes priorités, "le climat et la biodiversité d'une part, le traitement des crises et des fragilités d'autre part (...) bénéficieront chacune d'environ 200 millions d'euros supplémentaires. Le solde sera consacré aux questions de gouvernance".

A ses côtés, le directeur général de l'AFD, Rémy Rioux, a salué "une inflexion tout à fait historique" tout en reconnaissant "un gros défi" à relever pour ses services. "Il faut qu'on arrive à susciter, à structurer, à instruire un nombre beaucoup plus élevés de projets" et "tout notre réseau est en train d'identifier des nouveaux projets et d'accélérer nos procédures".

Le président Emmanuel Macron s'est engagé à doper l'aide française au développement, tombée à 0,38% du revenu national brut (RNB) en 2016, pour la faire passer à 0,55% à la fin de son quinquennat, en 2022.

Ce niveau reste toutefois en-deçà de l'objectif international de 0,7% atteint par le Royaume-Uni et l'Allemagne.

Le renforcement de l'aide française "marque la volonté de retour de la France" sur ce terrain a déclaré Jean-Yves Le Drian. "Dans un monde où les logiques de puissances s'expriment de plus en plus fortement, notre aide au développement crédibilise évidemment notre parole et notre action politique et diplomatique".

Avec AFP

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