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Israël affirme son opposition à l'initiative de paix française avant la visite d'Ayrault

Militants de la paix israéliens et palestiniens lors d'une marche de la paix près d'un barrage entre la ville cisjordanienne de Beit Jala et Jérusalem le 15 janvier 2016. (AFP/Thomas Coex)

Israël a affirmé avec vigueur son opposition à l'initiative française pour ranimer l'effort de paix moribond avec les Palestiniens, avant une visite du chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault parasitée par un récent vote de la France à l'Unesco.

Le ministre français des Affaires étrangères rencontre dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem puis le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah pour leur exposer les intentions françaises, après des mois de discret travail préparatoire et deux semaines avant une réunion internationale autour de l'initiative.

Adhésion palestinienne, réprobation israélienne : M. Ayrault connaît les positions de principe des principaux intéressés depuis que la France a relancé en janvier le projet d'une conférence internationale qui ramènerait à la vie la vieille entreprise visant à résoudre l'un des plus vieux conflits de la planète.

La conférence aurait lieu avant la fin de l'année. La France organise le 30 mai une réunion ministérielle qui en jetterait les bases, avec une vingtaine de pays, l'Union européenne et l'ONU, mais sans Israéliens ni Palestiniens pour ne pas condamner d'emblée l'effort à l'échec.

"Israël s'oppose à l'initiative française parce qu'il croit que le seul moyen de parvenir à une solution négociée du conflit israélo-palestinien est à travers des négociations directes", a redit vendredi dans le quotidien Jerusalem Post le directeur général des Affaires étrangères Dore Gold.

Le président palestinien a indiqué lui jeudi "soutenir totalement les efforts français", selon ses services.

- Risque d'une nouvelle escalade -

Alors que les Israéliens viennent de célébrer le 68ème anniversaire de leur Etat et que les Palestiniens commémoreront cette "catastrophe" le jour de la visite de M. Ayrault, l'horizon a rarement paru plus sombre.

Les Palestiniens sous occupation attendent toujours leur Etat et la communauté internationale s'inquiète de devoir prononcer la mort de "la solution à deux Etats".

La dernière initiative diplomatique américaine a échoué en 2014. Des échanges de tirs la semaine passée ont conforté les craintes qu'une quatrième guerre depuis 2008 dans la bande de Gaza ne soit inéluctable.

Une vague de violences a fait plus de 200 morts depuis le 1er octobre. Devant le risque d'une nouvelle escalade et malgré les autres crises dans la région, la France dit vouloir remettre ce conflit à l'agenda et remobiliser la communauté internationale en changeant de méthode.

Les Palestiniens ont accepté de laisser ses chances à l'initiative en retenant leur action anti-israélienne au Conseil de sécurité de l'ONU.

Le gouvernement israélien a multiplié les déclarations de défiance. Pour le Premier ministre, l'approche française détourne les Palestiniens d'incontournables tractations bilatérales. Il s'est à nouveau dit prêt jeudi à rencontrer le président palestinien le jour même à Jérusalem ou, "s'il préfère, à Ramallah", en Cisjordanie occupée.

M. Netanyahu a affirmé "sans équivoque" continuer à soutenir une solution à "deux Etats pour deux peuples: un Etat palestinien démilitarisé qui reconnaisse l'Etat juif".

- 'Formulation malheureuse' -

La direction palestinienne rejette formellement une telle reconnaissance qui oblitèrerait, selon elle, le droit au retour des Palestiniens sur leurs terres.

Dore Gold note qu'une telle reconnaissance dans les desseins français serait un "facteur très important", mais que son absence n'est qu'un des "nombreux problèmes fondamentaux" de l'initiative.

Il ne se prive pas d'invoquer le vote par la France en avril d'une décision de l'Unesco sur le patrimoine culturel palestinien et Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée.

Le gouvernement israélien s'est indigné que le texte ne fasse jamais référence à l'esplanade des Mosquées comme mont du Temple, l'appellation sous laquelle les juifs révèrent le lieu, ou ne cite le mur des Lamentations qu'entre guillemets.

"Quand des diplomates français votent pour une résolution de l'Unesco qui rejette le lien juif historique à Jérusalem, personne ne devrait être surpris qu'Israël rejette l'initiative française", dit Dore Gold.

Les Français ne doutent pas que M. Netanyahu évoquera le sujet avec M. Ayrault. Ils se sont employés au déminage, à commencer par le Premier ministre Manuel Valls, qui a regretté "des formulations malheureuses" dans le texte de l'Unesco.

Sur le fond cependant, "cette résolution ne change rien dans la politique de la France", a dit M. Valls, attendu en Israël et dans les Territoires du 21 au 24 mai.

Avec AFP

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Le nouveau coronavirus a tué plus de 25.000 personnes en Europe

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Coronavirus en Inde: l'exode des travailleurs migrants suscite des inquiétudes

Les médecins et les agents de santé identifient sur une carte aérienne la zone à surveiller pour tenter de contrer la propagation du COVID-19 à Srinagar, au Cachemire sous contrôle indien, le19 mars 2020. ( Photo AP / Dar Yasin)

Les autorités indiennes tentaient lundi de juguler l'exode de centaines de milliers de travailleurs migrants, privés de travail en raison du confinement décidé pour lutter contre le coronavirus, qui risque de contrecarrer la lutte contre la maladie dans le deuxième pays le plus peuplé du monde.

Après le début du confinement mercredi, ces travailleurs privés d'emploi ont quitté massivement les grandes villes, en particulier Delhi, pour regagner leurs villages, marchant parfois sur de très longues distances avec très peu d'argent et de nourriture.

Cet exode a soulevé des craintes quant à la propagation du virus. Beaucoup se sont retrouvés entassés par les autorités dans des autocars ou des camps de secours.

Les autorités de la capitale indienne ont fermé dimanche soir les frontières de la région pour tenter de stopper les départs et ordonné l'installation d'abris. Lundi, les foules avaient disparu en banlieue de Delhi et les autorités ont indiqué nourrir 400.000 personnes, avec plus de 550 écoles transformées en abris. Selon le quotidien Times of India, quelque 5.000 personnes ont été installées sur un circuit automobile près de Delhi.

L'Etat de Maharashtra (centre), dont la capitale est Bombay, a mis en place 262 camps d'urgence abritant 70.399 personnes, selon les autorités locales.

L'Uttar Pradesh (Nord) a annoncé l'ouverture de 600 abris qui serviront de zone de quarantaine, a déclaré à l'AFP un responsable local, Alok Kumar.

Une vidéo, postée sur Twitter par un journaliste du Times of India et par le quotidien The Hindu, a montré des migrants revenant en autocar dans cet Etat apparemment arrosés de désinfectant par des hommes vêtus de combinaisons de protection.

Dans le Gujarat (Ouest), des heurts ont opposé dimanche soir à Surate plusieurs centaines de travailleurs migrants à la police qui les empêchaient de passer, selon des sources policières. Plus de 90 travailleurs migrants ont été arrêtés.

"Cette migration a apporté (le virus) dans de petites villes et des villages", a déclaré à l'AFP le virologiste Shahid Jameel du programme de soutien à la recherche Wellcome Trust DBT India Alliance.

Selon un dernier décompte officiel dimanche, l'Inde, pays de 1,3 milliard d'habitants, enregistre plus d'un millier de cas d'infections avec 29 décès. De nombreux experts s'interrogent sur ces chiffres, pointant le faible nombre de personnes testées.

Le confinement complique le quotidien des femmes battues

Rassemblement pour dénoncer les fémicides et la violence domestique au Havre, France, 18 septembre 2019. (Lou Benoist/AFP)

Les craintes d'une recrudescence des violences domestiques montent dans divers pays face au confinement imposé pour endiguer la propagation du coronavirus.

De Paris à Berlin, en passant par Madrid, Rome ou Bratislava, les associations tirent la sonnette d'alarme, alors que l'Europe est devenue, après la Chine, l'épicentre de la pandémie.

"Pour beaucoup, la maison n'est déjà pas un lieu sûr", indique la fédération allemande des centres de conseils et d'appels d'urgence pour les femmes. Mais le stress lié à l'isolement social actuel exacerbe les tensions et augmente "la menace de violences domestiques et sexuelles pour les femmes et enfants", prévient-elle.

Les risques ne se limitent pas aux foyers en difficulté. Au delà du huis clos familial forcé, les inquiétudes liées aux pertes d'emplois ou difficultés financières provoquées par la crise sont propices à l'éclatement des conflits.

"Cela monte en pression dans les foyers", déclare ainsi Florence Claudepierre, responsable de la fédération de parents d'élèves FCPE dans le Haut Rhin, région frappée de plein fouet par l'épidémie en France. Elle évoque des témoignages de "parents qui craquent, qui n'en peuvent plus" dans des familles normalement sans problème.

En Chine, berceau de l'épidémie qui sort doucement d'une stricte quarantaine de plusieurs semaines, l'association des Droits de la femme Weiping a fait état d'un triplement des violences rapportées par des femmes.

En Espagne, pays du Vieux continent le plus touché par le virus après l'Italie, une mère de deux enfants de 35 ans a été tuée par son partenaire il y a une semaine. Ailleurs, de nombreux centres d'urgence ont fait état d'une baisse des appels à l'aide, ce qui n'est pas jugé comme un bon signe.

Pour les enfants, adolescents, ou femmes victimes de violences, psychologique ou physiques, à la maison, la situation actuelle signifie "être constamment livrés" au responsable de ces actes, souligne la fédération allemande.

Ecoles, clubs sportifs, centres de jeunesse ont tous portes closes, autant de "mesures importantes" pour freiner la rapide propagation du virus et éviter des hôpitaux débordés, admet Rainer Rettinger, qui dirige une association allemande de protection de l'enfance. Mais "qui voit et entend aujourd'hui les enfants maltraités?", s'inquiète-t-il.

"Désormais, la violence, elle aussi, est confinée. C'est ce qui nous fait peur", abonde à Paris la présidente de la Voix de l'Enfant Martine Brousse.

Alors que les gouvernements dépensent des centaines de milliards d'euros pour l'économie et la santé, ils "ne devraient jamais perdre de vue la nécessité de garantir l'égalité et les droits humains fondamentaux", a récemment pointé Béatrice Fresko-Rolfo, rapporteure générale sur la violence à l’égard des femmes de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

"Actuellement, les associations font face à une double difficulté: apporter à distance l'aide adéquate aux victimes, alors que les travailleurs sociaux sont eux aussi contraints au télétravail, et les mettre en sécurité si besoin alors que les places sont rares dans les refuges.

"Des femmes ont appelé, et dit qu'il y avait des violences à la maison. Elles demandent: où est-ce que je peux aller?" rapporte Canan Gullu, de la fédération des associations de femmes en Turquie.

Si en Allemagne, la ministre de la Famille, Franziska Giffey, a appelé les communes à organiser si besoin des accueils alternatifs, l'Autriche voisine prévoit une garantie de place dans les maisons de femmes ou l'exclusion du membre violent des familles en quarantaine.

Dans des pays où le confinement est très strict, comme l'Italie, les victimes sont exemptées des formalités en vigueur, comme les déclarations d'honneur à remplir, si elles veulent se rendre dans des centres anti-violence.

"La situation actuelle est sans précédent", résume Adriana Havasova, psychologue à Bratislava, espérant que le confinement se limite à deux ou trois semaines. S'il venait à durer deux ou trois mois, "je ne peux pas imaginer à quel point les violences domestiques pourraient augmenter", prévient-elle.

Le Venezuela reçoit le soutien de la Chine pour lutter contre le coronavirus

Des travailleurs en combinaisons de protection désinfectent les rues pendant la quarantaine nationale en réponse à la propagation de la maladie à coronavirus, Caracas, Venezuela, 22 mars 2020. (Reuters/Manaure Quintero)

Cinquante-cinq tonnes d'aide, dont des respirateurs et 5 millions de masques, sont arrivées samedi à Caracas par avion depuis la Chine.

Parmi les 55 tonnes de matériel et de médicaments arrivés à l'aéroport de Maiquetia se trouvent notamment 500.000 "tests de diagnostic rapide", indique la vice-présidente Delcy Rodriguez, qui s'est rendue à l'aéroport avec l'ambassadeur de Chine, Li Baorong.

Le chargement comprend également des respirateurs artificiels, cinq millions de masques, 70.000 thermomètres à infrarouge et de la chloroquine.

L'ambassadeur Li Baorong a affirmé que la Chine était "prête" à envoyer des spécialistes au Venezuela. Le président Nicolas Maduro a dit à maintes reprises s'inspirer de la République populaire pour lutter contre la maladie.

M. Maduro a ordonné la suspension de tous les vols internationnaux il y a deux semaines et le pays est en confinement depuis le 17 mars. Seules les sorties pour aller acheter à manger et chez le médecin sont autorisées.

Deux morts et 113 cas de coronavirus ont été confirmés, mais le chef de file de l'opposition Juan Guaido accuse le gouvernement d'avancer un chiffre en deçà de la réalité.

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