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Irak: peut-être du gaz moutarde sur une munition visant des soldats américains

De possibles victimes d'une attaque chimique attendent d'être traitées dans un hôpital près de Kirkouk, Irak, le 11 mars 2016. (AP Photo)

Des soldats américains ont détecté la possible présence d'agent moutarde sur une munition tirée sur eux par les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans le nord de l'Irak, a indiqué mercredi un responsable de la Défense américain.

Les soldats américains ont détecté la présence d'agent moutarde, une substance toxique vésicante, sous la forme d'une substance "noire et huileuse", sur un fragment de roquette tirée par les djihadistes sur leurs installations près de Qayyarah (nord), a indiqué ce responsable.

Les responsables américains emploient l'expression "agent moutarde" plus que "gaz moutarde" car ils ne sont pas sûrs de la manière exacte dont la substance toxique est disséminée par la munition.

Un premier test a montré la présence d'agent moutarde, mais un deuxième a été négatif.

Aucun militaire n'a été blessé ni incommodé, selon la même source.

Le fragment de munition a été envoyé à un laboratoire pour une analyse plus complète qui permettra de savoir avec plus de certitude de quelle substance il s'agit.

Le gaz moutarde est une arme chimique utilisée pour la première fois par les Allemands pendant la Première guerre mondiale en 1917.

Selon les responsables américains, l'EI utilise le produit sous une forme très rudimentaire, "militairement pas efficace".

L'EI avait déjà utilisé à plusieurs reprises des munitions à l'agent moutarde en Irak et Syrie, mais jamais contre des soldats américains.

Les munitions à l'agent moutarde des djihadistes inspirent pour l'instant aux militaires américains une "inquiétude modérée".

L'épisode de Qayyarah "n'augmentera pas beaucoup" cette inquiétude, a affirmé le responsable américain mercredi.

Quelques "centaines" de soldats américains se trouvent à Qayyarah pour aider les forces irakiennes à préparer la prochaine offensive sur Mossoul, le grand bastion des djihadistes en Irak qui est situé à environ 60 kilomètres.

Les forces américaines en Irak, environ 4.500 hommes en ce moment, ont un rôle de formation et de conseil aux troupes irakiennes. Elles ne participent pas directement aux combats.

Une enquête de l'ONU révélée en août a établi que l'EI avait utilisé du gaz moutarde en Syrie dans une attaque à Marea, dans la province d'Alep (nord), le 21 août 2015.

Avec AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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