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Moqtada Sadr remporte les législatives après recomptage en Irak

Moqtada al-Sadr prend la parole lors d’une conférence de presse à Najaf, en Irak, le 17 mai 2018.

L'alliance du nationaliste Moqtada Sadr et des communistes a remporté les élections législatives irakiennes, après le recomptage manuel décidé en juin par la Cour suprême en raison de soupçons de fraude.

Allié aux communistes, le bouillant dirigent chiite a confirmé sa première place avec 54 sièges, lors du premier scrutin organisé après la victoire sur le groupe Etat Islamique (EI). L'EI avait fait trembler durant trois ans le pays en contrôlant un tiers du territoire et notamment Moussoul, la ville du nord, dont les jihadistes avaient fait leur capitale.

Ce recomptage décidé en raison des failles supposées dans le décompte électronique et les soupçons de manipulation n'a pas pas changé radicalement les résultats.

L'unique gain concerne l'Alliance de la Conquête, regroupement d'anciens combattants anti-jihadistes proches de l'Iran, qui a remporte un siège supplémentaire au détriment d'une liste locale à Bagdad. Elle maintient sa seconde position avec 48 sièges au lieu de 47, a précisé dans un communiqué la Commission composée de neuf juges.

Les six uniques changements sont intervenus parmi les candidats au sein des listes.

La liste du Premier ministre Haider al-Abadi reste en troisième position avec 42 sièges, suivie de celle du laïc Iyad Allawi, qui compte de nombreuses figures sunnites (21 sièges) et celle de la liste de Hikma du dignitaire chiite Ammar al-Hakim (19 sièges).

En raison du système électoral à la proportionnelle, aucune liste ne peut à elle seule obtenir la majorité absolue. Des alliances doivent donc se nouer pour obtenir la majorité des 329 sièges du nouveau Parlement.

La Cour suprême doit désormais proclamer les résultats définitifs, puis le président de la République sortant a quinze jours pour convoquer le nouveau Parlement, qui doit élire un nouveau chef de l'Etat. Ce dernier doit alors choisir un Premier ministre au sein de la coalition majoritaire.

- Choisir un Premier ministre -

Les tractation vont bon train et les rencontres se multiplient alors que les mouvements de contestation sont toujours vivaces, notamment dans le sud du pays.

La colère gronde contre la corruption, le chômage ou l'absence de services publics, malgré les sommes colossales investies, dont une partie s'est retrouvées dans les poches de politiciens et de hauts fonctionnaires.

Pour tenter de calmer les esprits et surtout de garder son poste, le Premier ministre a suspendu le ministre de l'Électricité et démis quatre directeurs généraux de ce ministère emblématiques, car les coupures de courant sont endémiques alors que la température atteint en été les 50 dégrés.

Moqtada Sadr, qui avait fait campagne contre la corruption et organisé chaque semaine des manifestation contre ce fléau, a présenté aux autres partis une liste de 40 propositions, notamment sociales, et déclaré que si elles étaient refusées, sa liste siègerait dans l'opposition.

Pour la première fois depuis l'instauration du multipartisme en 2005, après la chute du dictateur Saddam Hussein et la conquête du pouvoir par les chiites, majoritaires en Irak, les partis de cette communauté se sont présentés en ordre dispersé aux législatives du 12 mai.

Moqtada Sadr, qui avait multiplié les signes d'indépendance face à l'Iran, allant même jusqu'à effectuer une visite en Arabie saoudite, grand rival de Téhéran, a emporté les élections à la tête d'une alliance inédite avec les communistes.

Depuis, l'Iran chiite est à la manoeuvre. L'influent général Ghassem Soleimani, émissaire iranien régulièrement impliqué dans les affaires irakiennes, a tout d'abord tenté de constituer une coalition sans M. Sadr.

Mais, ayant réalisé qu'il était difficile à écarter, Téhéran cherche désormais à l'inclure dans un vaste alliance chiite pour le neutraliser.

Avec AFP

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HRW se félicite d'un soutien croissant au contrôle des robots tueurs

Un faux robot tueur exposé à Londres en avril 2013 lors du lancement de la campagne contre les robots tueurs.

Une majorité de pays sont désormais favorables à une réglementation internationale sur les armes autonomes, également appelées "robots tueurs", a affirmé lundi Human Rights Watch, en publiant un rapport sur les positions en la matière de 97 pays.

"Chaque pays a le devoir de protéger l'humanité de ces évolutions dangereuses", a estimé Mary Wareham, directrice du plaidoyer auprès de la division Armes de HRW et coordinatrice de la Campagne contre les robots tueurs, ces systèmes d'armement automatisés capables d'identifier et d'éliminer des cibles sans qu'une action humaine soit nécessaire.

"Placer l’usage de la force hors de tout contrôle humain est désormais largement considéré comme une grave menace pour l’humanité qui mérite une action préventive multilatérale urgente", a plaidé la responsable.

Elle s'est félicité d'un soutien croissant à l'interdiction de ces armes, comme le montre un rapport de l'organisation qui a examiné les positions de 97 pays: "La grande majorité d’entre eux considère que le maintien d’un contrôle et d’une prise de décision par des humains est une condition essentielle à l’acceptabilité et à la légalité internationale des systèmes d’armement".

"La plupart de ces pays ont exprimé le désir qu’un nouveau traité soit adopté imposant le maintien du contrôle humain sur l’usage de la force, dont 30 qui ont pris explicitement position en faveur d’une interdiction pure et simple des armes totalement autonomes", selon HRW.

Le rapport avait été préparé en vue d'une réunion de la Convention sur les armes classiques (CCAC) sur les robots tueurs qui devait s'ouvrir à l'ONU à Genève (Suisse) ce lundi mais a été reportée à l'automne prochain.

Mais "la technologie progresse clairement alors que certains des efforts diplomatiques ralentissent", a regretté Steve Goose, directeur de la division Armes de HRW.

HWR déplore notamment qu'"un petit nombre de puissances militaires – notamment la Russie et les États-Unis – (aient) bloqué les progrès vers une réglementation, tout en investissant massivement dans les applications militaires de l’intelligence artificielle et en développant des systèmes d’armes autonomes aériennes, terrestres et maritimes". Les décisions de la CCAC sont prises par consensus.

Depuis 2017, un groupe d'experts a défini, dans le cadre de la CCAC, 11 principes endossés par 121 pays, où revient constamment l'idée du maintien, en toutes circonstances, d'une forme de contrôle humain.

Hong Kong: Londres "profondément préoccupé" par l'arrestation de Jimmy Lai

Des manifestants à Hong Kong, le 1er octobre 2017.

Le gouvernement britannique est "profondément préoccupé" par l'arrestation à Hong Kong du magnat de la presse Jimmy Lai, une des figures de proue du mouvement pro-démocratie du territoire, a déclaré un porte-parole de Downing Street lundi.

"Nous sommes profondément préoccupés par l'arrestation de Jimmy Lai et de six autres personnes à Hong Kong. C'est une preuve supplémentaire que la loi sur la sécurité nationale est utilisée pour faire taire la voix de l'opposition.", a déclaré ce porte-parole.

Patron de Next Digital, propriétaire de deux titres critiques du régime chinois, le quotidien Apple Daily et le magazine Next, Jimmy Lai a été interpellé pour des soupçons de collusion avec des forces étrangères, une des infractions visées par la nouvelle législation sécuritaire entrée en vigueur fin juin, et de fraudes. Une autre figure de proue du mouvement pour la démocratie, Agnes Chow, a été appréhendée en application de cette même loi sur la sécurité nationale.

Au total, selon une source policière, dix personnes ont été interpellées lundi.

Considérée comme une réponse de Pékin aux mois de manifestations en faveur de la démocratie qui avaient ébranlé Hong Kong en 2019, la législation récemment introduite donne aux autorités locales de nouveaux pouvoirs pour réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l'Etat : la subversion, le séparatisme, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures.

Nombre de militants pour la démocratie dénoncent un texte liberticide qui vient en finir selon eux avec le principe "Un pays, deux systèmes" ayant présidé à la rétrocession en 1997 et garantissant théoriquement jusqu'en 2047 aux Hongkongais des libertés inconnues dans le reste de la Chine.

Les chefs de la diplomatie des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada, cinq pays qui forment l'alliance surnommée "les Five Eyes", ont exprimé leur "vive inquiétude face à l'imposition par Pékin de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, qui érode les libertés et les droits fondamentaux du peuple de Hong Kong", dans un communiqué commun diffusé dimanche.

Aide au Liban: le discours de Macron

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La communauté internationale se mobilise pour la Liban

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Beyrouth annonce des élections parlementaires anticipées en pleines manifestations exacerbées par l'explosion

La police anti-émeute libanaise arrête un manifestant anti-gouvernemental, qui tentait d'atteindre le bâtiment du Parlement, lors d'une manifestation contre les élites politiques et le gouvernement, à Beyrouth, au Liban, le samedi 8 août 2020. (Photo AP / Hussein Malla)

Au Liban, des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Beyrouth contre la classe politique jugée responsable du drame qui a fait plus de 150 morts, 6.000 blessés, plus de 300.000 sans-abri et des disparus. Le gouvernement annonce les élections parlementaires anticipées.

Les manifestants se sont dirigés vers la place des Martyrs, épicentre traditionnel des manifestations, avec pour mot d'ordre "Le Jour du jugement". Des guillotines en bois y ont été installées et des manifestants brandissaient des cordes avec un noeud coulant à leur extrémité.

Les foules scandaient: "Vengeance, vengeance, jusqu'à la chute du régime". Certains portaient des masques, d'autres des drapeaux ou des portraits des victimes de l'explosion, alors que les forces de sécurité tentaient d'empêcher certains groupes d'avancer vers le Parlement.

Des manifestants ont pris d'assaut le quartier général de l'Association des banques dans le centre de Beyrouth, y mettant le feu avant d'être délogés par l'armée. D'autres protestataires ont investi le ministère des Affaires étrangères et celui du Commerce.

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes tandis que certains manifestants leur ont lancé des pierres. L'explosion au port mardi, dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées, aurait été provoquée par un incendie qui a touché un énorme dépôt de nitrate d'ammonium, dangereuse substance chimique.

-Elections parlementaires anticipées-

Le Premier ministre Hassan Diab, contesté, a annoncé qu'il allait proposer des élections parlementaires anticipées. Il estime que seules "des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle".

"J'appelle toutes les parties politiques à s'entendre sur l'étape à venir. Leurs responsables n'ont pas beaucoup de temps, je suis prêt à continuer à assumer mes responsabilités pendant deux mois jusqu'à ce qu'ils se mettent d'accord", a-t-il ajouté, a affirmé M. Diab.

-Visioconférence de soutien-

L'ONU et la France organiseront dimanche une visioconférence de soutien au Liban. Pour la France, cette rencontre doit marquer le début d'une "démarche d'urgence et d'espoir pour l'avenir" du pays.

La France n'a pas voulu donner le montant de l'aide qui pourrait être dégagée dimanche, mais l'ONU a chiffré à 85 millions de dollars le coût des seuls besoins de santé. "L'objectif immédiat est de pourvoir aux besoins d'urgence du Liban, à des conditions qui permettent que l'aide aille directement à la population", a expliqué l'Élysée, en visant "la consolidation des bâtiments endommagés, l'aide médicale d'urgence, l'aide alimentaire et le restauration des hôpitaux et écoles".

Les représentants de l'Union européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, de la Russie, de Jordanie, d'Égypte y participeront. Israël n'est "pas dans le tour de table". L'Iran n'a "pas manifesté sa volonté de participer", alors que "les pays du Golfe ont été invités".

-Une catastrophe de trop-

Le Liban est en plein naufrage économique, après avoir fait défaut sur sa dette, et ses dirigeants ont été incapables de s'entendre sur un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour les Libanais déjà éprouvés par une crise économique inédite, l'explosion de mardi a été la catastrophe de trop, relançant un mouvement de contestation qui avait débuté en octobre pour dénoncer l'ensemble de la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente, mais s'était essoufflé en raison de la pandémie de Covid-19.

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