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Interdiction d’exercice en clientèle privée des praticiens béninois


Le centre national hospitalier universitaire de Cotonou, Bénin, le 24 septembre 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Depuis le 1er septembre, les praticiens béninois n’ont pas le droit d’exercer auprès de leur clientèle privée au détriment de leur engagement d’agents permanents de l’Etat. Beaucoup d’acteurs du secteur sanitaire pensent que c'est une bonne idée mais la procédure rencontre de la contestation.

Le secteur de la santé au Bénin souffre de bien des maux auxquels n’ont pu faire face les différents gouvernements qui se sont succédés.

Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, au Bénin, le 24 septembre 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, au Bénin, le 24 septembre 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Pour régler le problème des pratiques médicales privées et lucratives, le gouvernement de Patrice Talon, a donné un ultimatum aux praticiens agents permanents de l’Etat. Ils doivent faire le choix entre rester dans le public ou se consacrer à leurs cliniques privées.

Pour le ministre de la Santé, "tout exercice en clientèle privée au mépris du présent décret est réputée faute professionnelle grave passible de la révocation ou de la résiliation du contrat de travail avec perte de tous les droits sans préjudice des sanctions pénales réprimant l'exercice illégal des professions médicales et paramédicales".

Au lendemain de cette décision, le syndicat unité du CNHU de Cotonou, via son secrétaire général, parle d’une véritable pagaille qui a desservi durant des années les hôpitaux publics.

"Certains médecins ou autres professionnels préfèrent utiliser leurs horaires de travail dans le public pour aller s’occuper de leurs patients dans le privé", explique Théophile Dossou.

"Pendant les quelques heures que certains praticiens viennent passer dans les centres publics, c’est l’occasion pour eux de dénicher et d’orienter les patients vers leurs cliniques".

"Les matériels chèrement et difficilement acquis par l’Etat sont allègrement détournés par certains praticiens sans scrupules. Tous nos hôpitaux publics vivent ce calvaire", insiste-t-il.

Opération de fermeture des cliniques privées n'ayant pas une base légale, au Bénin, le 24 septembre 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Opération de fermeture des cliniques privées n'ayant pas une base légale, au Bénin, le 24 septembre 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Selon certains professionnels de la santé, une telle décision n’est pas du ressort du gouvernement. Selon le docteur Moulero Bankole, le gouvernement se substitue à l’ordre des médecins en prenant une telle décision.

"Il existe un ordre des médecins qui existe et qui pourra s’assurer ou bien voir avec le gouvernement les mesures à prendre pour que ni l’un ni l’autre n’exercent illégalement son pouvoir", souligne-t-il.

Opération de fermeture des cliniques privées n'ayant pas une base légale, au Bénin, le 24 septembre 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Opération de fermeture des cliniques privées n'ayant pas une base légale, au Bénin, le 24 septembre 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Malgré tout, les populations pensent que l'Etat fait bien de siffler la fin de la pagaille qui régit le secteur de la santé au Bénin .

"On ne peut pas accepter que quelqu'un qui doit exercer dans le public passe tout son temps dans son cabinet privé et à la fin du mois exige d'être payé . C'est cruel, c'est criminel".

Le Bénin dispose bien plus de cliniques privées que de centres de santé publique. Depuis quelques jours le gouvernement a commencé à fermer les cliniques privées n’ayant pas de base légale, ce qui pourrait créer une affluence difficile à gérer au niveau des hôpitaux publics.

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