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Idriss Déby rencontre les syndicats au Tchad

Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, N'Djamena, le 7 novembre 2015. (VOA/André Kodmadjingar)

Les syndicats tchadiens ont été reçus par le président Idriss Déby Itno, alors que le secteur public achève sa cinquième semaine de grève consécutive, a-t-on appris de sources syndicales.

M. Déby "nous demande de renouer le dialogue pour mettre un terme à la grève qui paralyse les secteurs vitaux, à savoir l'éducation nationale et la santé", a indiqué une source syndicale membre de la Confédération libre des travailleurs tchadiens (CLTT, réputée proche du pouvoir).

Le président a indiqué que "les mesures d'austérité ont été prises en conformité avec les bailleurs de fonds", a expliqué à l'AFP la source de la CLTT.

>> Lire aussi : La grève générale illimitée se poursuit au Tchad

En janvier, l'Etat avait acté une coupe dans les salaires des fonctionnaires, enclenchant un important mouvement de grogne sociale.

La rencontre a été confirmée à l'AFP par un autre syndicaliste membre de l'Union des syndicats tchadiens (UST). Ni les médias publics, ni la présidence tchadienne n'avaient fait état de cette rencontre jeudi soir.

La plateforme syndicale, qui regroupe l'UST et deux autres syndicats, a indiqué qu'ils se réuniraient vendredi pour discuter ensemble de la réponse à apporter, selon Michel Barka, président de l'UST.

"Pour notre part nous avons suggéré au président Deby que s'il veut faire des économies, il faut que le gouvernement fasse un audit (du nombre de fonctionnaires de) la fonction publique et (qu'il) assainisse le fichier de la solde où il y a des agents fictifs et des doublons", a encore déclaré le syndicaliste de la CLTT.

>> Lire aussi : Manifester son mécontentement reste un pari risqué au Tchad

Réclamé par les syndicats depuis plusieurs mois, cet audit doit mettre en lumière le nombre de fonctionnaires fantômes du pays. Le pays de près de 15 millions d'habitants compte environ 92.000 fonctionnaires civils.

Depuis fin janvier, tout le secteur public tchadien est en grève. D'abord mobilisés contre un projet de loi de réduction des salaires des fonctionnaires - finalement abandonné par le gouvernement -, les mouvements sociaux ont repris quand les fonctionnaires se sont rendus compte de coupes effectives dans leurs salaires, à la fin janvier.

Les appels à marcher contre la coupe des salaires se sont multipliés, mais les manifestations ont été interdites par les autorités.

Cette tension sociale généralisée, soutenue par l'opposition, a pris des allures de fronde contre le président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 1990. Près de 40% de la population de plus de 14 millions d'habitants vit sous le seuil de pauvreté.

Avec AFP

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Le Soudan célèbre l'accord historique, la désignation du Conseil souverain retardée

Le lieutenant-général Abdel Fattah Al-Burhan, président du Conseil militaire, et le chef de la coalition de l'opposition soudanaise Ahmad al-Rabiah célèbrent la signature de l'accord de partage du pouvoir qui ouvre la voie à un gouvernement de transition

Le Soudan a célébré dimanche l'accord historique signé la veille par les dirigeants militaires et la contestation en vue de la transition vers un pouvoir civil, mais la désignation attendue du Conseil souverain censé piloter cette transition a été reportée à lundi.

Comme la veille, de nouvelles scènes de liesse ont eu lieu dimanche dans les rues de Khartoum pour fêter la signature samedi par les généraux au pouvoir et les meneurs de la contestation d'un accord prévoyant une transition de 39 mois, qui doit être menée par le "Conseil souverain" composé de 11 membres -six civils et cinq militaires.

Attendue dimanche, l'annonce de la composition de ce Conseil souverain n'avait cependant toujours pas eu lieu en fin de soirée. Selon des sources de l'opposition, seuls cinq des onze membres ont été choisis pour le moment, et la composition complète devrait être connue lundi.

La cérémonie de signature, qui avait s'était déroulée samedi dans la capitale en présence de nombreux dignitaires étrangers, a constitué le plus grand événement du genre à être organisé depuis des années, tranchant avec les années d'isolement du Soudan.

De nombreux pays ont salué la signature de l'accord, considéré comme le point de départ d'un "nouveau Soudan", après les 30 ans de pouvoir d'Omar el-Béchir, détenu depuis sa destitution en avril par l'armée sous la pression de manifestations massives.

"Cet accord répond aux demandes du peuple soudanais, qui a appelé sans relâche au changement et à un avenir meilleur", a écrit le secrétaire d'Etat britannique pour l'Afrique, Andrew Stephenson.

Sur Twitter, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a promis que Washington soutiendrait l'établissement "d'un gouvernement qui protège les droits de tous les Soudanais et mène vers des élections libres et équitables".

- Nouvelles institutions -

D'après les documents signés samedi, plusieurs étapes précèderont les élections prévues en 2022.

La première est la formation du Conseil souverain. Remplacant le Conseil militaire, qui avait pris les rênes du pays après la destitution de Omar el-Béchir, ce Conseil souverain sera d'abord dirigé pendant 21 mois par un général, puis par un civil pendant les 18 mois restants.

Abdallah Hamdok, un ex-économiste de l'ONU choisi jeudi par la contestation comme Premier ministre, devrait ensuite être officiellement désigné mardi par ce Conseil.

Le gouvernement doit lui être formé le 28 août, avec 20 membres au maximum, pour permettre aux nouvelles institutions d'affronter les principaux défis du pays, en priorité la relance d'une économie en crise.

Les huit mois de manifestations ont fait plus de 250 morts, selon un comité de médecins proche de la contestation

- Euphorie de courte durée? -

Quelques membres de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, craignent toutefois que l'euphorie ne soit de courte durée, et des tensions persistent.

Alors que l'accord de transition conclu début juillet a été salué comme le meilleur que le Soudan puisse espérer, certains contestataires estiment qu'il a nui à leur révolution.

Ils pointent notamment l'omniprésence dans le processus de transition du général Mohammed Hamdan Daglo, à la tête d'une force paramilitaire et numéro deux du Conseil militaire. Celui-ci a d'ailleurs cosigné l'accord samedi.

Les redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) qu'il dirige sont accusés d'avoir réprimé plusieurs manifestations. Beaucoup craignent que le général Daglo, dit "Hemeidti", ne tente de s'accaparer ensuite le pouvoir et de tuer dans l'oeuf le processus démocratique.

Mais pour l'analyste soudanais Abdel Latif al-Buni, le plus grand risque dans l'immédiat pour la transition est la volonté de se venger de certains.

"Un esprit de revanche contre l'ancien régime est dangereux", estime-t-il. "Cela mènera vers un affrontement entre l'ancien régime et les nouveaux dirigeants".

Omar el-Béchir, qui fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" au Darfour (ouest), doit être jugé au Soudan pour corruption. Mais la date de son procès est indéterminée.

Avec AFP

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