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Historique des épidémies d'Ebola en Afrique

Des travailleurs médicaux dans une clinique, près de Kananga dans la province occidentale du Kasaï, RDC, 18 septembre 2007.

Rappel des principales épidémies d'Ebola depuis l'identification du virus en 1976 en Afrique

La maladie tient son nom de la rivière Ebola, située dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC, à l'époque Zaïre) où le virus a été repéré pour la première fois en 1976.

L'épidémie dans cette région isolée d'Afrique centrale fait 431 morts: 280 en RDC et 151 au Soudan, selon des chiffres du CDC américain (Centers for disease control). Trois ans plus tard, le virus réapparaît dans la même région du sud du Soudan, faisant 22 morts.

Outre la souche Zaïre, quatre autres types de virus Ebola ont par la suite été répertoriés : Soudan, Bundibugyo, Reston et Forêt de Taï.

​>> Lire aussi : Découverte d'un premier cas d'Ebola en zone urbaine en RDC

Kikwit en 1995

En mai 1995, la fièvre hémorragique Ebola resurgit en RDC, dans la région boisée de Kikwit, au sud-ouest du pays. L'épidémie se développe rapidement, provoquant la mort de 250 personnes sur les 315 cas recensés, soit un taux de mortalité de 81% (CDC). Ce virus qui se transmet par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles, la manipulation sans précaution de cadavres contaminés n'épargne pas le personnel soignant excerçant dans le dénuement. Un médecin a ainsi raconté avoir vu une infirmière être contaminée pour avoir simplement fermé les yeux de sa collègue qui venait de mourir.

L'Ouganda en 2000-2001

En septembre 2000, une poussée de fièvre Ebola touche pour la première fois l'Ouganda (souche Soudan), affectant les régions de Gulu (nord), Masindi (nord-ouest) et Mbarara (sud-ouest). En cinq mois, 425 personnes contractent le virus qui fait 224 morts.

Flambées au Gabon et au Congo

Déjà affecté à trois reprises entre 1994 et 1997, le Gabon est de nouveau touché entre octobre 2001 et mai 2002 par une flambée de fièvre Ebola type Zaïre. L'épidémie frappe la province de l'Ogooué-Ivindo (nord-est), déjà précédemment touchée, et fait 53 morts sur un total de 65 cas répertoriés.

Le virus se propage au Congo voisin, où il tue 44 personnes.

Début 2003, l'épidémie repart au Congo, et fait 128 morts sur 143 personnes contaminées, soit un taux de mortalité de 90%. Le département de la Cuvette-Ouest (nord-ouest) est particulièrement touché. Les populations y auraient manipulées des carcasses de singes ayant succombé au virus Ebola.

Quelques mois plus tard, un troisième épisode de fièvre fait une trentaine de victimes dans la région.

L'OMS affirme qu'elle se prépare au pire pour l'épidémie d'Ebola en RDC (vidéo)
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Plus de 11.000 morts en Afrique de l'Ouest

L'épidémie la plus meurtrière à ce jour s'est déclarée en Afrique de l'Ouest en décembre 2013, et a duré plus de deux ans faisant plus de 11.300 morts sur 29.000 cas recensés.

Les victimes se concentrent à 99% dans trois pays limitrophes: la Guinée, d'où est partie l'épidémie (plus de 2.500 morts), la Sierra Leone (plus de 3.900 morts) et le Liberia, qui a payé le plus lourd tribut avec le décès de 4.800 personnes.

Ce bilan, sous-évalué selon l'OMS, est sept fois supérieur au nombre total de morts d'Ebola depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976.

9ème épidémie en RDC

Depuis début mai, la RDC fait face à sa neuvième épidémie d'Ebola depuis 1976.

En 2007, le virus y avait tué 187 personnes sur 264 cas répertoriés. La fièvre hémorragique avait particulièrement sévi entre avril et octobre au Kasaï occidental (centre). Et une autre épidémie avait fait 43 morts en 2012.

Avec AFP

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Soudan: formation du Conseil souverain censé mener la transition

Des graffitis qui signifient en arabe "Liberté, Paix, Justice et Civils" dans le district de Burri à Khartoum, Khartoum, Soudan, le 10 juillet 2019.

La transition du Soudan vers un pouvoir civil s'est mise en route, avec deux jours de retard, avec l'annonce mardi soir de la formation du Conseil souverain qui doit la piloter pendant un peu plus de trois ans.

Le Conseil sera présidé pendant 21 mois par l'actuel chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, qui sera investi mercredi à 09H00 GMT, a indiqué un porte-parole des généraux au pouvoir.

Cet organe, qui compte une majorité de six civils et cinq militaires, doit superviser la période devant permettre au Soudan de tourner la page de trois décennies de règne du général Omar el-Béchir, l'ex-président destitué le 11 avril à l'issue de mois de manifestations dans tout le pays.

La liste des 11 membres du Conseil a été annoncée dans une allocution télévisée par Chamseddine Kabbachi, un porte-parole du Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis l'éviction de M. Béchir.

Promise pour dimanche en vertu d'un accord historique de transition entre les généraux et la contestation, l'annonce de la composition du Conseil avait été retardée.

Ce report a été demandé par les Forces pour la liberté et le changement (FLC), issues de la principale organisation du mouvement de protestation, ont indiqué les militaires au pouvoir, en raison de désaccords au sein de la contestation.

Un civil prendra le relai du général Burhane à la tête du Conseil souverain pour les 18 mois de transition restants.

Selon les termes initiaux de l'accord de transition, le Conseil devait indiquer mardi s'il valide comme Premier ministre le candidat présenté par la contestation, l'économiste et ancien collaborateur de l'ONU Abdallah Hamdok. Sa confirmation devrait être annoncée mercredi.

Il devra ensuite former un gouvernement dont la composition doit être annoncée le 28 août et qui s'attellera à la tâche, ardue, de redresser une économie exsangue et de pacifier un pays marqué par plusieurs conflits internes, notamment au Darfour (ouest).

Un Parlement de transition sera également constitué.

- Malaise -

Malgré l'euphorie engendrée par la signature officielle de l'accord de transition samedi, un malaise est palpable dans le camp des protestataires en raison notamment de l'omniprésence de Mohamed Hamdan Daglo, le chef d'une redoutée force paramilitaire accusée d'être impliquée dans la répression de la contestation.

Ce dernier est également numéro deux du Conseil militaire de transition qui avait pris la succession de M. Béchir et a été nommé mardi au Conseil souverain.

Plus de 250 personnes sont mortes depuis le début des manifestations du 19 décembre au Soudan, dont 127 le 3 juin lors de la dispersion d'un sit-in devant le siège de l'armée, selon un comité de médecins proche de la contestation.

D'abord organisées pour protester contre la hausse des prix du pain, les manifestations se sont transformées en contestation du président Béchir puis des généraux, les manifestants réclamant un pouvoir civil au Soudan.

Des Soudanaises, très impliquées dans les manifestations au cours des derniers mois, ont aussi exprimé leur déception face à la faible présence des femmes dans le processus de transition alors qu'elles étaient en première ligne des manifestations.

Deux femmes figurent parmi les civils nommés au Conseil souverain, dont l'une est issue de la minorité chrétienne du pays.

- "Ne pas oublier" -

"La faim, le manque d'éducation, ce que (Béchir) a fait au Darfour et tant d'autres chose. C'est pour ça que nous sommes descendues dans les rues et que nous avons fait face aux gaz lacrymogènes et au harcèlement", rappelle Fatma Abdallah Hussein.

Lundi, M. Béchir est apparu devant un tribunal où il doit répondre d'accusations de corruption, un événement inimaginable pour les deux tiers des 40 millions de Soudanais qui n'avaient connu que lui au pouvoir depuis leur naissance.

"Il a tant fait contre nous en 30 ans", se désole cette étudiante en médecine qui a pris part aux manifestations dès le début de l'année, en référence à M. Béchir, dont le procès faisait la une de tous les journaux mardi.

Selon Alhaj Adam, un résident de Khartoum, le procès pour corruption de l'ancien président ne devrait toutefois pas faire oublier au pays le besoin de ratifier le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).

L'ONG Amnesty International a également averti que son procès pour corruption ne devait pas détourner l'attention des accusations plus lourdes qui pèsent contre M. Béchir pour son rôle présumé dans le conflit au Darfour (ouest).

Il fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux de la CPI, pour répondre de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, dans ce conflit qui a éclaté en 2003.

Avec AFP

Liberia: des sénateurs s'alarment d'un climat rappelant les prémices de la guerre civile

Le président libérien, George Weah, le dimanche 28 janvier 2018.

Des sénateurs libériens se sont alarmés mardi de la montée des violences politiques dans ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, dressant un parallèle avec celles qui avaient fini par plonger le Liberia dans une guerre civile particulièrement atroce de 1989 à 2003.

Samedi, des partisans du président libérien, l'ex-star du football George Weah, ont encerclé un bâtiment où Tellia Urey, candidate de l'opposition à une élection législative partielle, tenait une réunion, dans la banlieue de la capitale Monrovia.

Pendant plus d'une heure, ils ont jeté des projectiles sur le bâtiment, brisé des fenêtres et détruit son véhicule. L'un des assaillants a essayé de donner un coup de couteau à Mme Urey, a-t-elle expliqué lundi, dénonçant une tentative d'assassinat.

Les autorités ont qualifié lundi ces violences d'"épouvantables" et promis des sanctions sévères.

Lors d'un débat au Sénat mardi, la plupart des élus ont exprimé leur consternation, 16 ans après la fin d'une guerre civile qui a fait quelque 250.000 morts et des centaines de milliers de déplacés dans un pays qui comptait alors moins de 4 millions d'habitants, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Ce pays va mal et il faut que cela cesse. Souvenons-nous de notre histoire. La guerre qui a débuté en 1989 faisait suite aux violences qui ont suivi les élections de 1985", a souligné le sénateur d'opposition Conmany Wesseh, proche de l'ancienne présidente Ellen Johnson Sirleaf (2006-2018).

"Les gens n'étaient pas contents et petit à petit ils ont décidé de résoudre leurs problèmes par la violence. Puis la police et l'armée ont été perçues comme les forces du régime et d'autres ont décidé de prendre en main leur propre sécurité", a raconté le sénateur, avant de s'interroger: "Va-t-on rester assis et laisser les choses se reproduire?".

"Nous avons pris part au précédent conflit en raison de la mauvaise gouvernance. Et quand vous critiquez le régime actuel, ils vous traitent de tous les noms", a dénoncé un autre sénateur, le prédicateur et ancien chef de guerre Prince Johnson, qui avait soutenu George Weah lors du second tour de la présidentielle de décembre 2017.

Ni Ellen Johnson Sirleaf, lauréate du prix Nobel de la paix en 2011, ni son successeur George Weah n'ont fait juger les auteurs de crimes commis pendant cette période. Un très grand nombre de personnalités directement impliquées occupent toujours des positions importantes dans les sphères du pouvoir politique et économique au Liberia.

L'un des principaux acteurs du conflit, l'ex-chef de guerre devenu président (1997-2003), Charles Taylor, a été condamné en 2012 pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine, mais n'a pas été inquiété pour les atrocités commises dans son propre pays.

Elu sur un programme de lutte contre la pauvreté, George Weah est confronté depuis plusieurs mois à une opposition croissante en raison de la dégradation alarmante de la situation économique.

Avec AFP

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