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Tchad

Hissène Habré, ancien président tchadien, sera inhumé jeudi à Dakar

L'ancien président tchadien Hissene Habre (à droite) lève le poing en l'air alors qu'il quitte un tribunal de Dakar escorté par un policier sénégalais, novembre 2005.

L'ancien président tchadien Hissène Habré, décédé au Sénégal où il était détenu pour crimes contre l'humanité, sera enterré jeudi à Dakar, a-t-on appris mercredi auprès de sa famille.

"La famille Habré, parents et alliés, vous font part du rappel à Allah du président Hissène Habré. La levée du corps est prévue le jeudi 26 août à 14h à la mosquée omarienne et l'enterrement au cimetière musulman de Yoff", un quartier de la capitale sénégalaise, a écrit la famille dans un faire-part dont l'AFP a eu connaissance.

La mosquée omarienne est l'un des plus importants lieux de culte de Dakar.

Pourquoi Hissène Habré (1942-2021) était si controversé
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Hissène Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, est décédé du Covid-19 à l'âge de 79 ans au Sénégal où il avait été condamné à la prison à vie en 2016 par une juridiction africaine pour crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement.

Une de ses épouses, Fatimé Raymonne Habré, avait indiqué plus tôt que l'ancien président tchadien serait enterré au Sénégal, en attendant une éventuelle réhabilitation dans son pays.

"Ce jour-là, il reposera en terre tchadienne, avec dignité, respect, considération et, avec tous les honneurs dus à son rang et à ce qu'il a été toute sa vie", avait-elle ajouté en invoquant la volonté du disparu.

Décès de Hissène Habré: les victimes entre surprise et désolation
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Le gouvernement tchadien avait indiqué mardi qu'il ne s'opposerait pas au rapatriement de sa dépouille, mais qu'aucun hommage officiel ne lui serait rendu "en raison de ses condamnations et par respect pour ses victimes".

L'ancien président camerounais Ahmadou Ahidjo, qui dirigea son pays de 1960 à 1982 de manière autoritaire avant de partir en exil et d'être condamné à mort par contumace, a également été inhumé au Sénégal, à Dakar, à sa mort en 1989.

Qui était Hissène Habré?
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Toutes les actualités

Les autorités tchadiennes accordent une amnistie à plus de 250 ex-rebelles et exilés

Mise en liberté des prisonniers graciés au Tchad, le 1er décembre 2021.

Le gouvernement de transition a annoncé l'amnestie générale à 257 prisonniers après un conseil des ministres présidé par Mahamat Idriss Deby. Cette amnistie devra permettre d’organiser un dialogue national inclusif.

Cette décision concerne 257 personnes condamnées pour des faits d’acte de terrorisme, de complicité, de recrutement et d’enrôlement des mineurs dans les groupes armés et 39 autres condamnés pour des faits d’atteintes à l’intégrité de l’État et de délits d’opinion.

Pour Abdéramane Koullamalah, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, cette décision s’inscrit dans la logique de l’appel lancé, par le chef de l’État, à l’endroit des groupes politico-militaires pour participer à la construction d’un Tchad nouveau.

"En application de cet engagement et afin de parachever les conditions d’une réconciliation sincère et intégrale des filles et fils du Tchad, il est apparu indispensable de faire table rase des vestiges hérités des périodes sombres de notre pays en accordant une amnistie générale à ceux qui, pour une raison ou une autre, avaient choisi la voie de l’exil et/ou de la violence pour exprimer leurs divergences politiques", a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Abdéramane Koullamalah ministre de la communication porte-parole du gouvernement, le 1er décembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)
Abdéramane Koullamalah ministre de la communication porte-parole du gouvernement, le 1er décembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Béral Mbaikoubou, conseiller de la République, salue cette décision qui pour lui est un pas de franchi vers le dialogue. Il craint toutefois que ce geste serve de mauvais exemple à ceux qui veulent faire de la guerre une culture de rente.

"On ne peut pas se permettre de prendre des armes comme première solution à nos problèmes en comptant sur l’impunité qui finit toujours par s’arranger lors de ce genre de discussions", a souligné Béral Mbaikoubou.

Pour l’opposant Dr Nasra Djimasngar, secrétaire général du parti Un Nouveau Jour, c’est un geste d’apaisement mais qui ne règle pas le problème du fond.

Il estime que le pardon doit être accordé par ceux qui ont subi les affres de la guerre dans leur chair.

"Amnistier veut dire pardonner et s’ils ont le pardon par rapport à tout ce qu’ils ont commis, mais le dialogue n’a pas de sens. N’oubliez pas que le problème du Tchad n’est basé que sur la prise du pouvoir par les armes à travers les rébellions et cette question sera au centre des débats", a déclaré Dr Nasra Djimasngar.

Mahamat Dingadimbaye coordonnateur de la CASIDHO, le 1er décembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)
Mahamat Dingadimbaye coordonnateur de la CASIDHO, le 1er décembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Bor Gogoto, un autre conseiller de la République, ne partage pas cet avis.

"Après le décès du maréchal, les Tchadiens ont décidé d’aller au dialogue pour se dire un certain nombres de vérités, de se pardonner pour aller sur de nouvelles bases. Et si déjà on libère ces gens, c’est salutaire", insiste-t-il.

Mahamat Dingadimbaye, coordonnateur d’une ONG tchadienne, prend acte de la décision qui est l’une des conditions des personnalités politiques et militaires et des exilés politiques pour leur participation au dialogue national inclusif.

Il invite les politico-militaires et aux exilés politiques de prendre la balle au rebond et de rentrer pour participer à de dialogue.

A ce jour, aucune date n’est retenue pour cette messe politique alors que dans la feuille de route élaborée par le gouvernement de transition il est prévu l'organisation de ce dialogue entre novembre et décembre de l’année en cours.

Les Tchadiens alarmés par l'insécurité dans les établissements scolaires

Les Tchadiens alarmés par l'insécurité dans les établissements scolaires
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L'ordre de saisir les véhicules sans immatriculation provoque un tollé dans une province tchadienne

Un policier monte la garde près du site d'un attentat suicide à Ndjamena, au Tchad, le 11 juillet 2015.

La population de Faya, chef-lieu de la province tchadienne du Borkou (Nord), exige le départ de son gouverneur, Ismat Acheik.

Tout serait parti de la décision de rafler tous les véhicules en situation irrégulière pour faire face à l'insécurité qui prévaut dans cette zone. Une manifestation durant le week-end s’est soldée par un mort par balle et deux blessés.

Les manifestants ont brandi une banderole où on peut lire : "Gouverneur, dégage". La population qualifie d’arbitraire la décision du gouverneur demandant aux propriétaires des engins à 4 roues de se mettre en règle. Elles disent n'avoir pas été informées au préalable.

"Le contrôle de véhicules doit se faire dans les carrefours, mais ce n’est pas le cas. Même les véhicules garés, il envoie ramasser pour les parquer au commissariat. C’est ce que nous ne voulons pas", affirme un habitant de Faya joint par VOA Afrique.

"Journée sans tricycle" à N’Djamena, un prêtre violenté par l'armée
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Au gouvernorat, on insiste qu'il s'agit avant tout de préserver la sécurité du public. On cite, par exemple, les cas des véhicules qui circulent avec des vitres fumées ou teintées sans immatriculation.

Tout en admettant la mort d'un manifestant, M. Acheik rejette toute implication des forces de sécurité.

"S’il y a une balle tirée, c’est du côté des manifestants, pas du côté de l’armée", soutient le gouverneur.

La profanation d'une église met en péril la journée nationale de prière au Tchad

Monseigneur Edmond Djitangar Archevêque Métropolitain de N'Djamena, le 20 octobre 2017.

Plusieurs organisations religieuses et laïques condamnent fermement la profanation de la paroisse Bienheureux Isidore Bakandja et l’agression de son curé, abbé Simon-Pierre Madou, par des militaires.

L’Union des Cadres Chrétiens du Tchad (UCCT), une organisation laïque affiliée à l’archidiocèse de N’Djamena, annonce qu’elle ne participera pas à la journée du 28 novembre dédiée à la cohabitation pacifique de la plateforme interconfessionnelle.

"En tant que chrétien, ça serait de l’hypocrisie de prendre part à la journée de prière du 28 novembre", a déclaré Djimhodoum Edmond, secrétaire général adjoint de l’UCCT.

Il confirme que son "organisation suit de près ce problème, et que si le gouvernement ne réagit pas vite, l’Union des cadres chrétiens du Tchad va se constituer en partie pour poursuivre les acteurs et les complices de cet acte odieux".

L'UCCT interpelle le ministre de la Justice et celui chargé de la Défense nationale de retrouver les auteurs de ce sacrilège et les punir conformément aux lois en vigueur.

Pour sa part, le président de l’Union nationale des jeunes étudiants chrétiens et musulmans des universités du Tchad, Toubou Mahamat Bakhit, exhorte les jeunes chrétiens à ne pas boycotter cette journée dédiée à la prière pour la nation tchadienne.

"Envoyer des militaires pour aller violer les lieux de culte, c’est un conflit bien organisé", déplore Toubou Mahamat Bakhit.

C’est un acte condamnable mais en tant qu’acteur de la paix et de la cohabitation pacifique, Toubou Mahamat Bakhit demande aux membres de l’UCCT de prendre conscience et de participer à la journée de la prière.

L’Entente des églises et missions évangéliques au Tchad, membre de la plateforme interconfessionnelle, exprime sa solidarité avec l’église catholique et interpelle l’Etat sur le strict respect de la laïcité et des lieux de culte. Indépendamment de l’incident, l’église catholique dit être en train de repenser l’observation de cette journée de prière.

Amnesty exhorte la junte tchadienne à "arrêter la campagne d'intimidation" contre les dissidents
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Pour Monseigneur Edmond Djitangar, archevêque métropolitain de N’Djamena, l’église catholique a commencé à réfléchir depuis un an déjà sur la question mais les autres confessions n’ont peut-être pas très bien saisi les enjeux.

"Nous sommes en période de transition et donc certaines formes d’activités ou d’institutions doivent être révisées. Nous demandons aux autres de faire la même chose pour qu’on puisse engager véritablement un dialogue afin de trouver une bonne formule sinon chaque confession religieuse va célébrer cette journée de sa manière à l’avenir. Pour cette édition, nous célébrerons dans nos églises", a tranché le chef de l’église catholique du Tchad.

Une messe à N'Djamena, le 20 octobre 2017. (VOA/André Kodmadjingar).
Une messe à N'Djamena, le 20 octobre 2017. (VOA/André Kodmadjingar).

La journée du 28 novembre a été instituée en 2011 par le défunt président Idriss Deby. Les fidèles catholiques, protestants et musulmans constitués en une plateforme interconfessionnelle se réunissent pour prier pour la paix et la concorde nationale.

Sahel: Macron réunit les dirigeants burkinabé, tchadien et nigérien

Le président français Emmanuel Macron (au centre) escorte le président nigérien Mohamed Bazoum (à gauche) alors que lui et le président burkinabè Roch Marc Christian Kabore (à droite) quittent le palais de l'Élysée à Paris le 12 novembre 2021.

Le président français a reçu vendredi ses homologues burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, nigérien Mohamed Bazoum et le président du Conseil militaire de transition du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, pour évoquer "la situation au Sahel".

Cette réunion a été organisée dans la matinée en marge d'une conférence internationale pour la Libye et le Forum pour la paix. Elle a porté "sur la dimension régionale de la crise libyenne", a précisé une source proche de la présidence.

Elle intervient alors que les relations entre la France, ex-puissance coloniale et partenaire historique, et le Mali se sont dégradées, après un nouveau coup d'Etat à Bamako.

Paris a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment ses trois bases les plus au nord du Mali pour le recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs, de plus de 5.000 actuellement, à 2.500-3.000 d'ici 2023.

La tension est montée d'un cran en septembre quand le Premier ministre de transition malien Choguel Kokalla Maïga a accusé Paris d'un "abandon en plein vol" en raison de ce plan. Des critiques censées justifier le possible recours par Bamako à la société paramilitaire privée russe Wagner, décrite comme proche du président russe Vladimir Poutine.

Les chefs des diplomaties russe Sergueï Lavrov et malienne Abdoulaye Diop ont réaffirmé jeudi leur volonté de poursuivre le partenariat militaire entre les deux pays, arguant d'un risque terroriste renforcé par le retrait partiel des troupes françaises.

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