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Droits humains

Guinée: des victimes de répression formulent leurs exigences à la junte

L'ex-camp Boiro, une prison dans la proche banlieue de Conakry où étaient enfermés les opposants sous Sékou Touré, qui a dirigé la Guinée de son indépendance en 1958 à 1984.

Des organisations de défense des droits humains et de victimes de répression en Guinée ont fixé leurs conditions vendredi pour participer la semaine prochaine à des assises présentées par la junte comme une importante occasion de dialogue.

Ces organisations disent dans un communiqué refuser de cautionner ces assises sans garanties.

Le colonel Mamady Doumbouya, qui a pris le pouvoir par la force le 5 septembre 2021 et s'est depuis fait investir président, a convoqué ces assises pour mardi. Elles auront lieu au moment où, après l'accueil initialement favorable fait aux putschistes, la grogne va grandissant contre un exercice autoritaire et solitaire du pouvoir.

Le chef du gouvernement installé par les militaires, Mohamed Béavogui, a expliqué le 12 mars sur la télévision d'Etat que ces assises seraient "une opportunité de se parler, de s'écouter surtout, et de s'entendre sur ce que nous voulons que notre pays devienne demain".

Il a souligné la nécessité "que nous arrivions à pardonner et avancer", dans un pays dirigé pendant des décennies par des régimes autoritaires ou dictatoriaux et coutumier des violences politiques meurtrières.

Les dernières années d'Alpha Condé, devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu, ont été marquées par des mois de contestation sévèrement réprimée, avant son renversement en 2021.

Une douzaine d'organisations s'interrogent dans un communiqué sur les acteurs, les objectifs ou la durée des assises.

"Ne désirant pas servir de cautions en nous associant à des évènements aux objectifs indéfinis et imprécis", elles formulent des "exigences" et préviennent qu'elles ne participeront pas si elles ne sont pas satisfaites.

Elles réclament de connaître les termes de référence des assises. Elles exigent aussi l'engagement des autorités à mettre en place à la fin des assises une Commission de réconciliation.

De telles commissions ont été instituées dans différents pays ouest-africains pour faire la lumière sur des crimes commis pendant des guerres ou des périodes de violence politique, dégager des responsabilités ou permettre des réparations.

Parmi les douze signataires figurent des organisations de victimes du Camp Boiro, site d'internement, de torture et d'exécution sous Sékou Touré (1958-1984), de victimes de la répression consécutive à une tentative de coup d'Etat avorté en 1985 ou de victimes du massacre perpétré par des militaires dans un stade de Conakry en 2009.

La junte a promis de rendre le pouvoir à des civils élus à l'issue d'une période transitoire, mais n'a toujours pris aucun engagement quant à la durée de cette période.

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Des centaines de Soudanais ont manifesté contre les militaires au pouvoir

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Ouverture d'une enquête sur les activités de Castel avec des groupes armés centrafricains

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Plainte à l'ONU de militants sahraouis contre le Maroc pour "détention arbitraire"

Début juin, quatre plaintes ont été déposées contre le Maroc devant le Comité des Nations unies contre la torture, concernant quatre activistes sahraouis.

Dix-huit indépendantistes sahraouis, incarcérés au Maroc pour l'assassinat de membres des forces de l'ordre en 2010 dans l'affaire dite de Gdeim Izik, ont déposé une plainte contre le royaume auprès de l'ONU pour "détention arbitraire", a indiqué vendredi un groupe de soutien.

Cette affaire tient son nom du camp où avaient été tués en novembre 2010 onze policiers et gendarmes marocains près de Laâyoune, la capitale du Sahara occidental administré par Rabat depuis la fin de la colonisation espagnole.

"Les prisonniers de Gdeim Izik déposent une plainte contre le Maroc auprès du Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies alléguant des actes de torture et de répression politique", précise un communiqué du groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits humains au Sahara occidental.

Le groupe ajoute que "les Sahraouis qui militent en faveur de l'autodétermination sont soumis à des pratiques discriminatoires et ont été condamnés à de longues peines d'emprisonnement sur la base d'aveux entachés de torture".

Ces activistes indépendantistes font partie d'un groupe de 23 Sahraouis condamnés à des peines allant de deux ans de prison à la perpétuité dans le cadre de l'affaire de Gdeim Izik.

Début juin, quatre plaintes ont été déposées contre le Maroc devant le Comité des Nations unies contre la torture, concernant quatre activistes sahraouis, dont trois condamnés dans l'affaire de Gdeim Izik "gravement torturés", avaient annoncé des ONG.

La coordination des familles des victimes du camp de Gdeim Izik a, elle, dénoncé dans un communiqué "une dangereuse tentative de galvauder les faits, transformant les criminels en victimes".

Le conflit du Sahara occidental -vaste territoire désertique riche en phosphates et aux eaux très poissonneuses- oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

Tandis que Rabat prône un statut d'autonomie sous souveraineté marocaine, le Polisario réclame un référendum d'autodétermination, prévu par l'ONU lors de la signature en 1991 d'un cessez-le-feu, mais qui ne s'est jamais concrétisé.

Seun Kuti annule son concert au Maroc à cause du drame de Melilla


Seun Kuti annule son concert au Maroc à cause du drame de Melilla
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Le chanteur nigérian Seun Kuti annule un concert au Maroc en raison du drame de Melilla

Seun Kuti, fils de la légende de la musique afrobeat Fela Kuti, se produit à "Felabration", un événement annuel rendant hommage à son père, au New Afrika Shrine à Lagos, au Nigeria, aux premières heures du dimanche 20 octobre 2013.

L'artiste nigérian Seun Kuti a annoncé jeudi l'annulation de son concert qui était prévu samedi au festival marocain Jazzablanca, afin de "porter le deuil" des 23 migrants ayant péri en tentant de rallier l'enclave espagnole de Melilla au Maroc.

"C'est avec une grande tristesse que je vous annonce l'annulation de notre voyage au Maroc ce weekend pour Jazzablanca", a indiqué Seun Kuti, fils du légendaire précurseur de l'Afrobeat Fela Kuti, dans une vidéo postée sur son compte Instagram.

"Il m'est impossible en toute bonne conscience de monter sur scène et de passer du bon temps alors que tant d'Africains ont perdu la vie. Nous devons porter leur deuil", a ajouté l'artiste en référence aux 23 migrants qui ont perdu la vie vendredi en tentant de traverser vers l'enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc.

Il s'agit du bilan le plus meurtrier jamais enregistré lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l'enclave espagnole voisine de Ceuta, qui constituent les seules frontières terrestres de l'UE avec le continent africain.

L'ONU a accusé le Maroc et l'Espagne d'avoir eu recours à "un usage excessif de la force" contre ces migrants.

Les organisateurs du Jazzablanca, prévu du 1er au 3 juillet à Casablanca, ont confirmé l'annulation du concert de M. Kuti à l'AFP.

"C'est une décision personnelle de l'artiste", ont-ils commenté.

Le légendaire Gilberto Gil, Mulatu Astatke, le père de l'éthio-jazz ou Asaf Avidan, figure du folk-rock israélien, sont au programme de la 15e édition de ce festival.

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