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Guantanamo : transféré en Mauritanie, Ahmed Ould Abdel Aziz est libre

Dans le camp de Guantanamo, le 30 mars 2010. (PAUL J. RICHARDS/AFP/Getty Images)

Le prisonnier a retrouvé sa famille ce jeudi. Avec ce transfert, Guantanamo ne compte plus que 133 détenus. A terme, Washington cherche à fermer ce centre de détention situé à Cuba.

Avant-dernier détenu mauritanien à Guantanamo, Ahmed Ould Abdel Aziz a été transféré vers son pays d'origine, a annoncé le Pentagone jeudi 29 octobre. Selon les autorités mauritaniennes, il a été remis à sa famille et est désormais libre.

"M. Ahmed Ould Abdel Aziz a été remis en liberté et a regagné sa famille ce (jeudi) matin, Dieu merci", a déclaré le ministère mauritanien de la Communication dans un communiqué diffusé jeudi après-midi à Nouakchott. Sa famille et une ONG de défense des droits de l'Homme ont confirmé à l'AFP son arrivée dans le pays.

Cette libération est intervenue à la suite d'"efforts diplomatiques fournis par le gouvernement dans ce cadre", indique le texte, sans plus de détails.

Aucune charge retenue contre lui

A la question de savoir s'il s'agissait d'une libération provisoire ou définitive, une source officielle sollicitée par l'AFP a répondu : "Le gouvernement mauritanien ne retient aucune charge contre lui."

Selon une fiche classée secret défense, mais révélée par Wikileaks, Ahmed Ould Abdel Aziz, 45 ans, avait prêté allégeance à Oussama ben Laden en 1999 et combattu en Afghanistan dans les rangs d'Al-Qaïda.

Il était considéré comme d'une haute valeur potentielle sur le plan du renseignement, ayant approché des hauts cadres d'Al-Qaïda, même s'il n'a pas coopéré lors de ses interrogatoires.

Il était l'un des deux Mauritaniens détenus à Guantanamo, avec Mohamedou (bien Mohamedou) Ould Slahi, qui y demeure prisonnier depuis 13 ans.

Selon le ministère mauritanien de la Communication, la Mauritanie poursuivra ses efforts "pour la remise en liberté de M. Mohamedou Ould Slahi", ainsi que pour la libération d'un Mauritanien enlevé en Syrie et dont la famille n'a pas de nouvelles depuis deux ans.

Fermer Guantanamo, la promesse d’Obama

Barack Obama a mis son veto la semaine dernière à une proposition de loi de budget de la Défense : ce texte rendait en effet impossible le transfert de prisonniers de Guantanamo vers le territoire américain.

Fermer Guantanamo est une promesse de longue date effectuée par Barack Obama, qui peine à la concrétiser.

La prison, créée en 2001 après les attentats du 11-Septembre, abrite des suspects de terrorisme dont certains sont détenus depuis des années sans avoir été jugés ou inculpés.

L'administration américaine est en train de chercher un lieu sur le territoire des Etats-Unis pour transférer les détenus de Guantanamo et fermer le camp.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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