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Grève générale au Soudan pour faire pression sur les militaires au pouvoir

Alla Salah, une Soudanaise propulsée à la gloire sur Internet plus tôt cette semaine après avoir dirigé de puissants chants de protestation contre le président Omar al-Bashir, lors d'une manifestation dans la capitale Khartoum le 10 avril 2019.

Des milliers de Soudanais observent mardi une grève générale à l'appel de la contestation, paralysant plusieurs secteurs d'activités, pour accroître la pression sur l'armée, qui refuse de transférer le pouvoir aux civils, plus de six semaines après l'éviction d'Omar el-Béchir.

Les fonctionnaires, employés des banques et d'entreprises du privé ont répondu à cet appel d'une grève générale de deux jours, insistant sur le fait que seul un gouvernement civil est en mesure de sortir le Soudan de la crise politique.

"Cette grève est la première étape. Si nos revendications ne sont pas satisfaites, nous irons vers une désobéissance civile", a averti un employé de banque, Youssef Mohamed, alors qu'il scandait des slogans avec ses collègues devant cet établissement bancaire de Khartoum.

"Nous avons essayé un gouvernement militaire, mais cela n'a pas fonctionné", a-t-il ajouté.

Dans différents secteurs de Khartoum, des employés grévistes ont protesté en pleine rue, des voitures klaxonnant en solidarité avec eux.

Des centaines de travailleurs de Port-Soudan, pôle économique vital, ont aussi rejoint la grève de 48 heures.

Passagers bloqués

Des centaines de passagers ont été bloqués à l'aéroport de Khartoum. Beaucoup d'employés ont porté des insignes sur lesquels était écrit: "nous sommes en grève", a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les compagnies soudanaises Badr, Tarco et Nova ont suspendu leurs vols mardi. EgyptAir a également annulé ses liaisons avec Khartoum pour la journée, tandis que flydubai a dit qu'il "surveillait" la situation.

Des centaines de passagers ont également été bloqués à la gare routière de Khartoum, où les employés ont indiqué qu'ils étaient en grève mardi et mercredi et qu'il n'y aurait donc pas de bus.

Après avoir demandé le soutien de l'armée contre le président Omar el-Béchir, les manifestants réclament désormais le départ des généraux qui ont pris le pouvoir après avoir évincé le chef de l'Etat le 11 avril.

Des discussions ont été lancées pour trouver un accord sur une instance de transition entre le Conseil militaire et les civils de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui mènent depuis plus de cinq mois le mouvement.

Mais des divergences persistent, notamment sur la composition d'un futur Conseil souverain censé assurer une transition post-Béchir de trois ans, chaque camp réclamant une majorité des sièges.

Face au refus persistant des militaires de céder le pouvoir, l'ALC a décidé d'utiliser l'"arme devenue inévitable" de la grève générale.

En cas d'absence de réaction des militaires, Wajdi Saleh, membre de l'ALC, a menacé lundi soir de faire "monter la pression d'un cran vers une grève générale indéfinie". "Nous espérons ne pas en arriver là", a-t-il ajouté.

"Message clair au monde"

"La grève de deux jours a pour objectif d'envoyer un message clair au monde entier: le peuple soudanais souhaite un changement réel et n'acceptera pas de laisser le pouvoir aux mains des militaires", a déclaré à l'AFP Siddiq Farouk, un des leaders de l'ALC.

"La grève est un moyen et non une fin en soi, elle est le droit ultime du peuple pour réaliser ses revendications", a ajouté M. Farouk.

Mais cet appel a aussi révélé des dissensions au sein du mouvement de contestation.

L'historique parti d'opposition al-Oumma, dirigé par l'ancien Premier ministre Sadek al-Mahdi et membre de l'ALC, a rejeté dimanche cette action, évoquant un "désaccord sur son calendrier et sa préparation".

"Une grève générale est une arme qui ne devrait être utilisée qu'après avoir fait l'objet d'un consensus" au sein de l'ALC, a argué al-Oumma.

Ce parti a toutefois appelé à maintenir "l'unité" au sein de la contestation et défendu le "droit" des travailleurs à faire grève.

M. Mahdi, ex-chef de gouvernement élu qu'Omar el-Béchir avait renversé lors d'un coup d'État soutenu par les islamistes en 1989, avait déjà appelé les manifestants à ne pas "provoquer" les militaires.

Le Parti du congrès soudanais, également partie prenante majeure de l'ALC, a de son côté annoncé son adhésion à la grève, dénonçant "le mur d'intransigeance du Conseil militaire".

Rencontres internationales

Alors que les chefs de la contestation mobilisaient la société civile pour la grève, les généraux ont multiplié ces derniers jours les rencontres avec les dirigeants étrangers qui les soutiennent.

Le chef du Conseil militaire, Abdel Fattah al-Burhane, s'est rendu dimanche aux Emirats arabes unis au lendemain d'une visite en Egypte, deux pays qui appuient les généraux au Soudan.

A l'instar du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, a assuré au général soudanais que les Emirats se tiendraient "auprès du Soudan dans ses efforts pour préserver la sécurité et la stabilité".

Le chef-adjoint du Conseil militaire, Mohamad Hamdan Daglo, dit "Himeidti", a lui rencontré le 24 mai le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Jeddah, dans l'ouest de l'Arabie saoudite, et ont exprimé un soutien mutuel.

Les représentants des manifestants ont rencontré les ambassadeurs britannique et saoudien à Khartoum. Ils ont notamment demandé le soutien de Ryad "pour l'instauration d'un pouvoir civil de transition".

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Combats entre des rebelles du Soudan du sud et des forces gouvernementales

Les combats au Soudan du Sud sont les premiers depuis la signature de l'accord de paix en septembre dernier.

Des combats ont éclaté mardi non loin de la capitale du Soudan du Sud entre les forces gouvernementales et des rebelles qui ont refusé l'accord de paix signé il y a quelques mois, a annoncé le groupe rebelle.

Les mesures de sécurité ont été renforcées à Juba, la capitale, selon le correspondant de l'AFP, au moment où les combats ont commencé à 100 kilomètres de là, à Lobonok. Ces combats sont les premiers depuis la signature de l'accord de paix en septembre dernier.

Le Front national du salut (NAS), lancé par l'ancien général Thomas Cirillo Swaka en 2017 qui voulait renverser le régime du président Salva Kiir, a annoncé qu'il avait subi une attaque mardi matin.

Le NAS a précisé dans un communiqué avoir tué huit "soldats ennemis", information qui n'a pu être confirmée de source indépendante.

"Le commandement du NAS à Lobonok s'attend à plus d'attaques," selon le communiqué.

Lobonok se trouve près de la ville natale de l'ex-général Cirillo et a longtemps été un bastion des rebelles. Les derniers combats dans cette zone remontent à juin 2018.

"Depuis ce matin, nous n'arrivons pas à contacter nos commandants sur le terrain [à Lobonok] et nous n'avons pas d'informations fraîches de là-bas," a déclaré à l'AFP Lul Ruai Koang, porte-parole militaire sud-soudanais.

Cependant, des soldats ont été déployés à Juba, effectuant plus de contrôles de sécurité que d'habitude, selon le correspondant de l'AFP.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 lorsque M. Kiir, un Dinka, a accusé M. Machar, son ancien vice-président et membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.

Le conflit, marqué par des atrocités et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais, soit près d'un tiers de la population, à quitter leurs foyers.

L'accord de paix a entraîné une forte décrue des combats, même s'ils n'ont pas complètement cessé. Cet accord prévoyait la formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale au plus tard le 12 mai.

Avec AFP

Gambie: l'ex-président Jammeh accusé d'avoir fait tuer des dizaines de migrants ghanéens

L'ancien président de la Gambie, Yahya Jammeh, le 27 septembre 2009.

Une trentaine de migrants originaires du Ghana ont été exécutés sommairement par une unité paramilitaire sur ordre de l'ex-président gambien Yahya Jammeh, ont accusé mardi deux anciens membre de la garde présidentielle, reconnaissant avoir participé au massacre.

Le témoignagne ressort d'une audition publique devant la Commission vérité et réconciliation (TRRC)

Les meurtres, qui remontent à juillet 2005, visaient 30 Ghanéens faisant partie d'un groupe de migrants clandestins --44 Ghanéens et plusieurs Nigérians, Sénégalais et Togolais-- arrêtés sur une plage de Gambie alors qu'ils tentaient de se rendre en Europe.

"Yahya Jammeh a ordonné l'exécution de ces ressortissants étrangers", présentés comme des "mercenaires", a déclaré devant la TRRC Omar Jallow, ex-membre des "junglers", une unité officieuse de soldats choisis au sein de la garde nationale.

Selon son récit, qui confirme une enquête des ONG Human Rights Watch (HRW) et TRIAL, ces 30 Ghanéens ont été emmenés dans le village du président, Kanilai, avant d'être exécutés de l'autre côté de la frontière sénégalaise.

Les autres migrants ont également été tués, à l'exception d'un unique survivant ghanéen, Martin Kyere, qui avait réussi à sauter du véhicule en marche. Yahya Jammeh, en exil en Guinée Equatoriale, a toujours démenti être impliqué dans ces assassinats.

Un autre militaire, Malick Jatta a également avoué mardi avoir tué l'un des migrants ghanéens, mais assuré avoir épargné un fuyard, dans une probable référence à Martin Kyere.

Omar Jallow a expliqué que leur commandant, le lieutenant Solo Bojang, "nous a dit que l'ordre de l'ancien chef de l'Etat (Yahya Jammeh) était de les fusiller". "On les a conduits un par un jusqu'au lieu d'exécution et Sanna Manjang et Malick Jatta leur ont tiré dessus et les ont jetés dans un puits".

Sanna Manjang, déserteur de l'armée en fuite, a été accusé lundi par Malick Jatta d'avoir participé, sur ordre de Yahya Jammeh, à l'assassinat en 2004 du journaliste Deyda Hydara, cofondateur du journal privé The Point et correspondant de l'AFP. M. Jatta a reconnu avoir participé à cet assassinat.

"La question maintenant est de savoir si Jammeh devra rendre des comptes", a réagi le conseiller juridique de Human Rights Watch Reed Brody.

- Demi-frère du président -

Omar Jallow a aussi expliqué que l'un des migrants lui avait donné "100 dollars pour qu'il puisse faire ses prières" mais qu'il avait été immédiatement abattu par Sanna Manjang. "J'ai gardé les 100 dollars".

L'ancien membre des "junglers" a ajouté avoir participé à l'exécution d'un demi-frère du président, Haruna Jammeh, peu après son interpellation en 2005 par la redoutée Agence nationale du renseignement (NIA).

Le demi-frère du président a été conduit dans une forêt proche de Kanilai, où "Sanna Manjang l'a tué d'un coup sur la nuque", a dit Omar Jallow.

Arrivé au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en juillet 1994 dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, Yahya Jammeh s'était fait élire en 1996 puis réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face à l'opposant Adama Barrow.

Les défenseurs des droits de l'Homme accusent son régime de tortures systématiques d'opposants et de journalistes, d'exécutions extra-judiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées pendant ses 22 ans de pouvoir.

Après six semaines d'une crise à rebondissements, il a finalement dû quitter son pays en janvier 2017 à la suite d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Interrogé début 2018 sur une éventuelle demande d'extradition de Yahya Jammeh, Adama Barrow a répondu qu'il attendrait la fin des travaux de la TRRC pour se prononcer.

Avec AFP

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