Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Gambie: Amnesty et le syndicat des journalistes dénoncent de graves atteintes à la liberté de la presse


Le nouveau président de la Gambie, Adama Barrow, assiste à la parade miliaire avec sa femme lors de sa prestation de serment au Stade de l'Indépendance, à Bakau, Gambie, 18 février 2017.

L'arrestation de journalistes et la fermeture de deux radios en Gambie, après une manifestation réclamant le départ du président Adama Barrow, rappellent les heures noires du régime "brutal" de l'ex-président Yahya Jammeh, ont affirmé lundi Amnesty International et le syndicat des journalistes.

Organisée par le collectif "Operation Three Years Jotna"" ("Trois ans, il est temps"), la manifestation a tourné à l'affrontement entre les forces de l'ordre et les opposants au président Barrow.

La police a procédé à 137 arrestations et le gouvernement a décrété l'interdiction du collectif, le qualifiant de "subversif, violent et illégal". Il a menacé de "conséquences graves" ceux continueraient à entretenir des liens avec lui, y compris les "stations de radio".

Deux radios locales, Home Digital FM et King FM, ont été fermées pour "incitation à la violence" et diffusion de "messages incendiaires", selon le gouvernement. Leurs dirigeants ont été placés en détention, selon leurs proches.

Le syndicat de la presse nationale (GPU) a affirmé lundi dans un communiqué que des "policiers armés s'étaient attaqués" à ces radios et que quatre journalistes figuraient parmi les personnes arrêtées. Un journaliste a par ailleurs été attaqué par les manifestants, selon le syndicat.

La fermeture des deux radios est "arbitraire et illégale", a dénoncé le syndicat, selon qui King FM ne diffuse que de la musique le dimanche. Il n'y a "rien d'incendiaire" dans la couverture de Home Digital FM, ajoute-t-il.

"Ces dernières 24 heures représentent la plus grande attaque contre la liberté de la presse depuis que le nouveau gouvernement est entré en fonction. L'attaque d'hier (dimanche) rappelle les 20 ans de brutale répression des médias" sous le régime de M. Jammeh, durant lesquels des journalistes ont été assassinés ou forcés à l'exil.

Les arrestations de dimanche "alimentent la tension" et "rappellent le passé brutal en Gambie", a également affirmé Amnesty international. L'ONG appelle à la levée de la fermeture des radios et à la libération des journalistes détenus. "Toute attaque contre la presse doit cesser", a martelé Amnesty.

Officier arrivé à la tête de la Gambie par un coup d'Etat en 1994, Yahya Jammeh a dirigé un régime de féroce répression. Il a été poussé à s'exiler en Guinée Equatoriale en janvier 2017, cédant à une intervention militaire africaine après avoir rejeté sa défaite à la présidentielle face à l'opposant Adama Barrow.

Investi par une coalition de l'opposition, Adama Barrow avait signé une charte prévoyant que le nouveau président organiserait après trois ans une nouvelle élection, à laquelle il ne pourrait pas se présenter.

Mais il assure à présent que "personne ne pourra (le) forcer à quitter la présidence avant 2021", date de la fin de son mandat constitutionnel. Ses anciens compagnons l'accusent de "trahison" et réclament depuis des mois qu'il tienne sa promesse.

XS
SM
MD
LG