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Rwanda

Génocide rwandais: peine confirmée pour l'ancien ministre Ngirabatware

Augustin Ngirabatware (D), ancien ministre rwandais de l’urbanisme, est assis à côté de son avocat Cecil John Maruma (G) lors de sa première comparution devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha le 10 octobre 2008

La condamnation de l'ancien ministre rwandais Augustin Ngirabatware pour son rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda, a finalement été confirmée vendredi par la justice internationale au terme d'une procédure de révision de son procès.

Ministre du Plan au moment du génocide, qui a fait 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement des membres de la minorité tutsi, Augustin Ngirabatware avait été condamné en appel à 30 ans de prison par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour génocide et incitation à commettre le génocide dans sa commune de Nyamyumba (nord-ouest).

En juin 2017, le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) avait accepté sa demande de révision de son procès - une première pour un condamné du TPIR - sur la base de rétractations de témoins l'ayant incriminé.

Mais certains de ces témoins, rappelés à la barre, ont finalement maintenu leurs témoignages initiaux, expliquant avoir un moment voulu se rétracter à la suite de pressions et intimidations de la part de proches de M. Ngirabatware.

"La chambre décide à l'unanimité que le jugement reste en vigueur dans tous ses aspects", a dès lors déclaré le juge président, Theodor Meron, lors d'une audience à Arusha (Tanzanie).

Né en 1957 à Nyamyumba, M. Ngirabatware est le gendre de l'homme d'affaires Félicien Kabuga, le plus connu des accusés du TPIR encore en fuite.

Docteur en économie formé en Suisse, M. Ngirabatware avait fui le Rwanda en juillet 1994. Il avait travaillé dans des instituts de recherche au Gabon et en France, avant d'être arrêté en Allemagne en 2007 puis transféré au TPIR un an plus tard.

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Tshisekedi, Kagame et Macron veulent réduire la tension dans l'est de la RDC

Le président rwandais Paul Kagame, le président français Emmanuel Macron et le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi se rencontrent en marge de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies le 21 septembre 2022 à New York.

Les présidents de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi, du Rwanda Paul Kagame et de la France Emmanuel Macron sont convenus mercredi, lors d'une rencontre à New York, "d'agir de concert" pour lutter contre les violences dans l'est de la RDC, a annoncé l'Elysée.

Lors d'un entretien en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, les trois dirigeants "ont marqué leur préoccupation face à la recrudescence des violences dans l'est de la RDC et leur résolution à apporter une réponse régionale et coordonnée à la menace portée par le groupe terroriste ADF dans la région", a indiqué la présidence française dans un communiqué.

Mardi soir, Félix Tshisekedi avait accusé à la tribune de l'ONU le Rwanda voisin d'"agression" militaire "directe" et d'"occupation" dans l'est de son pays, via également le soutien présumé de Kigali à la rébellion armée du M23.

Les deux dirigeants africains, invités par M. Macron à déjeuner, "sont convenus d'agir de concert pour obtenir au plus vite l'application des dispositions du processus de Luanda, le retrait du M23 et le cantonnement de ses combattants hors de la zone de Bunagana, avec l'appui des Nations unies et de leurs partenaires de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL)", selon l'Elysée.

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MM. Tshisekedi, Kagame et Macron veulent en outre "intensifier durablement leur coopération pour lutter contre l'impunité et mettre un terme à l'action des groupes armés dans la région des Grands Lacs, dont les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR)", a-t-on précisé de même source.

L'est de la RDC abrite de nombreux groupes armés qui sèment la mort depuis près de 30 ans.

L'un des plus actifs est le M23, une ancienne rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013, qui a repris les armes fin 2021 en reprochant à Kinshasa de n'avoir pas respecté des accords sur la démobilisation et réinsertion de ses combattants.

Selon un rapport d'experts missionnés par les Nations unies, consulté en août par l'AFP, l'armée rwandaise a "lancé des interventions militaires contre des groupes armés congolais et des positions des Forces armées congolaises" à partir de novembre 2021.

Kigali dément depuis des années soutenir le M23 et a rejeté ces "allégations non valides".

Avant de déjeuner avec MM. Macron et Tshisekedi, Paul Kagame avait simplement reconnu à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU "le besoin urgent de trouver et de régler les causes profondes de l'instabilité dans l'est de la RDC".

Mais "blâmer les autres ne résout pas les problèmes. Ces défis ne sont pas insurmontables et des solutions peuvent être trouvées. Cela sera au bout du compte bien moins coûteux tant en argent qu'en vies humaines", a conclu le dirigeant rwandais.

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Des Rwandais accusent le gouvernement d'expulsions forcées

Une femme marche entre les biens des personnes qui sont expulsées dans le bidonville de Kangondo à Kigali au Rwanda, le 16 septembre 2022. (Photo AFP)

Au Rwanda, les habitants de Kangondo, l'un des plus grands bidonvilles de Kigali accusent le gouvernement de les avoir expulsés de force de leurs maisons avant la date limite de dimanche. Ils dénoncent des évictions forcées, sans compensation financière adequate.

Après des années de résistance, l'étau s'est resserré cette semaine sur l'un des plus grands bidonvilles du Rwanda, à Kigali, où les bulldozers sont entrés en action, et des habitants dénoncent des évictions forcées, sans compensation financière adéquate.

Jeudi, le bidonville de Kangondo, surnommé comme d'autres "Bannyahe" ("là où je peux déféquer"), qui jouxte certains des quartiers les plus chics de Kigali, a été soudain encerclé par la police. Cette dernière a empêché les résidents d'aller et venir, à moins qu'ils ne déménagent définitivement, tandis que des drones diffusaient des messages invitant les résidents à plier bagages.

Une date limite a été fixée à dimanche, alors que les habitants, qui se sont pourvus en justice, attendent une décision du tribunal pour la fin du mois.

"Ils nous ont dit que nous n'étions pas autorisés à accéder à la zone. Nous avons dormi dehors depuis jeudi", a déclaré un habitant à l'AFP samedi.

Les bulldozers ont rasé les bâtiments tandis que les locataires désespérés se sont précipités pour sauver ce qu'ils pouvaient, s'emparant de tôles, de briques et de meubles.

"Depuis jeudi, je ne peux pas aller travailler, je ne peux pas acheter de la nourriture ni trouver de l'eau potable pour mes enfants", a déclaré à l'AFP une habitante de Kagondo.

"J'ai été retenue prisonnière ici, pourtant j'y vis depuis plus de 20 ans", a-t-elle ajouté, portant son enfant pendant que son mari débarrassait leurs affaires.

Samedi matin, de nombreuses familles avaient fait leurs bagages et montaient dans des bus et des camions destinés à les transporter vers Busanza, dans la banlieue de Kigali, où les propriétaires se sont vu proposer de nouveaux logements. Tandis que les locataires se sont vu offrir une compensation maximale de 30 000 francs rwandais (30 dollars) pour trouver un abri temporaire.

La police affirme que ce processus de relogement s'était déroulé "sans heurts".

- "Jungle sans loi" -
"Je ne veux pas des maisons qu'ils nous donnent parce qu'elles sont petites et laides", a cependant déclaré à l'AFP un père de cinq enfants.

"Je veux une compensation financière équitable. S'ils veulent ma terre, ils devraient la payer", a-til ajouté.

Les propriétaires accusent le gouvernement de sous-évaluer leurs parcelles, tandis que les locataires se sont vu offrir une compensation maximale de 30.000 francs rwandais (30 dollars) pour trouver un abri temporaire.

Le quartier est au centre d'un conflit de longue date entre les habitants et les autorités, qui ont réservé la zone pour le développement.

Le gouvernement du président Paul Kagame, critiqué par les groupes de défense des droits de l'homme pour sa gestion du pays d'une main de fer, s'est efforcé de moderniser ce pays d'Afrique de l'Est, Kigali étant au centre d'un programme d'infrastructures de plusieurs milliards de dollars.

Les appartements de Busanza ont été construits par un ancien chef de police devenu magnat de l'immobilier, qui cherche maintenant à développer Kangondo en complexes immobiliers haut de gamme.

Le porte-parole de la police, John Bosco Kabera, a nié tout recours à la force.

"Il n'y a pas de déplacement ou d'expulsion par la force. L'exercice de relocalisation des personnes se fait en douceur", a-t-il dit à l'AFP.

Les résidents de Kangondo ont attaqué les autorités en justice en 2018, réclamant une meilleure compensation, et un jugement est attendu le 29 septembre.

"Expulser de force les résidents avant que le tribunal n'arrive à un verdict est une violation claire des lois", a déclaré aux médias locaux Innocent Ndihokubwayo, un avocat représentant les résidents.

"Si cela continue, le Rwanda deviendra comme une jungle sans loi", a-t-il averti.

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