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Génocide au Rwanda: Protais Mpiranya, dernier haut responsable en fuite

Le portrait de Protais Mpiranya, en fuite depuis 2000. ("AFP PHOTO/ UNITED NATIONS/ INTERNATIONAL RESIDUAL MECHANISM FOR CRIMINAL TRIBUNALS (MICT)"

En cavale depuis 2000, Protais Mpiranya est depuis l'arrestation de Félicien Kabuga le fugitif rwandais le plus recherché par la justice, pour son implication présumée dans le génocide de 1994, où il commandait alors la très puissante garde présidentielle.

Accusé de crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, le major hutu Mpiranya serait actuellement âgé de 60 ans et il est considéré comme la plus importante des six personnalités encore en fuite et mises en accusation par l'ex-Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Celui qui le devançait jusqu'à peu sur cette liste, Félicien Kabuga, régulièrement présenté comme le financier du génocide, a été arrêté le 16 mai en France. Les autorités judiciaires de ce pays ont décidé mercredi de le remettre à la justice internationale.

Protais Mpiranya est notamment accusé, avec d'autres, d'avoir fait tuer le 7 avril 1994, aux premières heures du génocide des Tutsi, la Première ministre hutu modérée Agathe Uwilingiyimana, dix Casques bleus belges chargés de sa protection et plusieurs personnalités politiques de premier plan, ainsi que leurs familles et domestiques.

La veille au soir, l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana avait été abattu à son approche de l'aéroport international de Kigali.

Le président revenait d'une rencontre régionale à Dar es Salaam où il avait accepté de mettre en place les institutions de transition prévues par les accords d'Arusha, censés mettre fin en 1993 à une guerre civile entre le pouvoir hutu de Kigali et une rébellion tutsi.

L'assassinat de Juvénal Habyarimana déclenche une réunion d'urgence entre l'état-major des Forces armées rwandaises et celui de la gendarmerie, menés par le colonel Théoneste Bagosora, et les responsables militaire et civil de l'ONU dans le pays, le général Roméo Dallaire et Jacques-Roger Booh-Booh.

"Créer un vide politique"

Ces derniers estiment que Mme Uwilingiyimana a l'autorité légale pour prendre le contrôle de la situation et suggèrent qu'elle s'adresse à la population sur les ondes. Refus catégorique du colonel Bagosora qui, avec les membres du pouvoir hutu radical, a d'autres visées en tête.

Dans la matinée du 7 avril 1994, Protais Mpiranya et deux autres responsables militaires "ont ordonné à leurs subordonnés (...) de se lancer à la recherche du Premier Ministre, Agathe Uwilingiyimana, pour la tuer", écrit le procureur du TPIR dans l'acte d'accusation.

Le corps profané de Mme Uwilingiyimana, première femme à avoir occupé ce poste, est exposé, dénudé, à la vue des passants. L'attaque est supervisée par un capitaine de la garde présidentielle, toujours selon l'accusation.

Dans la foulée, plusieurs personnalités et hauts responsables politiques favorables aux accords d'Arusha sont assassinés: le président de la Cour constitutionnelle, le ministre de l'Agriculture, le ministre de l'Information, le vice-président du parti social démocrate pressenti pour le poste de président de l'Assemblée nationale transitoire.

Le but: "Créer un vide politique et faire échouer la mise en œuvre des Accords d'Arusha", selon l'accusation. Et à chaque fois, des membres de la garde présidentielle de M. Mpiranya sont directement impliqués.

Protais Mpiranya est natif de l'ancienne province de Gisenyi (nord du Rwanda), dans la même région d'origine que Juvénal Habyarimana et plusieurs hauts responsables militaires hutu radicaux.

Après sa sortie de l'École supérieure militaire de Kigali en 1983, il est affecté à la gendarmerie nationale.

"Compréhension" de l'endroit où il se cache

En 1991, alors que l'armée rwandaise est aux prises avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) conduits par l'actuel chef de l’État Paul Kagame, il est transféré au bataillon de la garde présidentielle. Deux ans plus tard, Mpiranya est promu commandant de cette unité.

Après la défaite des FAR et la fin du génocide en juillet 1994, commence un long chemin d'exil qui le mènera dans plusieurs pays africains.

Selon l'organisation African Rights qui a travaillé sur le génocide de 1994, l'ancien officier se bat aux côtés des forces armées congolaises, en 1998, contre des rebelles congolais soutenus par la nouvelle armée rwandaise.

Selon la presse zimbabwéenne et des informations parues au Rwanda, il sera plus tard envoyé au Zimbabwe pour le compte des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), composées pour partie d'ancien génocidaires et accusées d'exploiter les minerais de l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

"A travers nos investigations intensifiées au cours des trois dernières années, nous sommes parvenus à une solide compréhension des mouvements de Mpiranya et de l'endroit où il se cache", a récemment assuré Serge Brammertz, le procureur du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), la structure chargée d'achever les travaux du TPIR.

"Notre tâche est maintenant d'obtenir la coopération nécessaire des pays concernés", a-t-il ajouté.

Si le magistrat belge refuse de nommer ces pays, ses rapports aux Nations unies laissent penser que Protais Mpiranya circulerait en Afrique australe.

Pour Serge Brammertz, l'ancien commandant de la garde présidentielle pendant le génocide des Tutsi en 1994 est donc bien encore en vie, contrairement aux affirmations de certains milieux rwandais en exil.

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Génocide rwandais: la justice ordonne le transfert de Kabuga à La Haye

La salle d'audience après l'audience initiale d'extradition du suspect de génocide rwandais Felicien Kabuga, au palais de justice de Paris, France, 20 mai 2020.

Un juge du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) a ordonné mercredi le transfert à La Haye de Félicien Kabuga, "financier" présumé du génocide au Rwanda en 1994, accusé 'de génocide" et crimes contre l'humanité et actuellement détenu en France.

"Je modifie par la présente le mandat d'arrêt et l'ordre de transfert", a déclaré le juge Iain Bonomy dans un document, ordonnant au MTPI "de modifier les conditions de détention de Kabuga pour permettre sa détention" à La Haye.

Génocide au Rwanda: un deuxième médecin rwandais renvoyé aux assises en France

Le médecin rwandais Eugène Rwamucyo, accusé de génocide et de crime contre l'humanité, vingt-six ans après les massacres perpétrés contre la minorité tutsie et les Hutu modérés au Rwanda.

Condamné par contumace au Rwanda mais résidant en Belgique, le médecin rwandais Eugène Rwamucyo a été renvoyé devant les assises en France par des juges pour génocide et crime contre l'humanité, vingt-six ans après les massacres perpétrés contre la minorité tutsie et les Hutu modérés au Rwanda.

Treize ans après une plainte déposée notamment par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une association oeuvrant pour la traduction en justice des suspects du génocide, les juges d'instruction du pôle "crimes contre l'humanité" du tribunal de Paris ont ordonné mardi un procès contre cet homme aujourd'hui âgé de 61 ans.

Ils souhaitent qu'il comparaisse pour "génocide", "crime contre l'humanité", "complicité" de ces crimes et "association de malfaiteurs" en vue de la préparation de ces derniers, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Il s'agit du septième homme renvoyé devant la cour d'assises de Paris pour participation au génocide rwandais qui a fait environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi, entre avril et juillet 1994.

Trois hommes ont à ce jour été jugés et définitivement condamnés. Un ancien chauffeur d'hôtel, Claude Muhayimana, doit pour sa part comparaître pour complicité de génocide en février, tandis qu'un autre médecin, Sosthène Munyemana, et un ex-préfet, Laurent Bucyibaruta, ont fait appel de leur ordonnance de renvoi et attendent encore l'issue de ces recours.

"Mon client conteste formellement les accusations", a réagi auprès de l'AFP son avocat, Me Philippe Meilhac, qui a annoncé vouloir faire appel de l'ordonnance. "Si toutefois un procès devait se tenir, Eugène Rwamucyo l'affrontera avec sérénité", a-t-il ajouté.

"Malgré les lenteurs de la justice que nous ne cessons de dénoncer, ces décisions ne peuvent que nous conforter dans notre détermination à ce que tous ceux qui auraient participé au génocide des Tutsi et qui croyaient pouvoir se faire oublier en France puissent enfin comparaître devant la justice des hommes", a réagi dans un communiqué le CPCR.

"Nous sommes très satisfaits de cette décision", a commenté auprès de l'AFP Alain Gauthier, cofondateur du CPCR. "Cela faisait des années que nous avions déposé plainte".

C'est à la suite de cette dernière qu'une instruction avait été ouverte en 2007 à Lille (nord), puis dépaysée à Paris l'année suivante.

Extradition refusée

M. Rwamucyo est notamment accusé par Kigali d'avoir participé à des réunions de responsables génocidaires à Butare (sud du Rwanda) en 1994, dont l'une sous l'égide du Premier ministre de l'époque, Jean Kambanda, condamné à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Il est aussi soupçonné d'avoir dirigé les opérations d'enfouissement en masse de corps de civils tutsi lors des massacres commis entre avril et juillet 1994, et ordonné l'achèvement et l'enterrement de survivants, selon des éléments de l'ordonnance des juges dont l'AFP a eu connaissance.

"Mon client était médecin hygiéniste dans la région de Butare et à ce titre, il était chargé de l'ensevelissement des corps", a expliqué Me Meilhac. "Maintenant on lui reproche d'avoir profité de cette mission indispensable pour s'en prendre à des survivants", a-t-il regretté.

M. Rwamucyo a été condamné par contumace en 2007 au Rwanda à perpétuité.

Médecin à l'hôpital de Maubeuge (nord de la France), il avait été suspendu en octobre 2009 lorsque la direction de l'établissement avait appris qu'il était visé par un mandat d'arrêt international émis par Kigali. Il avait ensuite été licencié.

En application de ce mandat, M. Rwamucyo avait finalement été interpellé en mai 2010 à Sannois en région parisienne alors qu'il venait d'assister aux obsèques d'un autre Rwandais, Jean-Bosco Barayagwiza, cofondateur de la tristement célèbre Radio-télévision libre des mille collines (RTLM) qui propageait l'idéologie hutu extrémiste et des discours d'incitation à la haine contre les Tutsi.

La cour d'appel de Versailles (région parisienne) s'était cependant opposée en septembre 2010 à son extradition, ordonnant sa remise en liberté.

Il avait été mis en examen une première fois en 2013 pour "participation à une entente en vue de commettre le crime de génocide", puis en 2018 pour "génocide" et "crimes contre l'humanité", et placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de sortir de l'espace Schengen.

Minute Eco: Aide d'urgence du FMI à 22 pays africains

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Mini-sommet des Grands Lacs: Washington d'accord, Ndayishimiye absent

Paul Kagame, président ya Rwanda (D) na Yoweri Museveni ya Ouganda (2e D) na bakokani ba bango ya Angola, Joa Lourenco (3e G) na ya ekolo Congo démocratique Félix Tshisekedi (G) na Luanda, Angola, 3 fevrier 2020. (Twitter/Présidence RDC)

C’est ce mercredi que se tient par visioconférence le mini-sommet entre Paul Kagame, Yoweri Museveni, Joao Lourenço et Félix Tshisekedi, à l'initiative de ce dernier.

Le président Félix Tshisekedi est à Goma depuis lundi. La principale ville de l’est de la RDC devait accueillir depuis mi-septembre cinq Chefs d’Etat de la région mais la réunion a été reportée plus d’une fois.

Et c’est finalement ce mercredi qu’elle se tient mais par visioconférence, confirme la présidence congolaise.

Le nouveau président burundais, Evariste Ndayishimiye n'y sera pas. Il a évoqué des raisons de calendrier. Mais son ministère des affaires étrangères a clairement révélé que Bujumbura préférait des échanges bilatéraux entre ministres plutôt qu’un mini-sommet entre les Chefs d’Etat.

La ministre des Affaires étrangères de la RDC vient d'achever une mission des trois jours à Bujumbura pour coopération bilatérale et en a rapporté les résultats au président Tshisekedi.

Le mini-sommet entre Paul Kagame, Yoweri Museveni, Joao Lourenço et Félix Tshisekedi se tient aujourd’hui
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Bujumba est en froid avec Kigali, et Goma est plutôt frontalier avec le Rwanda.

Paul Kagame, le président rwandais, par contre, participera bien au mini-sommet. C’est même lui qui avait suggéré qu’il se tienne par visioconférence à cause du coronavirus.

Yoweri Museveni de l’Ouganda et Joao Lourenço de l'Angola y participeront aussi. Depuis son arrivée au pouvoir, M. Tshisekedi joue aux bons offices entre MM. Museveni et Kagame. Il a même facilité cette année un accord de paix entre les deux.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa, Mike Hammer, qui est actuellement à Goma dans le cadre d'une tournée dans l'est du pays, a affirmé que Washington soutient l'initiative du président Tshisekedi.

"Nous savons tous que si les pays voisins ne s'y impliquent pas il n'y aura pas de paix en RDC. C'est pour cela que les Etats-Unis soutiennent cette initiative diplomatique du président Tshisekedi qui veut la paix dans la région des Grands lacs", a dit l'ambassadeur Hammer au micro du correspondant de VOA Afrique à Goma.

Le bon voisinage, la sécurité et la coopération sous-régionales y seront discutés, selon la présidence congolaise.

Affaire Paul Rusesabagina: l'accusé a-t-il été arrêté frauduleusement?

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