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Génocide au Rwanda: la France ouvre ses archives, les rescapés demandent justice

Le président rwandais Paul Kagame et la première dame Jeannette Kagame allument une flamme commémorative pour la 27e commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsi au Mémorial du génocide de Kigali, au Rwanda, le 7 avril 2021.

La France a annoncé mercredi l'ouverture d'importantes archives sur le Rwanda pour faire avancer la "vérité historique" sur le génocide des Tutsi en 1994, un geste salué par les rescapés qui réclament toutefois des "excuses" de Paris pour son rôle dans la tragédie.

Les commémorations du 27e anniversaire du génocide, où plus de 800.000 personnes, essentiellement tutsi, furent exterminées dans des conditions atroces entre avril et juillet 1994, étaient placées en France sous le signe du refus du négationnisme.

Elles interviennent quelques jours après la remise au président Emmanuel Macron d'un rapport d'historiens qui, pour la première fois, a conclu à des "responsabilités lourdes et écrasantes" de Paris dans la tragédie.

L'annonce par un décret gouvernemental de l'ouverture des archives, notamment celles de l'ancien président socialiste François Mitterrand au pouvoir à l'époque du génocide ont été saluées comme "une bonne chose" par l'association de rescapés Ibuka France.

Toutefois, "les rescapés n'ont pas beaucoup à apprendre", a souligné le président d'Ibuka France Etienne Nsanzimana, lors d'une cérémonie au memorial de la Shoah à Paris. "Ils veulent des actes forts, des mots d'excuses", a-t-il lancé, ajoutant: "Les historiens ont parlé, il faut que les politiques et les juges prennent le relais".

Une demande relayée par l'ambassadeur du Rwanda en France, François-Xavier Ngarambe, qui a exhorté "tous les pays au sein desquels des génocidaires se cachent" à les "extrader ou à les juger eux-mêmes".

Après plus de deux décennies de relations exécrables entre Paris et Kigali, empoisonnées par la question du rôle de la France, le ton était cependant à l'apaisement. M. Ngarambe a de nouveau salué le "pas important" que constitue le rapport d'historiens de la commission Duclert et cité les "efforts" de la France pour juger des génocidaires sur son sol.

Des fleurs offertes par l'association Ibuka France sont vues lors d'une cérémonie d'hommage à l'occasion du 27e anniversaire du génocide rwandais au Jardin de la Mémoire du parc public du Parc de Choisy à Paris le 7 avril 2021.
Des fleurs offertes par l'association Ibuka France sont vues lors d'une cérémonie d'hommage à l'occasion du 27e anniversaire du génocide rwandais au Jardin de la Mémoire du parc public du Parc de Choisy à Paris le 7 avril 2021.

"Vérité historique"

Des représentants de l'Etat français ont participé aux commémorations, une présence saluée comme une marque de "respect" par une responsable d'Ibuka. Le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian a assisté à une cérémonie de dépôt de gerbes dans la matinée.

Et à la cérémonie au memorial de la Shoah, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a insisté sur le rôle de la recherche et de l'enseignement afin de "lutter contre l'éternel recommencement et contre l'oubli". "Nous devons la vérité historique aux victimes, à leurs enfants, à notre humanité", a-t-il déclaré.

L'ouverture des archives sur le rôle de la France au Rwanda était attendue depuis des années et marque un pas supplémentaire dans la politique mémorielle du président Emmanuel Macron, après la remise du rapport Duclert.

Les archives de l'ancien président socialiste François Mitterrand, celles de son Premier ministre de l'époque Edouard Balladur (droite), et d'autres documents sont désormais ouverts à tous les publics, selon un décret paru mercredi au Journal officiel.

Plusieurs de ces documents, notamment des télégrammes diplomatiques et notes confidentielles, figurent dans le rapport Duclert remis le 26 mars à Emmanuel Macron. Cette somme de 1.200 pages souligne notamment la responsabilité de François Mitterrand et de son état-major particulier qui ignoraient régulièrement les diverses mises en garde sur les risques de génocide.

Au total, ce sont des milliers de documents qui vont ainsi être ouverts au public et en particulier le fonds Mitterrand, resté verrouillé pendant des décennies.

La commission avait toutefois regretté de s'être heurtée lors de son travail de plus de deux ans à des "refus de communication ou de consultations, certes rares mais notables".

D'autres ouvertures d'archives pourraient suivre à l'été, notamment des documents de l'armée qui ont été déclassifiés mais pas exploités, selon une source proche du dossier.

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La justice sénégalaise refuse de libérer l'ex-président tchadien Habré

Des Sénégalais marchent devant le palais de Justice à Dakar, le 21 septembre 2015.

La justice sénégalaise a refusé une demande de libération de l'ex-président tchadien Hissène Habré, condamné à perpétuité par une juridiction africaine à Dakar pour crimes contre l'humanité, a-t-on appris dimanche auprès de ses avocats.

Hissène Habré, 79 ans (né le 3 août 1942) et dirigeant du Tchad de 1982 à 1990, a été condamné le 30 mai 2016 à la prison à vie à l'issue d'un procès sans précédent à Dakar, après avoir été déclaré coupable de crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement.

Une commission d'enquête tchadienne a chiffré à 40.000 morts le nombre des victimes de la répression sous le régime Habré.

Renversé en 1990, l'ex-président tchadien avait trouvé refuge au Sénégal, où, sous la pression internationale, les conditions de son procès avaient été créées. Il y avait été arrêté en 2013 et inculpé par un tribunal spécial instauré en coopération avec l'Union africaine. Depuis sa condamnation, il purge sa peine dans un établissement pénitentiaire de Dakar.

Ses avocats ont le 29 mars déposé une "demande de permission" visant sa libération, une requête adressée au juge de l'application des peines au Tribunal de grande instance hors classe de Dakar

"Un refus a été opposé à cette demande", ont indiqué dans un communiqué parvenu dimanche à l'AFP ses avocats Ibrahima Diawara et François Serres.

"Le raisonnement tenu pour refuser la permission est que la question de la santé est du ressort de la direction de l'administration pénitentiaire" alors que "c'est bien en tenant compte des risques pour la santé que la première permission a été accordée par le même juge", ont-ils dit. Ils ont dénoncé une "règle de droit (..) à géométrie variable".

L'ancien dirigeant tchadien avait bénéficié le 7 avril d'une sortie de prison de 60 jours accordée par la justice sénégalaise.

Le juge de l'application des peines avait motivé sa décision par le fait que M. Habré était "particulièrement vulnérable à ce coronavirus" et la nécessité de faire de la place dans sa prison, choisie pour mettre en quarantaine les prisonniers en début de détention. M. Habré avait regagné sa cellule au terme des 60 jours, début juin.

Le Sénégal a déclaré 39.782 cas de covid-19 et 1.091 décès.

"Ce n'est que justice", a déclaré Kaltouma Deffalah, une victime du régime de M. Habré, citée dans un communiqué de Human Rights Watch.

L'ex-président tchadien Hissène Habré reste en prison
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"L'homme qui m’a réduite en esclavage doit purger sa peine conformément à la loi. Nous attendons toujours que Hissène Habré arrête de cacher son argent et nous verse les indemnités ordonnées par le tribunal", a-t-elle ajouté, dans le même communiqué.

Le tribunal qui a condamné M. Habré a également accordé 82 milliards de francs CFA (environ 125 millions d'euros) d’indemnités à plus de 7.300 victimes qui réclament toujours d'être indemnisées.

Nouveau massacre de civils dans la région de Tillabéri au Niger

Des soldats patrouillent à bord de leur camion militaire à l'entrée d'un bureau de vote à la mairie de Niamey lors du second tour de l'élection présidentielle, le 20 mars 2016.

Au moins dix-neuf personnes ont été tuées samedi soir au Niger, au cours d'une attaque contre le village de Gaïgorou, dans la région de Tillabéri (ouest) proche du Mali, a-t-on appris dimanche auprès des autorités locales.

"On a un bilan: pour l'instant on est au dix-neuvième corps (tués) et il y a eu deux blessés lors de cette attaque de Gaïgorou par des hommes armés venus à motos", a déclaré à l'AFP un responsable de la municipalité de Dessa qui administre le village de Gaïgorou.

"Les bandits ont (dans un premier temps) trouvé des gens aux cimetières où ils étaient partis pour un enterrement et ils ont massacré sur place neuf personnes", a expliqué ce responsable. Après, les assaillants, dont l'identité et le nombre ne sont pas déterminés, "sont entrés dans le village et ont tiré sur toute personne qu'ils apercevaient", a-t-il affirmé.

Le corps de la dix-neuvième victime a été découvert et inhumé dimanche matin, a-t-il dit.

La région de Tillabéri est située dans la zone dite "des trois frontières" entre Niger, Mali et Burkina Faso, régulièrement frappée par les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique (EI).

"Ce qui nous préoccupe beaucoup, c'est cette escalade de violences et d'insécurité qui se propagent au niveau de la région. Prélèvement de la zakat (impôt islamique), enlèvements du bétail et aujourd'hui c'est la population civile qui est massacrée", avait dénoncé en mars Tidjani Ibrahim Katiella, le gouverneur de Tillabéri après une attaque sanglante contre des civils.

En mars dernier, treize personnes ont été tuées au cours d'attaques contre trois villages (Zibane-Koira Zéno, Zibane Koira-Tégui et Gadabo) dans l'Anzourou, une commune voisine de Dessa.

Les attaques contre des civils se sont multipliées depuis le début de l'année au Niger: plus de 300 personnes ont été tuées dans trois séries d'attaques contre des villages et des campements de l'ouest du pays, frontalier du Mali. Aucune n'a été revendiquée.

La dernière de ces attaques de grande ampleur a eu lieu le 21 mars dernier dans la région de Tahoua, faisant 141 morts en quelques heures dans trois villages touareg et des campements alentour, selon le ministère nigérien de l'Intérieur.

Une vingtaine de morts samedi dans une attaque au Niger
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La région de Tahoua, vaste et désertique, se trouve à l'est de celle de Tillabéri, toutes deux proches de la frontière avec le Mali.

Nord-Kivu: les hôpitaux débordés par les blessés des manifestations contre les soldats de l'ONU

Des soldats de la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUSCO) dans un véhicule alors qu'ils patrouillent dans la région de Djugu, dans la province d'Ituri, dans l'est de la RDC, le 13 mars 2020.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est inquiété samedi de "l'afflux de blessés par arme" dans les hôpitaux de la province du Nord-Kivu, après les manifestations contre la mission de l'ONU qui ont secoué cette région de l'est de la République démocratique du Congo.

"Plus de 120 personnes blessées" sont prises en charge à l'hôpital général de référence (HGR) de Beni et à l'hôpital CBCA Ndosho de Goma avec le soutien du CICR, a indiqué cette organisation humanitaire dans un communiqué.

Au 14 avril, les équipes médicales "suivaient 51 personnes blessées par armes, hospitalisés à l'HGR de Beni dont 9 nouveaux cas liés aux récentes manifestations" dans la zone, a-t-on expliqué.

"Actuellement, nous avons atteint nos limites en capacité d'accueil à l'HGR de Béni qui compte 43 lits et sommes presqu'à terme pour l'Hôpital CBCA Ndosho de Goma qui en a 74. Les équipes sont mobilisées depuis plus d'une semaine pour répondre à cet afflux", a expliqué Kelnor Panglungtshang, chef de la Sous-délégation du CICR à Goma.

Selon ce responsable, le nombre de blessés hospitalisés a explosé à la suite de manifestations dans plusieurs localités du Nord-Kivu, depuis le début de la semaine.

Ces manifestations, associées à une grève générale dans plusieurs villes (Beni, Butembo, Goma...), ont été organisées à l'appel des groupes de pression et des mouvements citoyens dénonçant l'inaction de la Mission des Nations unies (Monusco) face aux massacres de civils dans la province du Nord-Kivu.

En début de semaine, le gouverneur de province a interdit toute manifestation, alors qu'une dizaine de personnes ont été tuées lors d'affrontements avec les forces de l'ordre au cours de ces rassemblements au Nord-Kivu depuis le lancement de cette mobilisation le 5 avril.

Le décret du gouverneur est considéré comme "nul", selon Lucha, un groupe de défense des droits des citoyens. "Nos manifestations continuent", a tweeté mercredi ce groupe à but non lucratif.

"Les jouisseurs de la Gombe (quartier administratif de Kinshasa, ndlr) ne prennent pas au sérieux les priorités du peuple congolais notamment l'insécurité à l'Est et le social. La réalité sur terrain est éloquente, le dire n'est pas un crime", a écrit Lucha dans un autre tweet.

La région du Kivu, où sévissent une centaine de groupe armés, est en proie à des violences meurtrières depuis 25 ans.

Pour sa part, la nouvelle cheffe de la Monusco, la Guinéenne Bintou Keita, a effectué une brève tournée dans l'est du pays, où elle a notamment rencontré l'ancien président Joseph Kabila à Lubumbashi.

Sur le terrain, pourtant, rien n'a changé.

"Trois personnes ont été tuées et plus de cent maisons incendiées au cours d'une nouvelle attaque vendredi" en Ituri, rapportent nos confrères de Radio Okapi. Toujours selon la radio onusienne, le nouveau ministre de la défense, Gilbert Kabanda Kurhenga, promet de s'attéler à mettre fin aux massacres.

Au moins 21 personnes meurent dans un naufrage au large de la Tunisie

Des migrants et des réfugiés de différentes nationalités africaines attendent sur un bateau pneumatique surchargé au large des côtes libyennes, samedi 6 février 2021.

Au moins 21 migrants originaires d'Afrique sont morts dans le naufrage de leur bateau au large de la Tunisie alors qu'ils tentaient de traverser la Méditerranée pour rejoindre l'île italienne de Lampedusa, a indiqué vendredi un responsable tunisien.

"L'embarcation a coulé au cours d'un voyage qui a commencé tard jeudi à partir de la ville de Sfax.... Jusqu'à présent, les garde-côtes ont récupéré 21 corps et les recherches se poursuivent", a déclaré à Reuters Mouard Mechri, directeur de la Protection civile tunisienne.

Le mois dernier, 39 migrants sont morts au large de Sfax, une ville portuaire tunisienne, dans un accident similaire.

Le littoral près de Sfax est devenu un important point de départ pour les personnes fuyant les conflits et la pauvreté en Afrique et au Moyen-Orient et cherchant une vie meilleure en Europe.

Indignation à Chicago après la publication d'une vidéo où la police abat un garçon de 13 ans

Cette image extraite de la vidéo capturée par une caméra corporelle d'un policier de Chicago montre le moment précédant le tir qui a causé la mort d'Adam Toledo, 13 ans, le 29 mars 2021, à Chicago.

Une vidéo capturée par la caméra corporelle d'un policier publiée jeudi montre un agent de la police de Chicago ouvrir le feu sur un garçon de 13 ans.

Le garçon, Adam Toledo, semble avoir les mains en l'air une fraction de seconde avant que le policier Eric Stillman tire sur lui dans la nuit du 29 mars. Il meurt sur le champ.

L'intervention de la police faisait suite à des rapports faisant état de coups de feu dans le secteur.

Pour sa part, la police affirme que l'adolescent avait une arme de poing sur lui avant la fusillade. Et la vidéo de l'agent Stillman le montre en train d'éclairer une arme sur le sol près du corps du garçon.

La publication des images et d'autres éléments de l'enquête intervient à un moment délicat, avec le procès en cours à Minneapolis de l'ancien policier Derek Chauvin accusé d'avoir tué George Floyd.

Dans le même temps, des manifestations ont lieu dans la banlieue de Minneapolis, où Daunte Wright, un jeune Noir de 20 ans, a été tué par balle par une policière qui dit avoir confondu son pistolet et son Taser, une arme qui émet un choc électrique paralysant.

La mairesse de Chicago, Lori Lightfoot, a lancé un appel au calme jeudi soir.

"Nous vivons dans une ville traumatisée par une longue histoire de violence et de mauvaise conduite de la police", a déclaré Lori Lightfoot.

"Il est certainement compréhensible que tant de nos résidents ressentent cette vague trop familière d'indignation et de douleur. Il est encore plus clair que la confiance entre notre communauté et les forces de l'ordre est loin d'être guérie et reste gravement brisée", a-t-elle ajouté.

Dix-neuf secondes se sont écoulées entre le moment où l'agent Stillman est sorti de sa voiture de police et quand il a tiré sur le garçon.

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