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RDC

"Génération Kabila", espoirs et désarroi

Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, devant son ranch personnel le 10 décembre 2018 à Kinshasa.

"C'est la première fois que je vote. J'ai envie de voir ce que cela fait de changer de président". Jenny est née avec l'arrivée au pouvoir de Joseph Kabila qui doit se retirer après l'élection prévue dimanche en République démocratique du Congo.

Née en avril 1999, l'étudiante en journalisme à Kinshasa balbutiait ses premiers mots quand Kabila a succédé à son père Laurent-Désiré assassiné le 17 janvier 2001.

Et comme la majorité des Congolais, la jeune femme n'était même pas née quand "Kabila père" a renversé le maréchal Mobutu en mai 1997.

Les 2/3 des 76 à 80 millions de Congolais ont moins de 25 ans, d'après les estimations démographiques - il n'y a pas eu de recensement depuis 1984.

Et la tranche d'âge des 18-25 ans votent pour la première fois puisqu'il n'y a pas eu d'élections générales depuis décembre 2011.

"Je n'ai connu que Joseph Kabila. J'aimerais voir ce que cela fait de voter, de changer de régime", poursuit Jenny, en stage dans une télévision privée où elle travaille sur des sujets en lien avec la campagne électorale.

"Je suis heureuse, j'étudie, je fais mon stage, mais j'aimerais que nous ayons notre mot à dire", lance la fille unique d'un professeur et d'une mère au foyer, interrogée sur les désirs des jeunes.

Dans leur programme les candidats - dont l'âge varie de 37 à plus de 60 ans - ne manquent jamais de promettre des emplois pour la jeunesse.

A 21 ans, Caprice n'en crois pas un mot et n'ira pas voter: "Que le président Kabila quitte le pouvoir, qu'il soit remplacé, cela ne m'inspire en tous cas rien".

Diplômée d'un lycée technique, la jeune couturière a un rêve: lancer sa marque de vêtements Queen style. Et une revendication: plus de respect envers les mannequins, si nombreuses à Kinshasa, où de très nombreuses jeunes femmes s'improvisent modèles.

A l'autre bout du pays, Héritier, 20 ans, est déjà lancé dans la vie active après avoir arrêté l'école il y a trois ans faute d'argent, un triste témoignage très fréquent en RDC.

"Devenir un homme de valeur"

A Goma, le jeune homme sans famille ou presque travaille dans un point-vente de sac de ciments. "Je reçois 20 dollars le mois, alors tu vois, ce n'est pas suffisant", lâche-t-il entre deux épisodes de la série Last Kingdom qu'il regarde sur son smartphone ("Non, pas Game of Throne, il y a trop de sexe").

Le jeune homme a quitté à l'âge de dix ans son village du Nord-Kivu où il ne peut pas retourner à cause des groupes armés qui sévissent dans les montagnes tout près de Goma: "Il n'y a pas de sécurité, parce qu'il y a des rebelles qui attaquent (les passagers) pour piller leurs affaires".

Son rêve? "Devenir un homme de valeur, un entrepreneur, un père de famille avec cinq enfants".

On entre dans le dépôt. C'est Jackson, 23 ans, qui vient charger trois sacs de ciment sur son "Tshukudu", sorte de grande trottinette en bois montée sur des ressorts, typique de Goma.

A raison d'un dollar la livraison chez des particuliers, le jeune père de famille tente de nourrir sa femme et ses trois enfants.

Avec "de bonnes routes", la sécurité dans sa région est aussi son souci à l'heure de voter. "Il faut que les rebelles quittent la forêt et arrêtent les tueries. C’est ce que nous attendons de la gouvernance d’un nouveau président".

A Lubumbashi, dans la capitale minière, Kalumba Mwewa, 24 ans, se présente comme "creuseur" artisanal qui tente de gagner quelques dollars par jour en arrachant au sol congolais un peu de son immense richesse minérale.

"Nous cherchons du cuivre, du cobalt, sur une concession où ce n'est pas permis. On dirait que l'on vole. C'est pour vivre seulement", déplore le jeune homme.

"Les élections c'est très compliqué. On ne sait pas si le 23 c'est sûr qu'on ira voter. Nous espérons. Nous voulons que cela change. On ne peut pas rester vivre comme ça", explique ce potentiel électeur de l'opposant Martin Fayulu.

"Peut-être que si je vote pour lui, ça pourra changer. Les écoles on paie cher. J'ai fait la mécanique. Mais tel que je suis je n'ai pas de travail", déplore-t-il.

"Joseph Kabila a changé des choses: on a vu des routes. Mais pour lui c'est déjà fini", conclut le jeune creuseur. Cette "génération Kabila" est supposée assister à la première transmission pacifique du pouvoir dans l'histoire de la RDC.

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Échange téléphonique entre Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron

Le président Félix Tshisekedi et son homologue français France Emmanuel Macron se saluent au Palais de l'Elysée, Paris, 11 novembre 2019. (Facebook/Présidecene RDC)

Le président français Emmanuel Macron s’est déclaré satisfait du développement de la situation en RDC où une décision de son homologue Félix Tshisekedi est attendue après des consultations pour résoudre la crise au sein de la coalition au pouvoir.

"Le Président Emmanuel Macron a manifesté toute sa satisfaction concernant le développement de la situation politique en RDC et a exprimé son soutien en faveur d’un Congo démocratique et prospère", indique un tweet de la présidence de la RDC posté après la conversation de deux présidents mercredi.

Le président Tshisekedi devrait s'adresser à la nation, après des consultations auxquelles ont refusé de prendre part le camp de l’ancien président Joseph Kabila, avec lequel il s'était mis en alliance de gouvernement au sortir des élections de 2018.

Martin Fayulu, candidat à cette élection dont il dit être le véritable vainqueur, dénonce le deal entre MM. Tshisekedi et Kabila. Il a aussi refusé de prendre part à ces consultations.

Le camp de M. Kabila et celui de M. Fayulu soutiennent que le dialogue doit se faire dans un cadre différent et selon la Constitution. Pour M. Kabila et son camp, le FCC (front commun pour le Congo), au sein des institutions et pour M. Fayulu, en dehors des institutions et sous la conduite des chefs religieux et de la communauté internationale.

M. Tshisekedi, proclamé vainqueur à la présidentielle, avait accepté de composer dans une coalition avec M. Kabila et son camp, majoritaire au parlement et aux collectivités régionales.

Mais le Chef de l’État congolais a, début novembre, exprimé sa lassitude envers cette coalition qui au bout de deux ans n’a pas permis au pays d’avancer.

Le Premier ministre et la plupart des ministres, tout comme la majorité des membres de deux chambres du parlement, tous membres du FCC, ne se sont pas présentés à la prestation de serment de juges constitutionnels que M. Tshisekedi a nommé.

Pour M. Kabila et son camp, M. Tshisekedi s’est illustré dans une série de violations de la Constitution.

Certains ont même évoqué la possibilité d’initier une procédure de mise en accusation du président congolais qui pourrait conduire à sa destitution.

C’est sur ces entrefaites que M. Tshisekedi a dénoncé le deal et appelé à "une union sacrée de la nation" pour "le salut du peuple".

"Aucun arrangement particulier quelle soit que sa nature, ne peut être au-dessus de la Constitution et de mes prérogatives constitutionnelles", avait déclaré M. Tshisekedi dans son discours convoquant lesdites consultations.

Sur le terrain, la tension est montée d'un cran.

Samedi, un communiquant du FCC a été arrêté, jugé et condamné en flagrance pour avoir réagi dans une émission télévisée en invoquant "une balle" en parlant du président Tshisekedi.

Les commandements de l’armée et de la police ont réitéré mardi leur loyauté à M. Tshisekedi au cours d’un entretien où il leur a demandé de ne pas se laisser manipuler par les politiques.

La veille, le commandant de la garde présidentielle avait aussi mis en garde ses soldats dont la plupart ont servi sous M. Kabila, de se garder de comploter contre le chef de l’Etat.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a, dans un rapport au Conseil sécurité, exhorté toutes la parties congolaises au dialogue.

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